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 OLD FOLKS (LEO)

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Ven 15 Sep - 20:08



old folks


UN BATTEMENT DE CIL pour chasser une goutte d'eau aventureuse, dans son champ de vision, il a l'impression de regarder au travers d'une vitre où perlent une centaine de larmes de pluie - putain de lunettes. ça grimace, ça tord ses lèvres en un genre de mimique disgracieuse, l'air de s'excuser à tous les passants qui laissent glisser leurs yeux sur lui sans le regarder. C'est juste l'impression d'être constamment observé, qu'à tout moment il devra s'excuser d'être lui, vielle habitude héritée du lynchage de ses jeunes années y a que la lune qui lui fout la paix. Sinon même le soleil s'y met, lui, on dirait qu'il a toujours un truc à lui reprocher, qu'il fait ressortir un peu plus la pâleur de sa peau, ses joues creusées et son regard peu avenant. Rien qui le mette en valeur. Myung grelotte un peu, réprime au mieux ses frissons et essaye de se réchauffer dans sa chemise trop grande, de loin ça ressemble plus à une tunique ou un gosse qui aurait piqué des fringues dans l'armoire de son père, pas au jeune homme qu'il est comme ses traits sont encore ceux d'un adolescent qui renaît après la puberté, délivré des boutons qui martèlent sa face, découvrant sa barbe pour la première fois. Mais il a toujours été chétif Mew, même en essayant, il n'a jamais prit un gramme, pas faute d'avoir voulu changer la donne, de s'être vengé sur les sucreries et tué sa santé à petit feu pendant plusieurs années. Le sport aussi y est passé. Jusqu'à un certain temps, c'était bien lui le consommateur attiré par les emballages et les nouveautés, les promotions affolantes qui font encore gronder son ventre - juste un souvenir. Motivé pour courir des kilomètres dans l'espoir d'épaissir un peu ses bras fragiles.
L'aiguille reste droite comme un piquet sur la balance, un doigt pointé dans sa direction pour le juger et la sentence est irrévocable, à chaque fois c'est le même constant, presque déçu. Il a toujours l'impression qu'une bourrasque plus forte que les autres pourrait l'emporter lui et son poids plume, mais non, il reste là, il affronte le vent de front et il n'y a que ses cheveux qui se font chasser.   Qu'eux pour retomber devant ses yeux pour l'empêcher d'avancer.  Mais lui il est toujours là. Temps de merde qu'il pense. Mais c'est trop facile d'insulter le temps. De se plaindre; et c'est épuisant. Hors actuellement Mew est fatigué, à son niveau de fatigue.

Les gens et leurs parapluies reproduisent un curieux ballet ils essayent d'échapper, de filer entre les gouttes et ils espèrent réellement y arriver ce qui fait rire le gosse.  Mew il aime la sensation de l'eau qui coule dans sa nuque, ça chasse ses idées. Quitte à choisir, il aurait préféré être transformé en poisson, nager toute sa vie ça ne l'aurait pas dérangé, il aurait sans doute été plus à l'aise dans sa peau ainsi. En fait, il se réjouit d'avantage quand il fait gris, que la soleil meure à l'horizon et que l'ambiance lumineuse du monde se teinte comme un cliché en noir et blanc, un arrêt dans le temps au milieu de la fébrilité des mouvements. Des bousculades, de l'empressement pour trouver un toit, se réfugier dans des galeries marchandes. Il y a ceux qui partent travaillent et ceux qui rentrent, ceux qui vont faire la fête et ceux pour qui elle ne s'arrête jamais.
Il se considère dans aucun des clans, entre les deux. Il profite, il sert des cocktails, il compose avec sa vie. Et demain est un autre jour.
Parfois, on dirait que demain ne vient jamais, qu'il est resté bloqué des années en arrière quand il s'est réveillé dans ce lit de fortune et qu'il n'avait plus grand chose à voir avec lui-même. Il est tout et pas grand chose en même temps. Et au milieu de tout ça, Myung continue d'aimer la pluie comme au premier jour.
Il se concentre uniquement sur le bruit qu'elle fait quand elle s'écrase sur le bitume, les roues qui s’enfoncent dans les flaques d'eaux et éclaboussent les alentours, un chuchotement de klaxon au loin, des gens qui crient et qui pestent, d'autres qui rient, en particulier les enfants. Eux aussi aiment bien ce genre de temps et apprendront plus tard à le détester. La pluie, la chaleur, la neige et chaque journée. C'est toujours une plus belle symphonie que les voix dans sa tête qui lui répètent toujours la même chanson, un disque rayé qui tourne en boucle, des morceaux de musiques dissonants.

Parfois il aimerait revenir en arrière et tout effacer, rejouer les paris qu'il a raté, revoir les gens qu'il a laissé derrière et dire à ceux qu'il a déçus qu'ils comptaient vraiment, mais tout reste au bord de ses lèvres et ne quitte jamais les portes scellées de ses pensées, coeur trop refroidi pour ressentir jusque dans chacun de ses veines battre l'envie suffisante pour être "gentil". Il n'est jamais sur de vraiment le penser, avare de flatterie, y a cette antipathie envers les autres, ce rejet de proximité qu'il s'autorise uniquement si ça ne dure qu'une nuit, y a trop de dangers à se revoir. Se reparler. Partager des secrets, c'est eux qui tuent des hommes.
Il compte pas crever maintenant Myung, pas qu'il veuille vivre beaucoup, il préfère choisir qui tiendra l'arme qui mettra fin à ses jours. La balle, le calibre, le dernier visage, ce genre de détails qui ont de l'importance pour le romantisme absent de son coeur.
Et puis, après tout, ils finissent tous par partir quoi qu'on dise ou qu'on fasse, si c'est pas lui qui le fous dehors avec ses attitudes, y a la lassitude et jamais le courage de demander de rester même quand ça le dérange pas tant que ça. Il se conforte, ça se change, ça se jette, il croit pas que les gens ça s'accrochent jamais. Pourquoi le feraient-ils ?
Alors il souffle juste et laisse ses jambes le porter sans plus réfléchir, repousse loin les idées insidieuses qui proposent de faire demi-tour, de s'égarer. Destination habituelle quelques rues plus bas, petit restaurant sympathique à la devanture discrète. Toujours la même table, pas trop loin de la fenêtre qu'il trouve salutaire pour pouvoir diriger son regard ailleurs quand il ne se sent pas de le regarder.  Parfois Léo l'intimide. Peut-être parce qu'il est dangereux ou qu'il a cette autorité naturelle qui ne donne pas envie de lui chercher des noises. Le genre de type qui arrivent à remettre à sa place son coeur son esprit de gamin insurgé et le calme.  Il redevient gosse, poussant discrètement la porte de sa maison de peur de réveiller ses parents, ne voulant surtout pas déranger et pourtant il meure d'envie de raconter tout ce qui lui passe par la tête.
Son boulot qui l'emmerde, ses derniers exploits avec son ordi, comment il a réussi à créer un démineur de l'enfer virussé, les voisins qu'il espionne et la nouvelle lingerie de germaine, les filles qu'il arrive pas à aborder - et les garçons aussi. Il le trouve sans problème et ne demande jamais s'il peut s’asseoir. Au début peut-être. Il a du s'incliner poliment, se montrer méfiant, ne pas se laisser amadouer. Peine perdue. S'il a jamais été sur ses gardes, maintenant, le CCG pourrait lui tomber dessus il en serait surpris.
C'est étonnant de faire confiance, même un peu, à la fois soulageant mais terriblement angoissant. C'est devenu naturel, c'est devenu vital de partager un instant avec quelqu'un qui n'a pas spécialement l'intention de lui faire la peau. Les habitudes ont tendances à être mortelles. Mais il ne voit pas le mal Mew.
T'façon, il fait déjà tout de travers.

« Le vieux ! J'savais bien que tu serais là. »
Il imagine le spectacle. Un gamin, jeune adulte, à peine sorti de ses études et un légume qui serait bon pour la retraite. Un ranch éloigné, dans le désert. Un vieux cowboy quoi.  A la rigueur il pourrait être son propre gosse et clairement il aurait aimé avoir un père comme ça Mew.
Il sait même plus à quoi ressemble le vrai alors qu'il est triste il imagine Léo à la place. Léo l'aurait sans doute pas frappé, aurait rien laissé faire. Il se dit que Léo l'aurait protégé. « Tu tires une de ces gueules putain, genre ça fait combien d'années que t'as pas fait de grasse matinée ?»  Désinvolte sur sa chaise, Mew il croise les jambes, il étale ses bras, il se tient comme un petit roi ou un branleur, au choix.
Mew, il ne sait plus ce que c'est que d'avoir un sommeil réparateur. Il se contente de profiter de la jouvence de ses belles années. « Faut que tu m'aides pépé. Tu crois qu'tu peux m'aider ? Hein ? Tu peux m'aider hein ? »
Même s'il dit non, Mew il a déjà dit oui pour lui.
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Ven 15 Sep - 22:45


