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 GHOST OF THE PAST (JOE)

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Lun 9 Oct - 12:50


Entre les doigts de l'homme, une cigarette. Leonard a cessé de fumer depuis quelques années déjà mais certains jours comme aujourd'hui, il se permet de faire exception, pour contrôler ses nerfs. Ses iris sont fixées sur la route tandis que le véhicule circule dans les rues de Eastside vers une direction précise. À certains instants lorsqu'il se stoppe à un feu de circulation, Leonard tourne son regard vers la carte routière sur le banc passager - il ne comprend toujours pas l'utilité du GPS - et situant rapidement les prochaines rues à prendre, il continue sa route. La radio ne hurle pas de chansons populaires, pour une fois. Rhea n'est pas là, après tout. Absente depuis quelques jours, peut-être malade. Leonard n'a pas demandé à savoir, même si les questions restent présentes, à son esprit. L'homme apprécie les moments de solitude, bien qu'il n'aime pas qu'ils durent trop longtemps ; il est confortable avec sa propre personne, assez pour ne pas se sentir totalement seul, et dépourvu sans un autre. L'habitude est présente, aussi ; il ne peut le nier. Mais l'absence de sa partenaire éveille un stress, dans ses nerfs ; ses paroles infinies ne sont pas là pour le distraire, et l'esprit est beaucoup trop préoccupé par une chose. Une personne.
En temps normal, Leonard n'aurait pu fouillé dans les archives. En temps normal, il se serait contenté de demander à Rhea d'aller une information pour lui, premièrement pour avoir quelques minutes de répit, mais aussi car il déteste la pièce poussiéreuse des archives. Mais Rhea n'était pas là, cette journée là, et l'inspecteur a du se rendre lui-même pour fouiner dans les multiples documents.
C'est là qu'il a vu le nom de l'homme ; les souvenirs sont certes flous, et les visages du passé bien nombreux, mais l'homme a gardé une place, dans son esprit. Peut-être car ils ont rejoints les rangs la même année, ou alors car Leonard n'a considéré comme un ami, pendant le peu de temps où ils se sont côtoyé. Leonard ne sait pas réellement, et ne cherche pas à savoir. La curiosité a été atteinte, face aux multiples documents aux informations rayées en noir, disparues.
Quelque chose, dans ses tripes, lui a fait croire qu'il y avait un problème, et Leonard n'est pas de ceux qui hésitent quand ses tripes lui envoient un message.
Alors, il est là.
Aujourd'hui, un dimanche où il devrait se reposer, il est là.
Le moteur cesse de tourner quelques instants après qu'il se soit stationné. Le regard se tourne vers le bâtiment où se trouve de multiples appartement, et l'agent du CCG sort du véhicule. Il reste une seconde à côté, fume sa cigarette une dernière fois, avant de l'écraser de sa botte. Puis, il dévisage l'adresse et celle sur ses documents, avant de fermer la porte derrière lui, et de monter les escaliers.
L'homme ne cherche pas la sonnette, tente plutôt directement la porte ; un rictus plane sur ses lippes lorsqu'elle s'ouvre, et il pénètre le long couloir. Il parcourt les étages d'un pas grinçant, dévisage les numéros sur les portes, avant de se stopper. L'oeil reste attardé sur le numéro quelques secondes, avant que les doigts ne s'écrasent contre la porte une fois, deux fois, trois fois.
Lorsque la porte s'ouvre, il rencontre un regard familier, mais étranger. Leonard adresse un signe de tête sec comme salutation et par habitude, sort son badge du CCG.
- Inspecteur Leonard Rosen, qu'il dit d'une voix monotone, mais chaleureuse. J'aurais quelques questions à vous poser, mademoiselle Pearson. Je peux rentrer ?
Son regard quitte son visage, pour structer l'intérieur de l'appartement. Il voit, brièvement, quelques traineries un peu partout, et dans une pièce proche, la chambre certainement, un lit aux couvertures entremêlées. Peut-être l'a-t-il réveillé. Brièvement, il jette un regard furtif à sa montre, pour voir qu'il n'est que 8h22 du matin. Les lèvres se pincent.
- Il est tôt. Pardonnez moi. Voulez-vous que je repasse plus tard ?
L'homme est réveillé depuis plusieurs heures déjà, par habitude. Il lui arrive parfois d'oublier que ce n'est pas tout le monde qui se lève à l'aurore.

