soutenir le forum

AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  



 

Partagez | .
 

 kiss my gun (ezechiel)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

avatar

Messages : 204 Voir le profil de l'utilisateur


Lun 18 Sep - 16:39


Les talons de ses bottes qui claquent contre le bitume, une mélodie militaire et solitaire, celle des pas pressés, quelqu'un tient pas à s'attarder dans le coin ; c'est la trahison de son corps, il y a des limites à simuler. Quelqu'un avec des rayons X pourrait remarquer ses épaules tendues, toute sa nuque en tension, habituée à être penchée devant un écran, le visage bronzé à la lumière pâle. Il trace,  ne regarde pas en arrière et enfouit ses mains dans ses poches pour se faire discret - même s'il porte un affreux hoodies rouge -, regarde droit devant lui pour se donner de la force, maîtrise son souffle, ça lui donne l'allure d'un athlète. Ironique, il n'a jamais été doué en sport, la marche rapide est le seul art qu'il maîtrise, courir c'est déjà plus compliqué, les résultats du reste seraient faussées pas ses capacités. Il compte mentalement dans sa tête le nombre de pas qu'il fait, la direction dans laquelle il tourne, visualise précisément le plan des lieux du périmètre qu'il a déjà exploré, Mew déteste se perdre. L'organisation plutôt que le désordre, le capharnaüm est réservé à ses draps et à lui même, alors il compense. Analyse, trie, range les informations. Il a aussi fait en sorte de ne pas croiser le chemin de caméras de sécurité, notamment pour les parkings des particuliers ; moins il se fait remarquer, mieux c'est : c'est la seule notion a retenir. La réputation de paranoïaque lui colle à la peau, contre laquelle il ne peut pas grand chose, avouant volontiers qu'il est flippé, bien qu'il préfère d'avantage qu'on dise de lui qu'il est  consciencieux. Autant dans la vie réelle que dans son monde de pixel, la moindre erreur coûte toujours cher, ça c'est une leçon qu'il retient des Lions. Comme un réflexe de survie, c'est dans son instinct, loin d'être une torture il prend ça comme un jeu, un rien ne l'amuse. Mieux vaut rien que pleurer, il a déjà laissé couler trop de larmes pour des futilités, ça n'a jamais ramené personne. Parfois, il lui arrive à cause de ses manies de faire de trop grands détours et prendre des heures à rentrer, ce qui lui laisse largement le temps de réfléchir et profiter de ses pensées ou explorer les rues, se changer les idées, prendre l'air. C'est comme ça qu'il prend soin de lui, qu'il s'oxygène et retrouve le vrai plaisir de se coller devant son clavier. Mais s'il y a bien un quartier vers lequel il ne se dirige pas, c'est celui-là.
Forcément, c'est toujours comme ça.
Les rumeurs trouvent bon entendeur dans les oreilles de Myung, ce qui est commérage a autant de poids qu'une vérité générale à ses yeux, les légendes ne naissent pas de nulle part. Il serait du genre à croire aux dragons et bien vouloir rencontrer une fée. Il y a quelques années il n'aurait pas cru possible que les goules puissent réellement exister, forcé maintenant de constater qu'on est loin de roman pour adolescent en manque de sensation forte. Il cache bien quelques magazines de type scandales de stars sous son lit, un péché mignon qu'il n'assume pas vraiment et qu'il n'a pas envie de partager avec tout le monde. C'est bien sa seule réelle intimité avec son passé et un terrain caillouteux, le sujet à ne pas aborder. De toute façon, il trouverait le moyen de nier. Dire que c'est ceux de la voisine qui veut toujours qu'il vienne manger du gâteau -par politesse il le fait même s'il doit passer au toilette après-. Il s'imagine facilement dans quelques années devant un feu de bois à parler de son quartier, Karma - ou plutôt sa descendance - niché sur ses genoux, remplaçant la grand-mère bien aimée. C'est l'avenir le plus paisible qu'il est capable de s'imaginer et celui le plus improbable. Pas qu'il soit défaitiste, mais  ses crocs sont un aller simple pour l'enfer qu'il ne peut plus retirer, rien à voir avec un costume dont il peut se séparer.
Parfois, Mew repense à ce qu'il  était avant. Avant que les choses ne tournent au vinaigre, avant que sa vie ne deviennent plus vraiment la sienne, qu'elle devienne celle de l'autre. Au fond, il n'y a pas plus de différences, avant ou après, il ne récolte pas un sourire du destin. Depuis, les choses ont tout de et même connu une nette amélioration : il a rencontré des gens bien. Il a même trouvé un papa, une soeur et un chinchilla. Il s'est renseigné sur son espèce. Les osseux. Les ravageurs. A ne pas approcher, pourtant il se jette dans la gueule du loup. Peu rassuré, il insulte mentalement le responsable de son escapade. Ca lui empêche d'avoir le temps d'être inquiet pour la chimère.

