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 bruise of being (jehan)

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Sam 23 Sep - 13:50




my whole being calls for an act of violence
but i still use velvet gloves


Dans le silence pesant, le regard qui s’intensifie.
A regarder l’heure. A compte les minutes. Les secondes. A attendre de voir cette putain de porte s’ouvrir. A se demander ce qu’il fou. Ce qu’il fait. Avec qui. Pourquoi. A toujours se demander ou est-ce qu’il peut être. Comme un besoin viscéral. Qui le prend aux tripes. Qui le ronge et l’érode. Erode sa tranquillité qui n’est qu’apparence surfaite. Qui met à mal cette stabilité précaire qu’il s’oblige à avoir. Car il connait cette vile bestiole venimeuse qui distille un peu plus le doute dans son esprit. Les envies qui flambent. Cette envie de faire mal. De se faire mal. Violemment.
Travers qui le ronge encore, qu’il a du mal à canaliser. Il est la barrique de poudre qui n’attend que l’incandescente pour exposer en une gerbe d’hostilité. Mais posé dans le canapé défoncé, la télé en bruit de fond, y a que le silence qui répond à ses attentes. A ses demandes. Le silence et le ronflement discret de la chienne. Vautrée contre son flanc, sans attendre de caresses de sa part, juste la chaleur rassurante de son corps contre le sien. Immobile. La gueule à l’envers et ce plaisir simple d’être simplement là.
Se vautrant un peu plus dans l’assise rembourrée, la main qui se tend vers la télécommande pour changer de chaine, pour se changer les idées. S’abrutir un peu plus avec des émissions à la con. Se lobotomiser plutôt que de laisser l’esprit partir en vrille. Pourtant, loin d’avoir passer la soirée à attendre, désespéré, énamouré, derrière la porte d’entrée le retour de Jehan, comme Piggy et ses geignements plaintifs, à renifler sous le pas de la porte pour regarder d’un œil torve Mose se murer dans le silence. N’essuyant en général qu'un haussement de sourcil, la chienne sait qu’il ne lui reste plus qu’aller se désespérer dans les bras du canapé. Non. Mose n’a eu de cesse de se pencher sur ses écrits. Bancals et maladroits. Sur sa weed. Trésors caché sur le balcon quand les beaux jours arrives, l’odeur noyé sous les remontés du restaurant Indien. Dans ses comptes et ses manques qui creusent un peu plus l'ardoise. En parlant de weed…
Balançant la télécommande sur le table basse, se penchant en avant, l’attention se porte sur le paquet de clope abandonné et les feuilles à rouler. Gênée par les mouvements de son maître, soupire désapprobateur, préférant foutre le camp, Piggy prend la tangente, indignée. Direction la chambre. Ne lui apportant aucun intérêt, concentré sur les feuilles, broyées, écrasées. Sur cette clope à l’odeur âcre et amère qu’il porte à ses lèvres, le regard qui se pose un instant sur la lueur tremblotante du briquet et cette longue exaltation. Perdu dans la fumée, la sèche qui se meurt un plus à chaque inspirations et la lune qui décline dangereusement.
Calme apparent, dans l’appartement, sous tension, irrespirable, le goule vacille. Pourtant immobile, rien ne trahis ce maelström de sentiments qui s’agite dans son canevas. Tendu, la télé qui s’éteint et le corps qui s’élève, Mose prend la direction de la fenêtre du salon. L’ouvrant en grand, s’accoudant sur la rambarde, l’œil qui se perd dans le contrebas. A regarder les gens passer. Vivre. Exister. Simplement. Sourire et rire d’une facilité déconcertante. Et entendre leur palabre dénué d’intérêt lui fait demander à quelque espèce il peut bien appartenir. Lui qui n’aime ni parler ni se frotter à la civilisation. Qui a du mal à se dérider pour une simple plaisanterie. Qui à du mal à se découvrir. Aller de l’avant. Sans rien détruire. Rien abîmer… et alors que les derniers badauds allongent les foulées pour quitter, entrer, dans le restaurant, le bruit infernal nimbant cette longue soirée, la moto de Marr manque toujours dans ce décor précaire.
Elle devrait être là depuis plus d'une heure. Garée en contre bas et la chaleur rassurante de son mec à ses cotés. A l’écouter parler de sa journée. Menacer sa bestiole à plume de la bouffer prochainement. A respirer le même air vivifier que le sien. A sentir sa présence imprégner son propre corps, froid et hostile. Son goût. Son odeur. Sur le bord de ces lèvres. L’épiderme sous le touché dur de ses caresses pour avoir manqué à cette promesse de rentrer tôt.
Balançant le mégot en contre bas, se redressant, le téléphone portable qui s’illumine et la sonnerie qui retentit dans l’appartement, brise le silence tendu. Libérant une longue inspiration, le corps qui se penche sur la table basse et les sourcils qui se froncent. Ce moment d’incertitude. Ne sachant comment prendre le message. Quoi répondre. Pourquoi. Et cette fébrilité qu’il à déconné.

