soutenir le forum

AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  



 

Partagez | .
 

 something about us (harriet)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

avatar

Messages : 74 Voir le profil de l'utilisateur


Sam 16 Sep - 21:41


Les bottes sombres claquent contre la céramique blanche, l'oeil hasarde sur les murs, blancs aussi. Le visage de Leonard reste fermé, froid, presque vide. L'homme avance au creux des lieux vides, et ne s'attarde pas une seconde. Pas qu'il soit pressé, personne ne l'attend à la maison, mais plutôt qu'il n'aime pas être ici. L'endroit ne l'enchante guère, et il n'ose même pas imaginer ce qu'il doit représenter, pour ceux qui ne peuvent quitter le lieu mythique. Le bruit de ses pas claque plus fort tandis que le silence résonne presque autant ; Leonard parcourt les étages, ces étages là, ceux qui le répugnent, tandis que personne n'est présent sur les lieux.
Un cri claque, brusque, mortel, implorant.
Leonard pince les lèvres et si son souffle se stoppe une seconde, il avale difficilement et continue d'avancer malgré tout. Lazarus lui a dit ; elle se trouve encore là, Harry. Forcément, qu'elle y est encore. Il n'y a qu'elle pour aimer rester sur les lieux et faire des heures supplémentaires sans être payé pour le simple plaisir de torturer. Il n'y a qu'elle pour aimer se trouver ici, avec eux, et leur faire mal pour oublier ses propres maux. Elle aurait besoin d'un psychologue. Évidemment, ça, Leonard ne lui a jamais dit. Il a appris, avec les années, qu'il valait mieux ne pas contrarier les femmes. Il préfère se taire, donc - et oublier que, mine de rien, son silence a foiré son mariage  -. Ce n'est qu'un détail. Leonard avance, se glisse dans l'endroit sombre et cherche parmi les nombreuses portes celle qui ouvre sur l'enfer. Elles le font toutes, mais chacune à une heure précise. Et ce soir, minuit moins quart, l'une de ses porte cache une sorcière blonde  - ou rousse, qu'importe, Leonard ne connait pas les couleurs des femmes - en compagnie d'un pantin qui aimerait bien être libéré.
Un autre cri retente et Leonard pousse une porte. La pièce est vide, sombre, et possède une fenêtre donnant sur un laboratoire sanglant. L'homme reste une main sur la pognée quelque seconde, dévisageant la scène, les jointures blanches. Il aimerait dire beaucoup, se contente de peu. La seconde suivante, il soupire de nouveau et avance vers la fenêtre, lève l'une de ses mains et cogne d'une jointure contre.
Forcément, Harry n'entend pas. Harry est occupée, les doigts dans le sang, un instrument entre les doigts, un jouet près de soi. L'inspecteur pince des lèvres une nouvelle fois et, après quelques secondes de silence, de calme - ou plutôt, à la recherche du calme - appuie sur le bouton rouge du microphone.
- Ça suffit, Harriet, que sa voix claque, dans les interphones. Il voit le corps de la femme se tendre, une seconde, avant qu'elle ne recommence ses oeuvres.
Ses chefs-oeuvre.
Les lèvres se pincent et le doigt appuie une nouvelle fois, plus fort. Leonard s'impatiente pour eux, son ventre est creux, son corps noueux et il désire dormir, simplement.
- Le laboratoire est fermé. Sauf si tu désires dormir avec les ajins ce soir, chose qui ne doit pas leur donner envie, il est temps de partir, qu'il dit, las, fatigué, épuisé.
Il n'attend d'ailleurs pas sa réponse avant de se laisser tomber sur la chaise roulante, portant une main à sa cravate pour en défaire le noeud.
- Allez, on rentre, Harry, qu'il ajoute, comme si le on parlait d'eux deux, ensemble, comme s'ils vivaient ensemble. La blague. L'oeil fatigué se pose sur le visage de l'ajin qu'il reconnait. Laisse Nataniel dormir, pour ce soir.
Ils sont numérotés, les ajins, mais Leonard s'entête à les nommer

