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 (Joe) dusk 'till dawn

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Dim 17 Sep - 23:31


JOLENE PEARSON
you can’t wake up this is not a dream, you're part of a machine you are not a human being
NOM ET PRÉNOM : Pearson, Joe (Jolene en réalité, mais elle déteste son prénom entier). ÂGE : 24 ans. DATE ET LIEU DE NAISSANCE : 2 septembre, Détroit. ORIGINES  : américaines principalement, quelques racines irlandaises du côté de ses grands-parents maternels. OCCUPATION : étudiante en 5ème année de médecine, et par conséquent interne à l’hôpital de Détroit STATUT CIVIL : célibataire ORIENTATION SEXUELLE : bisexuelle SITUATION FAMILIALE : aînée de la famille, parents divorcés, deux petits frères de 14 et 8 ans PARTI : humaine pacifique TRAITS DE CARACTÈRE : tête-brûlée, elle est capable de tout faire pour arriver à ses objectifs, quitte à se mettre en danger ou à mettre le groupe en danger – peu soigneuse, elle se soucie rarement de ses affaires personnelles et se dit peu attachée à l’aspect matériel des choses (mais n’a jamais vraiment vécu de situation qui l’aurait amené à confirmer cette opinion) – tête-en-l’air dans l’âme : a souvent les mains couvertes de gribouillis car elle note toujours tout par peur d’oublier – possessive, elle n’aime pas avouer qu’elle tient à quelqu’un et a trop de mauvaise foi pour assumer ses crises de colère quand quelqu’un qu’elle apprécie traîne un peu trop avec d’autres gens – honnête, sa récente mésaventure l’a forcée à jouer à un jeu qu’elle déteste, celui du mensonge – débrouillarde, elle n’a pas peur de se salir les mains quand c’est nécessaire – rancunière : quand quelqu’un la déçoit, elle a de grosses difficultés à passer outre et ça peut parfois être très pénible) – méticuleuse et appliquée grâce à ses études, elle a appris à cultiver le sens du détail dans tout ce qu’elle réalise – persévérante, hors de question pour elle d’abandonner quoi que ce soit ou qui que ce soit la première, car pour elle c’est signe de défaite – idéaliste dans l’âme, elle est souvent vue comme une grande naïve qui pense que tout problème a nécessairement sa solution – a l’esprit de contradiction ; le choix minoritaire l’attire, elle aime souvent se démarquer et si en plus elle a raison, elle met un point d’honneur à défendre ses opinions tranchées
CHRONOLOGIE

09/1993 : naissance de jolene pearson à l’hopital henry ford de detroit. aînée de sa famille, elle est accueillie au sein d’un foyer plutôt classique composé d’une mère enseignante, michaela, et d’un père chirurgien, oliver. on peut dire que jolene a toujours vécu en connaissant l’existence des goules, ce qui ne l’a pas empêché d’en avoir peur au début comme tout enfant peut avoir peur des monstres tapis dans la nuit.
02/ 2000: naissance de son premier petit frère nommé angus.
05/2004 : le divorce de ses parents intervient, entre autres, lorsqu’oliver décide de s’engager du côté de la dra pour pouvoir gagner davantage sa vie et améliorer le confort familial. depuis la séparation, joe n’a plus aucune nouvelle de son père – et d’après elle, c’est tant mieux.
08/2006 : naissance de son second petit frère, daniel - ou plutôt demi-frère puisque sa mère a refait sa vie.
09/2011 : joe s’oriente vers des études de médecine, et s’intéresse à la neurochirurgie plus précisément. elle rentre à l’université de la ville par commodité pour ses parents et décide de prendre un appartement pour elle seule, afin de se débrouiller et de ne pas être un fardeau financier pour sa mère.
05/2016 : son engagement dans la défense des goules se retrouve renforcé suite au visionnage de la vidéo du meurtre de 47. ce sont des images traumatisantes qui vont la marquer et lui fixer un objectif : pouvoir à sa mesure trouver une solution pour soigner et aider les goules qui l’acceptent de manière durable.
12/2016 : jolene se retrouve droguée au ghoul gist lors d’une sortie dans un club des quartiers pauvres de la ville ; il s’agit très sûrement d’une erreur de cible, malheureusement c’est dans son verre – du moins elle le suppose – que la substance diluée se retrouve versée. c’est le black-out, joe ne se souvient de rien de ce qu’elle a pu faire cette nuit-là et se réveille seulement le lendemain chez elle, les mains et le tee-shirt en sang.
01/2017 : joe songe de plus en plus à s’intéresser à la section scientifique du ccg, la dra : elle finira bien par réussir à y entrer pour savoir ce qui s’y passe et l’idée d’y faire une candidature spontanée au culot la tente bien. advienne que pourra.  


