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 NO ONE COULD DIE FOR YOU (JEHAN)

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Lun 12 Déc - 14:37


JEHAN MARR
there is a life and there is a death,
and there are beauty and melancoly between
NOM ET PRÉNOM Jehan Marr ; il ne pourrait dire d'où ça vient, et il se contente d'un sourire tendre lorsqu'on le dévisage, des interrogations dans les yeux. La bizarrerie du nom colle à sa chair et se glisse dans ses artères ; prend son coeur en otage, son âme aussi, et convertit son être. C'est peut-être pour cela qu'il n'est pas normal. ÂGELe coeur palpite depuis vingt-six années. Jehan considère pourtant qu'il vit depuis vingt-quatre ans, car son véritable premier souffle a été, à ses yeux, lorsqu'il a rencontré Mose pour la première fois. C'est dans son étrange amour qu'il respire avec lui, meurt avec lui, et vit avec lui. Il est son univers ; la raison de sa vie et puis, de sa mort aussi.  DATE ET LIEU DE NAISSANCE Le treize d'un vendredi, d'une journée de pluie. Le treize de février avec la pluie et la neige et le mélange crasseux qui coulent dans les rues et dans les égouts aussi. Dans mexicantown, à détroit, on entendait les cris d'un bambin un peu trop maigre.  ORIGINES   Des verres de sang tièdes sur la table basse, des carcasses affaissées devant la tv, les yeux figés sur les téléviseurs et les sports d'attardés. Car Marr rime avec mort, et la mort égale le sang, la chair chaude ; les Marr sont des goules, sans aucun doute. Des goules bien américaines, avec une petite tâche, au milieu du portrait. Un bambin qui a réclamé le lait, et non le sang. Mais qu'est-ce qu'on fait, maman ? On pleure un peu plus fort, mon grand. OCCUPATION C'est d'un tendre sourire sur les lippes que l'étrange, posté derrière le comptoir du café the page turner, sert café et chocolatines. Dissimulé au travers des goules et des ajins, il sourit aux hommes, un peu aux filles, et joue l'innocent, tendre et doux humain.  STATUT CIVIL Possédé, marqué au fer. Son âme, son coeur, sa chair, ses veines, son sang ; rien n'est à lui, car il est la moitié d'un tout. Le coeur s'affole lorsque des mains, ses mains, s'enroulent autour de son cou, lorsque ses dents dévorent sa carcasse, et ses yeux brillent lorsqu'il gronde, une gêne dans la voix, la colère aussi ' tu es à moi, je suis à toi'  ORIENTATION SEXUELLE La chose n'a jamais été abordé, jamais pensé. C'est dans l'obsession que Jehan est resté fasciné, langui de l'autre. SITUATION FAMILIALE   Maman et papa ont caché bébé pendant longtemps, avant de tout lui avouer. Et il a pleuré, et ils ont détournés les yeux. Pendant longtemps ; trop longtemps, car bébé est devenu grand et le coeur s'est brisé, et le pas s'est fait, et il a chuté. Et lorsqu'il est rentré, ce soir là, c'était pour être quelqu'un d'autre. Jehan lorgne sur eux sans grandes émotions, les voit parfois après quelques mois, par courtoisie, mais les ignore le plus souvent. Avec eux, il ne joue pas à ce qu'il n'est pas. MORT ET CAPACITÉS Le coeur s'est arrêté de battre, et cela, bien trop souvent. Jehan a essayé ; il a tout essayé. Si la première fois, il a cherché la mort, les autres, il a cherché tout le reste avec curiosité. Et il est mort, de belles et de laides morts, de banales et de spectaculaires ; il est mort tant de fois, trop de fois, qu'il oublie un peu parfois ; la douleur aigre, la fragile vie.  PARTI Dans l'oeil luit un intérêt pour la violence et le morbide. Jehan dévisage alors, lorsqu'il peut, les ravageurs et les gens, les hurlements et les pleurs. Il dévisage avec une laideur contre ses traits d'ange, le coeur battant un peu plus vite, un sourire difficilement contenu sur les lèvres. Il ne suit personne, n'appuie aucun fou, mais les toise tous du regard et dévisage les jeux sanglants, amusé par tout ce qu'ils sont. TRAITS DE CARACTÈRE menteur - morbide - amorphe - cruel - insensible - innocent - rancunier - possessif - observateur - obsessionnel - manipulateur - charmant - courtois - serviable - brusque - impérieux - discret - fouineur - mauvaise langue - vengeur - enfantin - expressif
CHRONOLOGIE

