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 pray for peace | milo

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Lun 2 Oct - 19:08



but god loves war
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Musique assourdissante et néons aveuglants : tout était fait pour déboussoler les cinq sens. Joe plissa les yeux sous la lumière furtivement braquée en plein visage avant d’être portée par la foule sans vraiment lutter.

Elle n’avait pas vraiment l’habitude des boîtes de nuit – et encore moins seule. Ca lui arrivait de sortir, bien sûr, elle ne passait pas les trois quarts de sa vie noyée à crouler sous les révisions et à fuir toute vie sociale. La plupart des jeunes aimait l’ambiance des clubs et dans sa promotion, les soirées organisées étaient légion, autant par but de se purger de tout le stress éprouvé en engloutissant des litres de vodka que par envie de se dédouaner de toutes les responsabilités du lendemain. Cette nuit n’était cependant pas un ôde aux bizutages de médecine, pas plus qu’un chemin détourné pour trouver quelqu’un qui rendrait le lit moins vide. Adossée dans son coin depuis bientôt presque trois quarts d’heure, elle sirotait son virgin mojito dans un silence qu’aucun ne remarquait grâce au beat déchirant que crachaient les basses, les yeux braqués sur la foule qui défilait au comptoir cerné de néons couleur ensanglanté du Crimson.

Ce n’était pas ici précisément que c’était arrivé. Jolene se le répétait, se rassurant comme elle se pouvait maintenant qu’elle était dans la gueule du loup, mais n’envisageait pas de remettre de sitôt les pieds dans le véritable bar où elle avait traîné avant que sa mémoire ne l’abandonne temporairement. Les souvenirs, encore à vif, avaient soif de temps pour cicatriser. Se trouver déjà ici, plantée au beau milieu des tables qui croulaient sous les bouteilles de spiritueux hors de prix, représentait déjà pour elle un exploit dont elle s’était sentie capable, poussée par la force des choses. Par l’envie de comprendre ce qui s’était passé. Pourquoi. Qui. Comment. Les questions se multipliaient, bousculées les unes par les autres et, partagée entre la fascination angoissante de ce qu’une supposée substance aurait pu lui faire faire et le désir progressif de justice, Joe avait mené ses recherches. L’une de ses premières pistes pour savoir quels endroits recelaient potentiellement illégalement le Ghoul gist l’avait conduite dans le quartier de Midtown.

Son attention toute entière s’était focalisée sur les allées et venues au bar. Les comportements au départ classiques de tout buveur lui avaient paru totalement anodins, jusqu’à noter cette fille aux cheveux flamboyants accompagnée d’un type qui avaient semble t-il conversé deux bonnes longues minutes avec le barman, un barbu d’une trentaine d’années plutôt carré au look passe-partout, avant de repartir sans aucune consommation mais l’air entendu. Le même manège s’était reproduit un quart d’heure plus tard et cette fois-là, la blonde aurait juré qu’elle les avait vu se passer quelque chose de la main à la main. Imagination fertile qui ne voulait voir que ce qu’elle voulait bien voir ou véritable indice pris sur le fait, Joe demeurait sur la touche. Difficile de ne pas avouer qu’elle était particulièrement nerveuse ; plusieurs fois elle avait failli rebrousser chemin en venant jusqu’ici. Depuis décembre, c’était sa première véritable sortie nocturne en solitaire. Et si quelqu’un l’avait su … De toute façon, personne n’était au courant, donc personne ne s’inquiéterait. Qui pouvait craindre qu’il arrivât quoi que ce soit à Joe Pearson ? C’était une forte tête, impossible qu’elle se fasse marcher dessus par qui que ce soit, à moins de l’avoir un peu trop cherché.

Elle ne pouvait pas se planter. Au pire, elle tentait sa chance et échouait ; au mieux, elle trouvait un filon qu’elle pourrait creuser par la suite. Le courage lui intima de se stimuler avec un verre corsé. L’idée était séduisante mais clairement dangereuse pour l’objectif de sa sortie ; elle n’allait pas réussir à en savoir plus sur les dealers de drogues alternatives qui sévissaient dans Détroit avec un coup dans le nez. Y parvenir sobre serait un miracle, mais au moins elle garderait l’esprit clair, ce qui était un minimum vital pour éviter les sérieux ennuis.Dans sa poche, la main gauche serra fort le petit bout de papier d’emballage métallique de chewing-gum roulé en boule comme pour décharger la bouffée de nervosité qui la gagna. Ne pas se dégonfler. Ce n’était absolument pas le moment.

Ses jambes s’étaient activées pour la diriger dans un automatisme forcé jusqu’aux clients qui se pressaient pour brailler leur commande à travers l’enfer musical. L’attente parut étonnamment réduite, sûrement un effet du à l’appréhension qui tordait l’estomac de Joe tandis que sa main posait le verre vide sur le comptoir aussi lisse qu’uniformément noir. « Hey. »

Le barbu la regarda, dans l’expectative qu’elle ne prendrait pas une heure à choisir. « Je voudrais une vodka-pomme. » Efficace, le verre aux saveurs sucrés et éthyliques lui était déjà servi dans la minute, l’employé prêt à s’occuper d’un autre et à l’oublier. « Merci. » Elle s’apprêtait à lâcher le billet qu’elle tenait mais ce fut lorsque le barman tendit sa main pour s’en emparer qu’elle maintint la pression sur le liquide. Le type lui jeta un coup d’œil, à la fois surpris et soupçonneux. Et maintenant ? Parler, pour éviter d’avoir l’air encore plus bizarre. « Y paraît que vous vendez d’autres trucs. C’est vrai ? »
Là, elle venait de faire mouche … Elle le sentait à son air bien plus mystérieux et assombri alors qu’il lui répondait sur le même ton. « Ouais, bien sûr. On vend pas que de l’alcool … » La vache, si c’était aussi facile que ça, Joe voulait bien payer une tournée de whisky à l’entièreté du club. « On vend aussi des sodas. » Le ricanement qu’il eut n’affecta pas l’entêtement de la blonde, persuadée qu’être insistante ne suffirait pas. Il se moquait d’elle, soit pour la tester, soit parce qu’il n’y avait rien à voir, circulez. « Trop drôle ! » fit-elle mine de s’esclaffer un peu bêtement. Mal joué mais au moins, le début de tension dans leur échange s’était avorté.

« Nan, mais sérieux, c’est une copine ce soir qui m’a dit que … Bah, vous avez des trucs un peu plus forts pour un peu … s’amuser, quoi. » Elle haussa les épaules, l’air de rien, avant de finalement rajouter quelques billets supplémentaires qu’elle sortit de sa poche – non sans regretter un tel gaspillage. « Parce que vous savez, je suis prête à payer. » Les yeux de l’employé firent plusieurs fois le trajet entre les espèces glissées au creux de sa paume et Joe, pas prête à céder. « Ah ouais ? » En guise de réponse, elle approuva d’un vif hochement de tête, ses yeux céruléens plantés dans ceux du barman qui la scruta pendant un long moment avant de finalement découvrir ses canines dans un sourire on ne peut plus traître. Joe n’était pas sûre que ce signe-là fut bon mais la minute suivante, le serveur lui montrait d’un coup de tête un des sbires du club, sorti des ombres non loin d’eux à une distance respectable et néanmoins assez proche pour savoir que c’était à lui qu’elle allait avoir affaire.

« Vas-y, suis mon collègue. C’est lui qui s’y connaît. » La ruse aurait-elle marché ? Joe se retint de lâcher un « Sérieux ? » particulièrement expressif et atterré, et troqua la mine ahurie qu’elle aurait pu avoir contre un air pleinement confiant. Elle suivit son nouvel interlocuteur comme une ombre non sans remarquer qu’il n’avait visiblement pas pour habitude de s’excuser quand il bousculait des clients au passage. Impossible de décréter si tout ça était logique ou tout simplement réel, elle n’avait en réalité jamais fait ça de sa vie, bien trop sage qu’elle était. Elle se contenta de jeter un coup d’œil bref autour d’eux alors que le supposé vigile s’éloignait de plus en plus du monde et du brouhaha pour rejoindre une des portes de secours qui donnait sur l’extérieur froid de ce qui était a priori l’arrière-cour du Crimson.

Si l’étudiante s’était préparée à en savoir très vite bien plus sur ce qui circulait sous le manteau des propriétaires du night-club, elle allait pourtant rapidement redescendre sur Terre : le bras puissant qui la plaqua contre le mur de briques humide eut l’effet d’une douche glacée. « Alors ? Pour qui tu bosses ? »
Là, elle était mal. Extrêmement mal, parce que primo, elle ne comprenait pas du tout la question qu’on venait de lui poser et secundo, cette ruelle paraissait aussi déserte que le Sahara. « ..Quoi ? » Mauvaise nouvelle supplémentaire : ce n’était sûrement pas dans l’ourlet de son jean qu’elle trouverait son flingue … Sagement posé dans le tiroir de sa table de chevet, fermé à clef, chez elle. L’interne commençait très sérieusement à mettre en doute sa capacité à agir de manière raisonnée et rationnelle – à quoi bon investir dans une arme si c’était pour l’oublier quand elle en avait pile besoin ?!
« Me fais pas répéter, p’tite conne. Tu crois sincèrement qu’on vend notre came comme des bonbons ? » L'étau se resserra un peu plus sur elle, l'empêchant de bouger. Et merde, merde, triple merde, forcément elle était grillée, et la suite le lui confirma. « La prochaine fois qu’tu veux coincer un dealer, lui d’mande pas directement ce qu’il fait. » Grillée comme une débutante. Est-ce qu’ils tabassaient vraiment les nanas ou est-ce qu’ils faisaient autre chose ? Peut-être qu’elle avait une chance de crier jusqu’à ce qu’on l’entende, ou peut-être qu’elle pouvait encore jouer les innocentes et tout se passerait bien. Ben voyons. « Je … vois pas de quoi vous parlez, j- » Le bruit d’une porte qui claque les interrompt. Putain, si ça se trouve, il va avoir un copain pour l’aider à la tenir pendant qu’il la fait taire un peu.
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Mar 3 Oct - 17:29


le preux chevalier
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Les boîtes de nuit. Le seul endroit sur terre où les gens acceptent de se retrouver enfermés dans une pièce  aussi sale que bruyante, le tout comprimés les uns aux autres, simplement sous prétexte qu’on a une seule vie et qu’il faut en profiter. Milo ne voyait pas réellement quel plaisir on pouvait éprouver à entendre les adolescentes crier à chaque nouveau morceau parce que c’est “leur chanson”, à subir la lourdeur des mecs qui n’ont rien touché à part de l’alcool depuis trop longtemps et surtout à supporter cette terrible odeure permanente de transpiration. Bien sûr, lui aussi avait déjà participé à ce genre de soirée, mais comme toutes personnes prenant un peu d’âge, il ne pouvait s’empêcher de se dire que c’était mieux avant, prétendant que la population avait changé et que les gens ne cherchaient plus la même chose qu’avant en venant dans ce genre de lieux  -alors que c’était simplement lui qui avait fini par se lasser de l’ambiance des clubs, comme la majorité s’approchant de la trentaine. De toute manière, il n’avait ni le look, ni le caractère pour s’amuser un minimum dans ce genre de club, préférant largement le calme et le jazz à tout ça.