THE FLESH TO THE BONE

pseudo : pimbêche. âge : 25. code du règlement : JP. avatar : freya mavor crédit : fyhenryelizabeth + scorbus helps


i. Jolene est le prénom de son arrière-grand-mère. Si elle n’a absolument aucun grief retenu contre son aïeule, elle n’a jamais vraiment réussi à se faire à son patronyme. Elle préfère encore qu’on la hèle par son nom de famille dans les couloirs de l’hôpital, mais pour le reste du monde, elle se présentera toujours par réflexe sous le nom de Joe. A l'université, les plus inspirés l'appellent même G.I. Joe. ii. Jolene est allergique aux fraises, et ceci de façon complètement létale. C’est en ingérant un jour, enfant, l’un de ces petits fruits écarlates, que la jeune fillette s’est tout d’abord étouffée. On pensait qu’elle avait eu les yeux plus gros que le ventre mais la réalité aurait pu être bien plus désastreuse si son père n’était pas intervenu. L’élément fruitier est depuis ce jour banni de son alimentation. iii. Joe rêve par tous les moyens de faire effacer le tatouage ridicule ancré dans sa peau depuis ce soir de beuverie de ses dix-neuf ans. C’était juste après la célébration de l’obtention de sa première année, et la fête s’est soldée par un détour chez un tatoueur de mauvais goût à qui elle a demandé de faire inscrire les initiales de son petit copain de l’époque. Kitsch à souhait, surtout qu’ils se sont quittés deux mois plus tard … iv. Sans raffoler des réseaux sociaux, Joe est capable de perdre un temps fou à errer sur le net pour lire des théories du complot, de sombres polémiques politiques fraîchement déterrées ou des scandales de lobbies crapuleux. Dans une deuxième vie, elle aurait adoré être journaliste. v. Il n’est pas rare d’apercevoir la crinière ébouriffée de Joe lors d’une manifestation en pleine rue, mégaphone en main et pancarte dans les airs. Elle est de tous les combats et sur tous les fronts, et elle a de la voix à revendre quand il s’agit de crier son mécontentement dans la rue. vi. Ses études et le rythme plutôt effréné qui y est généralement associé lui ont appris à boire des litres et des litres de café noir, fort et sans sucre (ce qui pourrait faire d’elle une goule toute désignée si l’on mesure le volume de boisson qu’elle engloutit par jour). On peut toujours s’habituer à tout, même à l’amertume piquante du jus de chaussette de la cafétéria de l’hôpital. vii. Parfois taxée d’hyperactive, Jolene est en fait quelqu’un qui se réfugie dans le travail pour s’échapper de ses problèmes. Récemment, elle s’est mise à la boxe anglaise. ix. Elle a également fait l’acquisition d’un petit pistolet, un dont elle ne s’est jamais servie. Les armes ont toujours été prohibées chez les Pearson et Joe ne se sent clairement pas à l’aise à l’idée de devoir un jour presser la détente, mais son incident l’a rendue légèrement plus anxieuse et paranoïaque. x. Malgré tout, malgré le Ghoul gist, les agressions et le climat de danger oppressant qui peut peser sur l’espèce humaine, Joe se refuse à rentrer dans le rang et à haïr les goules. Ce serait trop facile, ce serait céder à la facilité et laisser gagner la peur. Jolene continuera toujours à les défendre et à soutenir leurs droits de vivre avec les humains de manière la plus sereine possible – car pour elle, tous n’ont pas choisi d’être ce qu’ils sont et si certains sèment la terreur, d’autres tentent de faire l’effort d’être pacifique. Ceux-là méritent au moins une deuxième chance.