_________________


almost like the blues
Revenir en haut Aller en bas

avatar

Messages : 164 Voir le profil de l'utilisateur


Dim 17 Sep - 20:15


La soirée est bien avancée déjà. La légiste a ses lunettes sur le nez, les cheveux attachés en queue de cheval et des gouttes de sueur se sont formées sur son front, à force. C’est qu’il fait chaud sous le néon aveuglant de ce laboratoire -cette salle d’exécution, pourrait-on presque dire. La blouse blanche qui recouvre ses vêtements de ville pourrait être une de ces blouses qu’elle mettait encore lors de sa formation, il y a de cela de longues années. Les gants en latex bleus -tachés de sang pour l’heure- aussi, à y réfléchir. Mais ça serait oublié que plus de trente ans se sont écoulés, qu’elle est désormais dans les étages d’un bâtiment du DRA et qu’elle a très sérieusement perdu toute innocence qui jadis ornait sa tête des lauriers de la jeunesse.
- One more time. (Encore une fois), intime-t-elle à son patient, pour le moment inerte. Elle attend, parle au cadavre. Compte les secondes, surveille le chronomètre.
Si ses calculs sont bons, c’est maintenant.

Les yeux se révulsent et le corps s’agite sous ses yeux, enserré par des attaches de sûreté.
Un rictus carnassier orne les lèvres de la femme devenue monstre aux yeux d’une bonne partie du monde, tandis qu’elle voit revenir à la vie un autre type de monstruosité.
- Hi again. (Re-bonjour.), salue-t-elle son patient.
- Please, please, please, don’t do this, don’t — I— (Non s’il vous plaît, j’vous en prie, ne faites pas ça — je —.)
- T-t-t-t. Let’s not talk about it over again. Come on, be strong and fierce. Show some bravery. (T-t-t-t. On va pas en reparler encore une fois. Allez, sois fort et farouche. Un peu d’courage.)
- No… No… Nooooooo—
Les mots se perdent dans un cri d’horreur, de douleur, de désespoir, tandis qu’elle fait ce qu’elle fait de mieux depuis près de dix ans.

Elle n’aurait jamais vraiment cru que tirer sur une goule en plein milieu du hall de Réception l’amènerait dans un moment de sa vie où elle tirerait du plaisir de son métier. Elle aurait du faire ça plus tôt, vraiment. Elle s’amuse quand même beaucoup plus à essayer de comprendre comment meurt quelqu’un, quelque chose ici, que quand elle ouvrait des cadavres de goules dont elle n’avait même pas produit la mort. Ici, dans l’Antre du Diable, elle peut faire ce qu’elle veut, ou presque, et on ne lui reproche pas de faire preuve de peu d’humanité pour ceux qui n’en font plus partie. Elle compte sur ses doigts, sa victime revient à la vie, proteste encore tandis qu’elle note quelques indications sur un calepin maculé de sang séché. Qu’importe la souffrance de l’ajin, qu’importe ses supplications, qu’importe tout ça. Encore une mort, et elle aura un échantillon suffisant pour comparer avec le n°43. Le prénom de son interlocuteur du moment ? Probablement griffonné sur la feuille de suivi posée sur la table. Mais autant dire qu’elle ne prend pas la peine de l’apprendre, qu’elle ne cherche même pas à le nommer, ce type. Il n’avait qu’à pas être comme eux, comme les monstres du dehors, ceux qui menacent l’équilibre humain.

Scalpel en main, elle revient vers la gorge du supplicié, chair constamment régénérée, et les cordes vocales qui à chaque fois sont de retour et fonctionnent et encore et encore. Ça la fascine, il serait sot de ne pas le reconnaître. Mais de cette fascination morbide, jaillit le désir de toujours refaire à l’identique, et observer, toucher, tâter. La lame du scalpel s’enfonce dans la gorge du 46, le liquide vermeil coule le long du cou, macule encore une fois les vêtements poisseux de sang, gicle aussi, quelques gouttes sur les joues de la légiste-meurtrière.
Elle pourrait continuer des heures durant, ou peut-être est-ce déjà le cas, la trotteuse qui fait le tour plusieurs fois, qui a fait plusieurs fois le tour déjà peut-être… Une voix vient briser le silence religieux dans lequel elle attend que l’ajin revienne à la dure vie du condamné à la mort constante.