Néanmoins, cela faisait déjà deux bonnes heures qu’il restait tranquillement assis sur le côté du comptoir, sans boire une seule gorgée son verre qui ne lui donnait clairement pas envie -fut un temps, il aurait sûrement enchainé les whiskey, mais cette époque était définitivement révolue. Discret, il observait la  foule à la recherche de mouvement remarquable, recalant de temps à autres des filles un peu trop éméchées bien tentée par l’idée de ramener quelqu’un chez elle. Bien qu’il avait l’habitude des coups d’un soir depuis sa rupture avec sa chasseuse, il n’était pas vraiment friand des déchets causés par l’alcool. De plus, elles le déconcentraient dans sa mission, ce qui faisait d’elles de réels nuisibles aux yeux de Milo. Bien qu’il n’était pas réellement en chasse, il ne souhaitait en aucun être dérangé, de peur de louper quelque chose d’essentiel. Cela faisait un petit moment qu’il avait appris qu’un réseau de drogue d’un genre nouveau voyait le jour et pour le démanteler il était important de comprendre comment ce dernier fonctionnait. La ghoul gist représentait une menace pour les citoyens et comme personne ne semblait réellement sur le coup, Pluton avait décidé de s’y intéresser en plus de son activité de chasseur.

En réalité, cela faisait déjà quelques mois que le jeune chasseur s’était penché sur la question, après avoir coincé et envoyé aux autorité quelques dealers de rue, il avait rapidement compris que le problème était déjà plus grand qu’on pouvait le penser. Attraper quelques dealers ne servaient à rien, il fallait éradiquer le problème à la source et pour cela, il était primordial dans comprendre chaque rouage. Sa petite enquête de terrain l’avait rapidement amenée dans l’une des boîtes les plus prisées de Détroit qui offrait un véritable potentiel en matière de commerce. Son observation l’avait conduit à repérer quelques individus au comportement suspect, mais qui pas assez coupable pour les arrêter. Seulement, rien ne semblait vouloir se passer et Milo envisager sérieusement de rentrer chez lui pour rejoindre son très cher lit.

Puis, alors qu’il n’attendait plus rien, quelque chose attira subitement sa curiosité. Une longue chevelure blonde, le teint clair et des yeux incroyablement bleus, voilà que la dénommée Joe se présentait au bar du club. Ce n’était pas réellement le fait qu’elle commande un verre qui attisait la curiosité du chasseur, mais plutôt les messes basses qu’elle adressait au serveur. Un comportement assez suspect pour une jeune femme qui n’avait absolument pas le profil d’une habituée. Persuadé d’avoir capté quelque chose d’important, le jeune Pluton décida de s’approcher pour essayer de capturer quelques morceaux de la conversation. Innocemment et discrètement, il abandonna son tabouret de bar et s’engagea à travers la foule en direction des deux individus. Alors qu’il se tenait désormais plus proche d’eux que de son point de départ, un mec complétement bourré jugea bon de s'écrouler juste devant lui. Après quelques secondes d’hésitation, partager entre l’idée de lui marcher dessus ou pas, Milo se pencha pour l’aider rapidement à se relever, sans prêter attention à ce que ce dernier pouvait bien dire.

Malheureusement, dans le feu de l’action, il avait perdu la trace de Joe, qui semblait s’être tout simplement évaporée. Cherchant tout autour de lui la jeune femme, il remarqua rapidement une porte de secours mal fermée. Sans trop se précipiter, pour ne pas attirer l’attention, il se dirigea vers la sortie, attrapant au passage une bouteille de vodka qu’un groupe d’asiatique avaient commandé. Jetant un regard dans son dos, vérifiant que personne ne le suivait, il poussa la porte de secours et se retrouva rapidement dans une arrière cour peu sympathique. Contre le mur, se tenait la blonde, visiblement en mauvaise posture face à un des hommes qu’il avait observé toute la soirée. Les deux individus ne semblaient pas l’avoir remarqué, si bien qu’il capta une partie de la conversation. L’homme avouait de but en blanc ses méfaits, tandis que la blonde semblait passer un sale quart d’heure. Comprenant que l’urgence de la situation, Milo s’avança rapidement, croisant le regard apeuré de la jeune femme dont la présence relevait d’un véritable mystère.

Dans un bruit sec, la porte de secours se referma derrière lui, l’obligeant à agir rapidement.  « Ou alors, attendre que quelqu’un pose la question à ta place. » Un rapide sourire avant d’éclater la bouteille de vodka sur la tête de l’homme, avant de l’attraper et de lui cogner la tête contre le mur. Le coup fut assez violent pour le sonner, si bien qu’il s’écroula de tout son corps sur le sol humide. Maintenant qu’il avait éliminé ce léger problème, il fallait mieux quitter les lieux avant d’en avoir de nouveaux. Cependant, Milo n’avait pas la moindre envie de laisser le seul témoin de la scène, si bien qu’il se mit à le traîner en direction de la ruelle étroite et mal éclairée qui donnait sur l’arrière cour.  « Tu comptes m’aider ou rester les bras croiser ? » Rester dans les parages n’était clairement pas une bonne idée. « Ma voiture se trouve deux rues plus loin, avec un peu de chance on croisera personne. » Prévoyant, Milo avait l’habitude de se garer dans des rues plus calmes, mais cela ne voulait pas pour autant dire qu’elles étaient désertes, autrement dit, pour ne pas se faire remarquer, il leur faudra se montrer à la fois prudents, furtifs et malins.


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Jeu 5 Oct - 18:25



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« Ou alors, attendre que quelqu’un pose la question à ta place. » Simultanément, la tête de Joe et celle du videur pivotèrent vers l’illustre inconnu qui venait de se faire entendre dans la nuit.

Il fallut qu’elle plisse des yeux pour reconnaître celui qui avait pris la parole et coupé court à la situation en passe d’être catastrophique dans laquelle elle s’était mise. Le grain de voix qu’elle avait trouvé familier s’expliqua aussitôt, mais l’étudiante eut tout juste le temps d’apercevoir le visage du jeune homme dans un rai de lumière que le squelette de verre d’une bouteille se fracassa sur le crâne du type qui la gardait jusque là collée au mur. Une vague de liquide – de l’alcool fort, à l’odeur et à la sensation poisseuse – lui fit détourner le menton alors qu’un bruit sourd retentit près d’elle, et que le corps alourdi par le choc du vigile s’effondrait à ses pieds.

Le regard rond et halluciné et le tee-shirt à présent imbibé de vodka, Joe resta quelques secondes à fixer le corps faussement endormi qui gisait à terre entre Milo et elle. Son crâne luisait d’une traînée rouge qu’elle identifia on ne peut plus rapidement et sa poitrine se serra sous l’effet d’une brusque bouffée de peur. Elle pouvait pourtant voir que son buste était agité par les signes de la respiration, signe évident qu’il n’était que sonné et non pas mort comme elle l’avait furtivement craint et se réveillerait tôt ou tard. Si l’interne était enfin débarrassée de la menace imminente d’un règlement de compte, elle venait de sauter à pieds joints dans un problème d’une autre dimension puisqu’ils venaient d’agresser pour le moins violemment un individu qui l’avait parfaitement vue ; c’était probablement cette version que la police entendrait si ça venait à se savoir. Son visage était même très sûrement le dernier souvenir auquel il pourrait se raccrocher et ça, c’était on ne peut plus inquiétant.

La lucidité devait être transmissible dans l’air puisque le chasseur, lui, n’attendait pas qu’elle fasse la remarque pour s’occuper de redresser la masse catatonique de l’employé du Crimson – et ce non sans lui glisser un commentaire tout à fait approprié. Trop hébétée pour réagir promptement ou même tout simplement le remercier, Joe sortit enfin de son état second pour se redresser et s’écarter du mur. « … Oui, oui. » Son manque flagrant de passivité-agressivité à l’égard d’Hopkins devait être du au choc de la situation. Ils avaient assommé un inconnu et maintenant quoi ? Ils allaient l’emmener en voiture pour le jeter dans la première décharge venue ? Qu’est-ce qu’il comptait faire de lui au juste ? La curiosité tourbillonnait dans son esprit embrumé, peinant à réfléchir à une solution de repli tangible qui n’impliquerait aucun trouble de l’ordre. Trop tard, songea son inconscient avec ironie alors que ses yeux se posèrent sur la silhouette du garde endormi.

Milo s’apprêtait déjà à quitter l’arrière-cour avec un corps sur les bras, mais seul il n’arriverait pas à grand-chose sinon à s’attirer l’attention du premier venu. Elle s’approcha pour l’aider à porter le colis improvisé, et se retrouva plus vite rattrapée par sa condition physique que prévu. Elle allait devoir retourner plus régulièrement à la boxe et arrêter les pizzas … « Il pèse une tonne bordel. » Pas de temps à perdre, un autre employé pouvait arriver à tout moment et les surprendre. Le temps était une denrée précieuse.

Joe passa le bras du videur qu’elle tenait autour de son cou pour mieux le soutenir et fit quelques pas avant de suggérer une idée qui avait une chance d’être crédible si rien ne venait les perturber. « On n’a qu’à faire comme s’il était bourré ; chacun lui tient un bras. Personne verra rien. » Non, bien sûr, en pleine soirée et avec deux camarades pour le soutenir, personne n’accorderait davantage d’attention à un homme éméché qu’on ramenait chez lui. Même avec de solides arguments et une bonne dose d’auto-persuasion, Joe peinait à ne pas voir les énormes risques de leur plan foireux. L’énoncer à voix haute n’avait pas rendu la chose moins incertaine et il ne fallait aucunement compter sur Milo pour la rassurer. De toute façon ce n’était pas exactement ce qu’elle attendait de lui, juste qu’il disparaisse avec sa voiture et ce boulet en costard noir et… Pour faire quoi, ça, elle n’en avait pas la moindre poussière d’idée. La nervosité l’empêchait de penser correctement, jusqu’à ne pas remarquer les incohérences de l’arrivée surprise du jeune homme.

