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 you deserve me (mew)

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Ven 15 Sep - 20:13


Les carcasses sont échouées au travers des couvertures froissées par l'envie - l'amour - la paresse aussi, surtout. Les corps morts restent égarées dans les tissus par millier, les pieds ont bataillé pendant la nuit pour envoyer la plupart au pied au lit, car la chaleur est lourde, encore, à Détroit. Jacó fait glorieux dans sa nudité, couché sur le dos, un bruit au creux de la gorge, léger, mais présent, presque ronflement. Une de ses mains restent posée sur son ventre, l'autre appuie légèrement contre la peau de l'asiatique, pour un contact. Un contact, sinon il aurait cauchemardé toute la nuit sans cesser ; pas qu'il l'avoue, ni qu'il le cache, mais plutôt qu'il a appris à vivre avec la chose, depuis les années. Jacó touche les chairs pour ne pas que ses rêves soient plus sanglantes que ses jours.
Le paisible silence plane quelques secondes dans la pièce sombre ; les minois sont illuminés par une légère lumière venant des rideaux entrouverts. Dans le silence trop plat, le fin bruit de Jacó. Il résonne dans une régularité certaine depuis trop longtemps déjà, tandis qu'ils dorment encore, avant d'être entrecoupés par un bruit distinct.
Un pet.
Un gaz certain s'évadant des entrailles de Jacó, annonçant le réveil proche de la bête. Non pas qu'il soit sauvage, mais plutôt qu'il ne possède pas totalement les manières d'un gentleman. Un second pet s'évade de ses miches, avant qu'il ne fronce du nez, la lumière du soleil dans les yeux ou alors, sa propre odeur l'insupportant. Jacó gronde un peu, roule une seconde sur le côté, avant de porter une main - celle contre son ventre - à ses yeux pour les frotter grossièrement. La seconde suivante - ou plusieurs, plutôt - le grand enfant ouvre les yeux et semble perdu une seconde, devant l'endroit.
Il n'est pas venu souvent, ici. C'est peut-être la première fois, en fait. Il ne sait plus réellement, et il a tendance à oublier les choses qui ne semblent pas importantes, et parfois celles qui le sont.
Jacó dévisage autour et se redresse sur un coude, observe sa nudité brièvement, avant de regarder qui se trouve à ses côtés. L'esprit reste clair, comme les souvenirs de la veille, mais un doute reste présent - les doutes sont toujours là - alors il préfère s'en assurer. Un doux rictus se glisse sur ses lippes lorsqu'il voit ; le minois de Myung à ses côtés.
Ah.
Le sourire reste sur les lèvres et le regard va se perdre de nouveau sur la pièce. Jacó finit par se redresser et s'asseoir au coin du lit. Il prend au hasard un slip qui traîne au sol et, après en avoir senti l'entrejambe par habitude, l'enfile. La seconde suivante, le grand enfant retourne dans le lit trop petit, et se presse totalement contre Myung, un sourire un peu con sur les lippes, des conneries dans la tête.
Il est heureux pour peu et sans savoir pourquoi, sans se poser de questions, finalement. Peut-être car il n'est pas seul, peut-être car Myung est là, peut-être car ils ont passé la nuit à dormir, sagement. Jacó ne sait pas ; s'en fiche totalement.
Un dernier et fatidique pet quitte ses fesses, plus fort que les autres, mais sans odeur, heureusement. Contre lui, le coréen bouge. Jacó sourit un peu plus, se brise le visage en deux, à le faire autant.
- Hé, mon coeur, qu'il dit, sans romance, mais avec la voix mielleuse qu'il emprunte souvent et qui porte à confusion. Sa joue mal rasée s'écrase contre celle de Myung - ou tente, du moins - alors qu'il le serre, avant qu'il ne le libère.
La tendresse a disparu, et il quitte les couvertures qui ne sont plus là. Jacó se gratte la miche, s'aventure dans la cuisine sans demander, ouvre les armoires et le frigo sans permission, pour quelques provisions. Il est décu de ne pas ni oeufs ni bacons alors qu'au final, il ne pourrait même pas en manger. Il en aime l'odeur, le matin.
La saveur lui manque encore.
- T'as rien à bouffer, qu'il gronde, dans une plainte presque longue, en refermant la porte du frigo. Il reste perdu au milieu de la pièce un moment, Jacó, avant de tourner sa tête, son regard, vers la chambre. Myung va apparaître. Tu veux aller bouffer un truc ? Ou faire livrer ? Ubereat livre pour les goules aussi, j'pense.