A moins de connaître ses vraies intentions, Myung se donne l'air de quelqu'un qui sait dans quelle direction il va aller au prochain virage, ne laisse planer aucun doute dans son attitude déterminé. Il l'est, comme il l'a si rarement été. Il pense à Ézéchiel, qu'il ne connaît depuis qu'une poignées de semaines, un peu plus ou un peu moins, Myung n'est pas doué en maths, en chiffre et pour dater les choses. Une chance qu'il n'ait plus vraiment besoin des dates de péremptions au vue de son alimentation pour le moins hasardeuse.
D'habitude, Mew s'en fiche un peu des autres. Il y a bien des gens qu'il aime, normal. Il n'est pas sans coeur, il a des amis, des connaissances, des visages qui lui rendent les choses plus faciles et il n'est pas totalement handicapé sentimentalement, il n'y a que l'amour qui n'ait pas été débloquée. Reste au stade primitif d'un bon kiff sur un corps mais ne passe pas le cap de l'attachement, il a d'avantage tendance à manquer d'une paire de fesse plutôt que de la personne et détester discuter, partager des choses avec ceux qu'il ramène chez lui. C'est comme ça. En dehors de ça, il sait se montrer expansif et totalement agréable, mais il reste distant avec les autres. Dans son coin. Il vit pour lui avant tout. Mais Ezechiel, c'est comme se regarder dans un miroir. C'est voir l'humain devenu chimère qui ne supporte pas ce qu'il est, perdu, ce qu'il a été. Et Myung, il était heureux d'avoir une épaule à cette époque là, d'avoir trouvé le page turner et d'avoir finalement réussi à donner un peu plus de consistance à sa venue sur terre. C'est comme ça qu'il a eu la très bonne et très mauvaise idée d'aider son camarade, mais ne s'invente pas sauveur qui veut. Et encore moins Myung qui est incapable de se soucier de quiconque. Mais il est là, à la frontière d'une zone de non retour, zone 51 même pour les goules.  Parce qu'il s'inquiète. Ca l'a fait rire aussi quand il s'est levé ce matin à la recherche de quelque chose à faire, incapable de trouver le sommeil après le travail. S'inquiéter. Pourtant c'est exactement ça, comme quand il cherche Karma dans les rues, sauf que Karma il le sait, elle peut se défendre seule. Ez', il en doute. ( Il aime l'idée d'être un super héros). Il a fait le tour de leurs lieux de rendez-vous, impossible de le croiser. Naturellement il a pensé au pire. Naturellement. Il savait, il sentait qu'il serait là. Il fallait bien que ça arrive un jour. Alors Mew enfonce un peu plus sa casquette sur sa tête, écrase, sa chevelure qui dépasse de tous les cotés et déglutit. L'odeur de sa peur peut se sentir à des kilomètres, il sent une goutte de sueur perler en haut de ses tempes. Et même le visage famillier de la chimère n'arrive pas à calmer le rythme que prend son coeur.
« Ah, bah t'es là. J't'ai cherché partout. » Ézéchiel.  De quelques années son aîné. Ils pourraient facilement s'être connus avant. Ils pourraient être les meilleurs amis du monde ou les pires ennemis. L'impression que peu de choses les séparent  et pourtant, il y a bien un gouffre qui se creuse. « Je m'inquiétais pour toi. C'est pas le genre d'endroit pour un type comme toi Ez'. » A coeur ouvert, la petite familiarité du surnom s'échappe de ses lèvres maquillées trop sombres pour être naturelles, même dans l'obscurité ambiante et sous le ciel gris de Detroit, sourcils froncés et l'air faussement sévère. Comme réprimander quelqu'un qui fait le double de sa taille, à la recherche de légitimité. Abandonnée. Manque plus que se dresser sur la pointe de pieds et il en serait à l'implorer. « D'ailleurs, qu'est-ce que tu fous ici ? » Curiosité. Ce n'est définitivement pas le genre de celui qui ne ferait de mal à personne, de ce que Mew sait de lui.
Finalement trop peu de choses, mais il persiste à y croire.
Revenir en haut Aller en bas