Dernière édition par Joe Pearson le Mer 20 Sep - 22:51, édité 6 fois
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Dim 17 Sep - 23:40


Which is the true nightmare,
the horrific dream that you have in your sleep or the dissatisfied reality that awaits you when you awake ?


Les gros flocons tombent, tombent. Tout le jardin est blanc et c’est presque impossible de résister à la tentation de se vautrer dans la poudreuse pour y faire un ange. Joe n’a même pas eu à demander deux fois pour craquer et c’est avec une joie diabolique que la petite tête blonde et bouclée se précipite au-dehors, bonnet à moitié enfoncé sur le crâne et mains soigneusement gantées.

Evidemment, elle est toute seule. Angus est bien trop petit pour pointer le bout de son nez par ce temps aussi hivernal – il préfère rester au chaud avec maman, bien sûr, c’est un véritable petit fayot en devenir.

Ses pas crissent et s’enfoncent dans l’épaisseur froide et lorsqu’elle arrive jusqu’aux limites du jardin, deux voix l’interpellent au loin – les deux gamins de la maison voisine semblent avoir eu la même idée qu’elle. Seulement ils sont plantés à mi-chemin, jaugeant la demeure face à la leur ou plutôt l’enfant qui s’y tenait, immobile et silencieux comme un chat docile. « On peut jouer avec elle, non ? » C’est le plus petit qui a parlé, et on sent pertinemment dans ses paroles qu’il est aussi fasciné que perplexe. Cette naïveté fait quasiment bondir sur place son grand frère qui s’exclame avec la discrétion d’une trompette dans un orchestre de flûtes traversières.
« Mais nan, t’es fou ! C’est un monstre ! » chuchote t-il avec empressement. Le mot écorche presque l’oreille de Joe, qui ne peut réprimer l’envie malsaine d’en savoir plus.
« Pourquoi tu dis ça ?! »
« C’est une goule. C’est papa qui m’l’a dit. » Les mains de Jolene s’arrêtent de ramasser de la neige pendant une fraction de seconde, relâchant tout au sol.
« Et alors, ils sont pas tous méchants … Si ? » C’est presque comme si ses interrogations en pensées traversent l’air et s’échouent sur les lèvres du cadet. Maman disait quoi, déjà ? Qu'il ne fallait pas juger un livre par sa couverture.
« Mais si ! Ils mangent les gens comme nous, avec leurs dents énormes ! Même qu’ils ont de griffes et qu’ils vont tellement vite que t’as pas le temps de courir ... CLAC ! Ils t’ont déjà attrapé. » Evidemment, le récit fait son effet et le plus petit manque quasiment de couiner de peur.

Jolene soupire, ignorant finalement de son monde intérieur les babillages assourdis des deux enfants Berkeley. Ils ont toujours été de sacrés froussards, et en plus ils racontent toujours des mensonges plus énormes qu’eux. Et même si c’était vrai … Un frisson cavale dans son dos, elle le balaye d’un petit mouvement d’épaules. Elle la regarde, cette petite fille qui la scrute en face de chez elle. A tout bien l’observer, elle lui ressemble beaucoup. Ca pourrait être elle-même, une sorte de reflet au travers d’un miroir invisible. Elles ont presque le même imperméable ciré vert, songea Jolene avec un sourire convaincu que ce seul signe assurait que cette fillette qui venait d’arriver dans le quartier serait très gentille. Ses parents l’avaient toujours dit, les goules qui vivaient avec eux n’étaient pas d’affreuses bêtes de foire.

Elle se risque à lui faire signe. C’est un peu ridicule, et même l’aîné des Berkeley la regarde avec un drôle d’air avant de s’éloigner pour rentrer chez eux. Face à elle, la petite demeure immuable. Ce n’est qu’une fois la porte des voisins refermée qu’elle s’ose à un sourire timide et lui rend son salut.

