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 coming in hot (avec Anastase)

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Mer 20 Sep - 18:15


Coming in hot
Anastase & Victoria
“On trouve la trace miraculeuse de la vie même dans un déchet sans aucun intérêt de légume pourri au fond d'une poubelle, c'est quelque chose qui enveloppe fondamentalement les richesses de ce monde...”

Ça fait vingt bonnes minutes que Victoria est au garde à vous, devant les énormes portes métalliques qui séparent les cuisines d'un corridor sinistre. L'entrée des employés. Un long couloir aux allures de tunnel d'égout qui donne sur une ruelle, un bloc plus loin. Pratique et discret. C'est aussi par là qu'on achemine les livraisons. On ne voudrait pas risquer de dévoiler l'envers du décor aux clients, ou de compromettre la clinique avec certaines des sales gueules qui passent.
C'est ce que Victoria attend, d'ailleurs : une sale gueule. Celle d'Anastase Marr. Il est dix-huit heures cinquante-trois. Le service commence dans sept minutes. Et la cargaison spéciale de la famille Montgomery n'est toujours pas livrée ; et subséquemment, toujours pas en cuisine. Le stress dévale les tripes. Ce n'est pas elle qui supervise les arrivages, d'habitude. Mais madame Copperspoon lui a spécialement demandé d'assister à celui-ci. Et quand madame Copperspoon ordonne, elle obtient. C'est une équation très facile à intégrer, pour un mouton comme Vicky. Il y en a une autre, d'équation, d'ailleurs, qu'elle assimile parfaitement : on risque de lui attribuer une part de responsabilité dans l'insatisfaction des Montgomery. Alors elle prie. Elle prie tous les panthéons existants pour qu'Anastase apparaisse enfin dans la lumière de ce couloir, tel un preux chevalier sur son fidèle destrier. Il l'a déjà sauvée une fois, elle ne doute pas qu'il le refera. C'est un professionnel, et même quelqu'un de bien. S'il n'est pas encore là, c'est qu'il a une raison valable.

L’œil inquiet décline à nouveau sur la montre. C'est à ce moment-là qu'un corps glisse jusqu'à ses pieds. Il s'arrête pile à la bordure de ses chaussures blanches, et lui évite donc toute tâche de sang. On ne peut pas en dire autant du couloir, redécoré d'une longue traînée rouge. Dix-huit heures cinquante-neuf. Un sourire chaleureux (mièvre, diront certains) s'incruste aux lèvres alors que le regard caresse la silhouette d'Anastase. Son héros. Un peu amoché et crasseux (un peu en pétard, aussi), oui, d'accord... Mais l'habit ne fait pas le moine.

« Quelle ponctualité. »

Quand on est en retard, chez Delilah Copperspoon, on perd non seulement des zéros sur le chèque, mais également de la crédibilité. Et son seuil de tolérance n'est pas bien haut... En conséquence, il vaut mieux, effectivement, être ponctuel.
Victoria enjambe un bras qui s'est éparpillé, et tend timidement sa main à Anastase Marr. On dirait une groupie qui a enfin l'occasion de rencontrer son idole.

« Je suis ravie de vous revoir, monsieur Marr. Madame Copperspoon m'a demandé de réceptionner votre marchandise. »

Pour l'avoir connu un peu dans la rue, elle sait qu'il n'est pas aussi formel. Seulement, Vicky ne lâche jamais sa politesse. Et encore moins quand elle est en service. La voix, d'ailleurs, est imprégnée d'un profond respect.

« Conformément à ses ordres, le corps sera inspecté par le chef Hendricks avant d'être payé. »  