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Mar 10 Oct - 17:18



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Toc toc toc. Trois coups qui vinrent mettre fin à son repos sans rêve, sa trève silencieuse et personnelle.

Pendant quelques fractions de millisecondes, l’esprit a cru à un subterfuge, une vue de l’esprit - ou plutôt une hallucination auditive. Est-ce qu’elle avait rêvé cette intervention ou y avait-il réellement quelqu’un de l’autre côté de la porte qui l’appelait ? Les gens avaient rarement besoin d’aide le dimanche. Ca n’avait rien d’un rêve, et ses membres s’éveillaient déjà peu à peu, fourmillant sous l’agitation progressive sous les draps.

Le sommeil du juste l’avait quittée une bonne fois pour toutes quand Joe ouvrit grand les yeux, le plafond d’un blanc net en guise de paysage. Visiblement trop épuisée par la veille, elle n’avait pas pris le temps de tirer les rideaux ni même de fermer les volets, aussi le soleil avait déjà pris ses quartiers dans la chambre à coucher.

Elle sauta hors du lit, chercha à tâtons un pull trop grand pour retrouver l’ersatz de chaleur qu’elle venait de quitter, les yeux encore faibles face à la lumière dominicale. Ses pieds la menèrent maladroitement jusqu’à la porte et lorsqu’elle l’ouvrit, l’étudiante en médecine tomba nez à nez avec un homme complètement inconnu au bataillon.

L’interne faillit aussitôt lui signaler d’une voix enrouée, avant même qu’il n’ouvrit la bouche, qu’il avait du se tromper d’appartement. Ce n’était pas le genre d’individus qu’elle avait pour habitude de recevoir chez elle et surtout, pas à huit heures et demi du matin pendant un jour off. Qui plus est, à en juger par l’allure tirée à quatre épingles et le visage sévère du sexagénaire qui l’observait sans jugement apparent, Jolene avait toutes les peines du monde à le prendre pour un démarcheur quelconque.

Il avait du se tromper, oui – sauf que non. Les mots coulèrent de sa gorge, respectueux mais sans détour. Inspecteur. Leonard Rosen. Ses pupilles captèrent le logo qui s’étalait sur la carte brièvement tendue – inspecteur du CCG. Instinctivement, la colonne vertébrale de la blonde s’était sensiblement hérissée. Elle n’avait absolument rien à se reprocher, mais cette visite de courtoisie ne lui inspirait aucun présage de bon augure. Que fichait un agent du comité de contrôle des goules chez elle ? Pourquoi venait-il l’interroger ? Et si ça avait rapport avec la Ghoul gist ?

La panique était telle et soudaine dans le subconscient de la jeune femme que celle-ci en oublia tout son sens de la politesse. Le corps paralysé, la main étroitement serrée sur la poignée, elle demeura muette pendant une seconde trop longue, étirée comme du chewing-gum, devant donner l’impression d’avoir un léger retard mental avant de finalement se reprendre dans un regain d’énergie. « Je … Non non, je vous en prie, entrez. » Où trouvait-elle au juste la force de rester si aimable et sereine ? Nulle idée, mais Joe laissa donc le champ libre au loup d’entrer dans la bergerie – voilà pour le moment le camp défini pour ce fameux Leonard Rosen.