Longue et sale journée. Répugnante horreur aux longues heures sans fin, pénible torture entre les nombreux murs des hautes tours du CCG. Leonard fait de son mieux, normalement, pour quitter la prison aux multiples portes abordant des codes et des gardes que sont les tours. Il vagabonde dans les rues, volant entre les doigts, papiers sur le banc arrière et les iris posés sur la route pendant des heures sans savoir où allait, plutôt que d'être posé sur une chaise sur roue qui grince et de devoir, forcément, écrire un rapport à la con pour un idiot à la con qui ne lira rien de ses mots bidons. Mais forcément, le protocole reste le protocole, et les lois sont faites pour être suivies. C'est ce que disent les gens, dans tous les cas ; Leonard possède son propre avis sur la chose et se garde de le partager, quitte à faire naître un débat qui n'a pas lieu d'être. Changer le monde, ce n'est pas pour lui. Il se contente d’espérer et de faire de son mieux avec le peu qu'il a entre les doigts, et de les croiser surtout, fort. Alors il a écrit ; il a écrit, posé devant un ordinateur dernier cri qui, justement, lui donnait envie d'hurler. Tapant d'un doigt à la fois, serrant des dents face aux fautes causées par ses doigts maladroits, et grognant tout bas quand une fonction ne faisait pas ce qu'elle était supposée faire. Grognant plus fort lorsque, près de lui, Rhea se remet de rire derrière sa main - ou pire, pas du tout derrière sa foutue main - face à ses talents informatiques. Il ne compte pas le nombre de regard noir qu'il s'est permis de lancé à sa partenaire, encore moins les cafés qu'elle lui a apporté, un sourire d'ange sur les lippes, la bonne humeur dans le corps, forcément, tandis qu'il se sentait de plus en plus au bord de la crise de nerf. Ils ont survécu au final, les nerfs. Leonard, lui, n'est pas certain. A-t-il beau n'avoir rien fait outre que d'écrire ce rapport à la con, il sent son corps le faire souffrir comme s'il venait de courir un marathon. La chaise n'est pas confortable ; dispendieuse certes, belle peut-être, mais pas confortable. Le banc de sa vieille voiture ne lui apporte pas autant de douleur, dans tous les cas. Et après presque huit heures à résumer ses dernières journées sur papier, l'inspecteur sent son âge dans le moindre de ses membres.
C'est peut-être pour cette raison qu'il reste quelques minutes assis dans sa voiture, une clope entre les doigts, la lassitude sur les traits, tandis que le véhicule est stationné devant son restaurant préféré. Il observe les serveuses par la fenêtre comme les clients, et son ventre creux lui rappelle sa faim. Leonard ne bouge pas, tout au moins, pas pour quelques minutes. Il profite de sa cigarette en longueur et, radio éteinte, profite de la mélodie qu'est la pluie, aujourd'hui. Les gouttes tombent avec une certaine violence pourtant douce, et le chant délicat qui en naît fait éclore un calme certain, chez l'homme. Il soupire lourdement pour extraire la fumée de ses poumons et pour autre chose également, les pupilles fermées, désireux de se couper du reste du monde, un instant. Le bruit de l'averse y parvient presque ; couvre presque le reste du monde, un temps, une minute ou dix secondes, qu'importe, avant qu'un klaxon ne retente et que Leonard n'ouvre les yeux, de nouveau.
Il dévisage encore l'horizon une seconde, voire même les passants sans les voir, et finit par ouvrir la porte de sa voiture. Contre son long manteau sombre, les gouttes tombent. Contre sa tête un peu dégarnie, la pluie froide claque, mais Leonard ne s'y attarde pas. L'agent se contente de laisser mollement tomber sa clope au sol et de l'écraser avec sa botte, avant de verrouiller ses portes et d'aller à l'intérieur du restaurant. Comme à son habitude, la grosse Patty l'accueille d'un bonsoir chaleureux et fronce des sourcils, malgré son sourire, pour lui faire quelques leçons de morale. Leonard gronde, mais sourit un peu, et retire son manteau avant de s'asseoir sur sa chaise habituelle, peu dispendieux certes, laide également, mais fort confortable. Quelques secondes à peine s'écoulent avant qu'un café - un lait, un sucre - ne se pose sur la table. Leonard adresse un rictus las à Patty, avant d'ouvrir le menu. Qu'importe qu'il vienne depuis des années, et que le menu n'est pas changé depuis ; l'inspecteur Rosen aime lire chaque choix avec attention, hésiter entre deux pendant un certain nombre de minute, avant d'au final, toujours choisir la même chose. Certains soirs, il se permet des folies et ose la nouveauté - fausse nouveauté, car il a déjà tout essayé - et Patty s'affole comme si c'était Noël avant l'heure. Ce soir, par contre, Leonard est trop las ; il prend son traditionnel fish'n'chip et n'amorce aucune conversation. Il ne pense qu'à son lit, qu'à ses membres qui hurlent et surtout, aux dossiers qui l'attendent, aux disparus et aux monstres, aussi, dans les rues.
Ëtre enfermé toute la journée n'a pas aidé à son humeur ; ses pensées sont plus révoltées, moins précises, plus impulsives. Il a ce besoin de justice, quelque part dans ses veines, et après avoir passé une journée à écrire des saletés, Leonard a l'impression de n'avoir rien fait. Pire encore ; il a le sentiment d'avoir laissé filer des cas, des monstruosités, tandis qu'il ne parcourait pas les rues. Rhea a beau avoir pu refaire ses ongles dans la journée - en voiture, ça bardasse toujours trop, alors au bureau, c'est toujours mieux - son partenaire n'est pas aussi satisfait qu'elle.
C'est peut-être pour cela qu'il aborde une mâchoire serrée et un oeil sombre lorsque le nabot pointe le bout de son nez et vient s'écraser devant lui, brusquement, comme à son habitude. Leonard l'ignore, une seconde. Il inspire lentement et prend son café, pour en boire une lourde gorgée. Répondre à Myung est inutile ; la réponse est déjà toute faite. Leonard se trouve toujours là, presque chaque soir, toujours à la même heure. Sauf si un cas survient. Sauf si le monde se déchire en deux et encore; il pourrait tout de même être présent.
Lorsque la goule parle de nouveau, l'inspecteur laisse un grognement rauque quitter sa gorge. Il lui envoie un regard, un avertissement, et dévisage la boule d'énergie - dieu, a-t-il été aussi vif à son âge ? - qui lui fait face et ne se sent que plus fatigué. Son corps, lui semble, hurle une douleur plus vive. Il l'épuise simplement à être, et les cordes ne sont que de plus sensibles. Mais Myung est un gamin sans limite et les paroles déboulent de ses lèvres sans attendre. Leonard serre des dents, une seconde, et ferme les yeux. Dans ses oreilles, ses tympans palpitent de plus en plus ; le bruit du bureau a eu raison de lui au cours de la journée et Myung n'arrange rien à la chose.
- Tais toi, veux-tu, que sa voix claque, basse mais forte, pour le faire cesser. Leonard pose sur lui un oeil sombre et se redresse lentement, et si ses traits sont durs, il adresse tout au moins un sourire à Patty, lorsqu'elle lui apporte son assiette. L'homme inspire doucement et prend une première bouchée sagement, avant de poser ses yeux sur la goule, de nouveau.
Il le dévisage en silence, d'abord. Pour comprendre ce qu'il veut, d'abord - impossible à savoir - mais surtout pour le comprendre simplement. En vérité, l'homme ne sait pas grand chose, du plus jeune. Certes, une année - presque - s'est écoulée depuis leur rencontre, maintenant, mais Myung reste une énigme. Il ressemble un peu au monde ; plein de nuances, avec des problèmes par milliers, des sourires faux et des vrais, des larmes et des rires, et surtout, des faux semblants presque parfaits. Leonard se demande, aujourd'hui, si son sourire est véritable ou si c'est un jeu, pour aller avec l'orage.
- T'aider ? qu'il gronde, cette fois-ci avec une voix plus accueillante. Certes, il ne pourrait pas servir à l'accueil chez Disneyland, mais tout de même. Walmart level, disons. T'aider pour quoi, Myung ? Tu as un problème, peut-être, kiddo ?
L'homme prend une autre bouchée de son fish'n'chip, non sans faire un signe à Patty, pour qu'elle apporte un café au gamin. Il pleut de partout, comme s'il était le ciel lui-même. Ou alors les nuages, ou simplement la tristesse du ciel. Leonard ne s'attarde pas sur les métaphores ; il se dit simplement que, rester ainsi, il aura froid et tombera malade. Après tout, les goules aussi peuvent avoir un rhume. La bonne grosse femme pense certainement la même chose, car deux secondes plus tard, elle revient avec un café et une serviette pour la crinière folle du kid.
- Sèche tes cheveux avant de choper la mort, tu veux ? Merci, Patty.
Il rêve déjà de son lit.

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Sam 16 Sep - 20:13


Aussitôt que la réponse fuse, ses lèvres se referment, foudroyée par l'ordre direct, il reste bouche bée un instant, l'air idiot de quelqu'un qui de surprit ou sous le choc,  puis la referme en songeant à sa mère. Paraît-il que garder la bouche ouverte fait avaler les mouches, bien qu'il soit persuadé qu'il n'y en ait pas dans l'établissement, leur présence serait très malvenue. Loin de lui l'idée de vouloir goût à leurs chairs,  l'idée le révulse, ça lui fait penser à une autre enquêter. Bouffer des araignées dans son sommeil. Il songe au journaliste qui a eu l'idée du sujet, aux chercheurs qui se sont vraiment posés la question. Aucune question n'est stupide dit-on, il se laisse le bénéfice du doute cependant . Les enseignantes qui ont croisé la route de Myung auraient payé cher pour avoir le talent de Leo et être capable de sceller la bouche du gamin sans en venir aux mains et aux éclats de voix. L'autorité ne réussit pas à Mew, elle lui fait l'effet d'une agression personnelle, les personnes qui essayent de le contrôler un minimum sont directement identifiées comme des personnes potentiellement dangereuses.  Incapable de savoir d'où lui vient cette obsession pour son libre arbitre, il s'y cantonne sans se poser plus d’interrogations.  A force de trop se remettre en question, il finirait par laisser les doutes ronger son être et l'empêcher de prendre les bonnes décisions le moment venu. Comme toujours. Mais il aime penser et se retrancher dans son palais mental. Rare sont les souvenirs heureux à croiser, mais il a cette fascination étrange pour son propre malheur.
Sa vie de gang n'était pas si terrible, ils avaient aussi leurs petits rendez-vous, leur vie, leur monde et leurs relations. Il s'est bien tenu à la même position qu'aujourd'hui avec leur leader à la place de Léo, lui faisait croire que son existence était totalement indispensable, que son talent valait bien la peine qu'un gros chèque dorme chaque mois sur son compte en banque. Autant de promesses vaines qu'il continue d'avaler docilement sans jamais s'en plaindre. Il se moque des gens qui sans cesse, ragent de leur condition. La sienne n'est pas plus enviable, cul entre deux chaises, il est soit un odieux connard soit le pire des traîtres. Dans le simple intérêt de sa survie, pour l'argent. Il s'est fait une raison Mew, il ne sera jamais quelqu'un de bon, alors fait de son mieux pour, à son niveau, vivre une vie respectable.
 Coudes sur la table, le visage entre les paumes de ses mains, joues rebondies et rougies par le choc entre le froid et la chaleur, il préfère alors penser à Léo. Parce que penser à Leo c'est penser à quelque chose de plus agréable que penser à soit-même.  