» Viens me chercher bb.
» T’es où ?
» Westside, côté industriel…


La réponse ne vient pas. Mose n’a pas envie de se perdre dans des textos inutiles. A chercher à savoir ce qu’il peut bien foutre là-bas. Si loin de son lieu de travail.
Glissant le téléphone dans la poche arrière du jean, le bras qui se tend pour prendre sa veille veste élimée en cuire et les clés de la voiture, la goule ne prend même pas la peine d’éteindre les lumières, la télé. De se soucier de l’air frais qui s’engouffre dans l’appartement à travers la fenêtre du salon laissée grande ouverte. L’allure s’allonge dans le couloir alors qu’il claque durement la porte d'entrée et passe devant l’ascenseur éternellement en panne. Serrant les mâchoires, se rabattant sur l’escalier de secours qu’il dévale pour, enfin, bousculer brutalement la porte qui dessert l’extérieur. Juste à coté du restaurant dont la lumière rouge nimbe son visage, renvoyant des accents cruels à son visage.
Agité, l’humeur en berne alors qu’il atteint le vieux taco, la Ford fait la gueule. Là. Abandonnée sur le bas coté, baignant dans son jus, la rouille et la misère. Pourtant, elle continue à avancer. A avaler les kilomètres. A cracher sa fumée noir et son air glacial. Malgré la conduite rude de son propriétaire. Malgré les années.
S’installant au volant, sans prendre la peine d’attendre que le moteur chauffe, Mose s’insère dans la circulation, le regard sombre et la gueule des mauvais jours alors qu’il prend la direction pour sortir de la ville. Sans permis de conduire, ayant apprit par son paternel, les potes, sur des voitures volées, empruntées mais jamais rendues, un peu comme cette bagnole qu’il pousse sur les routes devenants de plus en sombres, Mose regard d’un œil torve ce putain de quartier qui, doucement, mais de plus en plus, laissé à l’abandon, s’exhibe sous sa colère froide.
C’est le long d’un immeuble bancal, fissuré par le temps, aux fenêtres éventrées et bourré d’aspérités qu’apparaît une silence sinueuse. Membres déliés, légèrement vouté. Immobile, à attendre Dieu sait quoi. Là sur le bord de la route. Et les phares qui éclairent pendant une bref seconde un visage défait. Un visage connu, adoré, aimé, détesté.
Putain !
Pillant rageusement, les roues qui glissent sur l’asphalte sans qu’il en comprenne la raison, le Ford s’ébranle sur le bas coté, percutant durement le trottoir.
Fébrile, coupant le moteur, les feux de croisements toujours actionnés, Mose ouvre brutalement la porte pour s’extraire avec rage de l’habitacle. Le pied glisse. L’asphalte, sombre, visqueuse, laisse entrapercevoir des traînés d’huile. Pourtant l’attention se porte sur ce corps qui se découpe dans l’obscurité. Dans la lumière crue de la Ford. La chevelure en désordre, qui part dans tout les sens, lui donne un air de petit garçon paumé alors que son regard céruléen n’a de cesse de chercher le sien. Mais Mose s’en balance pas mal de cette demande d’intérêt. Tout ce qui l’intéresse c’est l’état de ces fringues. Cet air débraillé dans des vêtements qui puent l'hémoglobine. Et cette peau d’albâtre. Cette amas d’erbine qui assèche cette peau agneline.
S’approchant de Jehan comme on s'approche d'un animal blessé, l’angoisse déforme ses lèvres en un rictus amère. Besoin de le sentir. De le toucher. De le sentir vivant, chaud et présent. Entre ses doigts, contre lui, Mose attrape son visage en coupe pour lui faire redresser le visage. Dévorant de sa rétine, ce regard, ce nez… la courbe de sa bouche. Se nourrissant de cette légère mais douce chaleur qui émane de son corps, son pouce caresse lentement la carotide. En des gestes lents et rassurants alors que son épicarpe se couvre de frissons incontrôlables.
Est-ce que ça va ?!
Ton un peu trop brusque, un peu trop bourru, un peu trop rauque de ne pas avoir parlé de la nuit. Mose, il bouscule, pousse, rudement, tout pour s’assurer, du regard, de son touché, que rien ne manque. Que tout est à sa place. Même s’il sait. Oui. Même s’il a conscience que cette inquiétude n’a aucun sens. Que Jehan se redressera. Toujours. Et alors qu’il relève légèrement le visage, l’envie évidente de l’attirer dans une étreinte douloureuse, le regard se pose sur cette ombre difforme reposant contre le mur. Amas de ferraille, l’essence qui agresse les sens et du benzène qui se déverse un peu plus sur la chaussée. Belle ébène éventrée. Gisant, minable, sur le macadam et cette anicroche dans la respiration. Imperceptible.
