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 fringale nocturne | jaco

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Ven 6 Oct - 12:32


fringale nocturne
jaco veloso & milo hopkins
Le moteur de la voiture se coupa sur le parking mal éclairé et parfaitement désert d’un supermarché. Son poing heurta le volant de toutes ses forces, le tout accompagné d’un grognement féroce. Jamais il n’avait été aussi en colère contre quelqu’un, jamais il n’avait eu plus envie de s’en prendre à quelqu’un. Ce putain de scientifique avait clairement foutu sa vie en l’air et aujourd’hui plus que jamais il en payait les conséquences. Voilà bien trop de temps qu’il essayait d’ignorer cette faim de plus en plus présente, sachant éperdument que ce n’était qu’une question de temps avant qu’elle ne soit plus forte que lui. Comme pour l'alerter de l’urgence de se nourrir, son corps commençait depuis quelques jours à lui envoyer des signaux, le rendant de plus en plus faible. Se lever touS les matins pour se rendre au travail relevait presque d’un effort surhumain et inutile de parler de la chasse qui pour le coup s'apparenterait à l’ordre du miracle. Milo était à bout de force et chaque jour se montrait plus dur et interminable que le précédent, jusqu’à ce que l'inévitable n’arrive.

Alors qu’il discutait avec son petit frère en pleine révision de cours, ce dernier n’avait rien trouvé de mieux à faire que de se couper le doigt. Sa faim avait bien failli le dominer totalement et s’il n’avait pas trouvé la force de fuir, il aurait sûrement commis l’irréparable et dévoré son frère comme une vulgaire merguez. Cette idée le dégouttait autant qu’elle l’effrayait, Milo commençait déjà à perdre le contrôle, il était temps d’admettre le fait d’être devenu un monstre et surtout d’être incapable d’y faire face seul. Si la situation continuait ainsi, il y avait fort à parier  que cela allait se terminer dans un terrible bain de sang. Milo avait besoin d’aide, quelqu’un qui pouvait l’aider à se contrôler, sans pour autant mettre son secret en danger. Autrement dit, quelqu’un qui s’y connaissait, sans pour autant être trop proche de lui -ce qui éliminait directement Neptune ou n’importe quel autre chasseur d’ailleurs. Pluton devait trouver quelqu’un en particulier et c’était ce quelqu’un en particulier qui l’avait poussé à se rendre dans son quartier d’enfance, le east english village.

Préférant ne pas être vu, Milo avait préféré se garer à l’écart des rues plus fréquentées, à la recherche de la seule personne réellement susceptible de l’aider dans cette ville. L’idée ne le réjouissait pas et pour dire vrai, il avait même déjà envisagé une bonne centaine de fois de faire demi-tour. Seulement, s’il voulait boucler ce qu’il avait à faire, il lui fallait du temps et pour cela, il fallait réellement trouver une solution fiable et surtout apprendre à connaître cette nouvelle version de lui-même. Et qui de mieux placé qu’une chimère pour en aider une autre ? Les chimères étaient des créatures rares et pour dire, certaines personnes pensaient encore que cela n'était rien d'autre qu'une légende urbaine pour effrayer les adolescent qui trainaient un peu trop dans les rues. Il était si rare d’en croiser que même Pluton, chasseur depuis déjà un bon nombre d’année, n’en avait rencontré qu’une seule dans toute la ville. Un homme assez atypique qu’il connaissait vaguement et qui travaillait, aux dires de son véhicule, dans une pizzeria du quartier.

Milo n’arrivait toujours pas à se persuader que cela était une bonne idée, seulement le temps lui manquait. D’un pas pressé, il longeait les murs de ville, qui à cette heure-ci était déjà bien déserte, s'arrêtant régulièrement pour reprendre son souffle. Après peut-être dix minutes de marche, il gagna enfin l’enseigne dont le néons criard ne brillait plus. La pizzeria était fermée et pourtant une lumière était encore allumée en arrière boutique. A bout de force, Milo espérait sincèrement que cela soit l’homme qu’il cherchait, il le fallait, sans quoi il pourrait bien faire une énorme connerie avant l'aube. Son état était plus que pitoyable et il donnait, depuis quelque temps peine à voir. Discrètement, il se dirigea vers l’arrière cour, où se trouvait un homme et par chance celui qu’il cherchait.

Jaco Veloso se tenait simplement debout dans l’encadrement de la porte, s’occupant très certainement de la fermeture de la boutique. Pressé, et surtout fatigué par tout ce qu’il avait traversé, Milo se précipita dans la gueule du loup, sans même vérifier si ce dernier était seul. Essoufflé, il arriva au niveau du livreur de pizza et s’appuya maladroitement contre le mur humide.  « ... Salut. » Milo se trouvait définitivement bien pitoyable à devoir demander de l’aide à un presque inconnu, seulement il était forcé de constater que tout cela le dépassait complètement.  « Je… J’ai besoin d’aide. » Tenant à peine debout, il fixait le brun d’un regard qui en disait long sur son état de santé.