Il ne saura sans doute jamais si le vieux s’inquiète vraiment pour lui. Trop timide face à sa stature pour lui poser la question, trop orgueilleux pour laisser entrevoir que cette possibilité le rassurerait sincèrement. Il continue d'adopter cette attitude qui laisse croire qu'en dehors de leur accord, il n'a aucun sentiment. Ce qui est faux.   Il veut y croire, de tout son coeur, chose rare, il a tendance à oublier que son coeur bat encore. Considéré comme mort, des années plus tôt fauché par un peu trop d'audace et des circonstances gênantes. Fâcheuse qu'il disait fût un temps. Maintenant il ne dit plus rien. Il n'y a plus que la goule ; et de son passé d'humain, il n'y a que des cendres quand sa mère à immolé sa photo, lui jurant de taire sa véritable identité en échange d'une seule chose : disparaître à tout jamais.  Il faudrait qu'on lui rappelle qu'il n'a pas toujours été ce qu'il est. Et qu'avec les crocs pour de la chaire humaine, n'a jamais fait de lui un homme différent.
Pas un meurtrier, seule son allégeance maintenant, lui fait porter le poids de vies arrachées. Mais tant que ses paluches n'ont pas d'elles mêmes  retirées la vie, sa conscience se flatte de l'ingéniosité de son maître à survivre parmi les plus grands sans salir  ses doigts.
Il réfléchit à ce qu'il va demander à Leo en attendant sa serviette, l'observant manger du coin de l'oeil son repas habituel. Il regard ses rides bouger quand son visage se contorsionne pour mâcher, avaler. Tout est toujours paisible, mécanique, naturel, automatisé depuis des années. L'homme en face de lui à l'air de s'en foutre totalement d'avoir un croqueur d'humain en face de lui. Parce que Myung est innocent. Mais Myung pourrait dérailler, le prendre par surprise. Peut-être que c'est de la confiance ? Il se met au défi d'un jour, demander à l'inspecteur ce qu'est la vrai confiance. Lui, qui n'en a eu qu'une illusion.

Mew  enfouit sa tête sous la serviette sous la gracieuse recommandation de son mentor, bien qu'à contre coeur. Il frotte, secoue, éponge l'eau qui recouvre sa crinière pendante, il ne ressemble plus vraiment à lui même avec un bol de nouilles sur la tête. Déjà, la sensation de froid s’estompe et il prend conscience que tout son corps tremblait car, si son esprit lui admire la pluie, il est évident que sa peau n'est pas ravie de prendre une douche avec quelques degrés manquants. Encore une fois, l'adulte à raison. Je n'ai pas de veste, je n'y ai pas pensé. Dépité, le gosse prend un air sincèrement désolé. Soudain soucieux de ne pas se présenter convenablement. Il a peur de décevoir même, mais le cache sous une tonne de défi dans son regard qui se plante directement dans son interlocuteur. Incisif. A ce jeux là, Leo ne perd jamais. Mew n'arrive pas à tenir, il finit toujours pas détourner, être attiré par autre chose, Patty qui passe juste à coté. Un fumet dont il a le souvenir et qu'il veut revoir, de ses propres yeux, pour s'assurer de ne pas l'avoir rêvé. Plutôt, il a trop peur de ce qu'il peut lire. Trop peur au final, d'être un monstre.
« J'me dis que tu dois t'y connaître en nana vu ton âge. » Précisément, Mew ne touche pas qu'aux nanas, mais il ne préfère pas rentrer dans le détail, dans le doute. Il s'épanche rarement sur sa vie personnelle, puisqu'il n'y a rien à dire. Ses rencontres durent aussi longtemps que des amourettes adolescentes et il est trop détaché pour s'en soucier. On le considère juste seul, en train de batifoler, de la jeunesse désabusée. Pourtant, pas contre l'idée de laisser rentrer quelqu'un, juste incapable de le retenir quand il voudra partir. A quoi se faire du mal alors. « J'ai pas de problème pour pécho hein, j'suis pas paumé à ce point. » Non. C'est vrai que sur ce point. Il est plutôt chanceux. Son apparence de geek ne l'a jamais empêché d'avoir de la drague de rue ou de recevoir un petit numéro sur son ticket en sortant d'un bar, paradoxal étant donné que ces mêmes critères lui ont coûté bien des choses dans sa jeunesse. Le problème se pose après, les gens sont déçu par la personne qu'ils rencontrent. Un homme aigri vivant seul avec un chat, dans un appartement minable et vide, même pas digne d'une pièce témoin ikéa. Qui ne pense qu'à lui, se couche tard, se lève tard ou ni ne se couche, ni ne se lève. Ne fera jamais les courses, ni la vaisselle, seul branché à une prise et internet. Détestable. Cette homme, c'est Mew.
« Mais après j'sais pas. Je suis pas très doué en relations humaines. Je suis vraiment très nul. J'ai aucune idée de comment on garde une fille. »  Il soupire.
C'est bien la seule chose qui lui manque et dont il a vraiment envie pour Noël. Ou son anniversaire :  une update des sentiments.. Oh. Il voudrait tellement qu'on lui fête à nouveau, recevoir un cadeau, une lettre, un baiser sur la joue. Comment donner de l'amour, quand soit même on en manque déjà cruellement ? C'est impossible, aussi, il ne manque de pas volonté Mew, mais il n'en est juste pas capable. Aime toi d'abord qu'il se dit, car il est son seul mari fidèle. Mew s'aime, mais ce n'est pas assez, car Mew s'haine beaucoup. « Et merci pour la serviette, c'est gentil. » Il sourit tendrement, fragile et touché, c'est dans ces moments qu'il se dévoile tel qu'il est réellement. Un grand gosse égaré, sensible et très appliqué à ne pas faire souffrir les gens à cause de ses névroses.
Il veut à nouveau dormir sur la banquette arrière, laisser Karma s'enrouler autour de la veste de Leo et y laisser ses poils, mais ramener son parfum à la maison. Un peu de lui qui lui redonne ce courage, cette force tranquille qu'il admire. Il voudrait être comme lui. Mais il ne peut pas, seul rêver lui est permis, cauchemarder.
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Ven 22 Sep - 17:41


La fourchette tient le morceau de poisson coustillant en place, tandis que le couteau, finement aiguisé, massacre la chair pour en faire une parfaite bouffée. La seconde suivante, elle disparait entre les lèvres de l'homme, et il ferme les yeux une seconde, pour profiter de la saveur. Leonard laisse planer un hummement de satisfaction ainsi qu'un bref hochement de tête, avant d'ouvrir les yeux de nouveau. Qu'importe le nombre de fois, d'années, qu'il vient ici, il est toujours ravi par les repas, par les assiettes. À croire qu'ils possèdent des recettes secrètes, des ingrédiants magiques pour lui faire plaisir. Même Harry ne s'est jamais plaint de leur repas, alors qu'elle profite de chaque occasion pour trouver le petit quelque chose qui ne va pas. C'était bien ici le seul endroit où ils pouvaient manger en silence, sans qu'elles ne trouvent quelque chose à redire. Bien que, à certaines occasions, elle jugeait Patty d'un oeil qui voulait tout dire, mais toujours elle s'est tue.
Lorsque l'inspecteur quitte son assiette des yeux, c'est pour apercevoir le gamin, là, perdu dans le douillet, tremblant comme un rat. Une seconde, il l'étudie en silence, soucieux de son état, un brin inquiet peut-être, ou du moins préoccupé, avant de soupirer. D'exaspération ou de soulagement ? Il ne sait réellement. Leonard se contente de secouer la tête, encore, éternellement, avant de manger quelques frites, avant de remplir son ventre. L'envie n'y est pas réellement, et ce malgré le vide dans son estomac. Il est las et endormi, assez pour fermer les yeux quelques secondes, simplement pour le bonheur que pareille sensation lui apporte, et de les ouvrir de nouveau. Il mange avec lenteur, presque assez pour rendre son assiette froide, mais qu'importe ; il sait que Patty, toujours aimable, n'hésitera pas à la réchauffer s'il s'endort simplement.
Le regard de Myung croise le sien. Leonard fronce des sourcils, mais ne cille pas. Il le dévisage tout autant que le gamin semble le faire, et cherche une réponse dans ses yeux. Le gamin n'en donne pas, évidemment. Le froncement des sourcils s'accrue, alors, et l'homme gronde presque, agacé par l'échange, agacé par les silences. Il préfère que les choses soient dites. Leonard apprécie toujours que l'on dise ce que l'on pense, plutôt qu'attendre qu'on lise dans leur esprit. Les goules et les ajins existent, certes, mais les médiums ? Que des conneries.
Que des foutues conneries.
Quelques mots et la tension sur son front laisse place à l'étonnement. Leonard penche la tête, une seconde, pour être certain de bien avoir entendu, tandis que Myung continue sur sa lancée.
Il a très bien entendu. L'ouie ne fait pas défaut, encore.
- J'ai pas signé pour ça, qu'il grommelle alors, pour lui même, avant de piquer une frite avec une certaine force, et de la foutre dans sa bouche. Il la mastique sans grand entrain, déjà lassé par les bêtises du coréen.
Il écoute pourtant avec attention chacun des mots, même si l'envie n'est pas présente et qu'il ne se sent pas particulièrement doué pour se genre de choses. Leonard reste poli, et pose même ses ustentiles, lorsque le gamin le remercie pour la serviette. L'inspecteur l'étudie avec attention quelques secondes, curieux face à l'expression qu'il aborde, non pas joyeuse, mais plus triste, et vraie. Il étudie son regard, silencieux, et soupire simplement.
Il n'a pas signé pour cela, mais Myung devait d'abord et avant tout être un informateur, et depuis le début, la goule est beaucoup plus que cela. Comme une tare qui grandit dans son coeur ; le coréen s'est fait une place, ce con.
Leonard gronde une seconde et se racle la gorge, brièvement, avant de prendre la parole.
- Je suis un homme divorcé, Myung Qu'il dit, simplement, pour affirmer qu'il n'est pas un expert à ce niveau, et qu'il n'est certainement pas la meilleure personne pour donner des conseils à ce sujet. Mais Myung a posé une question, des questions, et Leonard y répondra, par respect.
Leonard grimace, une seconde, avant de soupirer. L'une de ses paluches se glisse dans ses cheveux, et il continue.
- Si elle ne reste pas, laisse la partir. Si tu veux qu'elle reste, tu t'arrangeras pour, que l'homme dit, les sourcils froncés, comme s'il réfléchissait trop fort à la chose. Dis toi que si tu voulais vraiment qu'elle reste, tu aurais trouver un moyen pour la retenir, la reconquérir.
Il lui offre un hochement de tête sec, pour affirmer ses paroles, avant de prendre une gorgée de son café, noir. La seconde suivante, alors qu'il le dépose, Patty est déjà là, en train de remplir sa tasse.
- Si tu sais pas pourquoi tu veux qu'elle reste, pourquoi elle resterait ? Combler ta solitude, peut-être ? Il hausse d'un sourcil. Ne sois pas égoïste, gamin. Tu vaux mieux que ça. Patty, apporte lui un café.