**


C’est partout à la radio, sur les écrans de télévision, dans les premières de couverture des magazines et des journaux papiers, même sur Internet. Le premier Ajin a été découvert. Les deux syllabes laissent encore perplexe, rares sont ceux et celles qui prétendaient en avoir vu ou entendu parler et c’était le genre de mythe qui était supposé en rester un. Quel monde aurait été prêt à accueillir son premier surhomme immortel ?

A voir la folie frénétique et le début de paranoïa qui gagnaient les journalistes s’agitant sur la télé du salon, pas le leur. Joe secoua la tête en finissant ses céréales. « C’est un truc de fou. »
Sa mère, elle, paraissait plongée en pleine réflexion, le genre de moments intérieurs qui n’appartenait qu’à elle seule et où il valait mieux ne pas attendre de réponse de sa part. Elle avait l’air très attentive, bien trop pour ne pas être soupçonneuse. En bonne adolescente qu’elle était, l’aînée de la famille plissa les yeux comme pour tenter de décrypter les songes de sa maternelle. « Tu crois que c’est ça que papa est parti faire ? Chercher les Ajin ? » Sujet délicat s’il en était, reparler d’Oliver se soldait la plupart du temps par une dispute ou l’absence complète de débat. Dans les deux cas, rien de très probant. « Je ne sais pas, ma chérie. Il ne pouvait rien nous dire. » Et c’était vrai. Tenu par un secret professionnel qui n’avait de sens que pour lui, le père de Joe et Angus avait fait ses valises et quitté le nid depuis plusieurs années déjà. Depuis, pas un coup de fil, pas une lettre, pas un mail. A se demander s’il avait vraiment souvenir d’avoir fondé une famille.
Les yeux bleus de la lycéenne se décrochent de la petite lucarne pour se lever vers le ciel. « C’est vraiment un con. » Presque instantanément, Michaela sortit de sa torpeur, sourcils froncés.
« Ton langage, Jolene. » Son prénom entier énoncé de cette façon équivalait au grondement du tonnerre au lointain qui s’annonçait.
« Ok, ok, j’ai rien dit. » Elle engloutit la dernière bouchée de ses céréales et repousse le bol avant de quitter la table. « C’est le meilleur papa de l’année, d’ailleurs c’est bien pour ça qu’on a tous reçu une carte d’anniversaire ici depuis qu’il est parti, hein ? » L’ironie était un second langage chez elle et quand elle ne jurait pas comme une charretière – par pure provocation et parce que c’était très logiquement de son âge d’énerver un peu ses parents -, elle en usait et en abusait à chaque début de conflit. Sa mère soupira avant de poser un regard très calme et néanmoins très ferme sur elle.
« Je ne suis pas d’humeur pour me chamailler avec toi. On a déjà eu cette discussion suffisamment de fois, ton père est parti et il avait ses raisons, je les respecte, je ne te demande pas de comprendre, tu le feras quand tu auras l’âge de fonder une famille et de se mettre à sa place. » Toujours la même rengaine, toujours cette capacité incroyable à pardonner alors que Joe, elle, resterait à jamais blessée dans sa fierté. Elle était la seule à réagir ainsi, visiblement et comme à chaque fois, elle finissait inlassablement par battre en retraite. « J’vais en cours. » soupira t-elle, les non-dits alourdissant son attitude désinvolte alors qu’elle sortait de table sans rien ajouter.

**


Ne l’ouvre pas, ne l’ouvre surtout pas, a-t-elle quasiment envie de crier à l’adresse du pauvre étudiant qui se retrouve au beau milieu de l’attention de tout le réfectoire – et surtout de cet imbécile aux manières de fils à papa. Hopkins, si sa mémoire ne lui fait pas défaut. Elle se rappelle de lui vaguement parce qu’elle en a déjà entendu parler, mais c’est définitif : elle n’a pas envie de le connaître davantage.

Ils sont tous en suspens au beau milieu du restaurant universitaire, et maintenant les discussions sont rompues. Les yeux sont braqués sur eux. Elle n’a évidemment pas pu se retenir, elle s’est interposée. Typiquement GI Joe, lui aurait rétorqué son binôme de classe, sauf qu’elle, elle n’en peut plus de cette tension constante entre humains et goules. Elle ne peut pas laisser passer la moindre phrase, même maladroite, le moindre sous-entendu. Et celui-là, il était tellement peu subtil qu’il avait fait bouillir le sang de la blonde en un quart de seconde.

