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 ketchup'n'dino (saggory)

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Dim 17 Sep - 10:54


Une fois.
Deux fois.
Trois fois.
( Trois petits pois )
Trois fois qu'il est mort, dans la journée. Jehan serre les dents, à y penser, surtout en sachant les bêtises qui y sont reliées. C'est que, mine de rien, en se sachant immortel, Jehan a un peu perdu cet instinct qui l'aide à éviter les dangers de la vie. Dans la rue, dans la vie, ça va encore ; il arrive à garder une certaine concentration, à regarder autour de lui, à ne pas faire le con pour tout et rien. Chez lui ? Oh, chez lui... C'est une autre histoire.
Piggy pisse sur le sol ? Jehan y fout son pied, grogne et manque de tomber, tombe finalement et se cogne la tête où il ne faut pas.
Il fait la vaisselle et les toasts sortent du grille-pain ? Pas de problèmes, on les sort de là. Un petit choc électrique qui tue, c'est pas plus grave que ça, après tout.
Le t-shirt est foutu, alors ; à cause de la pisse de Piggy et de son propre sang, aussi, mais surtout à cause de Piggy. Le t-shirt préféré, en plus. Jehan l'observe, entre ses doigts. Il dévisage le logo du dinosaure et il pince ses lèvres au point où elles n'existent plus. Il pince les lèvres et il fronce des sourcils comme si la haine dans ses yeux pouvait forcément changer quelque chose à la chose. Mais la vérité, on la connait tous ; le sang, il va rester là.
Sur le canapé, Mose dort. Il est plus de minuit, aussi. La goule a passé son heure. Jehan lorgne sur sa carcasse une seconde, l'envie de s'écraser sur lui pour dormir également bouillonnant dans ses tripes, avant de soupirer. Non, le t-shirt d'abord. Le dino avant tout.
Le dino, toujours, éternellement, avant tout.
Il l'a cherché pendant des mois sur internet, ce t-shirt, pour finalement le trouver, se faire frauder sa carte de crédit lors de l'achat car forcément, le site n'était pas sécurisé, et le recevoir avec trois mois de retard. Le dino passe avant tout.
Le sommeil attendra alors, qu'il se dit. L'étrange garde son t-shirt entre ses mains et attrape la bouteille de savon à linge, avant d'ouvrir la porte et de quitter l'appartement. À chacun de ses pas, tout craque. Dans le couloir qui relie les appartements, l'odeur de l'indien empoisonne encore chaque centimètre présent. Le restaurant est fermé depuis 21h, pourtant, et voilà ; les narines se prennent des claques, encore. Mose se plaint toujours de l'odeur ; ça sent la merde, qu'il dit. Jehan approuve forcément; son estomac insupportable les saletés que vend le restaurant du moyen-orient. Et pourtant ; il a déjà mangé de sa propre chair. Si ça se trouve, ils se fournissent niveau cafards dans les couloirs des autres étages. Il ne se passe pas une semaine sans que Jehan en croise une ou deux ; il les écrase avec plaisir, à chaque fois, ou lorsqu'il a un peu de temps, se recroqueville et prend le temps d'arracher certaines pattes, antennes, pour les dévisager ensuite quelques minutes. Une fois ennuyé, il les tue.
Il monte les escaliers, lentement, un peu sur la pointe des pieds. La laverie est souvent vide, à cette heure de la nuit, et il ne cherche pas à réveiller les autres locataires et avoir de la compagnie. Expliquer un t-shirt sanglant lui semble un peu difficile. Il peut toujours dire qu'il a sauvé une vie. Qu'il a tenu dans ses bras un chiot s'étant fait frappé par une voiture jusqu'à ses dernières secondes de vie. Ou alors, qu'il a échappé du ketchup en mangeant son burger.
Jehan pousse la porte, s'écrase sur une chaise paumée, brisée un peu - beaucoup - et inspecte la tâche, une seconde. La suivante, il prend un produit, une brosse à dent - il l'a prise en chemin, avant de sortir de l'appartement, au cas. Les dents sont rougies - noircies - par le sang qu'il a frotté trop souvent - et se met au travail.
Jehan frotte si bien son t-shirt et le sang qu'on ne doute pas de ses capacités à la branlette.
Il parvient presque à voir le blanc sous le carmin lorsque la porte grince et qu'une gueule apparaît. Enfin ; un nuage de boucle et une gueule, peut-être, derrière tout ça. Jehan lève les yeux, la tête, vers l'apparition, et reste stoïque quelque seconde. Puis, il cligne des yeux, comme s'il était ébloui, avant de sourire comme un ange, comme un faux, comme Lucifer avant qu'on lui foute un coup de pied au cul pour qu'il quitte les enfers.
- C'est du ketchup , qu'il dit, comme si c'était la meilleure des excuses.
Il aurait dit sortir l'histoire du chiot.