Peinant à comprendre l'évidence même que révèle cette belle bécane disloquée, Mose se perd dans l'incompréhension avant de revenir sur la silhouette, sur l'état pitoyable de Jehan. Sur les traces de sa dernière mort qui souillent encore son corps. Sur les vêtements avilit. Mâchurés. Sur ce regard trop vide qui n’a de cesse de le regarder.
Bordel. C’est quoi ça ? Un nouveau jeu ?!
Mose ploie, trop vite, sous la mésentente de ce geste. Et du mec angoissé et tendre s’éveille alors cet étrange et familier visiteur. Là, quelque part dans les tréfonds de mon âme, celui qui gronde et qui explose en une gerbe d’atrabile sombre.
Enserrant un peu plus durement son étreinte autour de son cou, le touché qui se fait un peu plus dur et les doigts qui accrochent sa gorge dans le but certain d’étrangler ce charmant minois, de faire mal, Mose s’enferre et s’enterre dans les conclusions hâtives. Dans ce suicide. Encore. Punition qui n’a de cesse de lacérer un peu plus sa patience, ses sentiments. Comprimant contre la trachée sa poigne qui devient de plus en plus menaçante, brutale, le regard sombre alors que l’incompréhension habite ses traits, la goule ne comprend pas. Ne comprends pas pourquoi. Tout semblait bien aller. Ce matin. Quand il la retenu sur le pas de porte. Quand il l’a étreint. Douloureusement. Longuement. De cette fièvre qui ne se tarit jamais. De cette demande de pardon de l’avoir un jour abandonné... et cette question muette : pourquoi ?
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Sam 23 Sep - 16:29


Il est parti. Ils sont partis. L'un dans l'autre, l'un loin de l'autre. Jehan a oublié, déjà, une grande partie de la conversation. Il a oublié les mots, les heures et les émotions, aussi. Il a oublié les souffles en moins, les craquements au coeur, le goût amer dans sa gorge. Il a oublié tout, presque tout, sauf une chose minime qui fait un poids de plomb, sur ses traits. Un lourd tourment qui reste, qui ne disparait pas. Une lourde émotion qui le broie trop souvent pour tout et pour rien, sans ce qu'il ne sache réellement pourquoi. Une simple impression, en fait. Elle ne fait qu'exister. Qu'être présente dans ses veines, dans ses tripes, dans sa tête, mais c'est déjà trop, pour lui. Jehan ferme les yeux, une seconde ; l'ajin essaie de la faire disparaître dans un coin, de l'effacer du revers de la main. Mais elle reste là. Comme un poids opressant à l'intérieur de sa cage thoracique. Comme la Mort qui grandit à l'intérieur de lui et ne laisse pas de place pour que cette impression soit anéantie.
Il inspire une seconde, Jehan, le coeur qui part en vrille, sortant de son mutisme. Il expire trois secondes, Jehan, le corps entier tendu, une grimace sur les lèvres tandis que derrière lui, un collègue lui adresse une salutation, lui dit à demain, lui souhaite une bonne route. L'immortel ne lui lance qu'un regard de travers, oublie son sourire angélique une seconde, avant de pousser la porte et de quitter la boutique. Le froid de la nuit l'accueille aussitôt, se glisse sous ses vêtements mais n'attend pas son coeur, ne glace pas ses émotions.
Lourd est le pas jusqu'à la bécane, lourde est la carcasse, comme les pensées. Les doigts sont nerveux, contre le zippo et la clope. Il rêve d'y foutre le feu pendant un instant, une éternité. Il rêve de tout brûler ; sa mère, son père, ses frères et ses soeurs, la boutique et l'appartement et le chien et l'oiseau, aussi, au travers de tout ça. Il rêve de tout brûler pour que tout cesse d'exister et que le monde cesse de tourner trop vite autour de lui, que le monde cesse de l'attaquer et de lui affliger de ces sentiments dont il ne comprend pas grand chose qui lui donnent une simple et unique envie.
Se plomber la tête à coup de balle de revolver.
S'écraser contre un mur à pleine vitesse.
Sauter d'un toit et percuter le sol violemment.
Quelques secondes de répit loin des flots émotifs avant qu'ils ne l'atteignent de nouveau.
Jehan ne rêve que de cela, encore et encore.
- Fuck, gronde l'immortel, corps noueux, abandonnant clope au sol, enfonçant le zippo dans sa poche. Il n'y arrive pas. Les doigts tremblent trop, les nerfs déglingués.
Enfourchant sa bécane, Jehan éveille la bête. Les doigts enserrent la vitesse, les lèvres se pincent et, fuyant quelque chose, fuyant la vie pour la mort, il quitte l'endroit à vive allure. Le démon reste là, forcément. À quoi bon vouloir le fuir ? Mais le Marr accélère pour atteindre cette vitesse qui réclame si souvent la mort des pilotes, et il circule dans les rues sombres, presque trop paisibles, pour oublier, éviter, fuir.