avatar

Messages : 58 Voir le profil de l'utilisateur


Jeu 5 Oct - 18:31


Kiss my gun
Ezechiel & Myung

Un novice. Un gosse. Un idiot. Voilà ce que lui répète Lyall, martelant ses tympans de ses mots violents et pourtant pas si éloignés de la réalité. Ça fait bien quelques jours qu’il l’a rencontré, que ce dernier l’a récupéré avant de le ramener chez lui. Parfois il a l’impression que ce con le prend pour un chiot égaré. Un chiot qu’il faut dresser et modeler en bon petit animal de compagnie. Docile. Chose impossible.
Il enfouit un peu plus ses mains dans le sweat tandis que ses narines frémissent. Ça pue la goule. Le Ravageur. Le tueur. Pourtant, c’est une odeur qui ne lui déplaît pas réellement. C’est presque familier et, au moins, ça a le mérite d’être lavé. Pas comme ses vieux vêtements usés.
Son visage enfouit sous la capuche il jette un coup d’œil à Buddy qui trottine non loin de lui. C’est étrange. De ne plus traîner dans les rues. De ne plus être libre. Peut-être est-ce l’impression qu’il donne mais ce n’est absolument pas le cas. Oh, il a bien essayé de s’enfuir. Il est parti pendant que ce connard était nonchalamment allé à son travail et il était retourné dans son quartier abandonné. Il avait essayé de changer d’endroit, d’aller dans des lieux qu’il ne connaissait pas et où personne n’aurait l’idée d’aller le chercher. Ça n’avait pas marché. Il ne peut pas lui échapper et ça a le don de l’agacer.
Il siffle son chien et enfouit ses doigts dans son pelage, agrippant les poils en fermant les yeux. L’air frais lui fait du bien. Il a l’impression d’étouffer là-bas, de perdre pied. Lyall le force à changer, à accepter ce en quoi il s’est transformé. Sauf que lui, il n’aime pas l’autre Ezechiel. Il n’aime pas ce gars qui ne pense qu’à enfoncer ses dents dans la carotide de pauvres gens. Il n’aime pas le monstre au fond de lui. Celui qui ne demande qu’à vivre et se nourrir.
Alors il fuit. Sans cesse. Il sort prendre l’air en solitaire pendant de longues heures et ne revient qu’à la nuit tombée. Juste avant que l’autre ne commence à le chercher. Il tente de retrouver un peu de son ancienne existence de mec paumé et effrayé histoire d’être sûr qu’il est bien le même Ezechiel. Celui qui adore la vie et se refuse à l’arracher à ceux qui n’ont rien demandé. C’est dur d’être un prédateur. Plus encore quand ceux qu’on traque sont ceux qu’on a un jour aimé.

« Eh ! Viens ici Buddy ! » apostrophe-t-il son chien tandis que celui-ci se met à courir en quête d’une odeur qu’il ne peut sentir.
Il le suit dans un dédale de rues qui lui sont inconnues. Il court en zieutant de droite à gauche. A présent qu’il sait pour les osseux il a presque l’impression d’être paranoïaque. Hanté par des êtres auxquels il aurait pu ressembler s’il n’y avait pas eu Lyall pour le forcer à bouffer. Il le hait pour ce qu’il est et pourtant… Il sait qu’au fond, il est celui qu’il lui fallait pour l’aider à survivre dans cette nouvelle vie.
Le chien s’arrête soudainement à un croisement et il manque de lui rentrer dedans avant de reprendre son souffle. Là-bas, devant lui, se dresse une silhouette trop couverte pour qu’il n’arrive à en déterminer l’identité. Il la scanne de haut en bas en tentant de deviner quel pourrait être son niveau de danger.
« Ah, bas t’es là. J’t’ai cherché partout. »
Ses sourcils se froncent pour former une ligne plus perplexe que sévère. Myung ? Que fait-il ici, dans un quartier aussi sordide ? De ce qu’il en sait son « ami » est loin d’être le gars le plus brave du coin. Il ne serait jamais assez fou pour s’aventurer dans ce trou. Tout du moins, c’est ce qu’il imaginait. Ce qui lui semble à présent bien faux. Il faut dire qu’au final, il ignore encore beaucoup de choses au sujet de cette chimère qui a essayé tant bien que mal de l’aider.
« Je m’inquiétais pour toi. Ce n’est pas le genre d’endroit pour un type comme toi Ez’. »
Il le sait. Oh oui ça il le sait. Qui aurait cru que Ez’ le désespéré effrayé viendrait traîner dans un tel quartier ? Il sait qu’il n’est pas à sa place. Ici, c’est pour les gars comme Lyall. Ceux qui n’ont pas peur des osseux et bouffent des êtres humains quand ils ont un petit creux : les Ravageurs. Des monstres fiers de ce qu’ils sont. S’il en croit son nouveau colocataire, c’est en partie dû à leur éducation. Ils ne voient ses anciens congénères que comme une sous-espèce. Un peu à l’image des vaches qui n’attendent que l’abattoir.
« D’ailleurs qu’est-ce que tu fous ici ? »
Il hausse les épaules dans un soupir et engloutit en quelques pas les mètres qui les séparent. Son regard se plonge dans le sien et il y lit une inquiétude sous-jacente qui lui arrache un sourire. Il a beau se sentir désespérément seul, parfois, avec Myung, il y aura toujours quelqu’un pour se soucier de ce qu’il devient.

« Salut Mew. » lui répond-il calmement. « Disons que je fais le tour du quartier. Je viens d’emménager. Enfin un toit sur ma tête… »
Ce n’est qu’un demi-mensonge. Il habite bien ici depuis quelques jours. C’est juste un séjour forcé entre quatre murs où vit déjà une goule toujours affamée.
« Tu es venu jusqu’ici pour moi ? T’es devenu suicidaire ? » plaisante-t-il légèrement.
Il shoote dans un caillou qui vient ricocher une façade à l’aspect lugubre et tout aussi gris que le reste de cette ville. Ses mains s’enfoncent presque par habitude dans les poches du sweat et il se mordille la lèvre en se détendant. Voir un visage aussi amical et familier est tout ce qu’il lui faut en ce moment. Il veut juste avoir l’impression d’avoir le droit d’être encore normal et c’est justement ce qu’il ressent avec Mew à ses côtés.
« Allons ailleurs… » fait-il alors en lui attrapant le coude pour marcher vers ce qui semble être une ruelle un peu plus tranquille.
Il a entendu parler de ce que les Ravageurs aiment faire par ici, de leurs parties de chasse, tous ces massacres. Il sait aussi que, bientôt, son geôlier partira à sa recherche s’il traîne trop. L’idée qu’il découvre l’existence de son unique ami est tout sauf appréciée.
Il s’adosse au mur de béton et y pose l’arrière de son crâne en jouant avec l’une de ses dernières cigarettes. Il n’en a pas racheté depuis les débuts de sa pseudo-captivité. Un petit secret qu’il se plaît à dissimuler pour la simple et bonne raison qu’il se refuse à trop se dévoiler. Moins Lyall en sait, mieux c’est.
Il la coince entre ses lèvres et dévisage son ami avec un petit sourire, demandant les lèvres serrées.
« Tu as du feu ou une allumette ? »
Revenir en haut Aller en bas