La ruelle sinueuse au bout de la cour qu’ils traversèrent les amena sur une rue bien plus large et surtout, possiblement plus passante. « A droite ou à gauche ? » Après tout, c’était bien vers la voiture du chasseur qu’ils allaient, à lui de leur montrer la voie.

Une sensation aussi moite que pas si étrangère que ça lui réchauffa l’épaule. Un coup d’œil vers cette dernière lui fit remarquer que leur copain de boisson improvisé avait un drôle de symptôme pour quelqu’un qui venait juste de se prendre une cuite. Dans un murmure paniqué, elle alerta Milo le plus subtilement possible. « Putain il saigne, c’est pas vrai … » De sa main libre, Joe chercha à la hâte un mouchoir dans son sac à main pour essuyer les gouttes qui perlaient légèrement le long de la tempe du chien de garde. « Le coup de la tête dans le mur, c’était obligé ? » grinça la blonde, les dents serrés. Non parce que s’il faisait une commotion cérébrale, ils avaient toutes les chances de se retrouver avec bien plus d’ennuis que prévu.
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Ven 6 Oct - 13:14


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L’homme pesait un certain poids et le fait qu’il n’est pas mangé depuis déjà bien trop longtemps ne l’aidait pas réellement à trouver une force suffisante pour le traîner jusqu’à la voiture, si bien que l’idée de la blonde fut rapidement adopté. Bien qu’il avait remarqué son air parfaitement choqué, Milo n’avait pas réellement le temps, ni l’envie de jouer au psychologue, surtout que c’était elle seule qui s’était mise à ce point dans le pétrin. Après tout, en s’adressant à des hommes aussi peu fiable, il y avait peu de chance que cela se termine bien et s’il n’avait pas été là, elle serait très certainement morte à l’heure qui l’est. Maintenant, il était important de s’éloigner et une fois qu’ils s’étaient enfin coordonnés sur la cadence à prendre pour conduire le corps jusqu’à la voiture, ils s’enfoncèrent dans la rue plus fréquentée. « Gauche. » Prenant naturellement le rôle de meneur, Milo accélérait un peu la cadence, essayant de mimer le pote un peu pressé pour accompagner son ami aux urgences. Visiblement, l’illusion était parfaite, puisque personne ne semblait leur porter une attention particulière.

Ce n’était pas la première fois que le chasseur se retrouver dans des situations compliquées, si bien qu’il avait appris à gérer son stress pour rester au contrôle dans ce genre de moments. Céder à la panique ne les aiderait en rien, surtout qu’il était trop tard pour faire demi-tour. A bon rythme, il marchait en direction de la voiture, évitant les étudiants un peu trop raides en pleine soirée d'intégration. Alors qu’il était plongé dans ses pensées, la blonde l'interpella à voix basse au sujet de la blessure qu’il avait causé à l’homme. Ses yeux se posèrent sur le rouge qui imbibait doucement la chemise et automatiquement, il sentit tous ses muscles se crisper. Depuis des jours, Milo était tiraillé par la faim et cette vision déclanchait en lui une sorte d’envie insoutenable, sans parler de cette odeur qui lui chatouillait les narines. Sans s’en rendre compte, il venait de stopper sa marche, fixant l’eau à la bouche la blessure de l’homme. Il n’avait jamais été aussi proche de craquer et cela en pleine rue, un soir de fête.

Le souffle de plus en plus rapide, Milo se força à fermer les yeux et prit une grande respiration. Milo devait reprendre le contrôle et surtout reprendre sa marche pour ne pas avoir l’air plus bizarre encore. Après quelques secondes, il rouvrit les yeux et regarda rapidement la blonde avant de reprendre la route. « Un simple merci suffira. » Dans un véritable combat interne, Milo se contentait de marcher, espérant que l’envie de dévorer l’homme allait lui passer. Après un moment qui lui sembla être une éternité, ils arrivèrent enfin au niveau de sa voiture, une vieille coccinelle jaune. « C’est celle-là. » Bien qu’il n’était pas réellement quelqu’un qu’on pouvait nommer de sentimental, Milo avait refusé que la voiture de son grand-père soit envoyé à la casse après son décès, si bien qu’il l’avait récupéré. De plus, personne n’imaginait trouver des armes dans une voiture aussi mignonne, ce qui lui évitait bien des contrôles de police. « On va le foutre à l’arrière. » Sans réellement attendre l’accord de la blonde, il ouvrit la portière de voiture et entreposa l’homme dedans.

Une fois le paquet déposé, il se dirigea dans le coffre de sa voiture, où l’on pouvait trouver pas mal de matériel, à commencer par des fusils, une batte de baseball et enfin quelques outils médicaux en vrac. Il plongea sa tête dans le coffre, préparant visiblement quelque chose de sérieux. Après quelques secondes, il revint au niveau de la portière, tenant entre ses doigts une seringue. « Avec ça, il devrait dormir un bon moment. » Il se pencha sur l’homme et d’un geste très professionnel lui injecta le produit. Avec une dose pareil, l’homme allait pas se réveiller avant un bon moment ce qui lui laissait assez de temps pour gérer le problème. Claquement de porte, l’odeur de sang n’était plus aussi forte, il pouvait à nouveau se sentir plus léger. Maintenant que l’individu n’était plus un problème, il se tourna en direction de la blonde qui le regardait faire avec un regard qui en disait long. Si elle ne comprenait sûrement pas ce qu’il se passait, il était tout aussi interrogatif sur la raison de sa présence. Joe cachait quelque chose et il comptait bien en apprendre plus. « Je peux savoir ce qu’une gentille fille comme toi voulait à un mec comme lui ? » Milo s’adossa contre la voiture, scrutant la blonde comme pour essayer de déchiffrer l'indéchiffrable.


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Dim 8 Oct - 9:39



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Les yeux de la blonde oscillaient entre la surveillance constante de chaque passant que leur attitude aurait pu alerter, et le besoin de se terrer vers le sol en priant pour que ne pas regarder les autres forçait la réciproque. Ses épaules commençaient à la tirailler un peu, la faute au fardeau d’un mètre quatre vingt cinq qu’ils se traînaient tant bien que mal, mais Joe se plaindrait plus tard et se contenta seulement d’enlever les traces ruisselantes de sang qui coulait du front blessé de leur acolyte d’infortune du revers d’un vieux ticket de caisse trouvé dans les tréfonds de son sac en cuir.

Ils marchaient dans un silence seulement coupé par les indications péremptoires de Milo. L’étudiante ne pipait pas un mot. Mais elle l’avait saisie au passage, cette expression fugitive sur le visage du chasseur. Cette tension soudaine et totale qui avait empli les traits de son visage pour les fermer à double-tour comme un coffre-fort. Plus froid encore que cela n’était déjà possible en temps normal, il paraissait s’être considérablement endurci – mais la vue du sang ne pouvait être l’élément déclencheur. Il avait du écharper suffisamment de goules pour être habitué à la vision des organes et de l’hémoglobine, non ? Peut-être qu’il se donnait juste une façade en ayant l’air le plus serein des deux. Il fallait bien quelqu’un tienne la barre et puisqu’il était à l’origine du knock-out du vigile, Milo avait instinctivement endossé le rôle du dur à cuire.

Tout de même. Quelque chose lui semblait curieux, impalpable, caché derrière ces sourcils froncés et ce ton moqueur qui l’attendait constamment au tournant. « Tant mieux, je comptais pas t’offrir quoi que ce soit d’autre. » La jeune femme lui devait au moins ça et même si elle devait admettre que ça l’ennuyait profondément d’avoir été sauvée des griffes d’un affreux présupposé dealer, Joe ne souhaitait en aucun cas être la princesse fragile de cette histoire, pas plus que Milo n’aurait du incarner le héros courageux et plein de bravoure. La chance et leur sens commun du rationnel étaient cependant de leur côté ; ni l’un ni l’autre n’agissaient dans ce sens.

Ses pieds faillirent trébucher sous l’arrêt vif de Milo face à la coccinelle dont le jaune éclatant leur faisait de sévères appels du pied. On pouvait difficilement faire plus discret, mais la plus jeune s’abstint de tout commentaire mesquin – il avait au moins l’avantage de présenter un moyen plus pratique de transporter le corps. A y penser, Joe avait la sensation désagréable d’avoir assassiné quelqu’un, ce qui n’était heureusement pas le cas, enfin pas à sa connaissance. « Jolie couleur. » Elle n’avait pas pu s’en empêcher alors que Milo se saisissait de la carcasse humaine pour la jeter pèle-mêle sur la banquette arrière par la portière prestement ouverte. Mais loin d’être un débutant à ce jeu-là – la précision et la confiance dans ses gestes le laissait au moins sous-entendre -, il ne s’arrêta pas là, dégainant une seringue pleine d’un liquide indescriptible qu’il injecta sans trembler dans la veine encore palpitante du vigile. Les sourcils et le nez de Joe se plissèrent de concert, donnant à son minois un air peu approbateur et surtout méfiant. « Qu’est-ce que c’est ? » Sûrement pas du sérum nutritif, mais très probablement une cochonnerie qui l’endormirait.

Evidemment, elle aurait du le voir venir à des kilomètres, mais elle n’était pas encore tranquille. A peine le cas du bel endormi réglé que c’était sur elle que tout retombait. Elle aurait du ne pas attendre bêtement à le regarder, elle et son attitude suspecte, et prendre ses jambes à son cou comme la première des voleuses aurait été bien plus avisé. Et en même temps, l’interne ne pouvait pas laisser le destin de cet inconnu entre les mains de Milo sans avoir la moindre information ce qu’il adviendrait de lui. « Rien. » répondit-elle du tac au tac avec la ferme intention de ne céder aucun terrain de vérité au chasseur de goules. Son regard soutint le sien sans faillir. « Tu vas lui faire quoi au juste ? Le tuer ? » Du menton, elle désigna la porte arrière refermée. Répondre par une question avec une autre interrogation, sage stratégie néanmoins vieille comme le monde. Milo Hopkins n’était pas la moitié d’un débile, il y avait peu de chances que ça fonctionne.
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Dernière édition par Joe Pearson le Dim 8 Oct - 16:40, édité 1 fois
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Dim 8 Oct - 16:16


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joe pearson & milo hopkins
Les questions de la blonde, bien que légèrement fatigantes étaient parfaitement compréhensives. Si Milo avait l’habitude de ce genre de situations, ce n’était clairement pas le cas de la majorité des gens, à commencer par Joe. La jeune femme semblait perdue, malgré son apparence assurée et le chasseur se doutait bien qu’elle essayait simplement de faire croire qu’elle gérait parfaitement le problème. Pluton n’était pas stupide et voyait bien que ce n’était qu’une façade, cependant il manquait une pièce au tableau : la raison de sa présence. Et visiblement, aussi bornée qu’un âne, elle refusait de répondre à sa question pourtant assez simple. Seulement, si elle pensait se débarrasser de lui aussi facilement, elle pouvait se mettre le doigt dans l’oeil. A force de la voir trainer dans des histoires pas très légale, elle avait fini par piquer la curiosité du chasseur et même si ce n’était pas aujourd’hui, il finira bien par savoir le fin fond de cette étrange histoire.