Il ne remarque pas, Jehan, le chemin qu'il emprunte. Une part de lui cherche le bercail, la maison. Une autre, plus sombre - ou plus claire, qui sait - quémande autre chose. Quelque chose de vorace, à l'intérieur de sa carcasse. Quelque chose qui le dévore depuis longtemps, qui ne se lasse pas du goût de ses organes. Et il avance, l'ajin, dans les rues, dans les ruelles et les quartiers. Il traverse la nuit et ferme les yeux, parfois pendant trop longtemps, pour mieux les ouvrir.
Et il les ferme, une seconde, deux, voire cinq, pour les ouvrir et ne voir que flou. Pour ne voir qu'un brouillard de larmes, qu'un filtre brumeux trahissant cette émotion, oui, celle-là, qui prend ses tripes depuis plus d'une heure, déjà.
La tension des doigts ne quittent pas l'accélération, et il massacre le vent, l'air, à le percuter si fort. Il fuit sans avoir de lieu précis, et, une seconde, un bref instant, choisit la solution qui ne fonctionne pas, pour lui. Mais il la choisit tout de même, même s'il sait, même s'il connait la suite logique. Jehan serre les doigts, les jointures blanches, le coeur rouge, et fonce.
Fonce et percute le mur de brique sans même attendre une seconde, sans même hésiter un instant. Il entend, un instant, le bruit des os qui craquent et brisent avant sa mort. Il entend le son étouffé de la bécane qui meurt et le bruit sec du choc.
Puis, le silence. Le foutu silence, trop parfait, trop doux, apportant avec lui cette paix qui, douce, coule dans le moindre recoin de son corps. Jehan l'effleure à peine du bout des doigts que, déjà, la sensation s'efface, ternie et disparait complètement.
La seconde suivante, il ouvre les yeux, la gueule écrasée contre le sol, le coeur encore lourd, les vêtements tâchés de sang et surtout, la moto qui a rendu l'âme pour de bon, contrairement à lui. La salope. La chienne. La putain de vache de cul, oui. Il lorgne sur elle avec jalousie, les yeux presque fous, avant de lâcher un rire, sec. Puis, les paupières se ferment, lourdes, et il se contente de respirer quelques secondes. Le corps ne tremble plus, au moins. Le coeur tremble mais le corps, lui, a cessé. Jehan ne sait pas, combien de temps il reste prostré de la sorte. Il ne compte ni les secondes, ni les minutes, mais l'éternité lui semble bien courte.
Et dans ses veines, quelque chose hurle plus fort que la souffrance. Un autre besoin. Alors, il cherche la force de se redresser, enfouit ses doigts tâchées par son carmin dans sa poche, cherche son portable et prie pour qu'il soit intact, avant de le trouver. Ouvre l'écran, aperçoit en fond d'écran son univers, son monde, sa raison de vivre - à chaque fois, de vivre, celle qui lui donne envie de revenir, quand il ne veut que partir - et envoie quelque message.
Puis, attend. Longtemps, ou pas. Dans tous les cas, il a le temps de s'asseoir sur le bitume et de lever les yeux pour dévisager les étoiles. Pas qu'elles sont particulièrement intéressantes, surtout ternies par la pollution lumineuse, mais essentiellement car elles sont là. Il se dit, une seconde, qu'elles sont fades et laides. Que certaines d'autres elles sont déjà mortes, et que d'autres brillent trop fort. Il se dit des choses et les oublie aussitôt, n'y porte pas réellement attention, tandis qu'il joue, d'un doigt, avec un trou qui s'est formé dans ses jeans, lors de l'accident.
Avant même qu'il ne s'en rende compte, plusieurs minutes se sont déjà écoulées, et les lumières de la vieille ford l'aveuglent, du coin de l'oeil. Jehan sourit, en la reconnaissant. À peine, faiblement. Première véritable expression depuis de nombreuses heures.
Brûlant, le regard. Brûlantes, les iris qui sont posées sur le faciès de Mose, alors qu'il s'extirpe de la voiture. Jehan cherche son regard, cherche sa vie, dans ses yeux, n'y voit que la rage, l'inquiétude. Il cherche encore, la demande muette entre les lippes, le coeur au bord des lèvres. Il a envie de lui hurler, pour qu'il l'observe, et si les lèvres s’entrouvrent, le hurlement reste pris à la gorge, retenu par quelque chose.
Puis, mains contre son visage. Rugueuses et tout sauf douces ; les mains de Mose qui le capturent. Jehan ferme les yeux, une seconde, et expire, le souffle tremblant. Et lorsque la question retente, claque comme un boulet de canon, l'immortel répond simplement de son murmure certain.
- Ça va, dans le plus grand des mensonges.