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Dim 24 Sep - 13:18


Il a comme une pointe de jalousie quand il regarde Léo se régaler. Il n'y a pas si longtemps que ça - bien que ça se compte en année, chose qu'il n'assume pas encore vraiment - Mew se trouvait à sa place. Devant un bon plat cuisiné, fait avec amour et au goût raffiné. Il peut lui aussi prendre cet air ennuyé, faire comme-ci la conversation l'emmerdait profondément et feindre de ne pas vraiment s'impliquer; c'est ce que les gros durs font. Comme une visite de routine chez le médecin, qui roule des yeux, soupire, signe le putain de papier et autorise le patient à noyer ses peines dans les pilules. Mais ce serait laisser la part de lui qui n'a pas grandit avoir le dernier mot et il refuse de passer un instant de plus pour un gamin capricieux. Mew est soucieux de l'image qu'il laisse aux autres, pas forcément de celle qu'il peut avoir de lui même. Il supporte de se dégoûter en se regardant dans un miroir, s'il a l'assurance qu'il passera pour quelqu'un de bien devant la majorité ; en général, ça suffit pour se convaincre que c'est cette image là qui est bonne. Heureusement, Myung se déteste très rarement et arrange peu ses défauts. Moins qu'il ne l'admet. La chimère revient toujours à ses habites, ses tics et ses bugs qui le rendent unique. La façon qu'il a de taper du pied au rythme d'une musique dont il ne connaît le nom, sa tenue décontractée, ses yeux constamment plissés trop habitués à fixer un écran immobile. S'il pense tromper son monde, il ne trompe personne d'autre que lui même et cherche encore à s'en convaincre.
L'inspecteur joue d'une certaine manière avec ses nerfs - autant que Mew tire sur les sens-, il ne lui donne jamais la réponse de suite ou de but en blanc. Il laisse toujours passer le temps - ou peut-être qu'ils ont simplement plus de mal à communiquer qu'ils ne veulent tous les deux l'admettre -; c'est comme ça que Myung apprend la patience. Qu'il apprend à se faire comprendre et ne pas toujours conter sur le langage non-verbal et se rassurer d'une expression facial. Trop compter sur la façon dont se croisent bras et jambes sous ou sur la table. Peut importe le temps que prendra l'échange, il sait au moins qu'il y trouvera des réponses de qualité, même s'il ne veut pas les entendre. Ce sont de véritables pas réponses, pas de suppositions, pas d'énigmes tordues et d'espoir. C'est noir ou c'est blanc, ça plaît à l'esprit étriqué du coréen. Ça rentre bien dans ses petites cases. C'est merde ou c'est oui et ce n'est pas négociable exactement comme dans la vraie vie. Ni négociation, ni sursit.

Pourtant Mew, il voit bien qu'il y a une différence entre eux, même si monsieur l'inspecteur est vieux. Rouillé. Nul, puisqu'il n'a pas su garder sa dulcinée. Puisque visiblement, il à l'air d'être aussi incompétent et que c'est un sujet qui ne le passionne pas - Mew le note dans un coin de sa tête au cas où, il n'en reparlera pas. Il voulait qu'elles restent, toutes, dans ses souvenirs ; qui sont sans doutes édulcorées par ses soins. Au départ, il s'acharnait, il prenait le temps d'essayer, il se laissait parfois le temps d'apprendre à apprivoiser une présence, s'y habituer et la demander. C'est arrivé de rares fois, qu'il s'inquiète de n'avoir personne chez lui le soir, mais chaque fois qu'elles sont parties il s'est contenté d’acquiescer. Juste triste. Triste comme la moue perplexe sur son visage,  il s'étale sur la table en y repensant, la tête posée sur coudes, gosse fatiguée et mélancolique du bon vieux temps.
Et sans doute que la seule chose qui lui manquait était leur présence, leur parfum, le creux de leurs reins. Honteux de n'être intéressé que par ça, il s'est vite lassé de s'en vouloir. Il a trouvé bon public dans les clubs de nuit, eux c'est tout ce qu'ils cherchent. Ne surtout pas créer d'attaches. ( Pourtant ça lui manque). Leo a raison. S'il voulait vraiment , il aurait trouvé le moyen et les mots. Son hypothèse est confirmée. Il n'est pas fait pour ça. J'avais besoin de confirmer quelque chose, merci pépé.

Égoïste. Il l'est déjà. Son gros point noir, la véritable bête qui rampe dans sa poitrine. Finalement, être mêlée à une goule l'a rendu plus humain qu'il ne l'a jamais été du temps où il était comme tout le monde. Je suis bien avec ma solitude, c'est juste que parfois, j'aimerai être comme tout le monde. Parce que...
Parce que tout sa vie il a été différent. Il était l'étranger à l'école, le weirdo au lycée, le geek de la bande, la chimère parmi les goules. Alors même maintenant, il reste distant avec les cavaliers, ne dit que ce qu'il veut à Leo. Parce qu'à tout moment il sait que ça peut s'arrêter, le ciel lui tomber sur la tête et l'errance reprendre.
Les bonnes choses ne durent jamais. Rien ne va, rien ne semble s’emboîter correctement. Même dans sa tête, il n'a pas su choisir entre gars ou fille comme les grands dogmes de la société l'impose à la télé. Même lui il se maquille, il pique des fringues à des nanas. Non. Je crois que la connerie du ouin-ouin j'me sens différent t'en as assez bouffé. Merci pour le café Patty. Il sourit à la dame. Elle pourrait être sa mère, ça lui fous un coup de plus au coeur. Pour se réchauffer il porte la boisson à ses lèvres, se brûle la langue mais ne dit rien. Toujours pressé, actif et vivant. Le seul moyen de savoir qu'il va mal c'est de l'entendre de sa propre bouche. De l'extérieur, c'est juste un ado tardif.
Mew dit pour se défendre, qu'il a été confronté à trop de choses sérieuses, trop tôt, pour avoir encore envie d'être un adulte. Barbant et froid. Une vie monotone l’ennuierait, l'ennui serait son tombeau.
Il faut qu'il parle d'autre chose avant de faire le sentimental. Il déteste passer pour un pleurnichard, mais adore se plaindre. S'exprimer et trop en raconter. On le connaît trop ; il continue encore de jouer le mystérieux. T'as quelqu'un dans ta vie toi ? Quelqu'un en qui tu tiens vraiment j'veux dire.   Il sourit. Ce quelqu'un est un animal chez lui. Moi c'est Karma, j'aimerai vraiment l'adopter pour de bon. Je sais même pas à qui elle est, donc elle est à moi. Je suis content qu'elle t'aime bien.
Karma au moins, ne sera jamais déçue par ses belles paroles.
J'ai l'impression que tu n'as pas de vie. Pour moi tu es l'étrange inspecteur qui rend ma vie un peu plus dangereuse. Je ne sais rien du reste, sauf que tu m'as l'air d'être juste et de faire ton travail pour la bonne cause. Pensif, Mew ne préfère pas affronter son regard pour cette partie là. Sa crainte du CCG pourrait se retourner contre lui, pourtant, il veut prouver à Rosen qu'il a besoin de lui.
Il rêve de le rendre fier, mais ce n'est pas en jouant le terroriste qu'il y arrivera. Dommage.   C'est trop compliqué. Moi j'voulais être fleuriste au départ et regarde où j'en suis. J'raconte ma vie à mon ennemi naturel.
Myung pourrait facilement être sur sa liste de personne dangereuses, peut-être qu'un jour il devra l'éliminer. Il aime penser que Leo n'hésitera pas.

Parce qu'il ne le mérite pas.
(Il ne sait surtout pas qu'il n'y a pas que le bien et le mal).