La manière dont Joe diabolisait toutes ses actions devenait à la longue presque vexante. Pluton était clairement l’un des chasseurs les plus modérés et ne chassait rien d’autre que des osseux, seulement ça, elle ne semblait pas vouloir l’entendre.  « Pourquoi je me ferais chier à l’endormir si c’est pour le tuer ? » Milo n’était pas du genre à justifier ses actes, mais pourtant il se sentait presque obligé de lui faire comprendre que ce n’était pas un ennemi. Comme pour appuyer ses mots, il lui passa la seringue où l’on pouvait lire la composition du somnifère -le genre de produit utilisé dans les hôpitaux. Si Milo voulait en apprendre plus au sujet de la blonde, il devait peut-être simplement faire le premier pas, si bien qu’il décida de lui faire une proposition assez particulière. « Mais si tu veux en avoir le coeur net, tu peux très bien m’accompagner. » Indiquant la voiture du regard, il invitait la jeune femme à le suivre pour lui prouver qu’il ne comptait pas le moins du monde tuer cet individu.

De plus, en passant un peu de temps avec elle, il arriverait peut-être à comprendre ce qu’elle faisait ici et quel genre de lien elle avait réellement avec le monde encore très fermé de la ghoul gist. « Sauf si tu as si peur de moi. » Un vague sourire ironique alors qu’il tapotait ses doigts contre son jean noir, attendant une réponse de la part de la plus jeune. Pour deux personnes que tout semblait opposer, ils avaient la fâcheuse tendance à se croiser et peut-être que sans le savoir, leurs destins étaient liés.


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Dim 8 Oct - 17:46



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Joe haussa les épaules, à court de théories tangibles. « Qu’est-ce que j’en sais ? » Elle n’avait aucune idée de la logique que suivait quelqu’un qui chassait d’autres gens – humains ou pas – et elle ne savait pas comment il agissait avec ce genre d’individus. Pour ce que ça lui apportait … Se soucier des faits et gestes de Milo Hopkins n’était qu’un fait tout récent dans la vie de la jeune femme, ce qui expliquait pourquoi elle s’attendait à tout de sa part.

Ses iris voguèrent alternativement de la voiture au visage de son interlocuteur, la curiosité s’y lisant pour peu qu’on y prêtait un minimum d’attention. Etait-ce une tentative de bluff de sa part ou un moyen pour lui de prouver sa bonne foi, Jolene n’arrivait pas à le déterminer. Il pouvait la mener en bateau ou bien jouer franc-jeu avec elle – quelque chose dont elle l’imaginait peu capable, mais après ce qui venait de se produire cette nuit, elle n’était plus à un chamboulement près. Elle hésitait encore, le dilemme intérieur rugissant en son for intérieur quand la dernière phrase de Milo fut prononcée.

L’effet escompté était pour sûr celui de la titiller, de la forcer à rentrer dans son jeu. Joe en avait totalement conscience et malgré tout, la simple possibilité de se défiler face à lui lui hérissait le poil d’horreur. Elle n’était ni une poule mouillée, ni impressionnée par Môssieur Hopkins. Elle allait grimper dans sa stupide Coccinelle et il verrait bien quelle dégonflée elle n’était absolument pas. Sans même prendre la peine de lui répondre, elle tourna ostensiblement le dos au garçon et ouvrit la portière avant pour s’asseoir à la place du passager – ou place du mort, un nom que l’étudiante occulta sciemment - sans un mot. A peine deux secondes plus tard, elle baissa le carreau pour y faire dépasser sa tête et jeter un regard courroucé au chasseur. « On va peut-être pas attendre que des gens nous retrouvent, si ? » Inutile de vérifier, un sourire satisfait ou au choix un air agacé devait trôner sur le visage du plus âgé des deux.

Il devait en toute logique savourer sa petite victoire, lui qui avait si aisément manipulé la jeune fille pour pouvoir la garder un peu plus longtemps et avoir le fin mot sur sa présence cette nuit au Crimson. Pendant un moment très fugace, Joe se rappela tout à coup du corps qui gisait à l’arrière, visible par le reflet du rétroviseur et se crispa légèrement. L’entrée de Milo dans le véhicule l’obligea à déguiser sous une épaisse couche d’impatience la tension qui faisait palpiter son être. Elle était en train de s’embarquer dans quelque chose dont elle ne savait rien et en plus, tout ça pour donner tort à un type qu’elle ne connaissait pas. « Si tu me fais un sale coup … » Le reste de la menace plana, autant parce que Joe n’était pas encore fixée sur sa probable vengeance que parce qu’elle n’avait pas d’inspiration à ce sujet. Un silence suivit après lequel la blonde reprit. « Où on va ? » Ne pas avoir l’air nerveuse. C’était l’essentiel.
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Lun 9 Oct - 18:59


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Gagner la confiance de la blonde n’allait pas être du tasse, sans parler du fait qu’il n’avait toujours pas la moindre idée de ce qu’il avait bien pu lui faire pour apparaître à ce point comme un truand à ses yeux. Milo commençait sérieusement à la trouver légèrement hystérique et peut-être pas si sage qu’elle en donnait l’impression. Joe passait son temps à lui lancer des piques, jouant la femme sûre d’elle et tenace, mais quand était-il réellement ? Le chasseur en avait croisé toutes une tripotées de gens comme ça, mais peu allaient au bout des choses. Finir la chose, c’était exactement ce que Pluton lui proposait en l’invitant pour un petit tour en automobile dans les rues de Détroit. La proposition sonnait comme un challenge et le libraire était assez intelligent pour se douter que la blonde n’allait pas se défiler si vite -trop fière de pouvoir lui prouver qu’elle valait mieux que lui. En la voyant entrer dans la voiture, d’un pas si assuré qu’on pourrait presque penser que c’était la sienne, Milo ne put s’empêcher de laisser un petit sourire en coin se dessiner sur son visage. La jeune femme avait définitivement un caractère bien trempé et la nuit n’était pas prête de se terminer.

Après s’être installé à l’avant, Milo démarra le vieux moteur de la voiture, avant de sortir de sa place et de se fondre parmi les taxis. Comme à chaque fois qu’elle ouvrait la bouche, Joe se montra agressive et méfiante, ce qu’il accueillait avec un roulement oculaire qui en disait long -la patience était certes une de ses vertues, mais à petite dose tout de même. S’il lui voulait réellement du mal, il ne voit pas pourquoi il l’aurait aidé quelques minutes plus tôt alors qu’il aurait pu s’en débarrasser sans se salir les mains. « Si je te fais un sale coup, tu ne pourras rien faire, alors arrête un peu de râler pour rien. » Comme pour la faire taire, Milo monta le son de l’autoradio, tout en tapotant ses doigts sur le volant, parfaitement en rythme sur ce vieil air des Kinks qui créait soudainement une ambiance moins lourde dans la voiture.

Le calme et patience du chasseur contrastait nettement avec la nervosité cachée de la blonde qui pensait encore pouvoir gérer la conversation. En acceptant de monter dans cette voiture, elle avait accepté de suivre Milo et par conséquent d’entrer dans son jeu. Seulement, s’il y a une chose que le chasseur détestait, c’était de perdre. « Tu verras bien. » La destination était pour le moment un secret, qu’il comptait bien garder, histoire de pouvoir se perdre dans quelques rues, histoire de la cuisiner un peu pour en apprendre plus à son sujet. Bien qu’elle semblait pour le prendre pour un parfait idiot, Milo était loin d’être stupide et se doutait bien que tout cela ne relevait pas uniquement d’un délire d'adolescent pour se sentir plus vivante.

Tout en gardant un oeil sur la route, Milo se pencha légèrement pour fouiller dans la boîte à gants. Remuant le bordel, il finit par tomber sur ce qu’il cherchait, un petit sachet translucide et hermétique. A l'intérieur, on pouvait trouver trois petits cachets blancs, aussi dangereux que du poison. « C’est ça que tu cherchais ? » Doucement, il lui colla le sachet dans les mains, guettant sa réaction d’un coin de l’oeil. Si Joe était une camée, ce dont il doutait clairement, il allait très vite le découvrir.


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Mer 11 Oct - 16:45



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Ses bras s’étaient déjà croisés dans un automatisme de méfiance presque instantanée tandis que le moteur s’était mis à bourdonner et que la voiture démarrait enfin. Elle n’avait pas confiance, oh non, elle ne pouvait pas se sentir totalement en sécurité quand elle n’avait pas le moindre indice sur leur destination. Ca amusait beaucoup Milo, mais elle, elle aurait pu tirer le frein à main à tout moment pour les faire voler dans le décor et sortir de cette Coccinelle de malheur. Sauf qu’elle ne le faisait pas. Empêtrée dans la curiosité et surtout le refus complet d’être prise pour ce qu’elle n’était pas – soit une poule mouillée -, elle choisissait de suivre les directives et le chemin d’un chasseur qui ne faisait pas vraiment partie d’un cercle de connaissances quelconque.

L’étudiante se fit violence pour ne pas relever sa remarque. Croire qu’elle n’était pas capable de lui coller son genou dans l’entrejambe aurait été bien naïf de sa part, mais elle ne pouvait pas dire qu’il n’était pas lui non plus en capacité de la maîtriser rapidement. Ses pupilles s’obstinèrent à suivre avec une attention accrue par la vitre le trajet qu’ils empruntaient. Elle s’efforçait de le retenir, comme pour espérer que, si jamais il cherchait à la perdre, elle pourrait retrouver son chemin. Paranoïaque ou bien trop prudente, c’était au choix.

Les premières notes de guitare la déconcentrèrent alors que son menton s’était spontanément tourné vers la radio qui émettait sa mélodie - étonnamment entraînante et positive pour deux individus transportant un corps évanoui. En d’autres saisons et surtout dans d’autres contextes, l’humaine aurait pu louer le bon goût musical du conducteur mais elle ne s’en sentait pas totalement l’envie, la tête ailleurs, bourdonnante de non-dits et de craintes.