avatar

Messages : 204 Voir le profil de l'utilisateur


Sam 7 Oct - 18:47


Le tour du quartier, uh ? C'est loin d'être son genre, de critiquer - après tout chacun fait ce qu'il veut de sa vie - mais si l'idée qu'Ezechiel ait un toit est plutôt rassurante, le quartier lui ne l'est pas. Et la nouvelle ne le réjouit qu'à moitié, ce n'est encore qu'une moitié de sécurité, qu'une situation à moitié régularisée. Si c'est sensé le rassurer, c'est loin d'être le cas. Myung ne peut pas s'empêcher de penser au pire, parce que le pire lui arrive toujours, alors mieux vaut y être préparé quand ça vous tombe dessus. Forcément, il s'imagine tous les problèmes qui pourraient arriver à l'autre chimère, les personnes qu'il pourrait rencontrer. Il se l'imagine transformé en charpie par des osseuses. Lui même n'est pas l'exemple de l'âme la plus charitable du monde ; il ne lui a même pas proposé d'habiter chez lui le temps de se stabiliser. En plus de faire des heures supplémentaires pour un groupe considéré comme terroriste ; et pourtant il se permet de critiquer avec hargne les ravageurs et tous les autres.

Suicidaire il l'est surement un peu, bien qu'il s'agisse surtout d'insouciance. Si les choses doivent mal tourner, il sauvera sa peau avant celle de son ami. Forcément, sauver les deux, c'est mieux, mais s'il se trouve dans une situation d'urgence ce n'est pas dit qu'il fasse l'effort d'évaluer toutes les possibilités. Myung est un solitaire, ce n'est pas parce qu'il a des amis qu'il fera tout pour eux et il n'attend pas d'eux qu'ils soient cléments. En fait, il ne serait pas étonné de mourir d'une main familière, qu'on puisse le trahir : puisqu'on ne peut pas lui faire confiance. Il s'est fait doublé une fois, la deuxième aura au moins l'avantage d'être fatale. Alors il se contente de nier honteusement, nier juste pour Ezechiel. C'est contraire à ses principes et l'image qu'il donne de lui même - on s'en fiche si c'est la vérité. On s'en fiche qu'il ait vraiment décidé de voir les choses par lui même et surmonté sa lâcheté, ou qu'il devienne sentimental comme dit le vieux, il est là et c'est comme ça. Il va pas rebrousser chemin maintenant ; il voudrait mais avoir fait tout ce chemin pour rien l'emmerde. Il veut savoir ce qui arrive à la chimère. «Non, je cherchais ma chatte, tu sais,
tu l'as pas vue dans le coin ?
» Pendant un moment il espère le convaincre, en plongeant son regard enfantin droit dans ses yeux mais il ne tient jamais ce regard là.
Les autres sont toujours tellement déstabilisants et débordants d'émotions, coté Mew s'est toujours senti extrêmement vide. Pourtant, il ressent des choses. De la haine, des regrets, de la tristesse et parfois, ça lui arrive de ressentir de l'amour. Quelque chose de léger un fraternel. «Ça reste entre nous. J'ai juste eu peur qu'il te soit arrivé quelque chose de grave.» L'imaginer blessé, agonisant ou mort c'est une chose l'affronter c'est une autre. Alors oui, tant mieux s'il va bien.