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Dernière édition par Milo Hopkins le Sam 7 Oct - 16:21, édité 1 fois
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Ven 6 Oct - 17:04



Douce et tendre torture ; voilà ce qu'il endure. Jacó n'a jamais été le plus brillant de sa classe, ou même de sa famille. Le compliment ne lui est jamais revenu, et depuis les années, la chose n'a toujours pas changé. Jacó  n'est pas de ceux à posséder un esprit aiguisé. Ce qui aurait du se trouver la tête a fait sa place dans le coeur, plutôt. Et il est grand, le coeur, trop peut-être, selon certains, et l'esprit, quant à lui, n'est pas assez pointu. La vie est une douce torture, alors. De ses narines, il sent les odeurs du passé mais ne peut y goûter. Jacó se fait violence volontairement, et cela depuis longtemps, déjà. Peut-être est-ce une torture complètement volontaire, car il se déteste parfois d'avoir accepté de participer à cette étude, d'avoir fait les choix qu'il a fait. Il est là, donc ; il est là depuis des mois, à travailler dans une pizzeria, à sentir l'odeur des ananas sur la pizza depuis des lustres et d'avoir le goût sur la langue et le grondement dans les tripes mais qu'une saveur de cendre, de merde, sur les lippes et les papilles, lorsqu'il ose croire et prendre une bouchée. Il fait mine de chouiner, à chaque fois. Il gronde et fronce des sourcils, et se force même à avaler, parfois, avant de vomir ses tripes, quelques heures plus tard.  
La torture est là, toujours.
Et pourtant, il ne part pas, et n'abandonne pas.
Jacó n'a jamais été le crayon le plus aiguissé de la boîte, après tout.
Le coeur sur la main - et partout autour, d'ailleurs- et la cervelle aux poubelles.
Alors il est là, ce soir. Ce soir et les autres, pour oublier et surtout pour aider. Le vieux cuistot a foutu le camp depuis près d'une heure, maintenant. Quelque chose en rapport avec un mal de ventre, et ses enfants qui étaient malade, dans la journée, et la chimère a souri et lui a dit de dégager, qu'il allait faire la vaisselle, et le rangement, et tout le reste, aussi, pourquoi pas, le restaurant est fermé, de toute manière.
Les écouteurs dans les oreilles, hungry like a wolf dans les tympans, Jacó a fini. La sueur lui coule un peu sur le long du dos, froide par la nuit, et son coeur bat un peu trop fort, dans ses tripes, de par les cafés pris dans la soirée. La caféine ne lui a jamais fait du bien, même lorsqu'il était humain, et pourtant, il ne peut s'empêcher d'en prendre, maintenant. La saveur ne lui plait pas particulièrement, mais elle est familière. Unique chose qui goûte comme elle sent.
La clé dans la serrure, il hume les paroles, la tête se secouant avec un peu trop d'entrain, certainement. Le café fait effet. Et le pied, lui, claque contre le bitume, presque au même rythme que le coeur. Les doigts tremblent un peu mais il sent le mécanisme qui se verrouie après quelques secondes.
Avant que son coeur ne se fasse la malle.
Avant qu'il ne frôle la crise cardiaque, pendant deux secondes.
- Fucking christ, qu'il jure, reculant d'un pas.
Jacó cligne des yeux, le palpitant puissant, dans la poitrine, tandis que ses pupilles s'adaptent et que l'oeil s'accroche à la carcasse qui s'est approchée. D'un mouvement brusque, il retire ses écouteurs et dans le silence de la nuit, il entend tout de même les paroles du chanteur, tendre murmure à côté de ceux de Milo.
La pupille est un peu agitée, le regard curieux, tandis que Jacó  dévisage le chasseur. Il essaie de comprendre ce qu'il fait là et surtout, pourquoi il a besoin de son aide. Il voit sa mine basse, son teint pale et sa posture chancelante. Les questions disparaissent, alors, comme les soupcons. Car Jacó a plus de coeur que d'esprit, c'est bien connu ; alors il s'approche de deux pas, et les sourcils froncés, le regard inquiet, il pose une main sur le front du gars, sans demander son avis.
- Ça va, mon gars ? T'as chopé un truc ? La main quitte déjà le front et Jacó s'approche encore, pour passer un bras autour de sa taille. T'es blanc comme un mort, tu devrais t'asseoir ou j'sais pas. Peut-être aller à l’hôpital ? Enfin non, peut-être pas. J'veux dire, si tu viens me voir, c'est surement que t'avais pas le choix ?
Il fronce des sourcils, tandis qu'il parle parle et parle, monologue un peu trop, car son coeur palpite toujours trop à cause de la caféine et que pour arranger la chose, l'adrénaline a pointé le bout de son nez. Jacó lui adresse un sourire de travers, presque gêné par son baragouinage, avant de le forcer à poser son cul sur une chaise abandonnée, surement sale, posée proche des conteneurs de poubelles. Avec de la chance, elle appartient à un sans-abris. Jacó se souvient l'avoir sorti du restaurant quelques jours plus tôt, car un gamin en avait fondre un peu le dossier avec le briquet de son père, s'ennuyant un peu trop. Elle sent pas la pisse de chat - ou d'humain - dans tous les cas.
- Pose toi, aller, qu'il dit pour rien, car il a déjà forcé l'autre à faire la chose. Il le dévisage dans la noirceur, les yeux grands ouverts, attentif. T'as besoin de quoi ? Si c'est de la drogue, j'te préviens, je connais pas de dealeur. Enfin si mais j'ai pas leur numéro et - bref. Dis moi.
Les genoux pliées, le visage à sa hauteur, trop près peut-être, Jacó attend sa réponse.