02/1991: Naissance de Jehan, 'humain' dans une famille de goule. Il passe les premières années de sa vie à croire qu'il est goule, que son envie de sang/de chair viendra plus tard 1995: Commencement de l'école. Jehan apprend la triste réalité, ses amis goules également. Ils commencent à l'insulter, le pousser, l'humilier. Jehan reste pourtant dans leurs pattes. 2005: Tentative de suicide ; Jehan se jette en bas d'un immeuble, tard le soir. Mose assiste à la scène. Quelques secondes plus tard, Jehan revient à la vie. 2005-2008: Expérimentations morbides et multiples sur ses capacités avec l'aide de Mose 2008: Découverte du premier ajin déclaré. Jehan apprend ce qu'il est 2009-2013 Études à Wayne State University dans le programme du CCG. Jehan quitte la demeure familiale, son père le reniant ; il va vivre avec Mose.  Il abandonne quelques mois avant sa graduation fin 2013 Jehan se fait engager chez 'the page turner'Début 2014 Jehan reprend contact avec sa mère. Il la voit une fois par mois, à son travail, dans la nuit lors de la pleine lune.


SOUS LE CARMIN

pseudo: fern/mel âge: 24  code du règlement: dtc avatar : colesprouse crédit: Arrow  Arrow


i.Papa avait 15 ans, maman 17 ans ; un amour digne des films. Un vilain garçon et une gentille petite fille. Deux mangeurs de chairs, deux bêtes des enfers. Un peu de rose, au travers du rouge. Et une tâche blanche, dans le tableau macabre. Jehan. Qui aurait pensé que deux goules allaient donner naissance à un humain ? Certainement pas eux.  ii. Des conserves plein le placard. Des pizzas congelées ainsi que des repas déjà préparés dans le congélateur, à côté des morceaux de chairs humains pour le reste de la famille Marr. Ses parents n'ont jamais voulu apprendre à cuisiner. Cruauté pour certains  - surtout les autres humains - normalité pour Jehan. Il n'a jamais tilté. Ils n'ont jamais été riches, de toute manière. Et puis, il les aimait, les mac'n'cheese déjà tout faits, bien chimique, avec des OGM et compagnie. Il l'aimait, son gras trans et son cholestérols. Mais pas autant que les sucreries qu'ils lui achetaient parfois, lorsqu'il était sage. Et puis, avec le temps, lorsqu'il a eu toutes ses dents et un peu de contrôle sur ses dix doigts, Jehan s'est mis à cuisiner pour lui-même.  iii. Chut, Jehan, ne dis rien. On ne parle pas, non, Jehan, de nourriture avec les autres. Les goules sont timides ; elles mangent en famille, et c'est tout. Ne t'inquiètes pas, Jehan. Tu mangeras de la chair humaine une fois grand. Tu es une goule, Jehan. Comme maman, comme papa, comme Noe. Une vraie goule.  Jehan y a cru. Et puis à cinq ans, il a su. Les autres aussi, et le pauvre humain, si fragile, si frêle et chétif a été un petit peu battu. C'est qu'ils ont ri de lui, les amis, et ils l'ont délaissés. iv. Mais Jehan, lui, a continué à les suivre comme un bon petit chien. Il a souri simplement, et il s'est pris les insultes des enfants goule sans rien dire. Momo était son ami, après tout. Son meilleur ami. Et quand Momo tombait, Jehan sentait son coeur s'affoler, et il allait lui tendre les doigts, et inspecter son genou blessé. Momo hurlait, forcément ; il n'avait pas besoin d'un humain. Il n'était pas fragile. C'était Jehan, le faible. Et il l'insultait. Il l'a insulté longtemps, oui. Les enfants sont méchants, lorsqu'ils ne sont pas bien grand.  v. À 14 ans, Jehan s'est suicidé. Il ne sait pas réellement comment la chose est arrivée. Comment il en est venu à se dire qu'il voulait en terminer.  Mais un jour, il a posé ses pieds sur un toit. Un haut toit, presque assez haut pour que les gens soient très petits, tout en bas. Il a observé une seconde, puis deux. Puis, il a dévisagé les nuages. Pendant une seconde, Jehan s'est dit qu'il devrait laisser un mot à Maman, pour qu'elle sache. Pas à Papa; il n'aurait pas accepté tout ça. Il a soupiré, finalement, sans mettre aucun mot sur la chose, avant de sauter. C'est son crane qui a touché le sol en premier.