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Sam 16 Sep - 17:43


L'aube  est encore noire d'encre et épaisse comme du pétrole, faite de la même matière qui lui colle à la peau; il a seulement conscience de son corps moite dans les draps qu'il a passé la nuit à chasser, le reste n'est que supposition. Attentif au moindre bruit qui vient troubler son sommeil, à la respiration étrangère loin d'être calée à son rythme, bruyante et gutturale là où lui  se résume à un souffle à peine perceptible qui lui donne l'apparence d'être un mort; le voisin qui occupe toute la place, agresse son espace vital d'un contact mais il ose pas bouger Mew. Il voudrait pas faire de geste trop brusque pour le chasser, lui même petit chat qu'il est il supporterait pas d'être tiré de ses songes par un coup de poing indélicat. Mew dort toujours recroquevillé en position fœtale, une vielle habitude qui ne l'a jamais quitté et qui lui donne toujours l'impression d'être en sécurité, quand bien même ce n'est qu'une illusion. Une idée reçue de plus. Longtemps il s'est enfouis sous  les couvertures même en pleine chaleur d'été pour échapper aux fantômes. Un jour seulement, il compris qu'ils n'existaient pas et que les monstres n'attendaient pas la nuit tombée pour sévir dans les rues humains, mais il est resté en boule, les poings fermés comme un enfant, il ne se voit pas dormir autrement qu'en prenant le moins de place possible. Qu'en se lovant tel un animal blessé à la recherche de sa propre chaleur, à l'écoute de chaque battement sourd de son coeur, aveugle sans ses binocles au nez.
Parfois, il voudrait avoir le pouvoir de disparaître, être invincible serait trop lassant et immortel trop fatiguant  alors s'il doit avoir un super pouvoir, c'est devenir invisible qui lui sierra ; pour ce qui est de la force il est déjà devenu plus compétent mais  ça n'a rien changé à son quotidien, tout se passe uniquement dans sa tête et il n'est pas certain d'être capable d'affronter des criminels possédant les mêmes capacités que les siennes. Si on se persuade assez de choses, il arrivent qu'elles deviennent réelles, qu'elles se matérialisent enfin. C'est d'autant plus vrai avec la volonté d'être invisible, plusieurs fois il y a pensé si fort qu'il a cru véritablement devenir transparent, juste un instant avant d'être a nouveau repéré par le radar des gens. Myung n'est jamais paisible que quand il est dans son seul élément d'informatique, le reste du temps, il se sent constamment agressé. Par le monde, par le temps qu'il fait, par le simple fait de devoir attendre dans une file, le visage exposé aux caméras. Angoissé du monde extérieur.

Il  ne se passe un moment sans que ses pensées ne viennent perturber sa tranquillité, des petites aiguilles qui se plantent dans son échine, poids aux chevilles, boulet qui l’entraîne dans ses propres limbes, noyé déjà une centaine de fois dans ses insécurités puis ressuscité aux flammes rageuses de convictions vaseuses. Et ainsi va sa vie, de survie à existence à chaos et nuage d'orage. Elles sont milles fois pires quand il dort. Bien qu'il n'ait pas le souvenir d'avoir fait de cauchemars pour cette nuit ni d'avoir réellement fermé les yeux. Les paupières tombées le sommeil ne vient jamais le cueillir simplement, les rayons du soleil seuls l'endorment, affalé dans une banquette, bercé par le métro, le bus, n'importe quel transport dont il ne voit que le point A et le point B. Seul moment de la journée ou la pression de ses épaules s'apaise et les tensions de sa nuques se laissent soigner par le ronronnement des moteurs, les sursauts de la route. Inconfortable, primaire, mais nécessaire. Il fait semblant de ne pas entendre, Jaco vivre. On lui en fait des belles.
Des gueules de bois matinales principalement ou des courageux qui ne sont pas rassasiés, quelques fois c'est simplement les draps et le tabac froid :  rarement des incontinences diablement humaines; qui lui donnent cette atroce impression de se retrouver dans le quotidien d'un vieux couple. Ce genre de routine le dégoûte, l'habitude n'est que synonyme de lassitude dans son dictionnaire, qu'une excuse à la paresse, péché capital parmi d'autres. Il plisse ses yeux au maximum, priant pour qu'il s'en aille sans dire un mot, qu'il n'ait pas à s'expliquer.
Juste un va-t-en imprononçable,  violent par  sa triste sincérité.  
C'est plus simple quand il ne les connaît pas, il ne sent pas obligé de quoi que ce soit, enchaîne à sa morale. Il s'en fiche de la morale. De savoir s'il a bien dormi ou s'il est globalement satisfait, des états d'âmes qui ne sont pas les siens et des paroles inutiles sur la pluie et le beau temps pour s'abandonner. Juste envie d'être seul à jamais et de l'effacer de l'ardoise.  