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i would know him in death
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Jeu 28 Sep - 11:27


Saggory s’est écroulé comme il s’est installé : assis en tailleur sur son matelas si fin que ses os en raclent le plancher vermoulu, le dos calé contre le mur moisi d’humidité, une bouteille de bière dans la main gauche et une cigarette entre les doigts de la droite. Ce qui le réveille brusquement, pourtant, ce n’est ni un mauvais rêve qui l’aurait fait sursauter et cogner sa tête contre la pente du toit sous lequel il est installé, ni le liquide qui se serait versé de son équilibre précaire entre ses jambes, ni même la cibiche oubliée qui aurait mis le feu à ses draps ; c’est une envie pressante, qui reste tout de même incriminante envers la bière précédemment nommée et dont les quelques dix cadavres de ses sœurs jonchent le sol autour du matelas. Oublieux de sa bonne fortune, le gaillard grogne, mécontent d’être arraché au rivage du ruisseau paresseux sur lequel il bullait sereinement dans son rêve pour être ramené à la morose réalité de sa piaule crasseuse sous les combles. Dans le gaz, c’est par pur réflexe qu’il lève le coude pour afonner sa bière dont la platitude lui arrache une grimace ; puis, ayant débarrassé dans la bouteille désormais vide le cornet de cendres qui s’est formé au bout de sa cigarette, il rallume aussitôt celle-ci, le goût de tabac froid lui faisant à nouveau froncer le nez, mais pas bien longtemps avant que l’apport de nicotine mentholée ne détende ses traits dans un souffle fumant d’aise.
D’un coup de pied, Saggory déblaie le chemin des bouteilles vides qui roulent bruyamment sur le sol et, moulinant des bras pour maintenir un équilibre encore à moitié endormi, se hisse sur ses pieds tout en restant courbé en avant jusqu’à s’extirper de l’angle aigu du toit. Il se redresse alors et s’étire, les poings serrés dans sa nuque, les coudes en ailes de poule, grognant sur la cigarette pincée entre ses lèvres. Machinalement, il tâtonne vers le mur à sa droite, puis à sa gauche (la piaule étant si petite qu’il lui suffit d’écarter les bras et de pencher d’un pied à l’autre pour s’appuyer contre une des cloisons) à la recherche de l’interrupteur qui clique finalement sous ses doigts. Et la lumière… ne fut pas.
« Jeeeeeeshush ! » miaule Saggory, la tête renversée en arrière d’exaspération.
Le pire, c’est qu’il le sait depuis la veille, que l’ampoule est grillée. Mais il a préféré s’acheter des clopes et de la booze — et peut-être qu’il a aussi un peu oublié. Et maintenant, il paye, d’abord en se cognant le pied contre un objet non-identifié, puis en le posant sur une bouteille, qui roule sous sa plante, lui nique son équilibre, et l’envoie valser par terre. Il a juste le temps de tendre une paume en avant et de plier un genou, les deux allant racler le plancher et écopant en conséquence de sales brûlures sur la peau. Saggory crache un nouveau juron, qu’il ne se donne même pas la peine d’étouffer et qui a certainement dû s’entendre jusqu’à l’étage du dessous, si pas jusqu’au rez-de-chaussée, vu le carton et le papier à cigarette qui semblent avoir servi à la construction de ce bâtiment.
C’est donc râlochant sur sa clope et claudiquant sur ses jambes, à moitié pliées à cause de la douleur et serrées pour retenir sa vessie, que Saggory finit par arriver sur le palier. Le plus vite que le lui permet sa dégaine, il trace vers les toilettes attenantes à la laverie. De celles-ci s’élève bientôt un râle de soulagement accompagné d’un concert de glouglous qui résonne sûrement dans toute la tuyauterie puis qui s’arrête, ponctué par un raclement de gorge bien gras, un crachat sec et précis, puis le ronflement de la chasse d’eau. Enfin, Saggory émerge, éparpillant négligemment ses cendres sur le sol d’une main, et se remettant les balloches en place de l’autre, fourrée dans le caleçon. Et c’est ainsi qu’il se fige lorsqu’il croise le regard d’un gus, qu’il met quelques secondes, dans la semi-luminosité des néons fatigués, à reconnaître comme l’un de ses voisins du dessous. Pas gêné pour un sou, le gaillard se gratte un coup avant de récupérer sa main pour l’appuyer contre le cadre de la porte. Il avise alors le bout de tissu rougi et mousseux que Jehan s’empresse de défendre. Reniflant d’un air dubitatif, Saggory hoche la tête.
« J’demandais pas, » qu’il déclare, indifférent.
Il fait quelques pas, tirant une dernière taffe avant d’éteindre sa cigarette en la frottant sur le coin d’une machine à laver. Il a tout de même le réflexe de brosser le plastique qui de jaune est passé à noir pour l’en débarrasser des cendres, les éparpillant à terre, à son innocente insouciance.
« N’empêche que si j’étais toi, j’ferais plutôt tremper ta serpillère dans un seau d’eau froide pendant une nuit. Ça partira tout seul, et après tu pourras la laver sans risquer qu’ça cuise. »
C’est que Saggory, quand il découpait cochons, caribous et ratons laveurs à la ferme des Broderick, il s’en est fait, des tâches de sang sur les vêtements.