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Ven 29 Sep - 16:12


D'une oreille attentive, Leonard écoute les réponses du gamin. Il n'y porte pas particulièrement attention, même si, en réalité, l'inspecteur ne rate aucun de ses mots. Peut-être que sa curiosité a été touché, ou alors que la vie du gamin l'intéresse plus qu'il n'ose le montrer. Leonard ne se pose pas réellement la question ; il fait la chose, simplement. Alors, déposant ses ustensiles, il le dévisage entièrement, le coréen, et essaie de le comprendre. Car malgré les mois écoulés, l'homme ne connait pas réellement le plus jeune. Peut-être que la chose ne l'intéresse pas. Peut-être qu'il ne s'est jamais attardé sur la question, que Leonard laisse les choses être sans réellement s'attarder sur, justement, ce qu'elles sont. Peut-être, oui ; certainement, en effet. Un fragment de curiosité reste présent, ou du moins, pointe le bout de son nez, le temps d'une seconde. L'homme dévisage la chimère, alors, et fronce des sourcils, en écoutant ses paroles, avant de secouer la pauvre tête. Il soupire, déjà exaspéré, déjà épuisé par la tournure de la conversation.
Leonard aime les faits, les choses concises et sans subtilités. Il ne gère pas les émotions avec brio, bien qu'il croit tout au moins posséder une certaine dose d'empathie, et parler de ce qu'il ressent ne fait pas parti de ses occupations. Il vit ses émotions, et ne se pose pas de questions c ce sujet. Il ne passe pas des jours à s'attarder sur une tristesse ou un coup de blues. La chose est vécu, il l'accueille puis la laisse filer, et passe à autre chose, simplement.
Myung, quant à lui, semble faire tout autrement. C'est une chose qui touche beaucoup les jeunes d'aujourd'hui, qu'il remarque. Les gens se questionnent de plus en plus. Ils s'interrogent sur le monde plus fort qu'autrefois, et sur leur propre personne, aussi. Comme si chaque chose nécessitait une question et une réponse précise. Comme si chaque chose se devait d'être un puzzle à résoudre.
L'inspecteur ressent la fatigue, à simplement y penser. Il n'imagine pas fonctionner de la sorte. Le monde est déjà assez bordélique et compliqué ; il n'a pas besoin de trouver des problèmes qui n'existent pas à résoudre.
Mais les jeunes, eux, semblent s'y plaire.
Il suffit de voir Myung, à cet instant, pris au piège dans un puzzle qui n'appartient qu'à lui.
L'homme le dévisage d'un oeil las, mais intéressé, et gronde face aux conneries de la chimère.
- Un peu de respect, Myung, que Leonard soupire, donc, quand il ose dire qu'il n'a pas de vie. Évidemment, l'agent du CCG ne prend pas la peine de nier la chose, car ce serait mentir. Sauf son travail, il n'a pas grand chose. Sa vie ne se résume qu'à cela. On ne lui a jamais appris à faire plusieurs choses à la fois. Homme typique, il ne sait faire qu'une chose à la fois, et il s'agit de son travail.
- Depuis quand ma vie personnelle t'intéresse, kiddo ? Tu joue les sentimentaux, on dirait.
il fronce des sourcils, tandis qu'il parle, et le dévisage d'un oeil sérieux. Cherche-t-il quelque chose dans ses traits ? Une réponse à une question qui n'existe pas ?
- Ennemi juré ? Et puis quoi, encore. La vie n'est pas un film d'action, Myung. On est pas dans Harry Potter, qu'il gronde, le vieil homme, avant de prendre une gorgée de son café. Et alors qu'il dépose sa tasse une nouvelle fois, il porte un regard sérieux sur le coréen; Tu vas bien, Kiddo ?

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Lun 2 Oct - 16:51


Pour une fois il n'est pas d'accord avec le vieux ; sa vie est un film d'action, pas le meilleur d'ailleurs et qui dure depuis trop longtemps. Une production hollywoodienne destinée à passer l'après-midi sur des chaînes que personne ne regarde - à tourner dans le vide et balancer des répliques comme de sacro-saintes vérités. Qui il croit convaincre, qui il croit être capable de persuader, si ce n'est lui même, de l'importance de son existence ? Il aura beau gesticuler, ce n'est pas comme ça qu'on attire l'intention, il aurait beau démontrer par a + b que le monde ne tourne pas en rond ces derniers temps, personne ne va l'écouter. Les gens n'entendent que le bruit que font les bombes quand elles explosent et ne sentent battre leur coeur quand il est sur le point d'imploser - le reste du temps ce sont des pantins inertes. Myung déteste les gens. Ce n'est pas lui qui pose les bombes, il ne fait qu'allumer la mèche, s'infiltrer dans des brèches.  S'il avait su, le coréen aurait gaspillé son intelligence dans quelque chose de moins solitaire que le hacking ; mais de toute façon, ça n'aurait pas changé grand chose. Ça lui aurait juste fait gagner quelques années. Pour en prendre autant. Ca le fait plus chier qu'autre chose, d'être le zéro de sa propre vie.
« Tu ne sais rien de ma vie. » Ses mots restent coincés dans sa gorge, le gamin s'insurge, se plaint. Il n'en sait rien et en même temps, c'est tant mieux. Il en sait déjà suffisamment, l'essentiel. Qu'il est un vaurien. C'est le résumé de touts les chapitres - aussi écrit sur la quatrième de couverture. Myung noie ses pensées dans sa tasse, déguste son breuvage doucement pour s'offrir un temps de répit. Il s'en délecte à petites gorgées comme les adultes font, pour mieux savourer la saveur amère sur sa langue. Il est corsé à souhait et suffisamment brûlant pour le réchauffer jusqu'aux os. Leonard a trop souvent, il voudrait l'avoir toujours sur son épaule. L'homme fait toujours des choix judicieux, sait de quoi il parle, l'expérience sans doute. Cette chose que Mew n'a pas - il en est conscient. Quelque chose qui s’acquiert avec le temps ; la chimère n'a pas le temps ! Le genre qui sait appuyer où ça fait mal, mieux vaut ne pas le contrarier.
« Pourquoi, ça t'étonne ? » Parce Myung il s'étonne. Il fixe toujours des souvenirs idiots et inutiles, comme cet attachement insensé à son père. Ou encore, tous les moments paisibles échangés avec Karma où il se laissait aller aux larmes en caressant sa fourrure toute douce. Elle lui rappelle l'été, son enfance. Le pire, c'est quand les personnes s'en mêlent ; Leo a une place important dans ces souvenirs là, ce sont les seuls ou Mew semble vraiment heureux.
Bien sur, il y en a d'autres, les gens du Lion. Les clients du page turner. Jaco. Les cavaliers. C'est ironique pourtant  : il prétend fuir l'attachement. Il ne survit qu'en compagnie.
« Je pensais juste que... Bah, on pourrait être potes tu vois. Et les potes se racontent des trucs. Mais oublie. » Potes. « C'est plus simple quand n'y a que le bien et le mal. » Il geint, suspendu à son regard. « Tout est plus simple quand tu es là. » Il se mord la lèvre jusqu'à ce que la douleur le rappelle à la réalité. Sinon, il sait qu'il va craquer. Lui, ses murs, ses convictions.
Tout est plus simple quand on peut compter sur quelqu'un, quand on peut recevoir des conseils des vrais. Quand on est pas seul - il ne fait pas assez confiance aux autres. Leo ne sera pas toujours là, un jour il ne reviendra pas. Il n'y aura qu'un fantôme sur le siège et l'ombre de Patty. Myung déteste Leo pour être entré dans sa vie et pour lui infliger ça.
Il va le perdre lui aussi ; il les perd tous.

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Ven 6 Oct - 15:56


Quelque chose, dans le regard. Une lueur, une question. Un océan dense et clair, pourtant. Un ciel immense mais bleu, précis. Leonard dévisage le gamin et essaie de comprendre, bien qu'il ne sache pas grand chose sur les jeunes en soi, encore moins sur celui qui se trouve devant soi. L'homme s'inquiète, pourtant. Plus qu'il ne devrait. La chose est surprenante, venant de lui. Étonnante, même. Il n'est pas de ceux qui s'attachent facilement. Les gens l'affectionnent, certes, et il peut compter un certain nombre d'amis, mais Leonard n'a jamais été le genre de personne a vouloir la compagnie des autres ou à la rechercher, bien qu'il en ressent la solitude. Il les observe et les a toujours observé, sans réellement avoir le besoin ou l'envie de les garder proche de lui. Au cours des dernières années, seule Harry reste une régularité, et elle n'est pas toujours là, et Leonard non plus n'est pas des plus présents, pour elle. Mais les choses sont simplement enfin. Il garde ses distances sans réellement s'en rendre compte, et ne pas de nouvelles des autres, ne cherche pas à se faire des repas entre amis, ou à posséder quelque chose qui ressemble à une famille.
Et pourtant.
Et pourtant, depuis quelque mois, une irrégularité. Une goule chimère un peu trop bridée qui s'est glissée par un craquement au coeur de sa vie et qui ne disparaît pas. Un Myung aux airs insouciants mais aux épaules voûtées par le poids du monde. Un gamin au sourire lumineux mais au regard sombre, comme s'il avait vu toutes les horreurs du monde, et plus encore.
Leonard se surprend, parfois, à se demander comment va le gamin lorsqu'il ne l'a pas vu depuis plusieurs jours. Il se surprend à se perdre dans ses pensées, une seconde, et froncer les sourcils un peu, café à la main, avant de secouer la tête et de retourner au travail.
L'inquiétude reste toujours présente, pourtant.
Certes, elle est un peu muette, à l'écart du reste dans son esprit, mais elle est régulière, maintenant. Pas qu'il n'y porte particulièrement attention, ou alors qu'il s'inquiète de la chose. L'Inspecteur n'a jamais été du genre à se poser des questions sur ses sentiments; s'ils sont là, alors il l'accepte, et vit avec eux.
Il accepte alors d'être attaché au coréen, sans se creuser la tête.
Peut-être ne le montre-t-il pas assez, son ex-femme lui disait toujours qu'il n'était pas très démonstratif, mais l'importante reste que le sentiment est là, et qu'il ne le nie pas. Tout comme il ne le dit pas.
Les sourcils se froncent donc un peu plus, tandis qu'il écoute les paroles du gamin, qu'il boit ses mots. Il ressent un étrange émotion dans ses tripes, à l'entendre parler, et n'est pas certain d'apprécier la chose. Une impression, à l'intérieur de lui, de vouloir protéger le gamin ou alors de le secouer. Leonard inspire doucement, pour calmer ses muscles tendus, ne sachant pas réellement quand la chose est survenue.
- Myung, qu'il répète encore, cherchant ses mots, le dévisageant. Cherchant son regard. Le vieux épie une prise à laquelle s'accrocher, dans le regard sombre du gamin. Il n'apprécie pas forcément ce qu'il y voit, encore moins ses mots, mais ne se détourne pas pour autant. L'homme n'est pas de ceux qui baissent les yeux, face aux maux et aux mots. Il continue alors, plus bas, presque doucement, par peur de faire un faux mouvement, même avec le son de sa voix ; Je n'ai jamais dit que l'on n'était pas amis, kiddo. D'accord ?
Sur les lippes de l'homme, un fin sourire éclot, pour accompagner ses paroles. Il l'observe au creux des yeux quelques secondes, pour lui faire comprendre et lui faire voir, surtout, qu'il pèse ses mots, avant de tendre la main au dessus de la table et d'ébouriffer ses cheveux dans un geste brusque, peut-être maladroit - certainement maladroit - et peut-être même un peu paternel. Pas qu'il sache quoique ce soit à ce sujet, par contre.
Puis, il éloigne ses doigts tout aussi rapidement, un raclement dans la gorge, un peu mal à l'aise face à son geste, par manque d'habitude, certainement. Un bref sourire effleure ses lèvres, maladroit, avant qu'il ne reprenne une gorgée de son café.
Les moments émotifs ne sont pas sa tasse de thé.
- Tu as mon numéro de téléphone et mon adresse, en cas de problèmes. N'oublie pas, qu'il conclue, un regard sérieux et protecteur posé sur le gamin, pour s'assurer que celui-ci n'est pas oublié.