Myung se laisse docilement guider à sa suite, lançant des regards complices au chien de temps à autre -il crève d'envie de le caresser maintenant. Myung aime le chien d'Ezechiel, pas du même amour qu'il aime Karma, forcément, mais les animaux le rassurent. Ils sentent le danger, ils savent des choses, comprennent des concepts qui lui écharperons toute sa vie et il ne peut s'empêcher d'être fasciné par leur intelligence. Au moins, il saura avant eux si quelque chose approche. Mew ne sait pas où on l'emmène il n'a pas eu le temps de repérer le chemin qu'Ez a prit - bien qu'il soit court. Immédiatement, le geek recherche les issues, repère par où il est arrivé et par où il pourra prendre ses jambes à son cou. Il en conclut au bout de quelques secondes passées à tourner en rond que l'endroit est safe.« Si c'est dans recoins pareils que t'accompagne tes petites amies, je comprend pourquoi t'es seul.» Mew n'a jamais été drôle et n'essaye pas de l'être, il se contente de briser un peu le silence et de paraître vif alors qu'il rêve de son plaid, de retrouver la chaleur de ses murs, de quitter cet endroit et pourquoi pas d'emmener Ez' avec lui. C'est ce qu'il aurait du faire : depuis le début. Il coule à nouveau son regard sur l'autre chimère. Une éternité qu'il n'a pas fumé. «Je ne fume plus». Il fronce les sourcils l'air de le juger puis retrouver son expression préoccupée, à moitié embêtée. Il fouille ses poches et retrouve finalement son vieux zippo à l'effigie d'un lion. Il n'a jamais réussi à se détacher du cadeau de la première personne qui lui a tendu la main - même si cette même personne lui a planté un couteau dans le dos par la suite. C'est sans doute le bon moment pour s'en débarrasser, dans ses souvenirs, on donne toujours des objets précieux aux gens qui le sont tout autant. Et Mew considère toujours son briquet comme un porte-bonheur, vu qu'il le garde encore. Mais il est inutile et le nerd n'est plus superstitieux - en fait, il ne serait pas contre la foudre divine. « Tiens, garde-le. » Il balance le briquet, essayant de bien viser. Tu t'es trouvé un travail aussi ? Le coréen préfère mettre les pieds dans le plat.
Il veut tout savoir, tout des derniers potins de sa seconde goule favorite. «Je vais être honnête, l'idée que tu crèches dans un coin pareil me déplaît. Je sais que t'es majeur et vacciné mais... voilà. » Il aurait aimé Mew, qu'on lui tende la main et qu'on l'aide à une époque. Qu'on lui offre autre chose que la rue, l'illégalité et la déchéance assurée. Mais tout ce qu'il a trouvé, c'est la fin. De lui, de son monde. Et la faim qui le dévore encore, l’appétit insatiable de quelque chose qu'il ne trouve pas.
«Tu peux tout me dire Ez. Même d'aller me faire foutre. »

_________________
† I'm scared that I'll miss you Happens every time I don't want this feelin' I can't afford love I try to find a reason to pull us apart It ain't workin' 'cause you're perfect And I know that you're worth it  I can't walk away  
Revenir en haut Aller en bas

avatar

Messages : 58 Voir le profil de l'utilisateur


Mar 24 Oct - 14:26


Kiss my gun
Ezechiel & Myung

En temps normal, il évite les ennuis. Les lieux à la réputation sulfureuse ou dangereuse, c’est loin d’être son trip. A dire vrai, Ezechiel évite autant que possible les quartiers où il y a de la vie. Question de logique. Depuis sa transformation, à son réveil, dans cet hôpital aseptisé, il n’arrive pas à se contrôler. Il a cette faim qui lui dicte ses actions et lui fait lentement perdre la raison. Et, pour manger, il doit tuer.
Il observe son ami et il sait qu’il sait. C’est stupide mais c’est ainsi. De toute façon, même s’il le voulait, il ne pourrait fuir. Pour aller où d’ailleurs ? Retourner à la rue où il finira forcément par causer un nouveau massacre ? Quitter Détroit et se trouver une planque où il ne tardera pas à sombrer dans la folie ? Parce que oui, à présent, il a appris. Il connaît les effets du manque et ce en quoi ça peut le transformer. Un osseux.
Il roule des yeux à son excuse qui n’en est pas réellement une et un sourire flotte sur ses lèvres. Myung est différent de lui. Il ne fait pas réellement confiance au gens, il est méfiant, indépendant. Ezechiel aime profondément l’espèce humaine, lui. Il y croit dur comme fer et, s’il ne s’était pas transformé en un prédateur sanguinaire, il serait encore à s’amuser, bien entouré. Le style de vie qu’il mène n’est pas un choix mais une nécessité. Pour le bien de la société qu’il tient à préserver. N’en déplaise à Lyall qui ne voit les Hommes que comme du bétail.
« Désolé, pas vu… De toute façon Buddy l’aurait fait fuir. » lui répond-il tout de même en jouant le jeu de la chimère.

Il s’apprête à écarter le sujet quand son ami crache finalement le morceau et il ne peut retenir un petit rire qui vient lui secouer les épaules. Il n’a jamais su mentir et, de toute évidence, il semble peu enclin à dissimiler la véritable raison de sa présence ici.
« J’ai cru comprendre oui… » le rassure-t-il légèrement. « Tout va bien, désolé de t’avoir inquiété. »
Il soupire.
« C’est un peu… compliqué pour moi en ce moment. Je ne voulais pas couper le contact mais je n’ai pas eu le choix, tu vois ? »
Compliqué. C’est bien le terme. Parce que Ezechiel déteste tout ce que Lyall représente. Il hait sa vision de l’espèce humaine, sa froide indifférence et son manque de regrets quant aux actes qu’il commet. Il hait cette façon qu’il a de le traiter et de le materner comme un gamin dans le besoin tout autant qu’il hait cette manière qu’il a de lui parler avec dédain. Il hait aussi son calme presque glacial et son manque de réactions qui n’annonce jamais le début de la tempête, de sa colère. Il hait tout ça. Et pourtant… Lyall est tout ce qu’il a. Il est le seul qui lui offre un toit, lui offre de la chair sans l’horreur de la chasse qui va avec. Il l’aide, à sa manière. Ezechiel n’a plus la force de dire non à ce monstre. Alors, il se laisse faire et rentre au logement tous les soirs sans broncher. Il a arrêté d’essayer de s’échapper, de toute façon le Ravageur semble toujours savoir où le trouver.
« Tu me suffis tu sais… » réplique-t-il instantanément à la pique de son ami. « T’es mignon, plutôt androgyne. Un peu plus et je te prendrai presque pour l’une de mes conquêtes. »
Il plaisante en souriant et croise les bras sur son torse dans une pause nonchalante bien à l’opposé de ce qu’il ressent réellement. Il apprécie Myung mais se verrait mal le draguer d’une quelconque façon. C’est un ami, le seul qui lui reste et il n’a aucune envie de gâcher ça. De plus, il n’est pas tellement son type.