Les mots doux coulent comme de l'acide, creusent un peu plus dans sa poitrine un trou qu'on a déjà laissé béant, hanté par la première et dernière fois qu'on l'a surpris, attaché à quelqu'un d'autre que sa propre personne. Il grogne, il peste, il refuse le pseudonyme écœurant qui laisse entrevoir un brin de tendresse dans son quotidien,  toutes les insultes fusent dans sa tête, tous les détails qui lui déplaisent fortement chez l'autre, qui l'agressent. Inlassablement, puis il le oublie l'instant d'après quand il croise son visage qu'il reconnaît même flouté par sa vue décadente. C'est triste à dire, il le reconnaîtrait même avec la moitié du visage explosée ou réduit à une flaque de sang, il saurait que c'est lui à d'autres détails. Au ton qu'il emploie quand il se met à parler qui fait l'éloge de l'ironie, tâche dans le trop grand sérieux de Myung sortit du lit.  Adieu au sommeil, son corps lourd se redresse ankylosé, la brume de fatigue se disperse un peu et d'une main attrape ses lunettes tombées par terre. Il les perd à longueur de journées, passe la moitié de son existence à les chercher, elles sont toujours sales, traînent dans les pires endroit si elle ne sont pas visées devant ses yeux. Elles sont à la fois la chose la plus précieuse qu'il possède et celle dont il prend le moins soin, plus attentif aux besoins de son propre pc portable.  
De loin il donne l'impression d'avoir toujours été là Jacó , farfouillant les placards vides - c'est vrai, il a pas fait les "courses". Son appartement ça a toujours été qu'un refuge pour Mew, pas un endroit qui le voix vivre, juste où respirer, souffler un coup et loger des gens l'histoire d'une nuit, le temps d'un chapitre avant d'être effacé et perdu dans le temps. Un endroit dénue de toute personnalité, les murs décrépis, couleur jaune pisse, traces de papiers peints mal décollé, un simple poster d'un film qu'il a été voir y a une dizaine d'années aux coins déchirés accroché au dessus du pieux. Un univers dans lequel exister aurait été plus drôle que sur la planète terre, siècle des lumières artificielles. Au moins les paradis synthétiques s'annoncent amusant. Il traîne sa carcasse sans un mot Myung, nu comme un vers, peu  frileux. Vivre dans la tenue d'Adam l'arrangerait, certains jours. Il s'égare  jusqu' la salle de bain, croise son reflet dans le miroir, un regard plein de jugement, ses cernes plus discrètes ce matin, ses cheveux en bataille. Rien à signaler. Routine habituelle, il passe une main pour y mettre de l'ordre, l'autre fait mine de chercher une brosse, pisse un coup et revient dans le salon pour s'accouder à sa fenêtre à la recherche de Karma.