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Sam 14 Oct - 19:34


Ce n'est pas si terrible d'être humain, c'est quelque chose que Mew n'a compris que sur le tard ; quand il n'en a plus été un. C'est en devenant une minorité qu'il s'est rendu compte qu'il était encore en bonne position même avec ses yeux bridés au milieu d'un monde de couleurs et de sourires différentes ; il pouvait toujours se cacher, se noyer dans la foule. Personne n'irait le chercher. Si lointains mais semblables ; et maintenant il n'est plus rien qui ressemble de près à une créature de chaire et d'os. Il doit se battre pour se prouver à lui et aux autres qu'il est digne d'exister, digne de vivre et de respirer au milieu de sept milliards de personnes qui peuvent potentiellement lui vouloir la paix pour des crimes qu'il n'a pas commis. Simplement pour le fait de respirer le même air qu'eux, de fouler la même terre, de croiser leur chemin par mégarde. Et lui qui n'était pas serein par le passé, ne cesse de remarquer chaque détail d'attarder sur chaque regard. Croit voir big brother à chaque coin de rue, prêt à le dénoncer. Ce n'est pas que ça le touche tant que ça.
Ça le transperce, comme une balle en plein coeur ; un couteau qui remue sans cesse la plaie qu'à lassé l'opération du Lion. Qui lui dit démerde toi avec ça, cicatrise avec ce que tu as, survis avec ce que tu trouveras. Il est ds visages qui retient parmi d'autres, des mains tendues vers qui revient gratter une miette ; puis il y a Leo. Un phare dans le brouillard qui le guide un peu plus vers un chemin plus glorieux que ses écrans. La colère, la mort. Pendant des années, il a cru y être simplement condamné : les mauvais enfants vont en enfer. Mew a toujours été un sale gosse. Il se disait que comme ça, on le remarquerait.
Il a toujours été transparent. Inutile.
Peut-être qu'il n'était même pas désiré, qu'on l'a vraiment abandonné. Qu'il l'a mérité.
S'il ne connaissait pas Leo, il douterait de ses silences, mais il sait. Il sait qu'avec lui, ils sont légers et pleins de vérités. Leo ne s'embête pas avec des paroles qui peuvent être mal interprétées. Il est avare de marques d'affections, il est toujours pudique sur ce qu'il ressent. C'est comme ça que Myung le ressent. Le simple fait qu'il puisse encore s’asseoir en face de lui est une pauvre suffisante de son attachement. Pas de jaloux. Il est aussi prit dans ses filets.
C'est plus qu'une histoire d'infos balancées.  

Peu de gens connaissent sa nature de goule, mais de tous ceux qui savent il ne compte plus les regards en coin, les lèvres qui s'ourlent pour pester et ceux qui ne veulent même pas être servit par un monstre. Car c'est ce qu'il est devenu, un monstre. Il n'a encore tué. Armé d'un clavier, ou immobile face à une victime qui ne demandait qu'à être idée. Il est complice par le silence, complice par l'absence. Le monde est cruel ;  lui aussi un jour se fera manger. On est tous la proie de quelque chose, de quelqu'un ;  trop souvent de soit même. Un jour, Myung aimerait arriver à se terrasser, faire tomber les murs qui l'empêchent d'exister réellement :  sont plus grand rêve. Triompher de ses démons.
Parfois, Leo lui fait entrevoir ce mince espoir. Il pense apercevoir au bout du tunnel une lueur, une fin à son errance sans but. Il se persuade lui même qu'il y a bien un moment où il ne pourra plus juste fuir son ombre et qu'il devra l'affronter. Mais le plus souvent il est surtout certain qu'il ne sera jamais capable de la tuer. Quelque chose l'empêche toujours d'avancer, le retient ;  même dans ses rêves. Il finit toujours par en étouffer. La gorge serrée, pris de larmes invisibles qui le noie dans ses propres peines. Il se contente d'afficher le sourire douloureux que ses lèvres sont encore capables de produire. Oui, c'est vrai. J'oubliais.
Il y a de ces jours, où il voudrait sauter dans ses bras et lui supplier de l'achever ou se simplement se perdre dans l'odeur de son gel douche. Rosen lui inspire tout ce qu'il déteste et admire le plus au monde et ce qu'il ne sera jamais.  Effrayé à la simple idée qu'il pourrait un jour s'en prendre à l'inspecteur Rosen, qu'il pourrait.... Il essaye de ne pas trop penser au pire -mais il continue d'y penser.
A tout un tas de choses qui l'envahissent. Et qu'il ne sait pas contrôler. Il aurait aimé avoir quelqu'un comme Léo, de là le soir quand il rentrait chez lui. Pour l'engueuler, le secouer. Pour le prendre dans ses bras et le rassurer. Il soupire et retrouver son visage rayonnant habituel. Il l'a toujours admiré l'inspecteur. Je veux pas... m'incruster. J'en fais déjà assez je crois. Ses yeux retombent devant sa tasse vide ; il regrette déjà le fantôme du contact de Leo, il garde précieusement son souvenir. Il ne veut pas l'oublier. Jamais. Il tend une main essayer de rattraper la paluche du vieux. Merci, hein. Sa peau est rêche, abîmée. Elle semble a elle seule, raconter des légendes, des aventures. Leo. Il ne sait pas quoi dire exactement.
Juste la vérité. Si tu n'étais pas là... je ne sais pas ce que je ferais. Sans doute, encore plus de conneries.
Et il n'aurait personne, qui lui donnerait désespérément envie de se faire aider. Envie d'aimer. Ça à l'air génial ça aussi. Ça résout tous les soucis. Mais Mew il n'en a jamais eu besoin. Jamais ressenti le besoin. Il s'est toujours trouvé face à une grande absence. Qui ne lui avait jamais manqué jusqu'à qu'on lui fasse remarquer.
On l'a toujours traité comme incomplet, les gens savent toujours trouver l'es endroits où appuyer pour le faire tomber. Mew ne sait rien cacher. Il laisse tout filtrer. Même la peine.

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Dim 22 Oct - 13:25


Il est là. Il est là, mine de rien, le sentiment d'inconfort. Car Leonard Rosen n'a jamais été un homme d'émotions. Certes, sait-il les définir et aider un minimum lorsqu'une victime a besoin d'aide. Il sait faire l'essentiel, pense-t-il. Mais les choses sont toutes autres lorsque sa vie personnelle est concernée. Il est étrange de penser que les deux choses, maintenant, sont liées. Que sa vie personnelle a maintenant un lien étrange avec la chimère qui est là, assise devant lui. Leonard aimerait pourtant pincer ses lèvres et ne pas réellement lui prêter attention. Après tout, l'homme a passé une grande partie de sa vie seule. Myung Welsch ne change pas grand chose à la donne. Et pourtant ; pourtant, le gamin est là. Au fil des mois, le petit rat qu'il est s'est glissé une place dans sa vie et Leonard, l'observant d'un oeil attentif, parfaitement conscient de la chose, ne l'a pas arrêter pour lui dire qu'il ne fallait pas faire cela. Rosen l'a laissé faire. Et maintenant, le voilà dans une belle merde. Car il sait ; dés l'instant où la chimère s'est frayée une place dans sa vie, Leonard a su qu'il fallait devoir choisir, un jour. Entre quoi ? Il ne sait réellement, et ne perd pas de temps à réfléchir à propos de l'avenir. Il sait pourtant qu'une chose se prépare, et que peut-être, potentiellement, son futur sera différent de son présent. Il fait des choses qu'autrefois, il n'aurait pas fait. Son comportement en lui-même chose, avec le temps. Leonard s'observe et voit ; il porte trop attention.
Il s'attarde trop que le coréen, et sur d'autres choses, aussi. Lilian est une autre cause perdue dont il s'entiché. Nataniel également, bien qu'il reste lourdement à l'écart. Et d'autres aussi, peut-être.
Le plus dangereux pour sa sécurité reste certainement son informateur ; il est trop creux dans son coeur.
L'homme, pourtant, n'en fait pas réellement de cas. Les sentiments bouleversants sont là ? Certes, d'accord, il les ressent et ne les renie pas. Tout autant, il ne sait pas quoi en faire. Mais Leonard garde malgré tout son air calme, car il n'est pas de ceux qui se torturent l'esprit, ou qui s'attardent sur les moindres détails, lorsqu'il est question de sentiments.
Alors, si ses tripes sont remués par les iris larmoyantes du coréen et ses mains tremblantes, le faciès reste pourtant de marbre et le regard, lui, un peu moins calme. Mais les mains, eux, certes vieilles, trop usées également, ne tremblotent pas. Elles sont mêmes chaudes, au contraire de celles de Myung, lorsque le gamin serre sa main. Leonard fronce un peu des sourcils, face au geste, et capte du coin de l'oeil le sourire ému de Patty. Dans sa gorge reste enfermé un grognement et si une part de lui ressent un certain inconfort face à l'intimidité du geste et de tout ce qu'il représente, il n'en déloge pas ses doigts pour autant.
Si Myung en a besoin, alors il le laisse faire. Tenir la main d'un gamin n'a rien d'extraordinaire, après tout, ou de réellement dérangeant. Leonard n'en a pas l'habitude, tout simplement.
- Hého, Kiddo, qu'il gronde, lorsqu'il lui sort d'autres conneries dérangeantes. À croire que le môme ne capte pas les saletés qu'il dit à son propos. Les sourcils se froncent un peu et si le contact apporte un inconfort qui ne disparait pas, Leonard ne perd pas une seconde avant de déposer sa seconde main sur leur deux mains liés. Son regard, une brève seconde, cherche celui de l'asiatique avant de s'y verrouiller. Les conneries, c'est ce que tu dis.
Les mots sont peut-être brutaux mais Leonard n'a jamais appris à faire dans la dentelle. Combien de fois a-t-il fait pleurer la gosse d'Harry à dire les choses trop franchement ? Il ne compte plus.
- Tu dois avoir confiance en toi, c'est tout. Après, tu pourras peut-être avoir confiance en d'autres personnes. Il marque un temps de silence, puis continue. Tu me fais confiance, non ? Ça prouve que tu te fais déjà confiance, même si c'est en quantité minime.
Et de là, sur les lippes de l'homme ridé, un sourire s'étire un peu. Il finit par lâcher de main et tourne les yeux vers Patty, pour demander la facture. Pendant quelques minutes, tandis que la bonne femme lui apporte le papier et que Rosen paie, fait un peu la conversation, aucun échange n'est fait entre les deux hommes. Puis, lorsque la femme s'efface de nouveau, Leonard reprend la parole.
- Je te ramène ? qu'il demande, tandis qu'il se lève et range son change dans ses poches. Puis, prenant son manteau et son parapluie qu'il tend à Myung, il ajoute. Ou tu préfères aller chercher Karma et dormir sur le canapé ?