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Dim 8 Oct - 7:30


fringale nocturne
jaco veloso & milo hopkins
L’accueil de l’homme était contre toute attente plus que chaleureux et Milo n’était même pas certain de le mériter. Bien qu’il n’ait jamais tué une goule, il n’en restait pas moins un chasseur et la logique aurait voulu que Jaco se montre méfiant face à cette demande. Milo devait avoir l’air tellement pitoyable à ce moment précis que le livreur ne semblait même pas s’inquiéter que cela puisse être un piège de la part des chasseurs et se contenta de l’aider du mieux qu’il pouvait. A partir de cet instant, le jeune Pluton lui était déjà redevable, une idée qui ne l’enchaitait pas particulièrement, lui qui avait l’habitude de toujours se débrouiller seul -ce qui ne plaisait d’ailleurs pas toujours à son entourage. Se montrer faible était contre sa nature et s’il y avait existé une solution alternative, bien sûr qu’il ne serait pas en train de quémander tel un chien abandonné.

A bout de force et parfaitement incapable de répondre à toutes les questions du brun, il se laissait doucement glisser contre le mur humide, avant de sentir un bras le rattraper. Ses yeux se faisait de plus en plus lourds, tout comme son corps qu’il n’arrivait même plus à soutenir. Le visage mal éclairé de Jaco prenait des airs de bouée de sauvetage dans cette noirceur qui semblait obstruer son champ de vision et pour la première fois de sa vie, il devait s’abandonner à quelqu’un d’autre pour espérer s’en sortir. Tout en essayant de ne pas être trop lourd, Pluton se laissa guider jusqu’à la chaise qui traînait dans l’arrière cour. Sa respiration irrégulière lui coupait la circulation sanguine dans les jambes et son coeur battant de toutes ses forces dans sa poitrine lui donnait plus la gerbe qu’autre chose. Milo pouvait sentir dans ses veines quelque chose monter, quelque chose qui semblait vouloir le contrôler pour survivre et qu’il refoulait depuis bien trop de temps.

C’était peut-être à cause de son teint terriblement pâle, de la moiteur de son visage ou alors de ses cernes incroyablement violettes, mais Jaco semblait certain que Milo lui faisait une crise de manque, digne des plus gros junkie de la ville -ce qui y aurait été préférable dans une certaine mesure. « Non, ce n’est pas ça. » Inquiet, il se mordilla la lèvre inférieur, tandis que des larmes lui montaient aux yeux. Le désespoir se lisait sur son visage, tandis que le souffle de l’homme lui caressait le visage, comme pour l’inviter à se confier. Milo ne pouvait plus mentir ou fuir et à partir du moment où il le dira, sa vie ne sera plus jamais comme avant.  « Je… J’ai besoin de manger… J’ai rien mangé depuis que… Que... » Le dire était trop douloureux, si bien qu’incapable de terminer sa phrase, il pria pour l’autre comprenne où il voulait en venir. Le chasseur se retrouvait certainement dans la pire position du monde et espérait sincèrement que tout cela ne s’ébruitera pas par la suite. Que se passera-t-il quand ses monstres apprendront que Pluton est désormais comme eux ? Qui le comptera encore dans les rangs des chasseurs quand ils apprendront la nouvelle ? Est-ce que son propre frère et sa propre mère le rejetteront ? Que lui fera la CCG quand ils découvriront ce qui il est devenu ? Combien de temps encore allait-il pouvoir garder le secret ? Qui l’acceptera encore après ça ? Tant de questions qui lui trottaient dans la tête. « S’ils l’apprennent, ils vont me tuer... »  Dans un soupire, il plongea son visage dans ses mains étrangement glaciales, se demandant au fond de lui s'il ne ferait pas mieux de tout abandonner maintenant.