Il aurait tellement aimé qu'elle soit là, caresser son pelage pour se calmer, l'entendre ronronner suffit à faire valser son coeur, sa bête adorée, laissée à la rue. Il s'inquiète pour sa bouille, craint un jour de la retrouvée écrasée. Mais il est seul, avec Jacó. Pas un signe de vie de l'animal, pas un poil, la gamelle, restée pleine, cette nuit elle n'est pas venue. Elle savait peut-être que son nouveau maître était occupée, la bête intelligente sent ses choses là, feule aux gens qui s'aventure dans ses draps. Y a que les vieux qu'elle à pas l'air de détester.  La voix enrouée sort finalement de son silence pour une réponse au garçon laissé en place depuis un long instant, interminable moment durant lequel Mew a oublié qu'il existait. Seul Karma comptait. « J'ai pas faim. » Il se mord  la lèvre inférieure, rêve de fumer pour déjà se détendre, les nerfs tendus pour une raison qu'il ne sait pas exprimer. Il soupire, laisse un bras prendre au dehors, l'air frais mordre son épiderme. Le monde ne l'a pas attendu, il y a déjà foule dans les rues, cris venant des parcs. La ville. Il pourrait partir, s'acheter une maison en campagne et oublier tout ça.
Il pourrait, mais il ne fait pas, trop lâche déjà. Il n'y pense jamais vraiment, juste des éclats de conscience qui lui rappellent qu'il a encore du temps devant lui. Une vie. Mais il revient toujours à la noirceur de son avenir, aux Cavaliers, au CCG. Il fait tout. Il fait n'importe quoi. Il fait, il essaye, il expérimente, voit ce qui fonctionne. Il frisonne pour de bon cette fois et son ventre grogne, compromettant son petit jeu d'indifférence. « T'es encore là ? » Il se retourne, après un temps de silence dérangeant, le dévisage moue habituelle formées par ses lèvres, carnassier. S'il était capable de s'en vouloir il s'excuserait d'être aussi peu cérémonieux et de n'avoir rien à dire d'autre, d'être incapable de faire semblant au moins d'en avoir quelque chose à faire. Ce n'est pas le cas, Mew s'en fiche, Mew s'en moque, de lui, de ses manies, qu'il soit mal élevé et tue l'amour lui et ses pets, qu'il soit adorable à s'entêter pour des choses en valent la peine. Myung préfère se battre pour les causes perdues qui causent sa perte. S'invente toujours martyr de quelque chose, de la première cause humanitaire à la dernière manifestation  dans la rue. « Mais vas-y si t'as envie toi. » Il a toujours détesté les débats qui s'éternisent, les questions sans réponses. Ce qui n'est pas binaire, ni noir, ni blanc. Tout naturellement, il est incapable d'aimer l'imprévisible chez Jacó . Insupportable, un vrai gamin. Plus âgé pourtant, mais aussi innocent.  Il y a des gens avec qui les mots coulent naturellement. Et d'autres avec qui il se retrouve à court de paroles, cassé la voix, coincé dans la gorge.
A ce moment il sait qu'il a fait une erreur en le laissant entrer dans ses draps, qu'il aurait mieux fait de garder les non-dits imprononcés, de penser avec autre chose qu'avec ce qu'il a entre les jambes. C'est juste de sa faute.
« Ne compte pas sur moi pour jouer l'amoureux transi. Je ne sais pas ce que tu attends, mais t'avises pas de m’appeler mon coeur une fois de plus ou j'te cuisine. »  Parce qu'il ne se passera rien d'autre. Il finira par rentrer chez lui et la journée se terminera comme les autres. Une énième fois, Mew souffle, las. Peut-être que c'est juste de s'être levé du pied gauche qui le rend plus apathique qu'à l'habitude. Il se trouve plus drôle en milieu de journée, passé l'effort de vivre.
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Dim 17 Sep - 17:09


( https://www.youtube.com/watch?v=MV_3Dpw-BRY )