- Lenny., qu’elle soupire, les muscles qui se tendent, un sursaut alors qu’elle ne s’attendait pas à ce qu’on la dérange. C’est qu’on a tendance à fuir le laboratoire où elle officie, allez savoir pourquoi. Puisqu’il ne poursuit pas, elle revient au n°46, qui reprend vie sous ses yeux, inlassablement, fait tourner le scalpel entre ses doigts. Peut-être a-t-elle imaginé la voix de Rosen.
Sauf que la voix persiste et poursuit, arrachant un râle de dépit à la spécialiste du macabre. Oh for fuck’s sake., peste-t-elle en se retournant vers la vitre teintée derrière laquelle il doit se tenir. Elle ne cache nullement son agacement à être dérangée en plein travail, excédée qu’il prenne le parti de leurs captifs.

Le scalpel claque sur la table en verre, posé rageusement par une Dame Laigse qui sort du laboratoire pour arriver dans l’antichambre d’observation à pas rapides, en se débarrassant de sa blouse et de ses gants en latex, dévoilant une main droite où manquent deux doigts et demi. Good evening to you, Lenny., le salue-t-elle, vaguement railleuse, avant de s’asseoir sur le tableau de contrôle des interphones. What’s that ? You’re bored, so you barge in here to play social justice warrior ?  (Bonsoir Lenny, mon cher. — Alors c’est quoi ? Tu t’ennuies donc tu t’pointes pour jouer au défenseur de la veuve et de l’orphelin ?) Acide, amère, elle gratte machinalement la racine de ses phalanges amputées avec son pouce, puis subtilise la cravate et la porte à la hauteur de ses yeux pour la voir de plus près. Nonchalante, elle interroge finalement, après quelques secondes d’auscultation silencieuse, les yeux qui glissent du tissu vers l’homme : So. You’ve come to take me home ? (Donc… T’es venu pour me raccompagner ?) Question un peu couillon, histoire de pas s’attarder sur l’ajin de l’autre côté de la vitre, qui a gagné un répit qu’il n’espérait plus. Que Leonard compte pas sur Harry pour lui dire que ça la rassurerait, parce qu’elle crèverait plutôt que de le reconnaître.