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― orphan memories
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Ven 6 Oct - 15:24


Il cligne des yeux, encore, Jehan. Le sourire ternie un peu, sur les lippes de l'ange maudit, avant qu'il hoche de la tête brièvement. Évidemment, que l'autre n'avait pas demandé. Jehan pince ses lèvres, une seconde, et hoche de la tête, encore, sans réellement le regarder, cette fois-ci. Il est déjà passé à autre chose. Il pense déjà à son dino, à son t-shirt et à cette stupide tâche de sang. À Mose, aussi. Il imagine sa réaction, s'il était présent et qu'il le voyait nettoyer tout ce sang devant un inconnu ; il aurait des envies de meurtre. Envers lui, envers l'autre aussi. Jehan pince ses lèvres, un peu plus fort. Il fronce des sourcils, tandis que ses doigts se crispent et que ses jointures craquent un peu, sous la pression. Il les voit blanches contre le carmin et les dévisage, sans cligner des yeux, étrangement fasciné par la chose. Ce ne sont que des doigts, pourtant. Des doigts trop tendus, où le sang peine à circuler, à cause de la force. Et il est intrigué, le Marr, et serre un peu plus fort, trop peut-être, tandis qu'il dévisage, encore et encore, toujours, un peu trop.
Un sursaut le prend.
Un sursaut, léger, alors que l'autre parle. Il lui faut quelque seconde pour capter les mots, et moins pour froncer des sourcils, un peu plus fort. Il le dévisage sans réellement le comprendre et une moue, brève, traverse ses lippes, avant qu'il  ne détourne les yeux.
Rien à foutre, de ses conseils.
Il ne prend même pas la peine de répondre. Il n'a pas envie, non, de répondre. Il emmerde les gens, tous autant qu'ils sont, et peu importe s'ils en font de même. C'est mutuel.
C'est une romance vulgaire.
Un soupir quitte ses lèvres, un peu tendu, avant qu'il ne se remette à sa tâche. Il frotte, les jointures blanchies, les lèvres pincées, le visage concentré. Il aimerait dormir, mais la nuit d'hier s'est fait durant la journée, en réalité, et le sommeil n'est pas réellement présent. Il aimerait pouvoir monter sur sa moto, et déferler dans les rues quelques heures, mais la bécane est encore en morceau dans la boîte du camion et il ne peut pas l'utiliser.
Il devrait trouver quelqu'un, pour la réparer. Aller chez un mécanicien, voir les prix. Sauf que le porte-feuille est vide et que forcément, l'argent sert à autre chose, présent. Comme le prochain rendez-vous de Piggy chez le vet' ou encore les vêtements que Mose veut faire depuis plusieurs mois, déjà. Ça peut paraître con pour plusieurs, des vêtements fait par un mec un peu pété et pas trop amical, mais pour eux, c'est important.