Ils pouvaient se faire arrêter par les flics et n’auraient que peu de chances de s’en sortir ; le type pouvait se réveiller à tout moment si la seringue n’avait pas fait son effet ; rien ne garantissait à Joe qu’elle ne s’engageait pas dans une voie beaucoup plus criminelle qu’une simple agression physique envers un humain lambda. Les yeux dans le vide, elle revint sur Terre alors que ses doigts effleurèrent le plastique d’un petit pochon qu’on lui glissait entre les mains – précieux cadeau empoisonné, petits cachets immaculés plein de secrets.

« Qu’est-ce que … » Ses iris dévisagèrent le contenu du minuscule sachet blotti dans sa paume de main droite. Un silence, le temps de quelques accords signant la fin d’une chanson dans les enceintes de la voiture, avant que la voix de l’interne ne résonnât aux oreilles de Milo. « Tu m’expliques ? Tu comptes faire quoi là, me filer de la MDMA pour qu’on s’amuse un peu ? Non mais t’es complètement con ou tu le fais exprès ?! » Là, sur l’instant, elle avait presque envie de lui balancer le sac en pleine figure pour en rajouter une couche. Au fond d‘elle-même, Joe ne croyait pas ce qu’elle ânonnait d’un air parfaitement furieux. Elle savait parfaitement ce que c’était réellement. Elle n’avait pas besoin d’explications supplémentaires, elle n’était pas sûre à cent pour cent, mais l’intuition froide qui aurait pu lui filer un frisson coulant d’angoisse dans le dos le lui chuchotait. Cette merde qu’Hopkins venait de lui mettre sous le nez, c’était exactement ce qu’on avait déposé à son insu dans son verre il y a quelques mois. La Ghoul gist. Si aucun souvenir ne remontait à la surface trouble de sa mémoire, le seul refuge qu’elle avait trouvé pour mentir et se protéger – de ça, de ce que ça pouvait représenter -, c’était jouer le rôle de l’offusquée qui partait au quart de tour en s’imaginant tout et n’importe quoi. L’aubaine était trop belle, elle qu’on accusait si souvent de crier pour rien.

De dégoût, elle jeta le petit sachet dans le vide–poche entre eux comme si l’objet lui avait brûlé les doigts puis se tourna vers le blondinet les yeux remplis d’éclairs. « Qu’est-ce que tu foutais au Crimson ? Comment tu t’es retrouvé dans cette cour ? Tu cherchais quoi, toi ? » Il n’y avait pas de raison pour qu’il n’ait pas le droit à sa dose de comptes à rendre. C’était donnant-donnant, bien que pour l’heure, Joe n’avait aucune envie de lui accorder quoi que ce soit. Les miettes de vérité qu’elle lui concéderait viendraient peut-être quand ils sauraient où ils emmenaient le vigile et ce qu’il adviendrait de lui.
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Mer 11 Oct - 18:26


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Les réactions de la blonde étaient toutes plus surprenantes les unes que les autres et Milo commençait sérieusement à se dire qu’en plus d’être hystérique, elle était complètement folle. Jusqu’ici, le blond s’était montré assez courtois et même plutôt accueillant, seulement cela ne semblait pas suffir à la princesse qui se comportait comme une adolescente. En plus de lui crier dans les oreilles et de l’accuser choses parfaitement lubriques, Joe le prenait pour un parfait imbécile, ce qui en plus de lui faire rouler les yeux en l’air, lui arracha un petit rire. Milo se demandait à quel moment elle avait pensé être crédible dans le numéro de l'ingénue, mais après tout, si elle voulait jouer à ce jeu, il ne voyait pas pourquoi il s’en priverait. « Moi ? Je cherche à savoir qui vend cette connerie et comme tu as parlé justement aux mecs que je suis depuis quelques temps, je me suis dis que toi aussi, mais apparemment non étant donné que tu ne sais pas ce que c’est. » Reprenant le sachet qui se trouvait dans la douce main de la plus jeune, il s’arrêta sur le bord de la route, à la lumière d’un réverbère, non sans un certain sourire.

« J’ai dû me tromper, désolé, je ne vais pas te retenir plus longtemps. » Coincée à son propre jeu, Joe profitait désormais de deux options. Coopérer ou descendre du véhicule, ce qui dans les deux cas, lui coûtera un peu de crédibilité -une petite vengeance pour avoir essayé de prendre le chasseur pour un âne. « A moins que j’ai raison. » Non sans un sourire mutin, il se pencha légèrement en direction de la blonde, comme pour sonder son regard incroyablement bleu. Si Joe était une jolie fille, elle n’en restait pas moins une insupportable capricieuse qui ne voyait que le bout de son nez, persuadée d’avoir raison. Seulement, elle mentait et il le savait très bien, mais ce qu’il voulait désormais savoir c’était si elle jugeait son but plus important que son secret ou pas. Néanmoins, Milo ne pouvait pas choisir pour elle et se contenta d’attendre une réponse, les yeux dans les yeux.

Malgré la musique presque joyeuse, une tension intense était en train de s’installer dans le véhicule. Pluton ne lâchait pas la blonde du regard, la forçant à choisir rapidement son camp. Etrangement, malgré son tempérament plus qu’explosif et sa manière insupportable de le faire passer pour un con, Milo espérait bien qu’elle resterait dans l’automobile, afin de peut-être comprendre le fin mot de l’histoire. De plus, il comptait bien montrer à la blonde qu’elle se trompait à son sujet et qu’il était loin de l’image de la brute qu’elle semblait lui avoir collé.


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Jeu 12 Oct - 18:33



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Ralentissement du moteur et finalement, arrêt complet du véhicule. Quelque part, elle l’avait bien cherché. Mais Joe aurait pu tout prévoir sauf ça. Mise face à ses choix, forcée d’opter pour une solution radicale ou pour un compromis qui n’arrangeait pas vraiment autant l’un que l’autre, la blonde se retrouvait avec l’herbe coupée net sous le pied. Soit elle s’en allait, soit elle restait mais devait reconnaître son mensonge éhonté.

L’orgueil lui susurrait d’envoyer paître le jeune homme, de descendre de la voiture et de ne pas se retourner. C’était simple, efficace, et sans fioritures. Mais ça ne collait pas ; au-delà de laisser les rennes à Milo et de ne jamais savoir ce qui resterait du vigile du club, Joe éprouvait l’intime conviction que la réponse fournie par le chasseur n’était pas dénuée d’honnêteté et qu’elle ne jouait donc pas franc-jeu. Et elle n’avait jamais été une menteuse-née, Joe, mais de là à affabuler pour un oui ou pour un non, l’interne commençait à trouver le nombre d’histoires qu’elle se racontait, à elle et aux autres, de plus en plus conséquent et gênant. Trop pour elle.

Hopkins restait quant à lui inflexible. Ses yeux paraissaient attendre d’elle une réaction très précise, comme s’il avait lu très clairement en elle – plus qu’elle ne parvenait à voir quoi que ce soit en lui. Jolene refusait puérilement de lui faire ce plaisir mais elle n’arrivait pas à décrocher le moindre mot jusqu’à ce que finalement, elle se lançât, ses doigts glissant sur le rebord sculpté de l’ouverture de la porte passager. Et ses mots donnaient l’impression d’un verdict d’outre-tombe. « Très bien. » C’était tout bonnement impossible de lui parler ne serait-ce qu’à demi-mot du Ghoul gist et de son black-out, du réveil, du sang partout, des nuits sans dormir qu’elle avait passé. Elle n’était même pas certaine de pouvoir se contenir si elle parvenait à dépasser ce blocage qui l’empêchait proprement d’avouer quoi que ce soit. Elle n’y arriverait pas, elle ne voulait pas, elle ne pouvait pas.

Pourtant sa main finit par lâcher la poignée de la portière qui resterait close. « Bon. Tu ne peux pas me blâmer de me méfier de toi. » Rien ne l’empêchait d’abonder dans son sens. C’était en partie vrai – c’était la justification-même de sa présence cette nuit. Etre venue jusque là dans le but de trouver un début de réseau, un semblant de piste pour en savoir plus sur la drogue des goules. « Je sais ce que c’est tes cachetons, d’accord ? Ne me demande pas pourquoi. » Il n’y avait pas la moindre raison valable de le mêler à ses affaires personnelles. Lui était là pour arrêter les trafiquants – sûrement un extra louable mais typique des chasseurs en mal d’action -, elle … était là pour comprendre ce qui s’était passé de son côté. Il fallait bien qu’il le comprenne. De toute manière, ça n’avait aucune incidence sur l’existence de Milo et surtout, ça ne l’affectait en rien : il s’imaginerait bien ce qu’il voulait. Jusqu’ici obstinément rivée sur le pare-brise devant elle, l’attention de la jeune étudiante finit par revenir petit à petit vers le sachet transparent. « Je voulais vérifier si une boîte comme le Crimson pouvait fournir ce truc à n’importe quel client … J’ai eu ma réponse. » Elle aurait aimé en apprendre plus mais sans l’intervention inopinée de son interlocuteur quelques minutes plus tôt, la donne aurait été beaucoup plus complexe et pas sûr que Joe s’en serait sortie indemne et avec toutes les informations désirées.

Enfin, son regard se braqua sur Milo. Ce n’était pas par fierté qu’elle avait caché la vérité mais par pudeur et par besoin. Il pouvait ne pas le concevoir et avait même tous les droits légitimes de douter de sa sincérité supposée. A cet instant sa parole pouvait ne plus représenter grand-chose après tous les détours dont elle avait usé pour gagner du temps. « Tu peux ne pas me croire, ce serait logique. Mais cette fois je ne te mens pas. » Les Kinks attaquaient déjà la fin de leur deuxième morceau quand Joe reprit. « Alors ? Qu’est-ce qu’on fait ? »
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Ven 13 Oct - 13:58


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Le choix imposé ne semblait pas vraiment plaire à la blonde, qui hésitait réellement entre rester et partir. Bien que Milo n’avait pas la moindre idée du secret qu’elle pouvait bien cacher, il se doutait bien que cela était assez important pour elle. Des secrets, tout le monde en avait et il pouvait comprendre mieux que personne qu’on puisse vouloir les garder à tous prix. Seulement, ce qu’il ne comprenait pas, c’était plutôt la raison qui l’avait poussé à prendre des risques aussi grand pour une information assez quelconque. Après tout, qu’est-ce que cela pouvait bien changer de savoir s’il était facile de se procurer de la ghoul gist ou pas ? Une énième énigme qui s’introduisait dans le portrait de la blonde et dont il aura bien une réponse un jour -après tout, tout vient à point à qui sait attendre.