Jehan pense avoir entendu le bruit, une seconde. Le craquement. Et quelques secondes plus tard, il a ouvert les yeux. Il a ouvert les yeux, bien vivants, dans les bras d'un Momo pleurnichant. Oh, Momo... vi. Un. Quatre. Soixante-cinq. Cent quarante trois. Le compte est pris en note dans un carnet usé. Jehan ne sait plus le nombre exact, à ce jour. Il est mort trop souvent. Par curiosité ; une petite voix, une envie dans ses tripes, des questions dans sa tête. Jehan s'est tué de toutes les manières possibles. Et Momo l'a aidé. Démembrement. Noyade. Suffocation. Percussion. Accident de voiture. Se vider de son sang. Il a essayé de comprendre, longtemps. Ils ont essayé, souvent. Trois ans de test pour savoir, avant de voir dans les médias ; Ajin. vii. La carcasse est sombre et longue, beaucoup trop longue. Elle est presque trop maigre, également. Jehan plisse un peu des yeux, pour l'observer, la dévisager. Son IBM aborde la stature d'un squelette beaucoup trop grand. Les livres parlent de trois mètres, mais le sien effleure les quatre. Bien droit, sombre, de longues griffes. Et sa tête ; identique à celle d'un squelette ayant perdu sa mâchoire. viii. Quelque chose s'est éteint. Lentement, doucement. Comme une chandelle. Avec tant de douceur que, un instant, lorsque la noirceur prend place, on ose croire qu'elle a toujours été là. Quelque chose s'est éteint, dans le regard de Jehan. Dans son coeur, son âme, peut-être. Il s'est éloigné ; de sa famille, de ses 'amis'. Il s'est éloigné d'autrui, sauf de lui. Sauf de Momo. Quelque chose sonne faux, dans la mécanique de son coeur, et Jehan sait que se sont ses propres doigts qui ont bousillés les engrenages. Qu'importe ; il n'y porte pas attention. Il observe, étudie, et parfois, jouit. Il trouve le bonheur d'une autre manière, et comble ce vide qu'il ressent. Ce vide laissé par la mort de mourir.  ix. Les deux hommes se bouffent l'un l'autre, lentement et surement. Ils se nourrissent des battements de coeur du second, de ses souffles, de ses pleurs, de ses lamentations. Ils s'absorbent sans retenue, se dévorent tout entier pour n'être qu'un. Car Mose et Jehan ne sont qu'un seul être. Qu'une seul entité. Les crocs de Mose s'enfoncent dans la chair de Jehan et ses doigts embrassent amoureusement la chair de son cou. Ses reins épousent sa chair et ses lèvres effleurent les siennes. Les baisers sont empoisonnés, mais aucun venin n'a raison de l'immortel. Ils s'aiment de leur propre manière, dans leur étrangeté certaine, dévoués l'un à l'autre. Ils sont terribles. Ils sont déments. Ils sont amoureux, amants, forts et dépendants.  x. La jambe droite ne semble pas suivre l'autre,
lorsqu'il marche. C'est ce que les gens voient, croient, en tous cas.
Ils savent ; une voiture a percuté Jehan, il y a presque un an. Une voiture a fracassé son genou. Les dents serrées, la rage dans l'âme,
Jehan s'est rendu à l'hôpital et a subi les soins. Puis, le soir venu,
l'immortel a pris une lame entre ses doigts, la plus longue, la plus grosse. Il l'a mis face à lui, face à son coeur, et d'un mouvement brusque, a appuyé le manche contre le mur, enfonçant la pointe contre sa poitrine. Le plâtre est resté pendant le nombre de semaine indiqué, et depuis, Jehan mime devant bon public les séquelles de son accident.