Mose le touche, encore et encore. Il exécute cette danse routinière qui n'appartient qu'à lui, qui revient après chaque mort, et certaines fois même lorsqu'il y en a aucune. À chaque geste, à chaque touché, Jehan ressent un peu plus le froid, contre sa peau, et la douleur, sous celle-ci. Il le dévisage, sans bruits. Il le dévisage et se nourrit de lui, pour trouver un peu de vie. Mais le regard reste vide, et Mose le tâte encore, puis voit. Voit et surtout, aboie.
Il le secoue de ses mots et enroule ses doigts autour de son cou. Il sent, d'abord ; les doigts qui prennent place. Il voit, ensuite ; l'inquiétude dans le regard, la panique aussi, et la colère, surtout. Il ressent, au final ; l'élan d'émotions, comme si les doigts, vifs, ne tentaient pas de briser son cou, mais le mur, trop haut, autour de son coeur. Et tandis que le souffle manque, que la vie vacille, Jehan pose ses doigts tremblants, froids, contre ceux de Mose, et l'implore du regard.
- Serre, qu'il susurre, bas, d'une voix cassée, d'un ton vide, dénudé de tout. Déjà, les points noirs se glissent dans sa vision, et les étoiles brillent un peu moins forts. Et quelque chose s'ajoute. Une matière presque étrangère, cristalline.
Une brume larmoyante qui n'aide en rien sa vision déjà imparfaite, et qui rend le monde incertain. Jehan ne cherche pas à comprendre pourquoi il pleure, à cet instant, bien qu'il en connait la raison ; il se contente de la renier. Jehan ferme les yeux, fort, une seconde, pour les faire fuir, disparaître, mais ne ressent que la morve qui lui monte au nez et les larmes qui s'accentuent derrière ses paupières.
Lorsqu'il les ouvre, certaines roulent, comme son nez.
- Serre, qu'il tente d'hurler, cette fois, mais la voix est brisée, enfermée, et les doigts sont trop forts. Jehan couine, alors, et ferme les yeux, encore. De sa gorge n'émane que des sanglots étouffés par la strangulation, accompagné par la morve qui, peu gracieuse, s'échappe de son nez et s'écrase contre ses lèvres, glisse sur son menton, comme les larmes, et tombe contre les poignets de Mose.
Qu'il le tue.
S'il l'aime assez, qu'il le tue, une fois pour toute.
Ou alors, qu'il le calme et le berce.
L'un comme l'autre, impossible.

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i would know him in death
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Lun 25 Sep - 18:17




my whole being calls for an act of violence
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Le temps qui se cristallise et cette incompréhension.
Mose perd pied. Il ne comprend pas. Ne comprend ce visage défait. Cet abandon. Cette résignation. Cette envie de recommencer. Encore. De mourir. Inlassablement. Traitement douloureux qu’il croyait révolu, lui qui ne pensait ne plus vivre cette angoisse dévastatrice. Cette peur maligne et douloureuse qui creusait un peu plus sa versatilité. Traçait un peu plus les sillons amers de l’acceptation. De la colère. Violente. Vibrante. Envers lui. Envers Jehan et cette obscurité qui n’avait de cesse d’habiller ses traits. A en oublier comment respirer. Comment vivre. Comment avancer quand des dessins sombres se dessinaient dans son esprit abimé. Pourtant le temps, les mois, les saisons, les nuits, à l’aimer, l’adorer, le désavouer. De ses morsures. De ses baisers. De ses caresses ont fait que l’envie s’est tarie. Et les nuits se sont faites moins morbides. Les jours plus lumineux et les sourires plus radieux. Alors pourquoi ?
Question sans réponse, cherchant à le faire plier sous sa poigne, ce palpitant qui s’affole sous son toucher dure et insistant et le regard qui se noie dans la marée salée des sanglots déchirants. Et ça fait mal. Putain. Tellement mal qu’on a envie de partager cette douleur. La distiller sur ce corps qui ploie facilement contre le sien. Si chaud. Si tendre. Alors la poigne se ressert. Un peu plus. Le friselis qui s’amplifie de plus en plus. Et ce voile qui se déchire. Cette sensation de franchir un cap. De trancher, avilir leurs sentiments si sincères de part ses actes désespérés. Avec cette volonté de lui faire mal comme il a mal.
Perdu dans cet azure douloureux, l’humidité qui s’installe. Entre ses doigts. Le long de ces paumes et cette prise qui glisse. Inexorablement. Et alors que l’humeur vacille, flambe, explose sous les suppliques répétées, le cœur qui crève sous cette brutale compréhension que Jehan en redemande. En redemande alors que l’odeur nécrophage nimbe encore ses cheveux, sa peau, ses vêtements. Alors qu’il empeste la mort. Violente et brutale.