« Je vois, et donc tu as pensé que venir simplement comme ça et seule était une bonne idée ? On peut dire que tu n’as pas froid aux yeux. » Bien que l'explication restait en superficie, le blond accepta de la garder dans sa voiture. Joe venait de prouver qu’elle était capable de faire des efforts et surtout d’arrêter de le prendre pour le premier des imbéciles. Sans réellement répondre à sa question, Pluton redémarra le véhicule et déboita rapidement de sa place de fortune dans une direction encore mystérieuse. La musique remplissait les blancs, tandis que Milo observait vaguement la plus jeune du coin de l’oeil. Si lui était habitué à ce genre de situation, ce n’était définitivement pas son cas et on pouvait facilement lire son inquiétude. Inquiétude qui s’expliquait assez logiquement quand on savait dans quelle merde elle venait de se fourrer. « Tu sais, je voudrais pas être pessimiste, mais le gars pour qui il bosse a vu ton visage et va sûrement vouloir se venger. » Pas réellement du genre optimiste, Milo préférait la mettre en garde sur ce qui l’attendait, se doutant qu’elle y avait déjà pensé.

En fréquentant régulièrement les bas quartiers, le chasseur avait au moins appris une chose, s’était que tout se paye. Les représailles allaient forcément arriver un jour, ce n’était qu’une question de temps. La loi du plus fort s’imposait dans les rues et pour survivre à cette énorme partie d’échec, il fallait mieux être prêt. Milo savait se défendre et sa réputation avait fini par lui imposer un certain respect et donc une certaine tranquillité. Avoir des problèmes avec Pluton était bien moins humiliant que de se faire avoir par une adolescente inconnue au bataillon et il était plus que certain qu’ils allaient tenter de la retrouver pour en faire un exemple. Bien sûr, le chasseur proposerait bien son aide, mais se doutant de la réponse, préféra changer de sujet.

« On va le déposer au commissariat, puis je te montrerais un truc. » L’homme qui se tenait sur la banquette arrière n’allait certainement pas leur apprendre grand chose, alors inutile de perdre du temps avec un interrogatoire. Ils le déposeront aux forces de l’ordre, indiquant ce qu’il faisait sur une feuille de papier, comme il avait l’habitude de le faire. Milo se doutait que la réponse allait surprendre la blonde, mais comme il se tuait à lui dire, il n’était pas le criminel qu’elle semblait absolument vouloir voir en lui.


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Dim 15 Oct - 18:12



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En dépit du bon sens et des prévisions de Jolene, les réponses éparses qu’elle fournit au conducteur de la Coccinelle semblent satisfaire partiellement ce dernier. Du moins assez pour qu’il remette le moteur. Ca ne l’empêcha bien sûr pas de se fendre d’un commentaire, histoire de relever très subtilement le manque de réflexion du plan ainsi que l’éventuel potentiel suicidaire de Joe – qui lui jeta un regard qui en disait long sur sa façon de voir les choses. « Ouais. J’adore me mettre délibérément en danger. » marmonna la blonde avec une ironie évidente. Elle n’avait pas imaginé que les choses tourneraient aussi vite et aussi mal, mais surtout elle n’avait pas cru une seule seconde qu’elle pourrait si vite toucher de près à un vrai réseau de drogue. Tout ce qu’elle croyait ce soir, c’était faire chou blanc. Or, on en était loin.

Le fait d’avoir évoqué devant Milo, même de très loin, le Ghoul gist la mettait dans un état second. Très loin de se sentir libérée de quoi que ce soit, elle éprouvait la sensation plutôt dérangeante d’avoir fait un pas dans la mauvaise direction. Si l’américaine voulait rester discrète et loin de tout soupçon, elle ne devait plus laisser se reproduire de telles erreurs. Plus facile à dire qu’à faire.

Les yeux dans le vague, le visage à nouveau tourné vers la fenêtre, l’interne se laissa rattraper par la voix de son acolyte d’infortune. Et ce qu’il lui racontait n’était pas vraiment pour l’enchanter, mais contrairement à ce qu’il pensait peut-être, Joe prenait totalement la mesure des risques de cette nuit. Elle savait se défendre – et à défaut, elle faisait en sorte d’apprendre à vivre avec la menace qui pouvait peser sur elle. « Sans blagues … » Au moment même où il avait assommé le vigile, elle n’avait vu qu’une seule solution pour effacer toute probabilité de finir très mal et ce n’était pas vraiment pour lui plaire. Elle n’en était pas encore tout à fait réduite à tuer les gens de sang-froid, même s’il s’agissait de dealers d’une telle saloperie. Sa voix se haussa à peine, davantage blasée qu’agacée. « Je sais. C’est bien pour ça que je veux savoir ce que tu comptes faire de lui. » C’était d’ailleurs précisément là qu’elle l’attendait au tournant.

Milo était un chasseur et il avait déjà prouvé par le passé qu’il faisait comme lui seul l’entendait. De là à le croire capable d’attenter à la vie d’un humain, la chose était complètement différente et Joe restait dans l’expectative. De l’autre côté, ils n’avaient pas beaucoup de moyens de finir autrement cette soirée que d’abandonner le corps loin d’ici, de l’interroger et après … Après quoi ? De s’en débarrasser ? Non, ils ne pouvaient absolument pas faire ça. La confirmation lui vint de la bouche du jeune homme qu’elle scruta avec une once de surprise dans l’œil, surprise qu’elle ne fit pas l’effort de dissimuler – ce qui avait un côté un brin insultant. « Vraiment ? » Après l’étonnement, le scepticisme ; parce que se donner autant de mal pour blesser une personne si c’était pour la déposer sur le pas de la porte des autorités locales relevait de tout sauf de ce à quoi elle s’attendait avec Hopkins. « Donc tu lui as fracassé le crâne juste pour le ramener aux autorités ? Rien de plus ? » Lui reposer la question sous cinq formulations différentes ne changerait sûrement pas la réponse, mais Joe le faisait malgré tout. « Je croyais que tu aurais réglé les choses tout seul. » Mais ravie de savoir que non, aurait pu rajouter très sincèrement sa part de bonne foi – les compliments viendraient un autre jour.
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Mar 17 Oct - 7:29


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Plus la conversation avançait, plus Milo était partagé entre l’envie de rire et l’envie de la faire quitter le véhicule. La princesse prenait ses aises, se permettant de tout critiquer comme si elle savait tout mieux que tout le monde. Cependant, ce n’était pas lui qui s’était retrouvé contre un mur sous les menaces d’une brute. Alors que sans lui, elle aurait passer un seul moment et peut-être même le dernier de sa vie, elle trouvait encore le moyen de gronder. Les filles étaient certes compliquée, mais celle-ci battait des records. Milo ne demandait pas une médaille du mérite ou une farandole de calins, mais simplement un minimum de reconnaissance -et surtout pouvoir en placer une sans se prendre un retour de venin. Fatigué, à cause de cette faim qui se faisait sentir, le chasseur n’avait même pas la force de lui répondre sur ce même ton méprisant et se contentait d’essayer de calmer un peu le jeu en la mettant face à sa connerie.

Sortant une lame de sa poche, il l’agita sous le nez de Joe en gardant le cap. « Je l’ai fais parce que tu étais à deux doigts de te prendre un coup de couteaux. » L’arme appartenait à l’homme qui occupait la banquette arrière et s’il n’était pas intervenu, elle aurait très bien pu finir entre deux côtes. La plus jeune ne connaissait rien de ce monde cruel et si elle pensait Pluton méchant, elle était loin d’imaginer quel genre de mauvais gars contrôlaient les rues de Détroit. « Et aussi parce que c’est plus simple de le transporter comme ça. » Son ton de voix était presque moqueur, tandis qu’il jetait un regard sur l’imposante masse de l’homme. Transporter quelqu’un d’inconscient à l’arrière de sa voiture était bien plus discret et prudent que l’inverse, sans parler qu’il n’avait pas la moindre envie d’abimer sa voiture.

Roulant à vitesse normale dans les rues, direction le commissariat, Milo ne comprenait toujours pas pourquoi elle peinait autant à le croire. Pourquoi voudrait-il absolument faire du mal à cet homme insignifiant ? Avait-il vraiment la tête du mec qui se donne du plaisir à violenter les autres ? Certes Milo aimait l’action et oui, il aimait chasser les osseux, mais cela ne faisait pas de lui un tueur sanguinaire pour autant. « C’est qu’un chien de garde rien de plus, il nous apprendra rien. Puis s’il est en prison, au moins il ne sera pas à ta recherche. » Le deuxième détail n’était pas des moindre. Il ne restait désormais plus qu’une seule personne à connaître la tête de Joe, ce qui pourrait rapidement se rattraper s’ils agissaient intelligemment -enfin s’il agissait intelligemment. Parce que la blonde en avait bien assez fait, il se débrouillera mieux sans elle. « La police pourra peut-être remonter jusqu’à l’autre gars. » Après tout, les flics étaient censés être capable de faire ce genre de choses et peut-être que Milo n’aura même pas besoin de se fourrer dans cette histoire juste pour sauver les miches d’une gamine capricieuse.


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Mar 17 Oct - 18:33



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Ce qui gênait le plus Joe dans cette histoire, c’était son impuissance globale. Spectatrice de A à Z, le fait de ne pouvoir rien maîtriser la frustrait quelque peu. S’en remettre entièrement à Milo était compliqué pour elle, mais il ne s’agissait pas que de ça. Milo ou un autre, le problème demeurait le même : elle n’avait aucunement l’envie de mêler qui que ce soit de près ou de loin à ses manigances personnelles.

Le blondinet avait presque gagné quelques points de bienveillance aux yeux de l’étudiante. Il ne planifiait aucun meurtre ni aucune torture et s’était montré jusqu’à présent bien moins irritant que d’habitude. Mais comme toujours il avait le chic pour la prendre à rebrousse-poil juste après l’avoir rassurée. Sortir une lame sous son nez n’était pas honnêtement la méthode la plus adéquate pour calmer une Joe Pearson, qui dévisagea l’arme blanche avec une pointe très nette de jugement avant de soupirer, les yeux jetant un regard désespéré vers le ciel. « Je ne te parle pas de ça … » Il comprenait bien ce qu’il voulait, lui aussi. Un vrai dialogue de sourds. La jeune fille secoua la tête en signe de dénégation et décida d’abandonner cette manche pour cette fois. « Laisse tomber. »

Le silence revint peu à peu dans la Coccinelle, tout juste échaudée pour parcourir encore les mètres qui leur restaient. Jolene n’avait pas oublié dans un coin de sa tête qu’il avait parlé de lui « montrer quelque chose » sans préciser quoi spécifiquement. Elle remit à plus tard l’idée de harceler Milo à ce sujet, se contentant de jouer le rôle passif de l’interlocutrice passagère. Au moins, tant qu’elle se bornait à réagir à ses remarques sans relancer le débat, elle ne perdait pas son temps à se montrer gratuitement infecte avec lui – il apprécierait peut-être la démarche. Peut-être pas. « Mh. Possible. » marmonna la blonde, partagée entre scepticisme et espoir. L’homme qui dormait comme un bienheureux à l’arrière n’avait pas plus de chances de finir en prison qu’eux sans preuve tangible et surtout, d’autres personnes dans le club l’avaient aperçue et avaient bien compris son petit manège – elle songeait notamment au barman qui devait déjà avoir constaté la disparition de son collègue au Crimson. « De toute façon ce qui est fait est fait, n’est-ce pas ? Ca sert à rien de spéculer sur ce qui arrivera. » voulut clôturer le plus sobrement possible, comme pour s’apaiser autant elle-même que pour penser à tout sauf au lendemain qui la guetterait.