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Lun 9 Oct - 13:53


Les pupilles de Jacó sont dilatées, captivées. Il dévisage les traits de Milo avec attention, trop peut-être. Après tout, pourquoi devrait-il se préoccuper d'un chasseur de goule alors que lui-même en est une ? Mais le portugais n'est pas de ceux qui se posent des questions. L'esprit n'est pas aiguisé, après tout. Jacó ne déteste pas une personne pour les bonnes raisons ; il préfère mépriser les autres pour des stupidités qu'il ne peut même pas expliquer lui-même, avec le temps. Pour certaines personnes, il ne peut même pas dire pourquoi il ne les aime pas. C'est juste un sentiment qui est présent, dans ses veines. Quelque chose qui croît et qui bouillonne, qui lui fout les nerfs à vif et le fait serrer des dents à en avoir mal. Peut-être un instinct primitif ; il ne pourrait pas réellement le dire. Mais Milo ne fait parti de cette catégorie de gens. Peut-être le devrait-il ; si Rosie ou Alice, voire même Alex, savaient qu'il parle à un chasseur, elles rageraient certainement. Assez pour lui mettre des coups sur la tête et l'enfermer pour son propre bien. Jacó possède sa logique bien à lui, après tout. C'est qu'il est con, Jacó. Adorablement con.
Trop pour son propre bien, peut-être.
Mais pour l'heure, ça reste un avantage pour Milo qui tremble dans ses bras, comme s'il n'avait pas mangé depuis des jours. On dirait presque qu'il a sauté dans la Detroit River, à voir la tête qu'il tire. On dirait qu'il va mourir dans les minutes à venir, si Jacó ne le réchauffe pas entièrement. Mais la chimère ne bouge pas, le dévisage plus qu'autre chose, le visage tendu par l'inquiétude. Une part de lui a envie d'appeler une des filles pour qu'elle vienne l'aider, car les filles sont certainement plus maternelles que lui, mais encore là, l'idée de s'éloigner de Milo quelques secondes simplement pour faire un appel lui semble tout sauf bonne.
Alors, il reste là, les mains sur ses épaules, prêt à réagir en cas de problèmes, à écouter ses paroles.
- Oh non, qu'il dit surtout pour lui même, quand il voit les larmes qui se pointent et Milo, celui qui gronde, qui fait toujours le fier, grand chasseur, quand il le croise, sur le point de pleurer. Ça semble presque impossible comme vision, avec l'image que Jacó s'est fait du gars, et pourtant. Jacó grimace un peu, et porte maladroitement son pouce contre la joue du blond, pour essuyer la première larme qui tombe. Shhh, qu'il continue, bas, un sourire se voulant rassurant sur les lèvres. Ça va, Milo. Ça va.
Il est menteur, Jacó. Il dit ca va, mais il ne sait même pas de quoi il parle. Il ne sait même pas pourquoi les larmes sont là, pourquoi le corps tremble et pourquoi Milo est comme ça. Il aimerait pouvoir aider, mais au final, il est paumé.
Il serre un peu des dents, à se sentir impuissant, et essuie les larmes.
Milo parle encore. Jacó fronce des sourcils, plus fort, perdu.
- T'as pas de fric pour la bouffe ? Qu'il dit, pas forcément con, mais avec espoir, surtout. Il se doute, un peu, des non dits. Il désire simplement que ce soit autre chose. Mais ses yeux voient, et s'il n'a pas l'odorat pour sentir l'odeur de goule sur Milo, une part de lui, plus primitive, se doute de quelque chose. Les lèvres se pincent, de nouveau, et la chimère éloigne ses mains, tandis que le chasseur envoie son visage dans les siennes.
Il détourne les yeux ; il se sent mal d'observer la faiblesse de l'autre. Il a cette impression de pénétrer dans son intimité, alors qu'il connait peu de choses à son propos.
Le silence dure quelque instant, entre eux. Dans le coeur de la nuit, les klaxons résonnent, et des musiques claquent au loin. Les bars sont encore ouverts, et plusieurs s'amusent. Plusieurs, sauf eux. Le portugais lève les yeux au ciel, entre les deux bâtiments et dévisage les étoiles, bien qu'elles soient presque absentes, avec la pollution lumineuse. Il soupire à son tour, les lippes tordues dans une grimace triste, un noeud dans la gorge. La situation lui rappelle son propre passé, et n'apporte pas de sentiments agréables.
- J'suis désolé, mon gars, qu'il souffle bas, d'une voix lourde, tandis que ses yeux se tournent vers lui, de nouveau. Le dévisageant quelques secondes, il finit par poser une main sur son épaule et serrer, brièvement. Faut que tu bouffes, par contre. Sinon, ça va être pire.
Il ne dit pas pourquoi. Milo doit savoir, vu ce qu'il chasse. Il espère lui faire comprendre qu'il n'a pas le choix de manger. Jacó sait que la chose n'est pas agréable quand on a connu la vraie nourriture. Avec de la chance, Milo n'est pas une erreur, comme lui. Avec le temps, il apprendra à aimer la chair, contrairement à lui. Ça donne un peu de bonheur - ah, bonheur. la blague - dans son malheur.
La chimère se racle la gorge, les lèvres pincées. Il essaie de se servir de son esprit et ce malgré le fait qu'il n'est pas le plus habile, niveau neurone, pour aider l'autre. L'oeil se ballade dans la ruelle, avant de revenir se poser sur les traits de Milo.
- Faut manger, qu'il dit de nouveau, pour lui et pour l'autre, avant de se pencher de nouveau. Cette fois-ci, ses yeux sont noires et les pupilles sont rouges. La chimère dévisage l'autre dans les yeux une longue seconde, avant de lui adresser un maigre sourire. Au travers du faible rictus, les crocs apparaissent. Fais moi confiance, qu'il ajoute avant de porter son avant-bras à sa propre gueule. Les canines aiguisées s'y enfoncent et le goût de fer déferle contre ses papilles, le faisant grogner, une seconde. La saveur est atroce contre ses lippes, et Jacó ferme les yeux, une seconde, avant de retirer ses lèvres de sa chair. Contre sa mâchoire, une larme de sang coule, et il met la blessure sous les narines de Milo. J'ai pas de chair sous la main, faudra faire avec ça. Bois le sang, hein, me bouffe pas. Il approuve un peu plus son bras de son visage, la plaie se refermant déjà lentement. Bon okay c'est pas la meilleure des saveurs. Enfin j'sais pas, moi je goutte pas comme les goules, tu vois, j'ai pas été chimérisé - ça se dit, ou pas ? - au complet, mais les filles m'ont dit que la saveur était plutôt semblable à celle des humains niveau chimère donc ça devrait pas trop être dégueulasse. Il fronce des sourcils et va jusqu'à appuyer sa plaie contre ses lippes. Bois bordel, Milo !