La main tremblante de l’étudiant ouvre la boîte et arrache un cri d’horreur et de dégoût général. De la chair - goule ou osseux, peu importe. Jolene reste muette pendant quelques secondes, interdite ; est-ce qu’il y a vraiment des connards de ce genre qui existent encore dans Détroit ? Ou est-ce qu’elle vient de tomber pile sur le spécimen alpha ? Elle n’a même pas envie de consoler le principal concerné, qui visiblement n’est plus très loin de craquer, et elle embarque la boîte dans un geste rageur avant de crier, un peu plus fort. « Eh ! Abruti ! Je t’ai parlé ! »

Il n’avait pas jugé nécessaire de lui jeter l’once d’une goutte d’attention. D’ailleurs il ne lui avait rien répondu, la considérant très sûrement comme une quantité négligeable – l’erreur classique que commettaient beaucoup trop d’années supérieures par péché d’orgueil et surtout, par bêtise. « Tu peux te le garder, ton cadeau. C’est le truc le plus irrespectueux et dégueulasse que tu puisses faire, mais j’imagine que t’es très fier de toi. » Elle jette la petite boîte à ses pieds comme on jette un mégot de cigarette par terre. Si elle n’arrangeait sûrement pas son cas, ses paroles avaient l’air de l’affecter autant qu’une pichenette adressée à un requin. Mais Joe n’était pas du genre à se contrôler, pas plus qu’à se retenir. « Et j’espère vraiment pour toi qu’un jour, ça sera pas ta chair qu’on foutra sous le nez d’un pauvre innocent qui n’a rien demandé. » Il y a au moins trois bonnes raisons visibles de lui coller un poing dans le nez ou juste de l’insulter copieusement, mais Jolene n’a même pas envie de répliquer. Ce genre de types la fatigue au plus haut point. Elle finit par se retourner, offrant son dos à la petite bande de toutous du blondinet. « C’est bon, le petit spectacle est fini ! Vous êtes contents ? » Les quelques visages encore tournés vers eux se penchent sur leur plateau, impatients de pouvoir commenter ce qui vient de se produire. Joe, elle, préfère faire signe à l’élève, toujours prostré, de la suivre. Elle en fait toujours trop. Un jour, ça la perdra, ou alors elle s’attaquera à trop gros pour elle. Mais ce n’est pas aujourd’hui qu’elle laissera un mec aux allures de petit prince humilier un étudiant pour sa condition.

**


Le perron de l’hôpital central de Détroit est encore calme à cette heure-ci et pourtant, en trois heures de temps, les internes avaient déjà eu tout le temps de découvrir les joies et les déboires du service des urgences. Il y en a même un qui a décidé que c’était trop pour lui – ça méritait bien une pause-clope pour se vider la tête.

Joe vient s’échouer à côté de lui non sans libérer ses cheveux de la queue de cheval bien trop serrée qui les contraignait. Un souffle et une main passée dans la tignasse plus tard, elle finit par entamer le bal des banalités la première. « Je suis vannée. » L’anxiété du premier jour en tant que véritable membre du personnel, l’envie de bien faire et la surexcitation générale dans lequel elle baignait n’aidait pas ses nerfs à se reposer.
« On échange nos places quand tu veux, un vieux vient de vomir sur mes pompes. » Les yeux clairs de la jeune recrue finissent par trouver avec un temps de retard l’origine de l’odeur âcre – pas celle de la cigarette – qui lui pique le nez. Elle sourit et relève le menton avec un air parfaitement neutre qui ne laisse aucun doute sur l’hilarité que cette mésaventure lui inspire. « Au moins t’es fixé sur ce qu’il a. C’est une gastro. » Son camarade lui répond d’un majeur fièrement levé, la commissure plissée de ses lèvres contredisant pourtant son apparente vexation. Il recrache une bouffée de tabac avant de reprendre la parole, la fatigue nerveuse du premier jour déliant sa langue. « J’pensais que ça serait plus excitant pour un premier jour. »