A nouveau, le calme retombait par intermittence. Ils avaient l’honnêteté de ne pas tenir absolument à mener une conversation samaritaine pour occuper le temps : leur mutisme respectif leur convenait tout à fait. Il fallut cependant bien au moins deux minutes entières de réflexion intense et silencieuse à Joe pour qu’elle n’osât rompre à son tour l’ambiance religieuse dans le véhicule. « Au fait, merci. » Elle ne l’avait certes pas murmuré à voix si basse qu’il ne l’aurait jamais entendu, mais que le chasseur ne lui fasse pas répéter deux fois. « Pour tout à l’heure. » explicita la jeune femme avant de changer brutalement de sujet, le malaise n’ayant aucunement sa place dans cette voiture. « Dis-moi, comment t’as pu te procurer de la Ghoul gist ? » Maintenant qu’elle y avait songé plus posément, le savoir en possession de ces cachets éveillait quelques soupçons de curiosité en elle.
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Dim 22 Oct - 9:37


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Bien qu’elle ne criait plus comme une poule en furie, on ne pouvait dire qu’elle lui faisait confiance. Le scepticisme de Joe se lisait sur son visage et lassé de se justifier, Milo préféra rester silencieux jugeant que seuls les actes compteront. De toutes manières, elle ne pouvait pas comprendre les rouages de ce monde en une seule nuit, alors inutile de l’énerver une nouvelle fois pour rien. Surtout que pour une raison étrange, il semblait avoir subitement gagné quelques points dans son estime étant donné que l’incroyable venait de se produire. Joe venait de le remercier, après avoir hurlé comme une hystérique pendant de longues minutes, elle finissait par lui accorder sa gratitude. Un revirement de situation qui dessina un sourire en coin au plus âgé, qui ne pouvait s’empêcher de trouver cela un peu amusant. Pluton adorait avoir raison, mais encore plus mettre les autres face à leurs erreurs, si bien que voir Joe changer d’avis était pour lui une victoire. Il lui avait sauvé la vie ce soir et qu’elle le veuille ou non, elle lui était d’une certaine manière redevable, malgré l’image de la femme forte qu’elle voulait donner. Cela dit, il se passa de commentaire et se contenta de continuer sa route.

Après quelques secondes de silence, ce fut Joe qui craqua la première en posant une nouvelle question, traduisant encore une fois son envie d’en découvrir plus sur cette drogue. Sa persévérance attisait la curiosité de Milo, mais malheureusement, la réponse n’allait sûrement pas être ce qu’elle attendait.  « Sur des mecs que j’ai déjà amené au poste. » Pluton n’avait aucun contact à lui donner, étant donné qu’il avait envoyé au commissariat tous ce qu’il avait croisé. D’ailleurs, ce fut au même moment qu’ils arrivèrent au niveau du batîment gris et que Milo arrêta la voiture dans un angle mort des caméras de surveillance. « Bouge pas. » Sans attendre de réponse, il quitta le véhicule et ouvra la porte arrière pour extirper tant bien que mal l’homme. Le fait de ne pas avoir mangé depuis sa transformation dans cet effort, qui lui semblait interminable.

Au bout d’une dizaine de minutes, une fois qu’il avait déposé l’homme à l’endroit habituel en ajoutant un message pour celui ou celle qui le trouvera, il retourna discrètement à sa voiture où attendait la blonde. Le paquet était déposé, ce qui se passera par la suite ne dépendait plus d’eux, alors autant partir rapidement avant d’attirer l’attention. « Bon on s’éloigne du poste et je te montre. » Milo avait promis de lui montrer quelque chose et comme c’était un homme de parole, il allait le faire, mais pas ici. La musique tournait toujours, contrastant sévèrement avec l’aspect inquiétant des rues qu’ils traversaient.

Quelques minutes plus tard, il s’arrêta dans un coin désert et descendit une nouvelle fois de la coccinelle pour chercher quelque chose dans son coffre, avant de s’y asseoir sur le rebord. « Je vais pas t’ouvrir la porte princesse. » Attendant que la blonde arrive, il consultait un petit dossier qu’il avait lui-même construit avec les différentes informations qu’il avait répertorié sur cette drogue, à commencer par les effets. On y trouvait des photos et surtout des cas multiples d’événements morbides. Quand la blonde arriva à son niveau, il lui tendit la dossier, sans prendre la peine de cacher les différentes armes qui se trouvaient dans son coffre.


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Dim 22 Oct - 12:53



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Milo était lapidaire dans ses réponses, plus concentré à étudier le stationnement le plus sûr pour la suite des opérations. Joe n’insista pas plus longtemps, tout autant soucieuse que personne ne les remarque. Maintenant qu’ils étaient aux abords du commissariat, il s’agissait de ne pas tout faire capoter en se faisant griller en plein dépôt de colis.

Une fois garé, le chasseur sortit de la voiture sans vraiment laisser le choix à sa coéquipière imposée de le suivre. Sa bravoure fut muselée par sa logique. Tant mieux ; quelque part tant qu’elle était dans cette voiture, elle ne risquait pas de faire quoi que ce soit de regrettable sous le coup du stress qui les aurait mis en mauvaise posture. La jeune interne demeurait néanmoins attentive, ses yeux braqués sur chaque angle de rue qu’elle pouvait surveiller pendant que la banquette arrière se retrouvait délestée du corps lourd du vigile encore assoupi. Si jamais quelqu’un déboulait pile à ce moment … Elle n’aurait plus qu’à crier pour que Milo se rue dans la Coccinelle et qu’ils décampent. Leurs différends mis de côté, Joe n’aurait pas laissé Hopkins se faire prendre – parce qu’il n’était pas question d’amitié dans ce cas précis mais d’honneur.

La blondinette imagina pendant quelques secondes l’hypothèse où un agent en service sortait du bâtiment et leur tombait dessus. La suite, impossible de la prédire. Peut-être que Milo avait les arguments pour s’en sortir, mais elle, elle n’avait rien préparé de tout ça et c’était à ce moment qu’elle réalisait qu’elle avait très clairement manqué de préparation et de prudence dans ses objectifs. La portière conducteur se rouvrit et Jolene ne décroisa ses doigts que lorsque le moteur vrombit de plus belle et qu’ils repartirent sillonner l’asphalte de Détroit. Les Kinks faisaient encore des leurs mais Joe pensait à tout autre chose, son esprit ayant fait abstraction du fond musical pour se repasser en boucle les images de cette soirée proche du surnaturel.

De ce qu’elle comprenait, l’homme avec qui elle était en train de partager une voiture cherchait à épingler des individus susceptibles de vendre de la Ghoul gist. Il n’en était pas à son coup d’essai puisqu’il avait pu faire les poches de ses prises précédentes, mais les motivations de cette justice qu’il effectuait à lui seul restaient floues bien qu’aisément compréhensibles. Les drogués et les camés à cette substance aussi nouvelle que terrifiante représentaient un danger semblable aux goules affamées qui rôdaient ; pour Milo, c’était sûrement un autre fléau à éliminer bien plus complexe puisqu’il concernait des humains. Des gens pas forcément consentants, parfois même innocents – ses yeux se fermèrent pendant une longue seconde où elle repoussa l’éventualité d’être dans ce lot. Depuis cette expérience nocturne de décembre dernier, rien ne s’était produit. Elle aurait pu se sentir rassurée, à l’écart de tout soupçon.

L’arrêt du véhicule mit brutalement fin à ses pensées. Elle n’avait pas pipé mot de tout le trajet et aurait certainement droit à une remarque à ce sujet ou au moins à un coup d’œil suspicieux. La jeune fille sortit de la voiture aux teintes solaires toute seule comme une grande fille, non sans un soupir blasé. « C’est toi le fils à papa et c’est moi qui me fais taxer de princesse, on aura tout entendu. »

Alors qu’il était affairé à feuilleter une pile de papiers, Joe qui rejoignait Milo balaya d’un œil distrait les alentours – déserts – avant de tomber sur le coffre ouvert de la voiture, dévoilant son contenu pour le moins chargé. Son minuscule petit pistolet passait pour un enfant de chœur à côté de cette armada trop élaborée pour ne pas avoir fait ses preuves dans un passé proche – le genre de choses que la blonde aurait aimé ignorer au sujet de son ancien camarade de classe. Sans rien dire mais sans laisser échapper un regard lourd de jugement sur la modeste cargaison d’armes, l’étudiante s’empara du dossier qu’on lui tendit. Ses paupières clignèrent plusieurs fois, sa mâchoire se contractant de dégoût, surtout d’effroi face aux photos exposées et épinglées. Des notes parcouraient les visages arrachés, les tripes à l’air et les corps lacérés. « C’est ce qu’ils font – c’est ce que les victimes de la Ghoul gist font aux gens ? » Ses mains brûlaient d’envie de refermer le dossier par peur que ses yeux, eux, découvrent une photographie où peut-être reconnaîtrait-elle un visage. Elle tourna encore quelques pages avant de murmurer, proprement effarée par la violence primaire des actes commis et tout le champ des possibles atroces qu’elle avait pu peut-être faire à son tour. Dieu merci il ignorait tout de cela et maintenant, Joe ne regrettait plus une seule seconde de ne pas lui avoir dit la vérité. « Comment est-ce que c’est possible … On ne peut pas faire ça juste en prenant un cachet. Si c’est ça, qu’est-ce qu’on doit attendre des gens drogués depuis des jours … » Des hécatombes, des meurtres de masse. C’était la réponse qu’elle ne voulait pas entendre et elle poursuivit dans le flot des questions qui lui venaient en tête. « Je comprends pas ce que les types qui ont introduit cette merde ont à gagner. » C’était un écœurement presque désespéré qui rugissait dans sa voix tandis que ses pupilles restèrent figées sur le corps d’un cadavre tellement ravagé qu’il était devenu non-identifiable.
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Dim 22 Oct - 14:25


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A la lumière de la lune, ils parlaient enfin calmement de cette nouvelle drogue qui envahissait doucement les rues de Détroit. Sans surprise, Joe manqua de s’arracher la machoir en feuilletant le modeste dossier qu’il avait monté depuis qu’il s’était penché sur le sujet. En même temps, n’importe quel citoyen lambda serait choqué devant ce genre d’images et d’une certaine manière, cela le confortait dans l’idée qu’il se faisait de la plus jeune. A ses yeux, Joe était une jeune fille parfaitement hystérique et inconsciente qui pensait encore que le monde était soit blanc, soit noir. Certes, Milo ne partageait pas cette vision du monde, mais il trouvait ça finalement assez beau de voir que certaines personnes optimiste rêvait encore de voir les choses tourner bien. Finalement, elle représentait parfaitement l’idée qu’il se faisait de la pureté, sans parler de ses yeux clairs qui ponctuait le tableau.