Meurtrissure glaciale, caresse éphémère et désespérée. De ces doigts qui s’enroulent autour de ses poignets, qui se mêlent à sa poigne et qui appuie, encourageante, suppliante de continuer. Un peu plus fort. S’il te plait.
Ferme  la… Ferme. La.
Murmure brisé. Voix rêche. Le souffle qui manque et les poumons qui se consument sous la brûlure de l’air qu’il cherche. Recherche. Désespérément. Il aimerait le frapper pour cette supplique qu'il lui vomit en demande sincère. Pour le rendre comme ça. Aussi horrible que pouvait l’être son père avec sa mère quand cette dernière, le regard, l’esprit, submergée par les idées, les envies et désirs la rendait fébrile. Quand sa frangine disparaissait des jours, des heures, des minutes, avant de revenir plus vibrante que jamais. Et papa qui attendait. Il attendait toujours. Des coups déliées pour marqué son amour, pour prouver leur appartenance quand tout ce petit monde s’échappait de son contrôle.
Je t’interdit de l’ouvrir alors tu la fermes !  
Le repoussant durement contre le capot de la vieille bagnole, la goule, dans la tourmente, appuie encore une fois. Encore une fois. Avant de libérer sous une impulsion violente la gorge malmenée.
Repoussant le corps de l’aîné Marr contre la carlingue abîmée, loin de lui et de ces envies, le regard qu’il lui lance, hanté, hostile et sombre lui promet encore mille tourments s’il retente quelque chose. Et préférant s’éloigner, prendre la distance, le cœur au bord des lèvres et le cerveau qui semble fonctionner au ralentit alors, qu’essoufflé, il regarde. Regarde et ravage ce visage blême. Portant les marques de son désir de le punir, améthyste, ecchymoses et meurtrissures, la culpabilité l’enterre un peu plus. Se passant une main fébrile sur le visage, la peau moite et froide de cette peur vicieuse qui nourrit un peu plus ses élans violents, Mose fait encore quelques pas. S’éloigne de son désir, de son envie, de sa moitié. De ses pulsions qu’ils le mettent à mal alors qu’il n’aspire qu’à protéger.
Je veux une explication…
Pas d’excuses. Pas de palabres inutiles. Malgré les remords qui, lentement, remontent à la surface. Malgré cette putain d’abjection qui le rend âcre et morose.
Fuyant un moment son regard, préférant se tourner vers le cadavre disloquée de la bécane, vers sa chaleur irradiante, lion en cage, animal blessé, Mose cherche un moyen d’évacuer le trop pleins d’émotions. Cette sensation d’avoir été bafoué. D’avoir été abandonné. Et s’y rien ne s’était passé comme prévu. Jehan n’a-t-il pas encore comprit. Comprit qu’il est l’autre partition solitaire mais inséparable qui le complète. Que la vie sans lui est néantisée ? Que sa présence enflamme la dichotomie de leur amour ? Et dans le silence déchirant qui répond à ses tourments, la goule marche, à la dérive, dans un désert en décomposition avec cette seule pensée qu’un jour, il ne sera plus. Et que elle, elle sera dépariée.
Shootant dans un débris, enfonçant profondément les mains dans les poches de sa veste, le visage se renverse vers l’immensité d’obsidienne. Le jour se pointe sur l’horizon. Les étoiles se sont la malle avec la nuit. S’appliquant à calmer le flot continu de sa colère irradiante, Mose lance un regard torve à Jehan, bouffé par la culpabilité d’avoir fait mal. L’instant s’étire. Une seconde qui en devient deux. Puis une minute. Lourde, dans ce silence pesant. Revenant vers lui, vers Jehan, envoyant se faire foutre la douceur, les excuses à n’en plus finir, son corps percute le sien. Durement.
L’acculant cruellement contre les aspects rugueux de la vieille Ford, son corps qui se colle au sien et les bras qui s’enroulent autour de ses épaules dans une étreinte étouffante. Mose le garde. Un instant. Contre lui. Le regard qui se perd sur le pare-brise sale et le nez qui se glisse un peu plus le long de la mâchoire pour aller trouver refuge contre sa gorge. Se nourrissant de son odeur, créant un trou béant dans le fond de ces tripes, cette exhalaison, réveillant sa part vile et affamé, la goule s’efforce de s’encrer à l’instant présence.
Fermant fortement les paupières, la main agrippe quelques mèches, la poigne s’accrochant à cette chevelure éparse pour lui faire basculer la tête en arrière, le soumettre à son désir de le voir si malléable entre ses mains et exposant ainsi la courbe gracile de sa gorge à ses lèvres affamées.
Chapelet de baisers déposés tendrement, durement. Juste sous l’oreille. Puis contre sa joue. Recueillant ses larmes. Contre ses paupières. Salées aux cils humides. Avant de s’écarter brièvement de ce visage pour mieux voir. Regarder. Voir ce nez rougie, humide et brillant. Boire et se nourrir de ses traits, de cette œillade embuée avant de s’arrêter sur la courbe, l’échancrure de cette dryade mainte fois baisée.