Jehan pince ses lèvres, et lève les yeux.
L'autre n'a pas bougé, et le silence l'irrite.
- Ouais ? qu'il dit, Jehan. Le ton de la voix peut paraître amical, mais l'expression ne s'y accorde pas. L'un des sourcil est haussé, et les pupilles sont dilatées, l'air sur les traits dévoilant bien qu'il n'apprécie pas forcément la compagnie, ou qu'il trouve l'intrus plus ou moins agaçant.
Et ce, même au travers de son silence.
Il reste quelques secondes à le dévisager, l'oeil lorgnant un peu sur la carcasse de l'inconnu pour la première fois depuis les dernières minutes. Jehan se rend compte, au final, qu'il n'est pas aussi inconnu que cela. Il l'a vu, quelque fois. Surtout dans les couloirs, et la cage d'escalier, aussi. L’ascenseur aussi, parfois, lorsqu'il ose fonctionner. Un grand gringalet qui passe son temps à zinzinuler un peu trop fort lorsqu'il quitte son appartement, avec une voix qui n'a rien d'angélique. Mose a quelques fois promis qu'il allait lui faire la peau, s'il tombait sur lui. Sauf que Mose, il quitte rarement l'appartement, et c'est Jehan qui le croise, le plus souvent. Dans son cas, il préfère le tuer du regard, et dans ses pensées, aussi. Comme ça, il peut se permettre de le faire plusieurs fois. Le désavantage des humains, c'est qu'ils ne meurent qu'une fois. Jehan préfère donc se contenter de son imagination florissante pour ne pas être déçu trop rapidement.
Une image sanglante traverse ses pensées, comportant des hurlements, Nahej, et un pull pour Piggy tricoté à partir de la crinière du voisin. Pas qu'il ait fait quoique ce soit de dérangeant pour l'instant, sauf exister. Plutôt que l'immortel a des divertissements particuliers.
Un sourire doux plane sur ses lippes, de nouveau, et le voilà de nouveau acceptablement sociable, amical.
- Merci pour le conseil, qu'il dit, passant une main dans ses cheveux, qu'importe le sang qui s'y trouve, trop habitué par la substance. La seconde suivante, il appuie son dos contre la paroi froide d'une machine, avant de passer une main sous son t-shirt, le remontant un peu par la même occasion, dévoilant l'élastique de son boxer ainsi qu'une fine ligne de poils sombre, pour se gratter paresseusement le torse. T'es nouveau, non ? qu'il continue, pour faire bonne apparence, et surtout car il a besoin d'un autre divertissement. J'suis Jehan, j'peux faire un truc pour toi ?
Non mais car le mec, mine de rien, il est là et il fout rien.
Et ça l'irrite encore, même s'il est plus calme.

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