_________________
(Don’t you have any remorse ?)
None at all.
Revenir en haut Aller en bas

avatar

Messages : 74 Voir le profil de l'utilisateur


Mer 20 Sep - 21:12


Sur les lippes de l'homme lorsque l'arme est posée sur la table. La terrible femme quitte la pièce d'un pas ferme, et sur la table, l'ajin respire - enfin, totalement - pour la première fois certainement depuis quelques heures. Leonard le voit, une seconde, tourner les yeux vers la vitre tintée, cherchant quelque chose. Ou alors, dévisage-t-il sa créature, son IBM ? L'homme ne sait pas ; il ne cherche pas à savoir. Ce qu'il l'ignore ne l'atteint pas. La porte s'ouvre, d'un coup de vent. La tempête Harry pénètre dans la pièce et l'inspecteur la suit des yeux. L'étudie - la lorgne - quelques secondes, de haut en bas, avant de planter son regard au creux du sien. Il lui adresse un sec hochement de tête, formel, comme salutation. Un froncement est là, sur son visage, dans ses sourcils ; une part de lui n'apprécie pas particulièrement où elle a posé son fessier, mais qu'importe, il sait ; avec Harriet, il vaut mieux choisir ses combats, ses batailles. Leonard se contente donc détourner le regard, un brin agacé, avant de la foudroyer du regard lorsqu'elle s'arme de sa cravate. Il gronde un peu, du fond de sa gorge usée, pour la mettre en garde - elle le fait toujours, souvent, bien qu'il déteste la chose, bien qu'il déteste les cravates, en vérité. Combien de fois lui a-t-elle acheté des cravates, justement ? Celle-ci vient-elle de la femme ? - avant qu'elle ne la relâche.
- Harriet, qu'il dit simplement, pour l'avertir, pour dire plein de choses, pour montrer son agacement, son énervement. Leonard est épuisé, et il a mieux à faire que de s'occuper d'elle. Si un enfant demande de l'attention, alors une femme enragée en demande tout autant, voire plus. Elle est comme un feu ardent dont personne ne parvient à éteindre les flammes. A-t-il beau la connaître depuis des années, il ne sait toujours pas comment la prendre. Heureusement que Leonard n'est pas de ces gens à mettre des gants, avec les autres. La réaction d'autrui lui importe peu ; il se contente de dire la vérité, les choses comme elles sont.
- Non, pas réellement, qu'il répond donc, en toute franchise, sans jouer avec les mots. L'homme enfouit ses mains dans ses poches, et balaye la pièce des yeux. Puis, ils se posent de nouveau sur la femme. Cette femme.
Ah, cette femme.
Elle doit être une des raisons principale pour laquelle il est aussi épuisé, le plus clair du temps.
- J'avais un rapport à déposer. On m'a avisé de ta présence, donc je suis là, qu'il continue, en toute formalité, d'un sérieux presque ennuyant, ou amoureux. Leonard fronce un peu des sourcils, puis poursuit : On ferme les lumières, pour ce soir. Rentrons à la maison, je suis épuisé.
Ah, ses mots. Leonard ne prend jamais le temps de les penser, de les peser. Il ne s'attarde pas sur ce que les gens peuvent bien en penser. Sur ce qu'Harrit peut bien en penser.
La seconde suivante, il tourne les yeux vers la vitre, de nouveau, et sur ce pauvre Nataniel. L'inspecteur réfléchit une seconde, grimace face à sa conclusion la plus simple, et continue.
- Je range derrière toi, va chercher tes choses, qu'il dit donc, las, si las, et sans lui lancer le temps de répondre, passe à côté d'elle pour aller nettoyer son bordel.

_________________


almost like the blues
Revenir en haut Aller en bas

avatar

Messages : 164 Voir le profil de l'utilisateur


Dim 8 Oct - 14:47


C’est marrant, hein, mais à chaque fois que Leonard Rosen est dans le coin, elle a cette vieille musique qui tourne au fond de son esprit, le thème principal d’un film diffusé sur les écrans il y a maintenant bien quinze ans, In the Mood for Love. Autant dire qu’il y a une ironie à la chose, mais la rengaine ne disparaît jamais vraiment, et Harry ne sait pas tant si c’est par nostalgie ou par attachement plus profond qu’elle continue encore et encore de graviter dans l’orbite de l’inspecteur haut-gradé. Qu’importe, au final : ce n’est pas l’heure pour se poser la question.

Une moue un peu peinée pourrait se dessiner sur les lippes de la dame lorsqu’on lui affirme que non, on n’est pas venu la chercher exprès. Mais elle reste digne, froide, presque un peu statue de marbre, colosse qui se refuse encore à dévoiler ses faiblesses. Elle hausse les épaules, l’air de ne pas y apporter trop d’importance. Le hasard le met sur son chemin ? C’est déjà bien, va. C’est pas comme si elle essaie encore, de temps à autre, de l’amadouer, de lui offrir un verre de vin, de faire comme si rien ne s’était passé, comme si rien ne s’était jamais brisé entre eux, lors de cette matinée secouée dans le hall de réception du CCG. Elle penche un peu la tête sur le côté tandis qu’il reprend, les sourcils légèrement froncés. À elle de les froncer un peu, tandis qu’elle se redresse de la table de contrôle et repose les talons sur le sol capitonné en moquette moche. La maison, qu’il a dit, le Lenny. Elle parie sur la sienne, à elle, mais elle verra bien le chemin qu’ils emprunteront -jamais le même pour retourner dans sa baraque, pour sûr.