Tout comme lui au début, elle avait du mal à comprendre comment une simple pilule pouvait produire ce genre de comportement et malgré quelques révisions de ces cours de science, il n’était pas certains d’être en mesure de donner une véritable explication. « Je suppose que ça doit activer des parties du cerveau, comme toutes les drogues, sauf que là ça te pousse à bouffer ton meilleur potes. Pas le genre de truc que tu prends pour t’amuser entre amis. » Un petit sourire après sa boutade de mauvais goût avant de s’allumer une cigarette, une mauvaise manie qui s’était largement empirée depuis son retour. La tête un peu relever pour contempler les étoiles, il laissa la blonde tourner les pages sans rien rajouter de plus, attendant les questions qui allaient sûrement rapidement venir.

Malheureusement pour elle, quelques contre-temps avaient retardé l’enquête, sans parler que rien ne menait à une piste réellement viable. Milo n’avait aucune certitude sur la provenance de cette drogue, ni de comment elle s’était retrouvée dans les rues de la ville. Néanmoins, il essaya encore une fois de fournir une réponse, jouant la carte de la transparence. « Je sais pas trop, y a des rumeurs qui disent que ça serait une expérience ratée de la CCG. Et au final ça serait pas surprenant de la part de ces incompétents, mais je n’arrive pas à remonter plus haut que quelques revendeurs. Si tu veux mon avis, les autorités préfèrent cacher tout ça pour éviter de créer la panique et dans le pire des cas, ils accuseront des goules. » Après quelques mois d’enquête, il n’en savait finalement que très peu et une part de lui ne pouvait s’empêcher de penser que tout cela n’était que la surface de l’iceberg. N’aimant pas la CCG ou la DRA, il misait un peu sur eux pour être les coupables de toutes cette histoire.

Maintenant qu’elle savait tout ça, il espérait qu’elle lacherait un peu l’affaire et retournera faire des trucs de filles de son âge, comme faire du shopping. « Tu devrais éviter de trop jouer avec le feu, je ne serais pas toujours là pour te sauver la vie. » Un sourire moqueur avant de recoiffer légèrement ses cheveux que le vent s’amusait à ébouriffer.


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Dim 22 Oct - 19:00



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La logique du mécanisme d’une drogue ne lui était absolument pas inconnue. Lui savait pertinemment que les études de médecine amenaient très vite à appréhender de tels phénomènes. Comprendre comment un camé fonctionnait aidait largement à savoir quoi faire pour rendre le sevrage et les symptômes d’un mauvais trip moins pénibles, sinon les anticiper dans la meilleure des situations. Milo était donc proche de la vérité mais tout continuait à leur échapper véritablement. Comment le comportement humain pouvait être déchaîné à ce point par un produit à une si faible posologie ? Qu’est-ce qui composait cette saloperie exactement ?

Rien qui n’encourageait un usage récréatif de la GG, ça c’était évident. Surtout pas entre amis, comme le soulignait avec une justesse cynique le chasseur. « Pas vraiment, non. » Sous un jour meilleur, voire totalement différent, elle aurait pu rire de ce trait d’humour. Mais elle n’arrivait pas à forcer le trait jusque là. C’était trop lui demander. Tout au plus l’ombre fade d’un sourire amer s’afficha brièvement sur sa bouche.

Le point de vue d’Hopkins sur tout ceci n’était pas dénué d’intérêt, elle devait le reconnaître ; mais il y avait trop de contre-sens que seuls des calculs adroits et des manipulations vertigineuses auraient pu justifier. Pour lui, le coupable était tout désigné et Joe fronça les sourcils à l’entente de son nom. « La CCG, mh ? » Ils étaient supposés maîtriser les espèces, pas les faire s’entre-tuer. SI la ghoul gist n’était pas une simple bavure de laboratoire, il devait y avoir une raison plus profonde à tout ça. « Si c’était ça, ça voudrait dire que le gouvernement saurait très bien ce qui a été lâché dans les rues de la ville. » réfléchit la jeune femme à voix haute avant de reprendre dans la continuité des paroles de Milo. « La Ghoul gist serait juste un moyen de nuire aux goules en leur faisant porter le chapeau ? » Le doute gagna sa voix. Les goules et les chimères étaient probablement loin d’être perçues comme l’égal de l’humain mais la CCG ne pouvait pas nourrir, recenser et aider les goules tout en les plaçant responsables d’une drogue létale et incontrôlable. Ca n’avait pas de sens, ça ressemblait exactement à ces théories du complot dont elle s’abreuvait parfois – et ça lui faisait presque un peu peur. « Et puis qu’est-ce qu’il arrivera à tous ceux qui ont pris de ce truc, ils vont finir en taule alors qu’ils ne savaient peut-être pas ce qu’ils faisaient ? » Jolene se tut finalement par crainte de s’emballer plus que de raison, refermant le dossier pour le reposer dans le coffre. Un silence alourdi par ces plans moroses sur la comète s’installa entre eux et durant lequel Joe eut l’impression d’être encore plus perdue qu’avant.

Le ton narquois du jeune homme lui fit redresser le menton, son regard harponnant le sien. « Je te remercie de tes conseils, mais je pense que je vais pouvoir me débrouiller seule maintenant. » Elle n’avait pas eu besoin de mettre une quelconque dose de fierté dans ses paroles, Joe avait jusqu’à présent toléré – peut-être apprécié – la sollicitude de Milo mais tout ceci s’arrêtait là. « D’ailleurs je vais pas t’embêter plus longtemps. » Marcher lui ferait du bien, enfin c’était ce qu’elle se persuadait de penser. La réalité lui donnait davantage envie d’appeler le premier taxi possible dès qu’il aurait quitté les lieux pour rentrer chez elle et s’enfermer à double-tour. Au lieu de ça, Joe allait déambuler dans les rues jusqu’à son appartement – la pointe d’orgueil qui sommeillait en elle refusait catégoriquement plus longtemps d’être aidée par quelqu’un qui était susceptible tôt ou tard de lui rappeler la datte implicitement contractée cette nuit. Elle ouvrit la portière et récupéra son sac à main avant de refermer celle-ci et de jeter un œil à son téléphone. L’heure tardive l’incita un peu plus à ne pas traîner. Ses yeux se relevèrent vers ceux de Milo et elle resta ainsi un instant fugitif, ne sachant tout bêtement pas quoi dire à ce garçon qu’elle n’aimait pas mais à qui elle devait maintenant une fière chandelle. « Je … te souhaite une bonne soirée ? » Elle-même n’y croyait pas complètement mais au moins c’était dit, se félicita la blonde alors qu’elle s’apprêtait à tourner les talons pour rebrousser chemin et repartir vers des rues plus fréquentées.
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Lun 23 Oct - 16:35


le preux chevalier
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Comme lui, elle voyait bien qu’il manquait des rouages pour comprendre le mécanisme de cette étrange machine. Cette drogue n’était en rien banale et les raisons de son existence était encore à trouver. Une énigme qui allait certainement prendre encore beaucoup de temps et qui n’aura peut-être jamais de réponses. Parce que si Milo est bien persuadé d’une chose, c’est de la capacité du gouvernement à cacher ses petits secrets. Bien sûr, il n’ira pas jusqu’à miser son âme, mais le blond avec effectivement l’impression que toute cette histoire est liée de près ou de loin à la CCG, seulement il était encore trop tôt pour l’affirmer. « Aucune idée, j’aime pas trop m’avancer sur des choses que je ne connais pas. » Ses mots semblaient éveiller une certaine curiosité chez la blonde, qui essayait tant bien que mal d’assimiler toutes les informations qu’il lui avait offert. Maintenant qu’elle en savait plus, Joe ne pourra pas dire qu’elle n’était pas au courant des risques encourus, quand elle se fera coincer à nouveau, bien que le chasseur doute que cela ait réellement un impact. L’insouciante continuera sûrement à prendre des risques incalculables pour résoudre une histoire qui ne possède peut-être même pas de solution. Cela dit, ce qu’elle fera par la suite ne le concernait plus, sauf si elle marchait sur ses plats de bandes comme ce soir.

Le moment de se séparer était venu et bien qu’il avait pensé la ramener chez elle, il remarqua que cette dernière semblait plus que pressée à prendre la fuite, si bien qu’il n’insista pas. Joe devait sûrement avoir l’estomac retourné après les photos qu’elle venait de voir, en plus des moults événements peu communs dont la nuit avait été ponctuée. De plus, Milo aussi était assez pressé de retrouver son lit et sa couette. « Ouais, bonne soirée, en espérant ne pas retomber encore une fois sur toi. » La jeune étudiante en médecine avait la fâcheuse tendance à se trouver là où elle ne devrait pas et encore plus étrangement sur le chemin de Milo. Seulement, à chaque fois, tout cela était accompagné de remarques et de cris, qui fatiguait le jeune homme. Si à l’avenir il pouvait éviter de la croiser, il ne sera pas contre.

Joe ne se fit pas prier pour s’en aller, tandis qu’il termina tranquillement sa cigarette, avant de refermer le coffre. Pris d’un léger vertige à cause de sa faim, il marqua un arrêt pour reprendre son souffle et prendre la route. Plus le temps passait, plus il se sentait faible, comprenant parfaitement ce que cela voulait dire : soit il trouvait de quoi manger, soit il allait mourir de faim dans les jours ou les semaines à venir. Néanmoins, il était trop tard ou trop tôt pour penser à ça, et alors que la coccinelle jaune repris la route du midtown, le soleil se levait au loin entre les buildings.


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