FUNFACT  Il est rare de voir Jehan sans son sac de sport adidas noir et blanc ; à croire que l'étrange passe sa vie à se rendre au gym. Le sac en question renferme plusieurs t-shirts, pantalons de jogging, chaussettes et caleçons pouvant faire croire qu'il est prêt à partir en voyage. En vérité, Jehan les garde avec lui au cas où, sait-on jamais s'il vient à mourir. Mose lui dit souvent qu'il en amène trop, mais il est arrivé plus d'une fois qu'à la fin de la journée, il s'est vu obligé de rentrer avec des chaussettes rougies. FUNFACT  Pour la même raison, Jehan achète souvent un vêtement en plusieurs exemplaires. Certes, il sait comment nettoyer les tâches de sang - quel ajin il serait, sinon ? - mais il arrive parfois que les tâches soient plus que des tâches, et que le tissu rende l'âme. Et il ne souhaite pas perdre une nouvelle fois son t-shirt préféré. FUNFACT  Les ronflements de Momo l'aident à dormir. Il ne le dira jamais. Ne l'avouera pas - préfère faire la grimace et lui dire qu'il fait un vrai vacarme - mais sans le bruit en question, Jehan frôle les nuits blanches, maintenant. Quelque part, son coeur reste affolé, son corps anxieux et rien n'arrive à l'apaiser. FUNFACT  Momo s'est acheté un perroquet il y a deux ans. Jehan regarde parfois les recettes de poulet en ligne, le soir. FUNFACT  Presque dix ans se sont écoulés et pourtant, Jehan se sent encore interpellé lorsqu'on parle de caillou FUNFACT

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Dernière édition par Jehan Marr le Sam 16 Sep - 11:04, édité 31 fois
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Lun 12 Déc - 14:37


between the
deaths

000

Petite pureté perdue au travers des sanglants tourments de l'enfer ; un sanglot d'enfant, plus fort que les autres, mais plus fragile également. Dans la noirceur, l'enfant pleure. Les parents le dévisagent, la panique dans les yeux. Ils sont jeunes ; trop, peut-être. Des courbes d'enfants se trouvent encore sur leur minois, et l'âge n'a pas fait sa place, au coin des yeux. La peau est lisse, presque autant que la sienne. Et les doigts tremblent, un peu, tandis que les coeurs palpitent, alors qu'ils se lancent des regards. Des paroles sont échangées ; un peu brusques, un peu vives, emportées par les sentiments du moment. Ils ne savent pas réellement faire quoi. L'enfant pleure ; ses joues sont presque rouges, comme ses lèvres. Rouges de sang, mais il ne veut pas. Il n'en veut pas, de sang. Il ne fait que pleurer plus fort, le petit Jehan, et demande quelque chose que ses parents ne comprennent pas. Il hurle, hurle et hurle, si bien qu'Ellie a peur, une seconde, que ses poumons, fragiles, se fracassent en milles morceaux. Anastase le tient contre son corps, fort, comme pour le protéger du monde entier. Mais l'enfant pleure encore. Il ne fait que cela.