- Ah, que dit Jacó, une main sur les fesses, les grattant un peu. Il penche la tête sur le côté et hausse des épaules, au final. C'pas grave, ça en fait plus pour moi.
La seconde suivante, il tourne les yeux, et dévisage. Dévisage le nu et se souvient de la veille. Des caresses et des maladresses, des mots et des susurres. Des mensonges, aussi, bien sur ; on dit toujours des choses plus belles que vraies, quand on aime un corps plus qu'une âme, quand on aime une chair plus fort après quelques verres. Jacó ne se cache pas ; il sait qu'il dit beaucoup de choses et ce, à beaucoup de gens. Il sait qu'il est du genre à dire je t'aime sans connaître la personne, sans le penser, pour l'oublier aussitôt le lendemain matin. C'est pas de sa faute, forcément, si certains se font des espoirs pour si peu ; sauf peut-être un peu. Jacó ne s'y attarde pas, pourtant. S'il a bien compris une chose avec les horreurs des derrières années, c'est bien que les remords, ils ont leur place un temps, mais qu'ils doivent s'effacer rapidement. Il profite comme il peut, le coeur battant un peu plus fort qu'avant, le corps un peu plus tendu qu'autrefois, comme s'il avait l'impression d'avoir la Mort tout près, à chaque pas. Il aimerait fuir, forcément, mais il préfère danser, vivre, aimer, profiter et baiser. Aimer à s'oublier, oublier, et profiter des autres et de chaque chose, aussi. Jacó plane dans la vie et prend tout, n'importe quoi, surtout toi, surtout lui, pour se sentir un peu moins vide, un peu moins seul quand les lumières se ferment, quand les étoiles brillent, chacune pour un remord, chacune pour une peur.
Alors oui, Jacó dévisage la nudité de Myung et s'en abreuve, quelques secondes. Il profite sans gênes, sans détourner les yeux, sans la moindre rougeur, sur ses joues. Dans l'oeil, y'a comme une lueur, un peu de tendresse peut-être, de la malice aussi. C'est qu'il est mignon, Myung. Fragile, mais fort. Y'a un truc, chez lui. Un truc qui contraste avec son petit corps, son petit être. On dirait qu'il est fort, mais faible. On dirait qu'il est faible, mais fort. Il est comme un chat sauvage, avec les griffes et les crocs, qui déteste les caresses mais revient, quand on regarde ailleurs. Il s'approche et nous fait sursauter, une seconde, et on ose pas comprendre, un temps, quand il tend la tête, pour une douceur. On pourrait croire que Jacó, il comprend rien à sa manière d'être, mais Jacó, il est habitué aux bêtes un peu amochées par la réalité. Myung ne sait pas, certainement, tout ce qu'il a connu. Comme plusieurs, comme tout le monde, il voit Jacó et tout ce qu'il voit, c'est un dragueur rieur goulant.
Mais bon, Jacó, ça lui dérange pas. En vrai, ça l'arrange peut-être totalement.
- Forcément, que je suis encore là. Tu veux que j'aille où, chez le voisin ? qu'il dit, aboie, Jacó, avant de rire un peu, aussi.
Il a pensé, quelques secondes, à foutre le camp. Jacó ne reste jamais bien longtemps. Mais il sait que, vu l'heure, vu la journée, les autres sont au boulot, soit à l'école, et que la maison est vide, présentement. Même Felipe est absent, parti à une convention quelconque, un truc de jeux vidéos, forcément. Même bolo est absent, car Alex l'a amené chez des amis, pour la journée. Jacó reste à défaut d'aimer la solitude. Jacó reste car en partant, il trouverait des choses moches, sombres, qui ne collent pas forcément avec lui. Jacó reste car il a peur des monstres, sous son lit, même le jour quand il n'y est pas, dans son lit.
- J'attendais pas ta permission, t'sais, qu'il chantonne, le cellulaire déjà entre les doigts, cherchant dans sa liste de restaurant. Il les mate un à la fois, pense aux saveurs, pense à la pizza, fait une moue, le coeur un peu brisé, et finit par en choisir un et commande en ligne, paresseux, comme souvent.
Entre temps, Myung n'a pas bougé. Myung, nu comme un vert, des lunettes sales sur les yeux, des cheveux entremêlés, une voix trop rauque, violente, pour la fragilité de son être. Jacó lève les yeux vers lui et le dévisage. Chez lui, il y a quelque chose qui l'attire, et la même qui lui donne envie de s'éloigner. Alors, il reste à mi-chemin.
Et le coréen, forcément, ne tarde pas à miner le terrain. Jacó hausse d'un sourcil, silencieux un instant, plutôt surpris. Il finit par les froncer, ses sourcils, avant de porter une main à sa barbe. Il gratte un temps, pour la mène à sa crinière qu'il ébouriffe, avant de soupirer.
Puis, toujours, à jamais, car ainsi est sa vie, il rit.
- Ok, Mew, qu'il rit, comme si c'était la plus belle des histoires, comme si c'était la plus tendre des rigolade, comme si - comme si, oui. Jacó se racle la gorge et regarde autour d'eux, et pendant une seconde, ou un millier, il se demande ce qu'il fout là. Il finit par soupirer et sourire, contre l'envie de faire pire. J'ai pas demandé ta main, non plus ; juste ton cul. Tu veux à bouffer ou pas, donc ? J'ai commencé un trio McJarret en plus, en tous cas
Il demande de nouveau, car Myung, c'est comme un môme, aussi. Il a compris, avec le temps, qu'il a jamais décroché de sa phase du non. Il dit non, pour dire non, pour dire oui, et pour dire tout le reste, aussi. Myung, il déconne un peu avec les mots. Jacó a rien contre ; il fait pareil, avec ses sérénades, ses sourires, ses rires, et ses n'importe quoi.
Deux beaux gros menteurs, voilà ce qu'ils sont. L'un amer, l'autre moqueur, preuve que l'humain est une connerie. Que la connerie est humaine.
Enfin, s'ils le sont encore un peu, humain.
Jacó l'observe encore une seconde et secoue la tête, gauche à droite, droite à gauche, avant de sourire de nouveau.
- Bon, qu'il lance, fort, enjoué, en passant à côté de lui. Au passage, il se permet un kiss sur la joue, sur le bord des lippes, et une claque sur le popotin, en souvenir de la nuit. J'vais pisser, surveille la porte pour moi, ok.
Et il y va, pisser, sans fermer la porte, même. Et même qu'il prend la peine de s'asseoir, pour regarder son cellulaire, car les réseaux sociaux, ça divertit, un peu, quand même.