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Jeu 28 Sep - 11:43


D’un coup d’épaule, Anastase pousse les portes d’entrée du tunnel ; s’il y est enfin, il sait qu’il n’est pas prêt d’en voir la lumière au bout. La soirée commence tout juste, et pas sous les meilleurs hospices. Avant de s’engager sous les néons crépitants, le chasseur prend une pause pour tirer sur sa cigarette ; il baisse les yeux vers la tête qui dodeline au bout d’une nuque grasse, retenue de ses griffes agrippée à un col à moitié déchiré. Une fièvre, brûlante et nauséeuse, lui remonte de l’estomac à la gorge. Putain qu’il voudrait se servir de ce crâne chauve et luisant comme cendrier. Mais Ana est un professionnel. Dents serrées, lèvres pincées, il exhale alors sa dernière taffe dans un feulement et écrase la cigarette encore incandescente dans son poing, fermant les yeux, frémissant, savourant presque la brûlure qui lui picore la paume. Le mégot, accompagné d’un crachat, atterrit finalement dans le caniveau et, redressant son colis d’une secousse, Ana remonte le tunnel au bout duquel se dessine bientôt une silhouette dont l’identification lui fait arquer un sourcil.
Elle ne l’a pas vu, peut-être même pas entendu et, d’ordinaire, le ravageur se serait fait un plaisir de profiter de l’effet de surprise pour lui donner une leçon en réalité. Ce soir, cependant, le cœur n’y est pas. C’est d’un geste las, négligé, qu’Ana se contente de larguer le colis aux pieds de Victoria. Les regards se croisent, et le visage de la jeune femme s’éclaire d’un sourire qui, pour Ana, ne se révèle rien de plus qu’un trait de politesse qu’il ne se donne pas la peine de rendre. De même, face à la paume tendue qu’elle lui offre, il lève légèrement les siennes, dévoilant comme excuse la crasse et le sang séchés qui en veinent les replis. Anastase Marr n’est pas un connard fini ; c’est juste que pour lui, les formalités, c’est comme les sentiments que pourraient avoir les humains : il a autre chose à faire que de s’en préoccuper.
Contrairement à la donzelle. Pouces accrochés à sa ceinture et épaules tarabiscotées par l’ennui, Ana hoche sèchement la tête pour couper court au discours de Victoria.
« J’connais la chanson, princesse. »
L’ironie du terme n’est pas voilée, mais éhontément crachée. Un rictus au coin des lèvres, Anastase creuse l’évidence :
« J’travaille pour missus Copperspon depuis plus longtemps que toi, et j’sais déjà comment ça va s’passer. »
D’un index dédaigneux, il désigne le corps étalé à leurs pieds, commençant par la protubérance ventrale, grasse et poussiéreuse, qui dépasse d’une chemise dont la moitié de la boutonnière est arrachée.
« Moins cinq pour cent pour la crasse et le temps de nettoyage. J’aurais pu l’faire, mais j’aurais été en r’tard. Dix autres pour la fracture ouverte, continue-t-il en pointant le bras tordu, ruisselant de sang autour d’une écharde osseuse. Si ce fat fuck avait pas… »
Le bras a bougé. Anastase, s’interrompant, fronce le nez. C’est alors que les doigts boudinés de l’humain se tendent et se referment, mollement, tels des saucisses sur retour de fraîcheur, sur la cheville de Victoria. 
« Aidez… moi… » supplie le colis d’un souffle faible, sifflant.
Roulant des yeux, le chasseur exhale un soupir exaspéré.
« Mais c’est qu’il est résistant décidément, ce porc ! »
D’un coup de pied dans le menton, Ana fait lâcher prise à sa livraison.
« Pitié ! couine cette dernière en se recroquevillant sur elle-même.
- J’t’ai déjà dit que j’parlais pas l’pourceau. »
L’humain écope d’une nouvelle trace de semelle dans la mâchoire — « et deux pour cent dans ta gueule, deux ! » — mais ça ne lui suffit manifestement pas, car le voilà qui entreprend de ramper, se traînant de son bras valide, vers les portes donnant sur les cuisines. Arquant un sourcil incrédule, Ana s’offusque :
« Allons bon, v’là l’foie gras qui s’fait encore la malle ! »
Car c’est bien la commande qui lui a été passée : un foie gras humain, non cirrhosé et non médicamenté, à livrer vivant pour une première fraîcheur. Ana ne s’en cachera pas : il en a chié pour le dénicher, celui-là.
« Tu sais que c’est pas la première fois qu’il me fait l’coup, en plus ? Ce gros con a essayé d’me sauter d’ssus quand j’ai voulu l’sortir de ma camionnette, mais, ricane-t-il avant de continuer, il a réussi qu’à s’vautrer sur son bras et crac ! »
Le chasseur, après s’être bruyamment raclé la gorge, plante un mollard sur le chemin de sa proie.
« Sale porc, va ! Si j’avais pas dû t’livrer vivant j’te l’aurais fait boire, mon putain de chloroforme ! »
Relevant les yeux vers Victoria, sourcils haussés d’évidence, il écarte alors les bras.
« Ben rend-toi utile, chope-le ! »

_________________


― rock bottom

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