Dans un univers où boire du sang est la normalité.
Un chiard pleurnichant pour une goutte de lait ne peut qu'éveiller de lourds frissons à l'échine de ses parents.

001


L'iris effleure les feuilles ; elles sont floues, de tout là haut. Les feuilles des arbres, grands piliers du monde. Jehan les a toujours aimé.
Il se dit, une seconde, qu'en sautant assez loin, il pourrait tomber sur un lit de feuilles. Peut-être qu'elles l'attraperaient comme un nuage le ferait.
Un rire le quitte. Il secoue brièvement la tête, ferme les yeux, inspire.
Et saute.
Et saute et meurt.
Et saute et meurt et renaît.
Et saute et meurt et renaît dans ses yeux dans son coeur dans son âme.
Dans son être tout entier à lui, Momo.
Mose.
Moris.

013

- Ah.
Le souffle s'évade de ses lèvres, et le coeur palpite à cent à l'heure.
Ses paupières papillonnent pendant quelques secondes puis, désorienté, Jehan observe autour de lui. C'est la noirceur qui l'accueille. Dans le coin de la pièce, Mose a les jambes ramenées contre son torse, son cellulaire entre ses doigts.
L'immortel ne voit que son visage, illuminé ; il devine qu'il joue à Candy Crush.
- Combien ? qu'il demande après s'être repris deux fois, et avoir tousser trois fois. Sa gorge lui fait mal. Son corps entier souffre.
- Soixante-trois, répond Mose, après un long silence. Sa voix est brusque, elle claque, brise tout. Elle brise les os de Jehan juste à être. Sa tête s'enfonce un peu entre ses épaules et il pince ses lèvres.
- ..Ah. Pardon Momo.
L'autre grommelle quelque chose, ne le regarde toujours pas. Jehan serre un peu plus ses lippes, tente de se lever. Le corps peine à suivre mais qu'importe ; Jehan l'oblige à se redresser pour aller rejoindre son ami. Sous ses pieds nus, des flasques de sang. De son sang. L'endroit en est encombré. Beaucoup trop.
Le hachoir industriel a connu de meilleurs jours.

Un pas.
Flap.
Un autre.
Flap.

L'écho résonne dans l'usine toute entière, accompagné par les exclamations enfantines venant du portable de Mose.
Les genoux de Jehan flanchent ; son corps tombe devant l'autre, nu, encore sanglant. Faible.
Les iris se croisent.
L'oeil de Jehan capte le reflet d'une larme sèche, sur la joue de Mose.
Il pince ses lippes encore plus fort, avant de tenter un sourire angélique.
- Enfoiré; le mot est étouffé par une embrassade violente.

022


Tombent les gouttes de carmin contre le froid bitume. Entre les doigts de la brute, un bras lacéré pend.
La gorge est nouée, le coeur serré, mais il avance. Aucun regard n'est lancé derrière lui ; il ne veut pas, n'a pas la force, malgré ses dires.
Le bruit de la lame contre la gorge lui fait cesser son pas ; Mose ferme les yeux une seconde, conserve son souffle dans ses poumons.
Dans sa tête, il compte les secondes par habitude.
Si aucun respire ne quitte les lèvres de Jehan, alors il gardera le sien pour mourir aussi. Le bras est toujours entre ses doigts. Ses yeux luisent d'abysse et de sang ; il a faim, trop faim, mais le coeur est plus grand encore. Un halètement résonne, suivi d'un rire.
- Il a repoussé, Momo , que dit la voix enjouée de Jehan.
Mose se tourne, le toise. Dans ses yeux, l'inquiétude danse avec la colère. Jehan se calme, sourit doucement, lentement, tendre.
- Mange le, Momo. Tu meurs de faim
L'ajin contient mal son rictus, fier de son jeu de mots.