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Dim 29 Oct - 13:33


Il y a des jours où Mew se fait assez confiance pour s'endormir sans laisser la lumière allumée ; c'est tout con mais parfois il garde ces peurs d'enfant qui font trembler des géants. Il ne pense pas avoir toujours été comme ça. Il estime qu'on naît tous avec une jauge d'estime de soi, comme dans les jeux vidéos, à la place de la barre de vie. Qui augmente, baisse, se vide au fur et à mesure des rencontres et des interactions avec les autres. Même si dans la vie, c'est rarement le mode facile et qu'il n'y a aucun PNJ pour montrer le chemin ; le plus souvent on passe devant sa quête sans s'arrêter et on se retrouve en face du boss final sans être préparé. Pour toutes les fois où Myung n'a pas fait le bon choix, il a senti son estime de soi  évoluer, souvent négativement. Il se garde de s'avouer qu'il a besoin d'être encouragé et ne fait pas assez confiance au gens pour croire ceux qui flattent son ego. Il a toujours trouvé les je t'aime un peu facile à dire quand on a le dos tourné. Alors de temps en temps il se lamente et oublie qu'il sait très bien se débrouiller tout seul, que ça fait bien dix ans qu'il le fait et que ça ne lui a jamais posé de problème jusqu'à aujourd'hui. Vient toujours un point de rupture, à tirer sur la corde et s'accrocher au dessus du vide. L’abîme appelle l’abîme. Ça lui est déjà arrivé d'avoir des coup de blues, de regretter le sein de sa mère ou même sa piaule d'étudiant. Mais il se rappelle vite les choses essentielles et pourquoi toutes ces choses qui furent belles sont devenues des souvenirs ternes.
S'il est parti c'est qu'il avait toute les bonnes raisons du monde de partir.

Parfois, il veut juste entendre que rien n'est de sa faute et que s'il avait eu quelqu'un pour le rappeler à l'ordre, rien de tout cela ne serait arrivé. Mew aime être plaint et rassuré. Il sourit à l'entendre, il baisse les yeux rassuré par le contact chaud de ses mains. Il ferme les yeux pour ne pas avoir à le regarder en face ; pour ne pas avoir à voir Léo. Léo qui est un étranger, Léo qui ne serait jamais celui qu'il veut qu'il soit. Parce que Léo a sa vie et Mew la sienne. Léo n'a jamais eu besoin de lui foutre une bonne gifle pour remettre ses idées en place - même s'il en aurait peut-être bien besoin - ou lui faire comprendre qu'il dit des choses qui n'ont pas de sens. Il trouve toujours les bons mots et le gamin le prend trop souvent pour un génie ; à Mew de faire ce qu'il doit avec les clefs qu'il lui donne. Prendre la main qu'il lui tend ou refuser la chance qu'il lui offre de se racheter, d'avancer et d'apprendre à s'en sortir vraiment. Myung aime toute la bonne volonté qu'il y met et aime penser que Léo est toujours sincère. Il n'en doute jamais une seconde même en sachant qu'il ne sont pas dans le même camp tous les deux. Parfois il lui traverse l'idée de lui parler des cavaliers, de lui demander son avis. Il voudrait l'entendre dire qu'il s'est engagé dans quelque chose de trop grand pour lui autant qu'il redoute ces mots. Autant qu'il a honte de ce qu'il et se voue un peu plus à cette cause, déversant sa propre haine de lui même dans la haine d'autrui. Éloigner un problème ne le fait pas disparaître mais rend la peine au quotidien plus supportable. Peut-être que c'est tout ce que Mew a jamais essayé de faire ; rendre sa vie un peu moins monotone en vivant un vrai scénario de film.

Il fait confiance à Léo. Un peu ; suffisamment. Assez pour lui parler à coeur ouvert mais toujours dans la retenue ; même quand la chimère semble en dire trop il garde toujours des anecdotes de coté. Il garde certains secrets pour son ombre, pour les soirs où il ne se sent plus de porter le monde sur ses épaules à se croire pour Atlas. Myung est du genre à ne jamais croire personne avant d'avoir en face de ses yeux des preuves irréfutables ; on l'a trop habitué à ce que les bonnes choses soient des appats. Il n'a jamais apprit de l'enfance, continue de suivre chaque type louche qui lui offre quelque chose de plus supportable que ce qu'il a. Il veut toujours mieux que ce qu'il est pour s'offrir quelque chose qu'il ne mérite pas forcément ; et quand il a l'occasion d'obtenir le mieux il le laisse à sa porte, comme il a laissé Jaco son pallier sans un au revoir. Il donne ce qu'il a offrir, que ce soit son coeur ou son âme. Et Léo n'est pas moins pire que les autres, il le tient autant à la gorge par ses paroles, par ce qu'il sait. Il est peut-être moins pire, il n'en reste pas moins dangereux. Autant qu'il est banal. Mew l'observe en coin payer la note - un jour peut-être le gosse lui rendra toute les fois où il lui a payé un café. Il adresse un clien d'oeil à Patty et s'imagine une vie banale. Où Léo est son véritable papa et qu'ils discute de choses et d'autres. D'études, de petit boulot et d'argent plutôt que de vide béant de Myung. De toutes ses inquiétudes et toutes les fois où il a été très nul. « Karma n'a pas besoin de mon aide. A moins que... Avoue, t'aimes quand elle ronronne sur tes genoux. » Il se demande à quoi ressemble la maison de Léo. Il s'imagine quelque chose de très vide avec quelques couleurs chaudes pour essayer de donner un aspect plus chaleureux à des murs qui restent morts. Léo est un homme trop réservé pour avoir de ces maisons où s'échappent cris et rires. Peut-être que son chez lui ressemble à celui de Mew : vide. « J'espère qu'il est confortable ton canapé. Est-ce que t'as une cheminée ? Eh Léo. Tu fais des cookies aussi ? » Le coréen sourit et saisit le parapluie comme-ci c'était le sien. « Tu sais je t'aime beaucoup Léo. » Le ton n'est plus à la rigolade. Il a celui des choses graves, aussi joyeux que pour annoncer une mort proche. « Je n'ai juste pas l'habitude que les gens soient gentil avec moi sans arrière pensée. » Alors ce n'est pas sa faute s'il pose toujours des questions et qu'il raconte des conneries. C'est que parfois les choses trop sérieuses le tue.