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Mer 11 Oct - 12:13


fringale nocturne
jaco veloso & milo hopkins
Une main se posa doucement sur son visage pâle, séchant les quelques larmes qui se frayaient un chemin le long de sa joue. Un geste simple qui rappelait celui d’une mère pour son enfant et qui lui apportait un sentiment de réconfort et d’apaisement. Depuis son retour, c’était la première fois que quelqu’un se montra aussi doux avec lui et alors qu’il fermait les yeux en se laissant faire, il ne pouvait s’empêcher de se sentir incroyablement honteux et coupable d’en désirer plus. Jaco n’avait pas la moindre raison de se comporter ainsi, à vrai dire il serait même plutôt logique qu’il ne le fasse pas, mais c’était pourtant lui qui lui tendait une main dans ce sombre enfer. Conscient de déjà s’imposer à lui, Pluton ne voulait pas profiter trop de la gentillesse du brun, sachant pertinemment qu’il ne pourra sûrement jamais lui rendre la pareille. Presque à regret, Milo attrapa délicatement la main de l’homme pour la retirer sa joue et sans la lâcher il fixait les yeux sombre de celui qui cette nuit prenait des airs d’ange gardien.  

Jaco maintenant la conversation, tandis que lui combattait pour rester conscient. Chaque mot devenait une bouée de sauvetage auquel s’accrocher avant de sombrer dans les abysses. Milo avait attendu bien trop de temps avant de se nourrir et pour la seconde fois en peu de temps, il avait l’impression de sentir la vie quitter ses veines. S’il ne mangeait pas cette nuit, il ne verra sûrement pas l’aube et s’il ne l’avait pas compris, l’autre ne tarda pas à le lui faire comprendre. Le livreur de pizza avait fini par comprendre les non-dits, évitant au chasseur le fastidieux moment de la révélation. Milo voyait difficilement comment ça pouvait être pire, pire que la souffrance qu’il avait éprouvé en se transformant, pire que de sentir cette faim en lui, pire que d’avoir envie de dévorer son frère, mais en regardant l’autre ne pouvait que lui faire confiance à ce sujet. Si Jaco était réellement une chimère, alors il avait dû traverser toutes ses étapes et c’était peut-être ça qui le poussait à aider le chasseur.

Tant bien que mal, Milo essayait de ne pas tourner de l’oeil en fixant le brun qui cherchait sûrement une solution pour l’aider. De la confiance, voilà ce qu’avait demandé l’autre avant de planter ses crocs dans son propre bras, laissant échapper deux filets de sangs. Le genre de scène digne d’un film d’horreur qui laissait le jeune chasseur complètement paralysé. Pluton comprit rapidement l’idée de l’autre et bien qu’il trouvait ça profondément gentil, il ne pouvait s’empêcher de rester immobile à le regarder. L’odeur du sang l’appelait, il en avait terriblement envie et pourtant l’idée lui donnait plus envie de vomir qu’autre chose. Seulement, Jaco ne lui laissa pas le choix, pressant sa blessure contre les lèvres craquelées du plus jeune. Le goût du sang se fit sentir dans sa bouche et un sentiment presque immédiat d’apaisement se fit alors sentir. Le jeune homme qu’il était laissa place à un monstre humanoïde, mais à ce moment précis il n’en avait plus rien à faire.

Pour la première fois, Pluton avait quelque chose à se mettre sur la dent, un plaisir sans nom qui lui faisait le plus grand bien. Fermant les yeux pour apprécier la seule chose qui ressemblait à un repas depuis des lustres, il oublia même la présence de l’autre. Après quelques minutes, il relâcha le bras de l’autre, du sang partout autour de la bouche comme un enfant qui apprend à manger. La plaie de l’homme se referma doucement, tandis qu’il fixait le mur qui se trouvait devant lui, perdu dans ses pensées. Milo avait honte de ce qu’il venait de faire et commençait réellement à comprendre ce à quoi ça vie allait désormais ressembler. Parfaitement immobile, il resta silencieux un long moment, avant de finalement laisser échapper quelques mots de sa bouche.  « Tue moi. » Après tout ce qu’il venait de traverser, Pluton n’était plus réellement certain d’être capable de subir plus et bien qu’il ait déjà pensé un milliard de fois à se tirer une balle en pleine tête, il en était parfaitement incapable.