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Ven 22 Sep - 21:06


C'est juste histoire de passer quelques heures ensembles pour combler leur solitude commune, pourtant il a l'impression que ça fait des années qu'ils se connaissent et que ça à plus de sens que se regarder, se désirer, baiser. Il ne sait même pas exactement qui est Jacó en dehors de l'image qu'il donne de lui même ; tout comme  Myung renvoie le portrait d'un personnage qu'il incarne depuis si longtemps qu'il s'est fondu dans le costume. Avant, il riait toujours et sans raison à gorge déployée et même si ce n'était pas le moment, il fallait rire. Parce que s'il ne riait pas, il n'était pas capable de respirer alors. Peu importe les coups, les insultes et les gens qui pouvaient l'insulter sans raison, il se contentait de sa vision manichéenne des choses. Les gentils, les méchants et au milieu il n'y avait rien, pas de purgatoire, pas de case en trop. C'est la nature des méchants de taper les gentils, sinon il n'y aurait pas de méchants et les gentils n'auraient pas de raison d'exister. Ce temps là, l'âge d'or. Il le regrette maintenant, il n'y revient que les yeux fermés, à la frontière de ses rêves, avant d'entrer dans ses songes et de plonger dans ses cauchemars.  Maintenant il se contente d'être triste parce que c'est qu'il y a de plus facile. Ce n'est pas quelque chose qui lui demande de faire un effort énorme - effort qu'il n'a aucune raison de faire étant seul. On le considère souvent avec un regard compatissant, songeant qu'il a du subir des choses terribles, plus ou moins.
Et c'est vrai. D'ailleurs, il a parfois songé à tout simplement en finir, sans savoir pourquoi il n'avait plus envie de continuer, ni trouver de raison de réellement s'arrêter dans le doute. Tant de gens ont vécu pire que lui, ont soufferts l'enfer et pour certains : ne s'en sont jamais sortis. Alors qu'il est resté globalement chanceux, si on dresse la liste ; chanceux et doué pour mettre de son coté tous les éléments favorables. Il aurait pu mourir et pourtant il est là, à moitié présent au moins, même s'il partage maintenant son coeur avec un étranger. Il a eu peur de mourir, peur de tomber dans leurs griffes, d'être un chien du CCG. Jusqu'au dernier souffle, survivre fait partie de ses gênes, c'estpeut-être juste pour ça qu'il est incapable d'aimer. Parce que si un jour ça doit arriver, c'est sans doute la seule chose qui finira par le tuer, non pas qu'il soit capable de donner sa vie pour l'autre ; mais pourra t-il survivre sans lui ?  Mais son coeur bat encore et il ne sait pas pourquoi il accélère légèrement quand il se sent observé par Jacó, loin d'être le premier a avoir posé ses yeux sur son corps nu - ou alors juste qu'il se sent détaillé - ni pourquoi il sent ses joues rougir et piquer. Il met ça sur la gêne et le matin fraîs qui continue de mordre sa peau. Comme un vent chaud d'été, il devrait avoir froid mais il se sent simplement à l'aise, vêtu de rien, le souffle lent et calme, il peut rester ainsi des heures durant. Prostré dans son coin, vaguement endormi encore dans la brume matinale et le souvenir de la nuit passée, de celles qu'il ne peut pas regretter. Il n'y a qu'à faire tomber son masque pour l'avoir véritablement en face de soit, Myung - Mew - farceur au sourire d'ange. La mimique en coin qui commence à franchement se dessiner, qui lui peint un sourire permanent au creux de ses lèvres tout justes embrassées.
« Oui c'est ça, va chier. » Jaco fait bien les choses quand il s'agit de tout rater et de briser les accords sacrés, à croire que c'est exactement ce pourquoi il est fait. Ou c'est juste l'impression qu'il donne. Une part des deux et Mew n'a pas envie de faire le tri. Il sort juste de sa léthargie, s'étire tranquillement. Décidé à ne pas rester dans son coin éternellement, de toute façon, il va bien devoir s'occuper le temps que le livreur arrive. Peut-être qu'il a faim, réellement  ; et le bruit que fait son ventre le confirme. Il tapote tendrement son estomac vide et baille à s'en décrocher la mâchoire. Un sceau d'eau froide remettrait ses idées en place mais s'il se glisse maintenant sous l'eau, il n'en bougera plus jamais. Il rêverait d'un bain chaud - une chance que son appartement possède une baignoire. Il se contentera d'une boisson chaude.
Une fois de nouveau sur ses pattes il attrape son kimono de soie rouge tombé par terre et l'enfile pour cacher son corps nu des yeux de tout le voisinage. Il épargne la vue à la personne qui viendra livrer aussi, pas encore exhibitionniste. Même si l'idée ne le dérangerait sans doute pas dans le fond. Le tissu est froid sur ses épaules et lui arrache un frisson. Mew a toujours déteste avoir froid, pourtant, s'il y a bien une saison qu'il aime c'est l'hiver.
Allez savoir pourquoi.
Sans doute une fascination morbide pour la mort.
Tous les nerds ont une fascination morbide pour la mort et les complots quand ils ne font pas partie du complot.