Ezechiel saisit alors le briquet qu’il lui tend et allume sa clope avant de l’enfouir dans les poches de son sweat. Ce dernier empeste l’odeur masculine de son colocataire et il s’en serait bien passé si le temps avait été différent. Il recrache une longue bouffée. Peut-être que l’odeur du tabac arrivera à masquer celle de Lyall. Envahissante. Bien trop omniprésente. »
« T’es sûr ? Il a pas l’air si ordinaire. »
Il hausse les épaules et continue de fumer quelques minutes hésitant sur la marche à suivre. Doit-il tout lui dire ? Peut-être que Myung peut l’aider à se débarrasser de la goule. Peut-il prendre le risque ?
« Pas encore, mais j’essaie. J’espère juste me faire accepter quelque part. » ment-il.
La chimère ne se sent pas encore prête à replonger dans la vie active.
« Bref… Crois-moi j’ai pas envie de dire ça… Je l’ai dit bien trop de fois ces derniers jours… » commence-t-il. « Hum. Tu vois le gars qui me laisse son appart ? En réalité je n’ai pas tellement le choix. Je ne comprends pas vraiment pourquoi il tient tant à me garder enfermé là-bas. Il dit que je ne suis pas apte à rester dehors et je suis forcé de rester chez lui jusqu’à ce qu’il m’autorise à partir. Il est assez effrayant quand j’y pense. »
Il lève les yeux au ciel en se rappelant des premiers jours où il n’avait eu de cesse de se débattre. Il le fait toujours d’ailleurs. Il se refuse à céder à cette goule et son terrible mode de vie.
« C’est un idiot. Tu ne l’aimerais pas… » conclue-t-il. « Et toi alors ? Comment ça se passer à ton travail ? »
Revenir en haut Aller en bas

avatar

Messages : 204 Voir le profil de l'utilisateur


Dim 29 Oct - 20:04


Il l'entend dresser le bilan de la situation, parler de sa vie si éloignée de celle du petit geek. Elle pourrait être pire, bien qu'elle soit déjà meilleure qu'avant, il a l'impression qu'il n'a rien à lui envier. De loin, Mew se dit qu'ils ressemblent à de vieux amis qui se retrouvent et font le point sur leurs vies. Et toi, qu'es-tu devenu ? Rien. Lui répondrait poliment qu'il a rencontré des gens et perdu d'autres et que le mouvement continuel de la foule continue de le bousculer. Que parfois une pensée le traverse et qu'il se retrouve tard la nuit dans des rues qu'il a toujours eu peur d'explorer avec cette idée en tête. Ce souvenir qui le hante, quelque chose qu'il a laissé derrière et qu'il aurait du protéger, une inquiétude insidieuse. Mew regrette de ne pas avoir ouvert sa porte à Ezechiel avant. Lui qui prétend être là pour lui, est resté bien passif face à sa détresse. Il se sent honteux d'être le dernier au courant. Honteux d'être l'ami opportuniste qui arrive après la tempête contempler les morceaux et lâcher son petit commentaire. Tout va bien. la terre continue de tourner. Mais si lui même n'y croit pas vraiment.

« Mouais c'est ça. » Qu'il marmonne et il se positionne en face d'Ezechiel le défiant de son regard. Mew est fort à ce petit jeu, il peut faire croire aux autres ce qu'ils veulent. Il a juste à dire ce qu'ils veulent entendre. Il réciproque l'ronie. «Elles sont si nombreuses que ça tes conquêtes uh ? J'imagine qu'elles aiment le coté bad guy.» Mew ne l'aime pas tant que ça, une fois lui a suffit pour comprendre que les romances des films hollywoodiens ne finissent jamais bien. Dans son histoire le mauvais garçon a bien failli détruire sa vie et il n'y a pas d'amour, que de la possessivité. Être sa chose n'était pas l'aimer, alors il l'a laissé. Lui, son coeur battant et son passé en même temps. Alors non. Mew préfère les idiots, les romantiques, mais pas les mauvais gens. «Je suis vite jaloux fait attention. » Un rire sort de ses lèvres et il rit de sa propre bêtise, tout en sachant qu'elle fera sans doute un bide. Il s'amuse de la situation et bat des cils. Ce n'est que des mots lancés à la dérive, pas de ça entre eux. Ez' est davantage un genre de frère, qu'il connaît à peine, dans sa famille recomposée, décomposée.