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Jeu 12 Oct - 20:40


Jacó observe, curieux, le coeur un peu brisé, aussi. Il sait, au fond ; il sait ce que c'est. Ce que l'autre vit lui rappelle les horreurs passés de sa vie. Ce qu'il a vécu, lui aussi. Les yeux fermés, le goût de vomir au bord des lèvres, lorsque les scientifiques le forçaient à manger ses premières bouchées. Il se souvient du goût du fer sur sa langue, la première fois. De cette envie de vomir qu'ils ne pouvaient pas expliquer, et de lui, qui se taisait, qui ne disait pas, surtout pas, qu'il ne voulait pas de cette chair. Combien de temps ? Combien de temps a-t-il passé à vomir dans les chiottes, les premières semaines ? À vomir chaque repas sans expliquer quoique ce soit. Il aurait pu mourir. Il a failli mourir. Les autres ne savent peut-être pas ; ils ne se parlaient pas réellement, à l'époque. Jacó souriait, dès qu'il rejoignait les autres créatures. Il faisait le paon, comme il a appris à faire, avec le temps. Il souriait tout le temps, avec chacune de ses dents, pour que l'on croit à l'absence de ses tourments.
Et ils y ont cru, évidemment.
Comme ils y croient encore maintenant.
Milo, lui, ne ment pas.
Jacó peut voir le fantôme des larmes sur ses joues, et la peur dans ses yeux maintenant noirs, tandis qu'il boit. Il a cette impression, le portugais, d'observer son propre reflet. De voir ce qu'il était autrefois sans masque ni barrière, sans mensonge ni frontière. De voir, simplement, les choses telle qu'elles sont. Et le coeur, évidemment, se prend un coup, face à la chose. Il avale difficilement, ne prend pas compte de la douleur qui lui lacère le bras et des crocs qui s'y enfoncent, également. Il n'y a que la douleur qui le prend par les tripes et les souvenirs vifs du passé, et un besoin étrange d'être là pour l'autre, alors qu'il le connait nullement.
Avec les mois, une seule information lui est parvenue ; son prénom.
Plutôt est devenu Milo, au final des rencontres, et par accident, bien évidemment. Mais Jacó se souvient et n'oublie pas. Le nom reste marqué à sa mémoire, précieux d'une étrange manière.
Peut-être qu'une part de lui savait ce qui allait arriver. L'instinct de la goule, de la chimère. Ou une connerie du genre.
Les lèvres quittent la chair, lentement. Jacó ramène son bras contre lui, essuie les larmes de sang contre son t-shirt sans trop se soucier de la chose. Il sent déjà la blessure qui se referme, lentement. Le dernier repas prit date d'il y a quelques jours, assez pour lui permettre la cicatrisation.
Il ne parle pas, cette fois-ci. Le silence reste dans sa gorge tandis qu'il dévisage l'autre. Même sans l'entendre, il peut percevoir la masse de pensées sombres qui virevoltent dans la tête de Milo. Jacó pince ses lèvres, et attend. Il se racle la gorge, une seconde, avant de retirer son briquet de sa poche, et une cigarette. Il l'allume et tourne son regard vers la rue, au bout de la ruelle. Depuis quelques minutes, aucune voiture n'a passé. Ils sont dans l'obscurité la plus totale, si ce n'est que de la maigre lumière au dessus de la porte de la pizzeria, à l'arrière. Elle clignote un peu, à l'occasion, et leur donne un teint bleu.
- Ah, qu'il souffle, en même temps que la fumée, lorsque Milo parle. Le regard de la chimère reste posé au loin, sur les poubelles, le bitume froid, la nuit, le noir, l'infini, et ne revient pas vers lui. Peut-être car il a un noeud dans la gorge, un peu de larmes dans les yeux. Jacó secoue la tête mollement, ramène la clope à ses lèvres, encore, et expire presque aussitôt. De l'une de ses godasses, il kicke un caillou. Je suis pas un tueur.
E en disant ces mots, cette vérité, Jacó tourne ses yeux vers lui. Le vert luisant de ses iris, touché par les larmes, cherche le bleu des siens. Jacó lui adresse un léger sourire un peu brisé, lorsqu'il capture son regard.
- J'serais jamais capable de tuer qui que ce soit, Milo, qu'il dit, presque comme une excuse, presque comme une confidence. Désolé.
Il détourne le regard, renifle un peu, pour retenir la merde qui lui prend par les tripes - les sentiments, en somme - avant de soupirer encore. Un rire sec, un peu vide, quitte ses lèvres, avant qu'il n'écrase sa clope.
- Tu sais, qu'il continue, en enfouissant ses mains dans ses poches, et en se rabaissant pour être recroquevillé devant lui. Il sourit faiblement ; C'est peut-être la merde, comme situation, et je te connais pas vraiment, on va pas se mentir. J'sais juste ton prénom, et encore. Mais mourir... je crois pas que c'est un truc pour toi, présentement. Vivre, c'est plus sympa, non ?
Et il sourit encore, évidemment, car Jacó sourit pour les gens, simplement. L'une de ses mains quitte ses poches pour ébouriffer ses propres cheveux, tandis qu'il cherche ses mots.
- C'est un peu la merde. Enfin, énormément. C'est carrément la pire merde de ta vie, ce truc. Mais vivre. Il marque un temps s'arrête, le souffle se coupant dans sa gorge, l'oeil cherchant quelque chose dans les siens, aussi. Vivre, ça vaut vachement la peine d'endurer des merdes, tu crois pas ? Même quand elles sont carrément merdiques car - car vivre, c'est - c'est un putain de privilège, quand même.