Mew aurait pu avoir une vie plus simple s'il s'était simplement trouvé un boulot comme tout le monde, les choix les plus compliqués lui sient cruellement à merveille. Sans ça, il serait dans les montagnes à élever des chèvres, une idée qui ne lui déplaît pas. Il aurait bien allumé son pc pour prendre quelque nouvelles du monde -et regarder le prix des voyages en Mongolie ou dans l'Himalaya - mais il resta encore planté au milieu de son salon. En fait, il n'a envie de rien. Pas d'un écran, pas d'être dans sa routine habituelle, il veut retourner se coucher et s'endormir à coté de Jacó même si c'est ridicule, parce qu'au moins il fait moins de cauchemars et qu'il n'a plus le temps de faire quelque chose de productif. Il se ramollit. Il devient sentimental. La blague. C'est que de la façade. Il a toujours mieux su s’exprimer avec des mots qu'avec des gestes, eux aux moins ont un sens précis et défini, bien qu'il ait une gestuelle exagérée en parlant. Les regards entendus, c'est pas son truc, il est du genre à ne pas comprendre un signe de main ou se sentir trop stupide pour y répondre. Comme gêné de son corps, celui qu'il a d'abord rejeté quand il s'est rendu compte qu'il ne répondrait plus jamais comme avant. Etre bien dans sa peau prend tout son sens maintenant, tout compte fait, avant, c'était mieux.
Tout. Avant.
Il ne savait pas ce qu'il avait, il ne savait pas qu'il pourrait tout perdre et maintenant que c'est fait il regrette, jusqu'à sa première jambe cassée. Mais maintenant, il est loin de sa mère, de tout. Et il est libre. La bonne humeur est de mise, s'il y met du sien, peut-être que la matinée passera plus vite. Il fait chauffer un peu d'eau au micro-onde - et tant pis pour son cancer - et verse dans deux tasses des sachets de café pré-dosés. Deux dans la sienne. Dans le doute, il n'en fit qu'un à Jacó. Myung aime son café fort, le plus fort possible, mais pour éviter de se faire des breuvages insupportables, il se contente de dosettes qu'il peut emporter partout et qui le force à sa limiter. Pratique. Intelligent. Un bonheur cette société de consommation.
Puis il traîne encore ses fines jambes parées de soies dans le salon et il retire la pellicule de poussière sur son vieux tourne-disque, chiné pour quelques dollars. Sa voisine n'en voulait plus et lui désirait pouvoir écouter de la musique avec le son encore un peu hésitant, que la HD et la trop grande qualité à rendu si limpide qu'il rentre par une oreille et ressort par l'autre sans s'accroche. Il n'a qu'un disque pourtant un seul et il tourne le dos à la musique quand les premières notes d'Hallelujah vienne brise la quiétude de ses murs et parlent pour lui. Toutes les choses qu'il ne pourra jamais dire, la musique sait les exprimer, l'épouse serait se marier avec ses goûts musicaux aussi.
C'est mieux de ne vouloir que son cul.