Mew aurait aimé être capable de lui offrir plus que cette prétendue amitié qu'il peine à entretenir, mais il ne sait pas le faire. Alors il essaye d'être le plus agréable sur le moment pour que l'autre n'ait pas à regretter l'instant présent. Déjà il arrive à lui parler. Il comprend trop Ez parfois, il s’identifie à lui. Il se revoit, cherchant asile, prêt à suivre n'importe qui. Ceux qui lui ont tendu la main étaient trop bien pour lui. Celui que Ez à trouvé ne le mérite sans doute pas. Mew grince des dents. Mais comment critiquer alors que lui n'a rien fait. On fait avec ce qu'on a. Peut-être que le gars tient à Ez. « Il se passe un truc entre vous » Il questionne paisiblement. « Il à l'air de tenir à toi pour essayer de te garder. »
Heureusement, il a assez peu de considération pour la vie privée des autres. Il ne ressent aucune honte à parler franchement avec l'autre chimère. « Je suis doué pour aimer les idiots tu sais. » Et c'est plus vrai qu'il ne veut vraiment l'avouer. Des idiots dans sa vie il y en a plein et il est le premier de la liste ; à ne jamais oublier, sa tête en haut de l'affiche. Il est premier con de son existence, celui qui s'est laissé aimanter par les autres. Mais d'entres tous, c'est sans doute Jaco le pire. Mais Mew n'a pas envie de penser à Jaco maintenant, ce n'est ni l'endroit, ni le contexte. Il se contente d'Ezechiel pour ce soir, même s'il sait qu'ils vont juste se parler sans trop s'écouter - Mew est toujours distrait par quelque chose. Sent toujours le mensonge ou quelque chose de caché dans la voix. Lui même est trop bon menteur pour ne pas connaître les tricks.
« Bof tu sais. Je continue de faire mes trucs de geek, je bosse dans un bar. » Et puis, surtout, il a rencontré quelqu'un. Juste rencontré. Même s'il à déjà l'impression de le connaître un peu trop à force de l'avoir dans les pattes. Mew à l'impression, que tout est en train de l'opposer à son ami. Il prend une route différente et lui aussi. Il regrette de ne pas être capable de le ramener de son coté du miroir. « Pourquoi tu ne t'enfuis pas ? J'ai de la place chez moi... ce type a quand même l'air louche. »
Mew peut comprendre pourquoi il reste. Lui même est resté avec Jack, jusqu'à ce que Jack lui ouvre presque le bide juste pour le garder. « Viens... avec moi ? » Le ton est suppliant, celui du gosse pourri gâté. Qui ne veut pas voir partir la seule personne avec qui c'est plus facile de se confier. Avec qui aurait tellement de chose à partager s'il n'y avait pas cette chose qui ne cesse de les séparer.


_________________
† I'm scared that I'll miss you Happens every time I don't want this feelin' I can't afford love I try to find a reason to pull us apart It ain't workin' 'cause you're perfect And I know that you're worth it  I can't walk away  
Revenir en haut Aller en bas

avatar

Messages : 58 Voir le profil de l'utilisateur


Mer 22 Nov - 20:48


Kiss my gun
Ezechiel & Myung

Il ne lui en veut pas. Ezechiel n’en veut pas à Myung. Comment le pourrait-il ? Accueillir un dégénéré comme lui relève plus du suicide que de l’amitié solide. C’est peut-être pour ça qu’il ne lui a jamais demandé s’il pouvait l’héberger. Il ne voulait pas le brusquer, l’acculer et l’obliger à accepter de peur de le blesser. C’est un langage tacite entre les deux amis. Ils ne parlent pas beaucoup. Ni l’un ni l’autre n’est réellement doué pour ça de toute façon.
Ezechiel l’avait été, doué. Quand il n’était alors qu’un petit barman qui trimait, tard le soir, il avait l’habitude de s’occuper en écoutant et en parlant aux clients. Il avait juste fini par perdre la main, là, au fond de ce building abandonné où il avait commencé à s’isoler du reste de la société.
C’est pour ça qu’il apprécie autant la compagnie de son ami. Si on peut réellement appeler ça un ami, d’ailleurs. La relation entre Myung et lui est complètement différente de celle qu’il a pu avoir avec ses potes de lycée. Ils ne sont pas là pour se marrer ou s’amuser à sécher pour emmerder leur monde, ça non. Ils s’entraident juste. Une amitié quelque peu opportuniste qui pourrait bien les aider à survivre un jour ou l’autre.
Oh, bien sûr, il s’y est attaché. Mew est la seule personne avec qui il peut traîner sans craindre de la dévorer. C’est aussi la seule personne qui est réellement en mesure de le comprendre. Lui aussi est une chimère. Un être coincé entre deux espèces. Mais là où son ami semble l’accepter et s’adapter, Ezechiel reste bloqué dans le passé.