Joe hausse les sourcils, pour le moins perplexe devant cet aveu qui pourrait être saisi comme une perche parfaite pour dissuader son compère de continuer. Pourtant ce n’est pas son genre, le naturel parle avant le calcul et la stratégie. « Tu déconnes ? On est en plein dedans là ! » Ils n’avaient rien fait qui soit vraiment trépidant ou hors du commun, mais rien que d’être entre ces quatre murs blancs représentait suffisamment de choses aux yeux de l’étudiante pour être déjà blasée. « C’est trop salissant pour monsieur, c’est ça ? »
Il y eut un bref rire avant qu’il ne lui réponde avec l’ombre d’une hésitation dans le choix de ses termes. « Nan mais j’veux dire … Ok, d’accord, on a la blouse et on est pas patient, mais franchement si c’est pour tenir le haricot et être de garde, ça va vite me souler ! Je veux de l’action, moi. »
« Oh, t’en fais pas, on devrait bien finir par en avoir. »

Si la jeune interne avait soupçonné la portée de ses mots, elle les aurait choisis autrement. La sirène de l’ambulance retentit au lointain, et s’ils sont déjà redressés prêts à se pousser pour laisser passer les ambulanciers, la vision qui s’offre à eux sous l’ouverture des deux portes du véhicule hospitalier les laisse pantois. « Oh merde … Joe, c’est … »

Ils distinguent le visage d’une femme d’une trentaine d’années, mais le reste est un mélange confus de tissu arraché, lacéré, de chair mordue et profondément griffée. La vue est difficilement soutenable et la jeune Pearson finit par détourner le regard. « J’ai vu, merci. » Elle préfère ne pas imaginer ce qui s’est passé, même si les indices sont tellement nombreux et évidents qu’il serait compliqué de ne pas se douter de ce qui s’est passé pour cette inconnue. « Il nous faut un titulaire ! On a une blessée grave ! » Elle n’est sûrement pas à sa place et elle va tout aussi rapidement se faire éjecter par le premier véritable médecin diplômé de ce nom. Mais en attendant, il y a cette femme à mi-chemin entre la conscience et l’oubli, et elle n’a même pas besoin d’ouvrir la bouche pour faire comprendre à quel point la douleur doit être à son paroxysme. « Madame, vous m’entendez ? » Elle s’apprête à répéter machinalement les automatismes rabâchés en classe, mais se tait instantanément lorsque le son torturé et les gargouillis douloureux qui s’échappent de la bouche de la victime se font entendre. « Je … Je suis … Il … Oss… »

« Ca va aller madame. Tenez-moi la main, on va vous aider. » Elle dit on mais elle n’y croit pas. Elle est encore novice et elle veut jouer à la grande, mais elle ne fera rien sur ce coup-là et surtout elle ne saurait même pas comment soigner de telles plaies. Comme Joe l’avait prédit en son for intérieur, la seconde d’après, c’est sur elle que se referme la porte du centre hospitalier, un autre homme ayant pris le relais d’un seul mouvement d’épaule. Les deux étudiants se retrouvent aussi seuls qu’à l’arrivée, tout à coup étrangement refroidis et plantés comme deux idiots devant les vitres de l’hôpital.

**


Le crissement du gravier sous ses mains qui s’agitent l’alerte lentement. Ses paupières lourdes se décollent. Ce n’est pas la délicate lumière du soleil qui filtre par ses persiennes laissées ouvertes la veille qui vient caresser sa joue sale, terreuse. C’est les derniers éclats de la lune et les premières brumes matinales qui lui tombent dessus.

Le bruit d’un klaxon, quelque part au loin, l’appelle, la sort une bonne fois pour toutes de ce sommeil ouateux et inconfortable. Le vent froid d’une nuit tout juste avortée asperge ses joues d’une sensation bizarre. Quelque chose ne va pas. Quelque chose n’est pas normal. Qu’est-ce qu’elle fout dehors ? Pourquoi est-ce qu’elle ne se réveille pas dans son lit ? La soirée d’hier n’était pourtant pas en extérieur, elle s’en rappelle parfaitement, il n’y avait aucune raison pour qu’elle se retrouve là, le corps avachi entre deux containers dans une zone industrielle complètement déserte au sud de la ville.