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Ven 13 Oct - 16:32


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La mort était certainement une issue facile, qui lui éviterait de devoir faire face à la suite et surtout aux autres. Milo ne pouvait pas se faire recenser pour des raisons évidentes, mais tuer pour se nourrir serait à l’encontre de ses principes. La seule fois où il avait tenté de trouver de la nourriture, son secret avait bien failli en prendre un coup et doucement il avait senti le piège se refermer sur lui. Bientôt, il devra faire des choix, des choix qui seront irréversibles et plus le temps passait moins il était certain d’en être capable. Depuis bien trop de temps, Milo ne vivait que par la chasse et avec le temps, cela était la seule chose qui le définissait réellement. Seulement, quand il se fera renier de son propre groupe, il se retrouvait sans but et parfaitement seul, une idée qui lui faisait terriblement peur. Pour la première fois de sa vie, Pluton n’avait plus la moindre idée de qui il était et qui il devait être. L’impression d’errer commençait à l’habiter, surtout qu’il doutait que cela s’améliore avec le temps, malgré les belles paroles de Jaco.

L’homme avait peut-être traversé des choses similaires, mais ne pouvait sûrement pas comprendre dans quel merde le chasseur se trouvait. Le pied coincé dans un piège il se mourait doucement, ne pouvant rien faire d’autre qu’attendre la sentence. Se battre, Milo avait l’habitude, mais jamais sans avoir un but et s’il perdait cette petite flamme, il ne voyait pas comment il pourrait trouver la force de continuer. « Vivre peut-être, mais pas survivre. » Parce que s’il ne trouvait pas rapidement une manière satisfaisante et envisageable de se nourrir, alors il vivra toujours avec cette peur au ventre. Celle de faire du mal à ses proches, celle de faire des conneries et finalement celle de devenir un monstre. Pluton, malgré le rumeur n’était pas un mauvais gars et préférait mourir qu’infliger cela aux autres. Seulement, il fallait croire que même la mort ne voulait pas de lui et visiblement, il devra continuer un peu plus longtemps à subir ce qu’il était devenu.

Dans un soupire qui en disait long, il se sécha maladroitement la joue avant de se frotter la cuisse un peu nerveusement. « Je suis censé faire quoi maintenant ? » Pour la première fois de sa vie, Milo n’avait ni le contrôle de la situation, ni de réponses à apporter. Un sentiment d’impuissance qui le rendait dingue, malgré le masque qu’il porte devant les autres pour cacher son secret. Jaco était la personne à qui il en parlait, mais aussi la première personne à le voir faiblir. Même pendant sa transformation il avait gardé la tête haute, malgré la douleur et malgré la peur. Seulement, il n’en restait pas moins un humain, qui plus est un jeune homme et comme tout le monde il pouvait fléchir à n’importe quel moment. De l'aide, il en avait besoin, mais était-il réellement prêt à l'accepter ?


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Sam 14 Oct - 22:39


La gorge se serre, malgré les tendres paroles. Jacó sait, pour avoir connu la chose. Il sait que l'esprit de l'autre est sombre à cet instant, et qu'importe la lumière qui s'offre à lui, cela ne fait qu'assombrir sa vision des choses. Les lèvres se pincent alors, après les paroles promesses, et Jacó attend sans un mot, le coeur au bord des lèvres. Il aimerait posséder une formule miracle pour apaiser ses pensées et lui donner un instant de répit, mais sait également que la chose n'existe pas. Les voeux ont beau être multiples, il n'est pas faiseur de miracles et sait également qu'ils n'existent pas. Mais le portugais sait une autre chose, également ; qu'au travers des pires horreurs restent présents des maigres lueurs. Que dans l'abysse la plus creuse de l'océan se trouve des poissons possédant des lueurs accrochées à leur sale gueule. Il sait que dans l'horreur, on peut trouver des bonheurs qui rendent le monde un peu meilleur.
Il espère seulement que Milo y aura droit également.
Il l'espère sincèrement.
La clope coincée entre les lippes, Jacó se laisse écoulé contre le mur de brique froid, aux côtés de Milo. Il le laisse se perdre dans son silence quelque instant, ne trouvant pas réellement de mots pour répondre à ses paroles. L'autre chimère peut bien croire ce qu'il veut ; la survie, Jacó l'a connu. Mais il n'est pas du genre à comparer sa vie à celle d'un autre, et dire que la sienne est plus triste, ou meilleure ou pire. Chacun à sa vision des choses. Certes, Jacó n'est pas un génie, ni même un cerveau, mais il sait faire preuve de respect et se taire lorsqu'il le faut, qu'importe les croyances populaires à son sujet.
La tête prend appui sur le mur tandis que Milo parle, de nouveau. Le portugais garde le silence, encore, un moment. D'une part car il ne sait pas réellement quoi répondre - il n'a jamais été celui à prendre les décisions, c'était plutôt le boulot d'Alice ou de Sal - et surtout car il ne se sait pas assez fort pour aider quelqu'un dans une pareille situation.
Mais Milo est seul.
Milo est seul, et il s'est tourné vers lui.
Le jackass pince ses lèvres brièvement alors, avant de prendre la parole.
- Tu veux une clope ? qu'il souffle simplement, de mots et de fumées, le temps qu'il trouve quelque chose de plus intéressant à dire. La tête se penche pour capter son regard, et il lui adresse un sourire minime, mais sincère. Pas de banane de bonheur, cette fois ; les sourires ne font pas tout.
Son regard se détâche rapidement du sien, et une main se pose contre l'épaule de Milo, serrant pour le rassurer.
- On va trouver, mon gars. Si c'est la bouffe qui pose problème, j'suis sur que tu peux venir à la maison. Les filles vont craquer pour ton regard de chien battu. Et Felipe, il dira rien. Ils sont OK ; on juge personne, dans la famille.
Peut-être devrait-il en parler aux filles, justement, avant d'ouvrir la porte de leur demeure à n'importe qui. Sal le surveillait toujours, autrefois, pour qu'il ne ramène pas toutes les âmes en peine du quartier. Mais Sal n'est plus là, maintenant, et Jacó a un creux dans le coeur et une bonté qu'il ne peut pas réellement contrôler.
Et surtout, Milo a encore le fantôme de ses larmes, sur ses joues, et le reflet des prochaines, dans ses yeux. Jacó a cette envie de le prendre dans ses bras et de le serrer fort, fort au point de lui broyer les os. Son regard lui rappelle celui que portait Felipe il y a quelques années. Lorsqu'il était encore plus enfant qu'homme, Lorsque ses larmes étaient muettes et ses cris aussi, et qu'il ne comprenait rien à la vie.
Milo lui rappelle un gamin perdu et égaré sur le point de se casser.
- File moi ton portable, j'vais te donner mon numéro de téléphone, qu'il conclut, agitant les doigts de l'autre main, la clope collée aux lippes. Et tu m'appelles, hein. N'importe quand, n'importe quelle heure. J'suis sérieux. Je déconne pas.