« Plus que tu ne peux l’imaginer… » continue-t-il de mentir, le sourire aux lèvres. « Sûrement plus que les tiennes. »
Il plaisante et ça lui fait du bien. Comme si le poids sur ses épaules s’allégeait au fur et à mesure qu’il parlait. Ça lui rappelle un instant les conquêtes qu’il avait l’habitude de ramener dans son lit après son service. Il y en avait eu des filles, des femmes. Parfois même un homme mais c’était plus rare et il avait généralement trop bu pour se rappeler des détails de la soirée. Ça lui filait juste un mal de reins pour la semaine qui suivait.
« Bad guy ? Nah, juste un gentleman… » ricane-t-il en surjouant un air qui prône l’évidence.
Il ne sait pas vraiment s’il peut être qualifié de bad guy à vrai dire. Ezechiel est gentil, parfois même adorable s’il se rappelait bien des paroles pleines de tendresse de sa mère. Briser des cœurs ne fait pas partie de ses hobbies. Bien entendu, ça lui est déjà arrivé, oui. Mais ce n’était pas voulu et il avait vite éprouvé un léger sentiment de culpabilité.
Il rit avant que son sourire ne se crispe à l’entente de la question fatidique. Ce qu’il y a entre lui et Lyall ? Qu’est-ce qu’il y a, d’ailleurs ? Rien. Rien si ce n’est un mélange d’effroi et de rage. Ezechiel déteste se sentir comme un oiseau en cage. Plus encore quand il est forcé de côtoyer un meurtrier comme si de rien n’était. Lyall est tellement… indifférent. Blasé. Dénué de sentiments. Il tue avec le naturel d’une mère qui prend des steaks au rayon frais. Il ne considère les humains que comme des porcelets en attente de se faire bouffer. Tout ce qu’il hait en fait. Tout ce qu’il rejette et tout ce dont il veut s’éloigner. Pourtant, il est obligé de rester.

« Il n’y a rien. » répond-il de manière plus précipitée, plus abrupte. « Rien du tout même. C’est juste un connard d’extrémiste. Je ne peux même pas envisager de l’apprécier… »
Il insulte à nouveau. Une chose qu’il a pris l’habitude de faire ces derniers jours. Les injures ne cessent jamais de pleuvoir sur la goule mais jamais elles n’entament son calme. Il n’approuve pas, ne l’aime pas. Ne le supporte pas. Tôt ou tard il lui fera comprendre ça et reprendra sa planque avec Buddy dans ce gros building vide.
Il grimace rien que d’imaginer le visage sculptural de Lyall et se contente de sauter sur la perche que Mew lui tend, déviant le sujet.
« Un bar ? Sympa ça… Si j’y arrive un jour j’aimerai bien recommencer à y bosser. Le contact avec les clients me manque. Les pourboires et les cafés gratis aussi. »
Son rire meurt cependant au fond de sa gorge quand Myung évoque la fuite. Qu’est-ce qu’il croit, lui ? Bien entendu qu’Ezechiel a fui. C’est ce qu’il fait de mieux. Au cours des premiers jours, il ne se passait pas une journée sans qu’il ne réussisse à s’échapper. Pourtant la goule finissait inévitablement par le retrouver et le traîner jusqu’au logement qu’ils partagent à présent.
« S’il te trouve avec moi… Il te fera du mal. » lâche-t-il en plissant les yeux, soudainement sérieux.

Ezechiel n’a pas fait grand-chose pour aider Myung, à l’inverse de ce dernier. Le protéger d’un taré assoiffé de sang qui ne lui ramènerait que des emmerdes… ça il peut le faire. C’est d’ailleurs pour ça que, lors de ses fuites, il ne s’est jamais mis en quête d’aide. Altruiste au point d’être stupide. Il ne veut impliquer personne dans ce merdier. Il s’y est fourré, à lui de s’en dépêtrer.
« Je ne peux pas faire ça… » fait-il alors en refusant sa proposition, tentant de camoufler la détresse dans sa voix. « Il est… différent, tu vois ? Il a l’air capable de tout et ce n’est clairement pas dans tes habitudes d’avoir affaire à des gars comme ça. Tu le regretterais, crois-moi. Il n’est pas sympa. Il est froid. Tellement froid qu’on dirait qu’il n’a pas d’âme. »
Il soupire, amer. Non, Myung ne le rencontrera jamais et c’est tout ce qu’il est en mesure de faire pour le protéger. Lyall… C’est un Ravageur. Un tueur. Il n’hésiterait certainement pas plus d’une demi-seconde avant de lui arracher le cœur pour avoir tenté de lui retirer son petit jouet. Parce que c’est tout ce qu’il est. Ezechiel. Un putain de jouet qui finira inévitablement par s’user et se briser.
« Du coup… parlons plutôt de toi. Tu t’es trouvé quelqu’un ? Je suis sûr que oui, mignon comme t’es. »
Il sourit et se retient de lui pincer les joues. Mew est adorable malgré son comportement parfois bizarre. Ezechiel ne le mérite pas.
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé





Revenir en haut Aller en bas
 

kiss my gun (ezechiel)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
OF FLESH AND BONE :: SO THIS IS YOUR WILDERNESS :: midtown-