Joe se frotte les yeux pour chasser le flou vitreux qui s’est imposé comme un filtre précaire à sa vue mais fait pire que mieux sans tout de suite comprendre pourquoi. La moiteur tiède contre son ventre l’interpelle. Elle baisse le regard et manque de défaillir, de hurler, de régurgiter la maigre bile que contient son estomac contracté par l’horreur. Le sang, passé d’un vermillon étincelant à un bordeaux fané, est partout. Il macule son haut, il recouvre ses dix doigts comme deux gants particulièrement bien ajustés. Joe a presque envie de se pincer dans un réflexe cynique mais elle n’en a pas besoin ; tout cela est affreusement et stupidement réel.

Qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’est-ce qu’elle a fait ? Les images ne reviennent pas elles, refusent de se rappeler à sa mémoire craquelée. Les lueurs électriques du club, les verres. Les rires, les cris. Le cri. La ruelle où elle s’est appuyée, pensant que ça passerait, qu’elle avait juste trop bu, son cœur qui cavalcadait dans sa poitrine et cette faim, cette faim

Et puis le trou noir. Aucun souvenir, aucune réminiscence, le néant complet. Comment ?

Elle avait du être victime d’une agression ; peut-être même pire. Il fallait qu’elle porte plainte le plus rapidement possible. Qu’elle en parle au moins à quelqu’un – mais à qui ? Sa mère n’avait pas à souffrir d’une telle confession, ses amis paniqueraient et la prendraient pour une cinglée, même la police - la police. La constatation brutale la frappe avec la violence d’un crochet. L’hémoglobine qui inonde ses vêtements n’est pas la sienne et pour cause, en se palpant frénétiquement des pieds à la tête, aucune blessure n’est suffisante pour justifier un tel épanchement. C’est celui de quelqu’un d’autre. Et au vu de la quantité perdue … Le reste de ses pensées s’effiloche et elle vrille. Non, elle ne pouvait pas porter plainte.

Son corps arrive à peine à se lever, et ne parvient qu’à tanguer jusqu’au mur pour s’y appuyer et recracher à terre une acidité nauséeuse. Son estomac se tord encore, mais curieusement, elle en éprouve presque un regret. Ou plutôt, un manque inexplicable. C’est un délire complet, Joe ne peut même pas croire que sa seule pensée la plus primaire en un tel instant est de se soucier de sa satiété. Après un black-out d’une nuit entière et un réveil surréaliste dans les tréfonds de Détroit, son allure de morte-vivante ne lui inspirait rien d’autre qu’une furieuse envie de se mettre à pleurer.

Mais pas encore tout à fait prête à laisser échapper les dernières miettes de son sang-froid, sa main trouve, tremblante, son téléphone encore coincé dans sa poche de jean. L’écran est fissuré mais tant pis, il fonctionne encore et c’est un avantage. Appeler un taxi. Rentrer chez elle, ne rien dire. Prendre une douche. Et dormir, même si elle le savait déjà, elle ne fermerait pas l’œil. Elle se contenterait de fixer le plafond et de retourner tous les scénarii dans sa tête à la recherche de ce qui s’était passé cette nuit et d’un moyen miraculeux pour prier qu’elle n’ait pas été une énième victime du Ghoul gist.



Dernière édition par Joe Pearson le Mer 20 Sep - 23:22, édité 8 fois
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Lun 18 Sep - 0:15


freya :ko:
j'aime déjà ce que je lis, et je meurs d'impatience face à la suite. je sens que quelques petits rebondissements se cachent chez cette petite
bienvenue sur fab, et n'hésites surtout pas en cas de questions

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almost like the blues
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Lun 18 Sep - 0:43


Freya, qu'elle est belle :ko:
Vite la suite!
Bienvenue à toi!!