T'entends ? Je veux une explication… tu me dois ça Jehan.
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Ven 29 Sep - 14:54


Pathétique. C'est qu'ils sont pathétiques, l'un comme l'autre, l'un dans l'autre. Ils pourrissent de pleurs et de douleurs, de rages et d'horreurs, et pourtant, au coeur de la tempête qu'ils sont, trouvent quand même un brin de tendresse, un espoir d'amour, une montagne d'affection. Ils se noient l'un dans l'autre, jusqu'à la mort et dans le chemin de retour, aussi, pour mieux se trouver, se tuer, s'aimer, se détester. Et Jehan le déteste, une seconde, car il sait. Jehan le déteste, presque autant qu'il l'aime, l'espace d'une seconde, car il sait que Mose ne le fera pas. Qu'importe ses supplications, qu'importe les larmes et la rage dans les veines de l'autre, Mose ne le tuera pas. Pas cette fois, ni les autres. Les morts occasionnées par l'être aimé sont de moins en moins présentes, presque inexistantes. Mose s'y refuse, et si pendant longtemps, il n'a pu dire non à Jehan, il le fait de plus en plus souvent, maintenant. Et l'immortel hurle, alors. Incapable, brisé, implorant. Il hurle, comme à cet instant précis, pour ne plus ressentir, pendant quelque instant. Car Jehan ne ressent rien, ne veut rien ressentir, et ne comprend pas les émotions qui le prennent aux tripes, tandis que Mose ressent tout, trop, et apprend avec les années à doser. Et ils se percutent, à mi chemin. Ils se fracassent l'un dans l'autre et se perdent un instant, ne savent plus quel part appartient à l'un ou l'autre, et restent collés, liés.
Et Jehan hurle, les mains sur les siennes, des larmes dans les yeux, sur les joues, et un poids au coeur. Il hurle et Mose se tait mais hurle aussi et les doigts tremblent, contre la peau. Il hurle et il tremble et il inspire mais n'y parvient pas réellement, pas tout à fait, dans tous les cas. Jehan ferme les yeux, et se déteste.
déteste ses larmes
déteste ses émotions
déteste son p - Anastase
déteste sa mère
déteste Mose.
Déteste Mose fort, un instant mais l'éternité durant, lorsque les doigts quittent la gorge alors que la Mort est si près, et que son corps, encore tremblant, si faible, s'étale contre le véhicule. L'inspiration reste pris dans sa gorge et s'étouffe en sanglot. Jehan pince les lèvres, pour les retenir, les pleurs. Il les pince fort, au point d'en avoir mal, et ferme les yeux.
Il déteste pleurer.
Il déteste ces élans qui, toujours, incontrôlable, le traverse encore et encore. Comme des vagues qui le percutent de l'intérieur et l'emmènent dans une tempête qu'il n'avait pas vu, quelque instant plus tôt.
C'est fort, beaucoup trop, pour qu'il en prenne le contrôle. Il le sait, Jehan, et pourtant, il essaie à chaque fois. Il fait la guerre à sa carcasse émotive et ne fait que, au final, ressentir les sentiments avec plus de rage, de colère.
Alors il reste là, un moment ; contre le sol, proche de sa bécane, après la seconde secousse venant de Momo. Il observe le bitume, les paumes contre le sol, et fixe. Fixe beaucoup trop, peut-être, les craquements du trottoir, les défauts du gris, au sol. Il pince ses lèvres, Jehan, et si le corps tremble encore, pris de soubresaut, il ne sait pas le moindre bruit. Il est absent, à la quête d'un calme de son propre être.
Lorsqu'il lève les yeux, le corps est encore incontrôlable, mais les larmes sont silencieuses, et sa gorge lui appartient de nouveau. Aux vives émois s'ajoutent un poids ; celui de voir la moitié loin, à plusieurs pas. Jehan fronce des sourcils, le dévisageant d'un air agacé, furieux, avant d'essuyer sa gueule de la manche de son gilet.
Mose parle. Demande, exige.
Mose parle et le coeur suit le ton de sa voix, pour ses battements.
- Forcément, que Jehan répond, un rire cassé dans la gorge, se redressant.
Par habitude, il porte sa main à sa gorge. La douleur est toujours là ; forcément, il n'est pas mort. La douleur est là, et douce et régulière, étouffe un peu celle qui agonise dans ses entrailles. Souffle cillant entre ses lippes, Jehan avale difficilement, dans la souffrance, et lève les yeux au ciel. Les nuages ont étouffés les étoiles, et le jour apparaît. Rictus sur la gueule, l'immortel tourne les yeux vers Mose, pour croiser son regard. Mollement, sa main retombe le long de son corps tandis qu'il lui adresse un air intrigué. La bête ne fait rien ; elle ne fait rien, sauf le dévisager. Et Jehan, dans son calme le plus complet, en fait de même. Peut-être car il cherche un calme, en lui, ou car il est son point d'ancrage, à la vie. Il lorgne sur ses traits et s'abreuvent de ses mimiques, cherchant une raison de respirer encore, ce soir. Et forcément, comme à chaque fois - un peu malgré lui, à certaines occasions - Jehan trouve mille et unes raisons de rester.