073


La violence des mots quitte ses lèvres brusquement ; Jehan serre les dents, porte sa main droite à son épaule, le dos appuyé contre un mur, sa carcasse dissimulée. La douleur est vive, mortelle ; le sang coule lentement, sur ses vêtements. La balle est encore là.
À quelques mètres de lui, l'immortel entend la voix d'instructeur ; il leur répète pour la énième fois comment tirer, comment positionner l'arme, ainsi que les mesures de sécurité.
Jehan appuie un peu plus contre la plaie, serre les doigts, inspire lentement. La douleur est là ; faible, familière, mais présente tout de même.
Qui a osé foutre une arme entre les mains de Sanchez alors qu'il est incapable de tenir son stylo plus de deux secondes ? Ils savent tous que cet idiot n'intégra jamais le CCG ; la seule raison pour laquelle il est dans le programme réside en son nom de famille, et dans le compte en banque de son père.

Les yeux fermés, il entend l'enseignant l'appeler, se demander où il se trouve.
Jehan ricane faiblement.
De ses doigts tremblants, il ajuste le silencieux contre son arme, inspire lentement, le pose contre sa tempe, et appuie.

Lorsqu'il pénètre de nouveau dans la salle de cours, il porte un pull noir, qu'importe si l'air est lourde dehors, et qu'ils sont en pleine été.

162


Autour de son cou, les doigts caressent délicatement sa chair ; quelques secondes plus tôt à peine, ils faisaient tout le contraire.
Jehan inspire lentement, le corps noué, le bassin brûlant, les lèvres gonflées.
Entre ses jambes, Mose l'observe d'un oeil stoïque, les cheveux ébouriffés, des couleurs sur la peau, les fantômes de ses baisers puissants contre la peau de son torse, de son cou, de ses cuisses.
L'une des mains de Jehan glisse contre son propre corps ; effleure sa peau brûlante, se mêle aux gouttes de sperme sur son ventre, avant d'aller plus bas, encore plus bas, et d'atteindre là où ils ne font qu'un.
Mose gronde et ça résonne en entier, partout, tout partout, à l'intérieur de son être. Comme si un monstre avait fait sa tanière dans ses entrailles.
Son monstre.
Son merveilleux, sanglant, aimant monstre.
Son monstrueux amant.
Ou alors est-ce lui le monstre des deux ? Il ne sait réellement.
La paume embrasse la chevelure folle ; les jointures serrent les mèches, et le bras fait puissance pour ramener le faciès de Mose à sa hauteur.
Ses lèvres percutent les siennes avec la puissance d'une bombe atomique, et ils se détruisent l'un l'autre, avant de se reconstruire.
Ils se fracassent et s'embrassent, se brisent et s'aiment.
Et d'un coup de rein, ils deviennent tout, et puis rien.
Il devient sien.
Ils deviennent tout sauf des saints.



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Mer 23 Aoû - 21:49


Pebble

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― rock bottom

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Mer 23 Aoû - 22:12


daddy

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Jeu 24 Aoû - 20:10


Le pauvre petit chaton
Viens dans mes bras, viens petit… 

(y va pas, elle va te charcuter pour voir ce que ça fait)

_________________
(Don’t you have any remorse ?)
None at all.
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Lun 11 Sep - 19:17



_________________

ALL THESE YEARS I'VE BEEN SEARCHING, FOR WHO I'M SUPPOSED TO BE. ALL THAT TIME I'VE BEEN WASTING, 'CAUSE I WAS RIGHT IN FRONT OF ME. OH, IT'S A CROOKED OLD TRADITION, BY A MASTERFUL MAGICIAN. BUT IN ALL THIS TROUBLE I'VE MET, I HAVEN'T GOT ONE SINGLE REGRET, NO - Yesterday , Imagine Dragons

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