La soirée pourrait débuter immédiatement. Il suffirait d’éteindre les lumières et de quitter le laboratoire, en le fermant à clé, et en laissant le 46 sanglé sur sa table d’opération. Elle n’aurait aucun scrupule à faire cela, à vrai dire, mais son compagnon a un autre avis sur la question, semble-t-il.

La main pas encore gantée saisit l’avant-bras de Leonard alors qu’il la contourne pour s’occuper de son bordel sanglant. La droite, forcément, celle où il manque des doigts. Les gants en cuir sont quelque part, dans la poche gauche de son manteau de ville. Avec lui, elle n’a pas vraiment à se cacher, il l’a déjà vue entièrement nue, même si ça commence à remonter.
- Don’t. Don’t bother with it. (Non. T’embête pas avec ça.)
Pas facile de savoir si le « ça » désigne le carnage, ou l’ajin qui a droit à quelques heures de répit pour la nuit. Elle même ne prend pas la peine de préciser. De l’autre main, sans le quitter des yeux, elle atteint l’interrupteur pour le laboratoire et le fait basculer : les néons arrêtent de grésiller, la pénombre se fait, et il n’y a plus que l’odeur de fer qui indique que du sang macule l’intégralité de l’habitacle.
- Let’s go. You said you were tired. (Allons-y. Tu disais être fatigué.)
Elle le lâche, lui tourne bientôt le dos, défait la queue de cheval qui tenait encore ses cheveux et laisse sa crinière blonde couler sur ses épaules. La blouse blanche tachée de sang quitte ses épaules, et échange sa place avec un gilet céruléen qu’elle boutonne avec application. En s’accroupissant, elle ramasse son sac à main, fouille dedans et en sort son portable -sur silencieux- et fait défiler rapidement les notifications, pour s’assurer qu’il n’y a rien de grave, et rien d’urgent. Des nouvelles lui font serrer la mâchoire tandis que ses yeux se durcissent. Elle finit par prendre son manteau, l’enfile et ce n’est que lorsque le cuir noir a épousé ses deux mains qu’elle repose ses billes sur Rosen.

- All set. See, I wasn’t that long. (Fin prête. Tu vois, ça n’a pas pris tant de temps que ça.) Et de lui désigner, impériale et impossible à contredire, la porte du couloir. Un moyen comme un autre de lui signaler qu’elle ne veut pas perdre de temps dans une inutile discussion sur le bien-être et le respect des monstres inhumains qui sont séquestrés dans les locaux du DRA. L’antre du Diable refuse de recracher ses prisonniers, et la Cerbère qui s’y sent chez elle met un point d’honneur à appliquer les recettes qui marchent. Come along, I’ve bought a red wine yesterday, I need someone to drink it with. (Viens avec moi, j’ai acheté une bouteille de rouge hier, et j’ai besoin de quelqu’un avec qui la boire.) C’est pas la première fois qu’elle lui fait cette offre, et elle continue de la proférer, çà et là, sans désespérer.