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ALL THESE YEARS I'VE BEEN SEARCHING, FOR WHO I'M SUPPOSED TO BE. ALL THAT TIME I'VE BEEN WASTING, 'CAUSE I WAS RIGHT IN FRONT OF ME. OH, IT'S A CROOKED OLD TRADITION, BY A MASTERFUL MAGICIAN. BUT IN ALL THIS TROUBLE I'VE MET, I HAVEN'T GOT ONE SINGLE REGRET, NO - Yesterday , Imagine Dragons

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Lun 18 Sep - 9:41


Mais han Freya est tellement belle :ko:
Bienvenue ici, et bon courage pour la fiche !

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― rock bottom

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Lun 18 Sep - 11:45


Bienvenue par ici chère petite humaine
Courage pour la suite te ta fiche
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Lun 18 Sep - 19:11


Bienvenue jolie demoiselle. Elle a l'air adorable ton humaine.
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Lun 18 Sep - 20:03


Merci merci merci à vous tous, vous êtes des sucres
(et oui je suis d'accord avec la majorité, Freya Mavor ftw)

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Remember everything will be alright.
©crack in time


Dernière édition par Joe Pearson le Jeu 21 Sep - 0:21, édité 1 fois
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Mer 20 Sep - 18:45


Grosse GROSSE communauté irlandaise, dites donc, à Détroit Ça doit être marrant à l'église (potentiel lien avec Harry, d'ailleurs, si ça te dit d'avoir un lien avec la plus grosse tarée du DRA — entre meufs qui ont un surnom masculin en prime )
Bienvenue donc parmi nous, j'ai mis un peu de temps à venir parce que je suis une grosse boulette, navrée
Elle me plaît bien, cette petite G.I.Joe Elle va pas trop plaire à Harry, mais perso j'l'aime bien Hâte que ta fiche soit finie, jeune demoiselle, on va bien s'amuser je sens

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(Don’t you have any remorse ?)
None at all.
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Mer 20 Sep - 20:46


En tant que phobique des aiguilles, je dois dire que l'image m'a mise mal à l'aise
Mais j'te pardonne, parce que t'as un joli minois et que t'as l'air toute intéressante.

Bienvenue à la maison !

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I DON'T PLAY THE ODDS
I PLAY THE MAN
©crack in time
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Mer 20 Sep - 23:27


Merci à vous deux pour votre accueil, vous êtes adorables j'ai hâte également de pouvoir vous rejoindre en jeu héhé (et pardon pour l'aiguille Dai )

D'ailleurs la fiche est fraîchement bouclée, c'est merveilleux (non)

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Remember everything will be alright.
©crack in time
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Jeu 21 Sep - 12:55


Damn que j'aime ce personnage !!   Mais ce suspens dans lequel tu me laisses... Je veux tellement savoir ce qu'il s'est passé pendant qu'elle était sous GG, même si j'ai un peu peur de le découvrir, cette pauvre petite choute   Choute mais badass hein, avec un caractère pareil, je suppose qu'elle va pas se laisser marcher sur les pieds Et j'ai hâte de la voir en RP alors zou, je te valide, have fun

félicitations, tu es validé(e)
bienvenue dans les sombres rues de detroit
Sur vos crocs ou dans vos veines coule le sang bouillant de ceux qui piétinent le bitume de Detroit. Prenez un instant pour respirer, avant d'aller vous perdre dans les obscurs recoins de la ville.

Après la validation, il est important d’aller recenser vos diverses propriétés — votre visage, votre habitation ainsi que votre occupation — dans cette cette section pour ne pas qu’ils vous passent sous le nez. Ensuite, direction cette section pour créer votre fiche de lien, un modèle (facultatif) se trouvant à votre disposition au besoin.

En cas de questions, n’hésitez à rejeter un coup d’œil aux annexes et textes explicatifs mais si vous êtes toujours perdus, rendez-vous ici pour poser vos questions au staff. N'oubliez pas de suivre régulièrement la section intrigue pour vous tenir au courant des sujets en cours et des articles parus.

Bienvenue parmi nous, et bon jeu sur FAB !

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― rock bottom

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(Joe) dusk 'till dawn

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