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Mar 17 Oct - 7:03


fringale nocturne
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Le silence en réponse à sa question était plus que parlant et bien qu’il s’en doutait déjà, le chemin sera encore long avant de pouvoir enfin sortir la tête de l’eau. Si Jaco semblait s’être accommodé à sa nouvelle nature, lui vivait encore dans le déni le plus total, refusant d’accepter son sort. A ses yeux, Milo n’était plus qu’un monstre ou du moins une chose vouée à devenir un monstre, tout cela n’était qu’une question de temps. Et pourtant, il refusait de se donner la mort, comme n’importe quelle créature vivante dotée d’un semblant d’instinct de survie. Et pourtant, il le sait, un jour il regrettera de ne pas avoir été capable de le faire lorsqu’il en était encore temps. Cependant, une part de lui voulait y croire, croire qu’il serait capable de garder le contrôle, que sa volonté aura toujours le dessus. Dompter la bête était la seule chose qui lui restait à faire et pour cela, même si cela ne lui faisait pas réellement plaisir, il avait besoin de quelqu’un, quelqu’un comme lui, quelqu’un comme Jaco. Il ne le connaissait certes pas beaucoup, mais suffisamment pour savoir qu’il était le mieux placé pour l’aider dans cette situation -du moins, le mieux placé dans les gens qu’il connaissait de près ou de loin.

Sans rien rajouter, Milo passait sa langue sur ses lèvres, savourant les dernières traces de sangs, avant de s’essuyer la frimousse. Il ne préférait même pas imaginer la tête qu’il pouvait bien avoir avec ce rouge étalé jusqu’à sous ses cernes violines. « Je veux bien. » La proposition tombait à pique, fumer en plus de le détendre, était une des rares choses qui le rattachaient réellement à son ancien lui. Allumant la promise entre ses lèvres rosées, il balança la tête en arrière pour regarder le ciel légèrement étoilé, dans un silence paradoxalement aussi pesant qu’apaisant. Seuls les mots de Jaco se frayaient un chemin dans cet épais nuage. Comme depuis le début de la conversation, celui-ci se montrait extrêmement généreux et bien que le chasseur aurait préféré refuser autant de bonté qu’il ne pourra jamais rembourser, il savait qu’il n’en avait tout bonnement pas le choix.

La main sur son épaule se voulait rassurante, tandis qu’ils parlaient des autres, ceux qui étaient comme eux et qui vivaient désormais tels des marginaux. Un jour, peut-être que Milo sera obligé de les rejoindre, mais pour le moment il avait simplement besoin de leur aide. Soupirant un peu, il glissa la main dans la poche de sa veste et attrapa son téléphone pour le donner au brun. « Tiens. » Les deux étaient désormais liés à jamais et Milo ne savait toujours pas si c’était une bonne idée ou pas de faire confiance à cet homme. Après tout, il prenait des risques en révélant son secret à un presque inconnu, encore plus quand on savait qu’il était lui-même un chasseur. « Ca peut rester entre nous ? » Une question qui sonnait plus comme un ordre, tandis que le blond se relevait pour lui faire face.

Ses yeux scrutaient ceux de l’homme, cherchant à sonder sa fiabilité, seulement seul le temps pourra lui livrer cette réponse. Après quelques secondes à le fixer, Milo jeta son mégot au loin avant de replacer correctement sa veste. « Je dois y aller, mon frère m’attend. » Enfonçant ses mains dans ses poches, il s’éloigna de l’autre pour retourner dans la rue, à la lumière des réverbères. Quelques pas plus tard, il se retourna presque hésitant en direction du plus âgé. « Merci. » Cracher ce mot n’était certes pas facile et pourtant on pouvait sentir une sincérité immense dans ce simple mot. Jamais il ne s’était aussi redevable envers quelqu’un et surtout il n’était pas certain d’avoir connu un acte aussi généreux dans sa vie de la part d’un presque inconnu. Puis, sans laisser le temps à l’autre de répondre, il reprit la direction de sa voiture.


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