Et il ne met pas longtemps à retrouver le prince niché sur son trône.
Il lui aurait bien renversé le café brûlant sur ses cuisses. Droit dans l'encadrement de la porte Myung en profite pour le regarder silencieusement en cherchant quoi dire - il n'en a pas l'air, mais il réfléchit toujours avant de parler -. Jacó est définitivement le genre de mec mignon dont tout le monde voudrait. Sans doute que des personnes l'ont déjà eu et que d'autres l'auront après, dans le fond, Mew ne s'en soucie pas - ou alors il est légitimement jaloux. Après tout, c'est chacun pour soit et il n'y a rien qui les unit. La pointe de tristesse qu'il ressent n'est jamais lié qu'à de vielles réminiscences. Purement égoïste, il n'en a pas besoin. C'est pas ça qui changera grand chose au vide qu'il a toujours eu dans la poitrine - vide agréable. Il l'a déjà dit, il ne s'attache pas. Mais parfois, il a juste envie d'un peu de tendresse.
Parce que c'est humain.
« Tu t'amuses ? Sans moi ? Tu peux au moins me dire qui est mort aujourd'hui » Il ricane derrière ses lèvres pincées. Ménagère avec ses deux boissons au bout des doigts, intriguée des dernières nouvelles, prête à râler sur le président. Sur les réformes. Sur tout. Sur n'importe quoi. Râler c'est tout. Rira bien qui rira le dernier. C'est le vrai Mew, qui pendant l'éclat d'un rire se révèle. Comme au temps des Lions, quand il s'est laissé bercé par leurs belles promesses. Leurs amitiés.«  Finalement t'as raison je crois que j'ai faim, si y a pas assez j'viendrai croquer un bout de ta main. »  Hausse les épaules. Il n'est pas question que de McJarret, mais il ne se voit pas non plus se lancer dans une grande entreprise. « J'vais me faire couler un bain après. » L'effort est monstrueux pour le faire entrer dans son quotidien, chose dont il n'a même pas envie. Mais il le fait.
S'il le fait, c'est peut-être qu'une part de lui y voit un intérêt.
« Et toi c'est quoi ton plan ? T'as prévu un truc de productif ou tu comptes squatter là toute ta vie ? »
Sauver le monde.
Retrouver quelqu'un.
Myung est bien heureux de ne pas avoir de quêtes principales à réaliser, de but à accomplir absolument; il a déjà abandonné l'idée de retrouver son père. Et Léo est là. Pour ce qui est des cavaliers, on dirait juste une activité sur son temps libre. Il piétine. Il hésite. Il fait de tout, traîne sa carcasse ou on veut bien de lui et il se renfrogne quand les gens finissent pas s’habituer. Un jour peut-être il fuira à nouveau, à jamais. Et laissera tout le monde derrière. Même Jacó.
Mais il ne le fera sans doute pas. Comme avoir une discussion sérieuse au jour, obéir. Tenir ses promesses. Se lasser du gout de ses lèvres. Pourtant il faudrait. Il ne peut s'empêcher de fredonner l'air que murmure ses vielles enceintes. I couldn't feel, so I tried to touch.
Le genre de musique qui le plonge dans cet état de mélancolie. Pour n'importe qui cette chanson est quintessence d'un genre de romantisme et d'érotisme. Pour lui, c'est la plus triste qui existe, un requiem.

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castle of glass

'Bring me home in a blinding dream.
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you deserve me (mew)

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