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† I'm scared that I'll miss you Happens every time I don't want this feelin' I can't afford love I try to find a reason to pull us apart It ain't workin' 'cause you're perfect And I know that you're worth it  I can't walk away  
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Lun 6 Nov - 19:38


Sur les lippes du vieil homme, un pale sourire. Peu forcé, peu pensé ; réel, tout au moins, et c'est l'essentiel. Leonard zieute sur le gamin quelques secondes, lève les yeux au ciel à entendre sa réponse un peu enfantine et taquine, et ne prend pas la peine de répondre. Il n'aime pas les chats. Il n'aime pas les chiens. Les animaux n'ont jamais fait partis de sa vie, qu'importe la solitude qui l'a souvent accompagné. On lui a souvent dit, pourtant. Suggéré avec un peu d'insistance de prendre un animal de compagnie. Mais l'agent n'a jamais eu d'animaux, durant son enfance, et la chose reste donc un concept étranger. Il ne comprend pas la chose, simplement. Il respecte ceux qui - comme Myung - sentent le besoin d'avoir un animal de compagnie, mais ne comprend pas tout à fait. Il fronce des sourcils, lorsqu'il voit les gens s'attendrir devant des vidéos d'animaux - surtout au bureau - et dévisage la scène du même oeil qu'un, pourtant, mais ne s'émeue pas de la chose.
Qu'importe ; il ne comprend pas, et ne cherche pas réellement d'explication à la chose. L'inconnu ne lui dérange pas. Ne pas tout saisir de la vie non plus.
L'homme détourne le regard, plutôt, et dévisage ce qui se trouve de l'autre côté de la fenêtre. La pluie tombe encore, mais plus doucement, cette fois-ci. La nuit s'est fait une place, ou du moins la noirceur. Les journées sont moins longues, à présent. L'hiver approche. Il suffit de voir les feuilles qui tombent des arbres depuis quelques semaines, déjà. Les brèves couleurs ne sont plus, déjà. Il ne reste qu'un terne filtre qui, prochainement, sera certainement couvert par la blancheur de la neige.
Leonard se surprend à être impatient face à l'arrivé de ce tapis de blanc. Pas qu'il soit particulièrement friand de la saison en question, mais plutôt que la neige a, à ses yeux, un effet apaisant sur les gens. Une douceur que l'on ne peut simplement ignorer.
Il tourne les yeux vers Myung lorsque le môme s'empare enfin du parapluie. Dévisage d'un oeil torne mais attentif ses vêtements humides et pince brièvement ses lèvres. Déjà, il pense aux vêtements qu'il pourra lui prêter une fois rendu à son appartement.
- J'y dors plus souvent que dans mon lit. Il fait l'affaire, qu'il répond simplement, avant de prendre le pas vers la sortie. Oui pour les deux autres questions.
Déjà, il s'engage vers la porte pour sortir du restaurant, et ses doigts y prennent appui, lorsque Myung lui sort le monstre. Une tension l'agrippe à ses épaules et quelque chose serre son coeur. Étrange sensation, sensation étrangère.
- Hm qu'il dit, aussitôt, encore surpris. De même, Kiddo.
Les mots manquent de manière et sont maladroits, mais restent tout au même vrais, et surprenant pour lui comme pour l'autre. Qu'importe ; Leonard ne s'attarde pas sur la chose. Il s'est étrangement attaché au gamin, voilà tout. La suite des paroles l'oblige à arrêter son pas, une fois à l'extérieur, et passer son bras autour des épaules de la chimère, lorsqu'il arrive à ses côtés.
Il ne dit rien, cette fois-ci, pour lui répondre. Il se contente de serrer brièvement son épaule entre ses doigts, accolade étrange d'un homme qui n'a pas l'habitude des contacts ou des démonstrations affectives, et de capter son regard. Puis, comme si la chose n'était pas arrivée, il laisse son bras glissé et le quitter. La main s'enfouit dans ses poches et il cherche ses clés.
- Ma voiture est au coin de la rue. Allez, viens.
Léger signe de la tête, et il marche vers le véhicule tout bonnement. Une fois rendu, Leonard ouvre sa portière et s'assoit, avant de se pencher au travers du véhicule pour ouvrir celle de Myung. La bagnole reste vieille, après tout, et les portes automatiques n'y sont pas incluses. Qu'importe ; elle roule encore. Si Myung s'amuse avec la radio pendant le court trajet, Leonard reste silencieux, dans son cas. Il se contente de dévisager la route et d'avancer simplement, et se stationne devant l'immeuble de son appartement. Usé par le temps, l'immeuble de plusieurs étages dévoilent quelques fenêtres d'où la lumière émane, mais plus de noirceur qu'autre chose. Quittant le véhicule, l'inspecteur ouvre la porte de l'entrée et, le coréen toujours à sa suite, monte les multiples escaliers - aucun ascenseur n'est présent - jusqu'au quatrième étage, puis traverse un long zigzag de couloirs armés de portes numérotées pour atteindre la sienne. Il ouvre la porte, allume la lumière, pénètre et laisse le gamin découvrir les lieux.
- On y est, qu'il dit simplement, retirant ses chaussures déjà. Puis, il disparaît déjà dans sa chambre et revient avec un pantalon de jogging sombre et un t-shirt blanc - le tout trop grand - pour le gamin.

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almost like the blues
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Dim 12 Nov - 12:20


Quelque chose se détend dans l’atmosphère, Mew en tout cas, laisse tomber les dernières barrières restantes et la tension s'en va comme l'eau ruisselante. Le calme l'envahit suffisamment pour lui clore le bec. Il ne sait plus quoi dire ;  il en a sans doute déjà dit assez. Sa bouche s'étire en un grand sourire quand Léo l'attrape par l'épaule qu'il cache en fixant ses chaussures. L'angoisse de rester seul chez lui n'en est pas vraiment une, mais depuis quelques temps déjà, ce n'est plus pareil. Il arrive à un moment de sa vie où il aimerait mener une existence normale. Il est parfois fatigué de jouer les mauvais héros, même si, il s'est imposé tout seul de devoir porter le monde sur ses épaules. Plus jeune, il n'a jamais vraiment voulu de supers pouvoirs, ni rêvé de prendre la place de Superman. Sa vie banale lui allait très bien, l'avenir lui semblait trop lointain pour le toucher, comme de la brume. S'y perdre ne l'effrayait pas non plus, le gosse innocent pensait que toute sa vie on lui donnerait la carte et la boussole. Avec le recul, il aurait du se contenter de ce qu'il avait plutôt que viser trop haut. C'est comme ça qu'il s'est réellement perdu. Ce n'est pas le chemin qu'il a emprunté le problème, c'est de s'être égaré lui même sur sa route. Et pour ça, rien ne peut l'aider.
Maintenant Myung est une goule et ses "super pouvoirs" sont plus un handicap qu'autre chose Ça aurait pu être pire. Être un ajin l'aurait réellement terrifié ; être incapable de mourir, devoir vivre caché.
Durant le trajet, Myung prend le contrôle de la radio - l'avantage d'être passager. Leo est trop occupé sur la route pour s'en préoccuper, peut-être qu'il s'en fiche aussi. Le gosse ne trouve pas son bonheur mais fredonne quelques airs, change constamment de fréquence pour essayer d'intercepter une musique entraînante. Il y a les rythmes lancinants des vieux hits, entre des morceaux de raps et quelques tubes mainstream. Il regrette le tourne disque de son appartement et la voix de Cohen. Il se demande si le vieux l'aime, s'il l'aime toujours après que la moitié de l'humanité ait du joué avec la ressemblance de leurs noms. Leonard Rosen. La chimère est dans la voiture d'un flic, pour aller chez lui. Parfois, les choses de la vie l'étonnent. Il laisse sa tête reposer contre la vitre et ses yeux se perdent dans le paysage qui défile. L'arrivé de l'hiver est une bénédiction, le ciel se pare jour après jour d'un manteau gris et l'atmosphère lumineuse a quelque chose de plus paisible que le soleil. Les fêtes s'occuperont d'illuminer les rues de couleurs chaudes et familières et les enfants seront heureux. Une année de plus passée sur terre. Il s'imagine déjà boire un peu de vin chaud en guettant avidement la patinoire, sans jamais trop oser se lancer sur la piste.
Il pourrait amener Jaco.
Oui. Il prendra Jaco avec lui.
Et il sourit dans le vide à cette pensée.

Peut-être qu'il s'est assoupi un peu car le trajet lui semble trop court et quand il sort de la voiture, ses jambes sont encore engourdies. Il aurait pu rester des heures le regard dans le vague à songer. Il se traîne mollement dans les escaliers, s'amusant à compter les marches, toujours muré dans le silence. Il imaginait Leo vivre dans une grande maison en dehors de la ville. Un grand jardin autour et à l'intérieur des hauts murs de crépis beige, une grande pièce vide embellie par une cheminée. Une maison solitaire, perdue dans un désert de glace quand la neige s'y hasarde. A la place, il se retrouve face un appartement semblable au sien, celui d'une personne seule. Elle ne s'allume qu'en la présence du propriétaire des lieux. Le vieux lui rapporte des vêtements propres et Mew se résout à quitter les siens toujours trempés. Il va sans doute tomber malade, peut-être un rhume. Un mal de gorge.
Un peu de miel résoudra le problème ; tout a toujours une solution. Même la vie au final, que ce soit une balle dans la tête ou une bague au doigt.

Le coréen abandonne ses converses détrempées et va déposer ses affaires en paquet dans la salle de bain et prend quelques secondes pour se regarder dans la glace. Il a reprit du poids et a meilleure mine, mais il trouve toujours son corps aussi décharné. Il baigne dans les vêtements qu'il enfile. On dirait que je me suis chié dessus.
« Tu es un géant Leonard Rosen. » Il ose à peine toucher les meubles occupant l'espace et la décoration, préférant se caler dans le canapé et s'enrouler dans la couverture posée dessus, baillant à s'en décrocher la mâchoire.« Si seulement je pouvais manger du chocolat » Sa plainte se perd en un petit bruit animal. Le chocolat lui manque tellement. Maintenant, il ne peux plus rien manger d'autre qu'un autre être humain - ou celle du CCG qui n'a rien de vraiment succulent. Il préfère de loin quelque chose de frais, même si ça lui a mit du temps à l'accepter. Des goûts de luxe. « J'imagine qu'il y a rien pour moi chez toi ? »
En dehors de sa propre personne. Sans offense, Léo doit être un peu sec. Avec le stress de son travail, nerveux. Et surtout, bien plus sympathique vivant.« Si la voisine débarque tu lui dis quoi ? Que je suis ton fils illégitime. Ou ton petit cousin du Texas ? » Un jour sans doute, Léo le vendra comme lui le vendrait. (Ou pas, Mew le sait, il ne vendra pas Léo. Pas lui).
Il préfère que ce soit Léo qui lui fasse payer. Il est des jours où il laisserait bien tout derrière lui. Les Cavaliers.
Il fait trop bon chez Léo pour se lamenter. « Parle moi de toi. » D'où vient l'homme ? Myung ne lui a pas fait l'affront de fouiller son passé. Il aurait pu. Hacker, toute son existence,
lui voler son anonymat. Lui voler sa vie. Il ne l'a pas fait. « Qui es-tu Léo ? »
Et lui. Qui est-il ? Un gosse déçu ? Les gens seraient déçus de savoir que sous le masque ne se cache rien de plus qu'un pleurnicheur.

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