_________________
(Don’t you have any remorse ?)
None at all.
Revenir en haut Aller en bas

avatar

Messages : 74 Voir le profil de l'utilisateur


Dim 22 Oct - 12:58


Leonard ne s'étonne pas, lorsqu'elle l'empêche de continuer vers l'ajin. Il se contente de retenir un soupir et de tourner son regard vers elle. Un regard sombre et las. Un regard vide qui, en même temps, contient trop de choses pourtant. L'homme pince ses lèvres et ne perd pas son temps à lui répondre. Il sait que la belle prend un malsain plaisir à laisser les ajins sur la table d'opération pendant des heures durant contre la froide paroie, à attendre la prochaine mort. Il sait tout autant que les réglèment du DRA interdisent une pareille chose mais que depuis les années, personne ne s'est tentée à dire non à Laigse. Peut-être ont-ils peur. Peut-être sont-ils aussi macabres qu'elle. L'inspecteur ne sait pas réellement et d'une part, peut-être fait-il également parti du problème. Car après tout, il ne dit rien. Ses lèvres restent scellées et si ses iris vont se balader sur la carcasse du noir quelques secondes encore, elles s'éloignent rapidement pour observer le véritable monstre des environs. Bien qu'un miroir pourrait lui être utile également.
Lèvres pincées, il la dévisage tandis qu'elle prend ses choses avec des gestes précis, légers. Une part de lui se plait de voir la chose. Elle est routinière, presque trop familière. Elle lui rappelle qu'ils sont deux et qu'ils ont parfois été deux ensemble, et qu'il se permettent parfois de l'être encore un peu, le temps de quelques heures, avant de passer à autre chose. L'homme ne pourrait pas réellement mettre de titre sur leur relation. La chose lui importe peu, au final. Peut-être qu'il apprécie les choses sont elles sont. Lorsqu'il le désire, il peut se détâcher d'elle, et d'autres fois, se rapprocher. Une part de lui a certainement honte de l'apprécier. Une part de lui a certainement horreur de l'avoir laissé devenir ce qu'elle est. Harriet est son plus grand échec ; celui qui reste sous son nez, qui ne disparait pas. Celui qui plane dans sa vie comme un nuage sombre et qui jamais, ne s'efface.
- Hm, qu'il gronde, lorsqu'elle affirme être prête. L'homme ne prend pas le temps de lui donner une réponse plus complète que cela. Il n'a pas les mots, et n'a pas envie de les chercher non plus. À quoi bon dire quelque chose quand il n'a rien à dire ? Alors, il se contente de soupirer puis de se diriger vers la porte. Son regard, une brève seconde, s'attarde sur Nataniel qui attend encore sur la table. Il peut voir, malgré la vitre et la distance, le froid qui secoue son corps de frissons. L'homme pince ses lèvres et détourne les yeux, un air sombre sur les traits. Le regard, une seconde, transperce celui d'Harry, alors qu'ils sont dans le couloir.
- Je déteste le vin rouge, tu le sais, qu'il grommelle, sans lui donner une réponse négative, pourtant. Après tout, lui comme elle savent ; il ira chez elle. Car l'inspecteur aurait pu refuser d'aller la récupérer. En acceptant la tâche lorsque Lazare lui en a parlé, Leonard a fait son choix. Et bien qu'il ne soit pas le meilleur de ses choix, il en reste tout de moins un, et Rosen n'est pas de ceux qui se défilent.
A-t-il beau être fatigué, il ne peut s'imaginer dormir cette nuit et, comme Nataniel, trembler de froid. Les nuits commencent à être fraîches, après tout.
C'est peut-être bien pour cela qu'il passe l'un de ses bras autour des épaules de la blonde lorsqu'ils quittent enfin la bâtiment. Si elle lui a adressé la parole pendant le trajet, il ne lui a répondu que des choses brèves et sans intérêt. Qu'importe; Harriet en a l'habitude.
Silencieux, encore, il la guide jusqu'à sa voiture stationnée à l'écart. Rosen prend le temps de lui ouvrir la porte, et ne la ferme qu'une fois qu'elle est assise. Puis, à son tour, il prend place derrière le volant. Le moteur prend quelques secondes avant de se mettre à ronronner, et les feux avant éclairent la nuit.
- Une préférence pour le détour à prendre, peut-être, ? offre-t-il, charmant mine de rien. L'homme tourne ses yeux vers elle, et l'observe attentivement, sans ajouter le moindre mot. Il attend son ordre. Harry possède, après tout, un certain pouvoir sur sa place.
Les mains sur le volant, le visage neutre, Leonard attend.

_________________


almost like the blues
Revenir en haut Aller en bas
 

something about us (harriet)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» [Fiche] Herriet
» des petits doubles ^^

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
OF FLESH AND BONE :: SO THIS IS YOUR WILDERNESS :: eastside :: lafayette park :: DRA BASEMENT-