La plus importante s'écrase contre sa carcasse et le tient en otage, brusquement. Jehan retient son souffle, sous l'impact, et tandis que l'étreinte lui broie les os, il trouve enfin son souffle, et expire pleinement, sans aucune barrière. Alors, ses propres bras s'agrippent au corps et ses doigts, jusqu'à la douleur, tiennent le tissu de ses vêtements, pour le garder contre lui. Il frisonne lorsque le nez de Mose l'effleure, et tandis que les propres doigts de sa moitié tirent sa crinière, il glisse les siens le long de sa nuque, délicatement, mais le tient fermement contre lui.
Et il geint, brusquement. Car les doigts tirent plus fort et que le cou se tord, une seconde, avant que des caresses ne se déposent contre sa peau. Contre son cou, ses joues, ses pleurs. Jehan ferme les yeux, lorsque les lippes de Mose effleurent les larmes salées. Il nie, les yeux fermés, leur présence, mais Mose baise ses yeux et il sent, ensuite, contre ses traits, le regard de la goule.
L'immortel ouvre les yeux, pour croiser les siens. Une envie de détourner les iris, qu'il retient, reniflant mollement. Mose l'observe, et retourne dans son cou. Jehan ferme les yeux, sous les baisers, mais gronde, face aux mots.
Les doigts quittent la nuque et effleurent la crinière, s'y glissent et y restent. Jehan le serre plus fort, contre lui, peut-être au point de l'étouffer, mais qu'importe,  ils ne sont qu'un, ils partagent tout, le même souffle et la même vie. La même vie. Souvent, il se dit que si Mose vient à mourir, alors peut-être il sera capable de mourir, lui aussi. Car il est la seule raison pour qu'il soit sur cette terre. Il l'a toujours été.
Il renifle encore, mollement, et appuie son menton contre sa tête, une seconde, les yeux fermés, avant de le libérer. Il s'écarte de l'emprise même s'il étouffe loin de lui et essuie son visage, encore.
- Tu sauras, Momo, qu'il souffle, bas, la voix encore douloureuse par l'étranglement, le coeur encore brisé par la mort annoncée. Mais pas maintenant, okay ?
Car c'est trop dur, encore. La plaie est trop à vif.
Les iris, pourtant bleus, sont noires lorsqu'elles se posent sur lui. Jehan dévisage Mose, son Momo, et l'oeil las, coule jusqu'à la carcasse. Il se frotte les yeux avec la manche de son pull comme un gamin, avant de soupirer, l'agacement dans les traits.
- Faudra la ramener, la bécane. Tu crois qu'on peut l'embarquer dans ta ford ? qu'il continue, comme si rien n'était arrivé, étudiant la dépouille d'un oeil attentif, trop sérieux, pour trouver les plaies et les corps morts, pour déterminer combien il devra dépenser pour la réparer et si elle aussi, elle aura droit à un autre souffle de vie. La seconde suivante, il tourne ses pupilles vers Mose, et le bleu y apparait un peu, l'instant d'une seconde.
- Momo, qu'il souffle, bas, trop bas. Quelque chose, dans ses yeux. Un regret, peut-être. Un sourire pale plane sur les lippes, et les mains tâchées attrapent le minois de l'autre, ses traits durs entre ses doigts, caressent ses joues rugueuses, et les lippes, un peu tremblantes encore, s'écrasent sur les siennes dans une chasteté qui ne leur ressemble guère et qui pourtant, leur va si bien. Désolé, qu'il conclue, contre ses lippes, le tremblement un peu plus fort. Il fronce des sourcils, Jehan, pour retenir un afflux de larmes qu'il ne désire pas. Peut-être car il est en colère contre lui-même, une fois de nouveau les pieds sur terre, pour lui avoir fait vivre autant de misères. Il s'en veut toujours, après chaque crise, après chaque mort. Car au fond, il sait ; sans lui, Mose n'est rien. Et sans Mose, il n'est rien.
Rien.
Les larmes restent reflets dans l'iris, ne coulent pas.
Jehan serre ses doigts, contre la machoire de Mose, et pose ses lèvres contre les siennes encore, puis encore, et encore, et une dernière fois, plus fort.
Pour lui prendre sa vie, et son souffle aussi. Pour être une part de lui.
- Je veux rentrer à la maison, s'il te plait, qu'il souffle, sur ses lippes, car sa mère lui a - avait appris la politesse.

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i would know him in death
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bruise of being (jehan)

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