Elle se sentait soudainement bête. Laisser libre court à son anxiété sans justification était le meilleur moyen de se rendre suspecte. Cet inspecteur n’avait visiblement aucune attitude agressive ou méfiante, et si elle avait vraiment eu quelque chose à craindre, il ne fallait pas sous-estimer la capacité du CCG à intervenir bien plus tôt et bien moins pacifiquement. Relax, Joe. « C’est à quel sujet ? Quelqu’un dans le voisinage a disparu ? » Tenter de faire la conversation comme on pouvait, c’était inhabituel pour elle qui ne connaissait que des agents comme Kate, bien plus avenants que cet homme pour le moins … Pas sinistre, non, mais plutôt intimidant. Elle songea en allant jusqu’au salon qu’il devait être le type de personnes à qui on ne parvenait pas à mentir bien longtemps. « J’en ai pas vraiment entendu parler si c’est ça, vous savez, je suis plus souvent à mon travail qu’ici. » Elle ne savait même pas si ses voisins la connaissaient de vue.
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Sam 14 Oct - 20:28


Il prend le temps de l'étudier, pendant cet instant de silence. Le regard sombre de Leonard s'attarde sur les traits de la jeune femme, souligne les traces de fatigue pour s'attarder sur les tâches de rousseur qui dansent, et finalement se déposer sur son regard. Un regard familier, presque trop peut-être, qui lui rappelle des souvenirs. Non pas qu'ils soient nombreux, mais l'écho de quelque chose fait apparition dans ses tripes, comme le fantôme d'autrefois, et Leonard ne peut que froncer des sourcils, embêté. Il n'est pas du genre sentimental, et ne croit pas que l'élan d'émotions le soit ; c'est autre chose, plutôt. Un présentiment, voire même un avertissement. Une part de lui-même, plus primitive, l'avertissant que quelque chose se répare, et qu'il devrait faire attention. Avec les années, l'inspecteur a appris à faire confiance à ses impressions.
Il reste, donc ; attend sagement que la petite blonde prenne la parole.
Lorsqu'elle l'accueille dans l'appartement bordélique, l'inspecteur la remercie d'un hochement de tête avant de pénétrer. L'oeil, toujours, dévisage les environs à la recherche d'une chose qu'il ne connait pas lui-même, avant de recevoir sur ses traits, lorsqu'elle parle. Leonard l'écoute en silence, attentif à chacune de ses expressions. Il la suit d'un pas lent, sans la brusquer, bien que ses yeux, eux, sont tous sauf délicats. L'homme intimide, par ses silences et son apparence.
Il remarque que ses doigts tremblent, comme le timbre de sa voix. L'inspecteur se pince les lèvres un instant, avant de lui sourire poliment, lorsqu'elle s'assoit enfin.
- N'ayez crainte, mademoiselle Pearson. Rien de grave est survenu dans votre voisinage. Je viens vous voir à un tout autre sujet, qu'il dit, calme, trop peut-être, tandis qu'il s'assoit lentement. Son regard parcourt l'endroit avec attention, trop encore, avant de se poser sur son visage. Sur les murs, il n'a vu aucune photo de l'homme. La chose lui apporte un étrange sentiment. Mais après, peut-être que de nos jours, les gens ne mettent plus de photos de leur proche sur les murs.
Leonard ne sait pas réellement.
Un silence, puis il se racle la gorge, avant de continuer. Une part de lui a envie de demander un café, mais il reste tout au moins poli.
- Votre père a travaillé un temps un Département de recherche sur les ajins, n'est-ce pas ? qu'il dit sans prendre de détour, sans s'attarder sur plusieurs chemins. Certains le trouvent trop brusques, voire même malpolis. Mais qu'importe; Leonard n'a jamais appris à jouer du violon, et s'il en tient un entre ses doigts, les notes ne sont pas mélodieuses. Il se contente de taper du pied, pour suivre le rythme. Puis, il continue : J'espère avoir ses coordonnés. De nombreuses informations au sujet de ses recherches sont manquantes dans les registres de l'entreprise et cela nous pose problème.
Un mensonge, le premier de la journée. Leonard ne cille pas, et ne sourit pas. Il dit la chose simplement, sans aucun inconfort. Pas qu'il le fasse régulièrement, mais car il se doit de le faire, simplement.

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Mar 17 Oct - 17:54



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Le moins que l’on pouvait dire, c’était que Joe se sentait épiée, sinon observée. Les yeux clairs de l’homme auscultaient le moindre geste, la moindre trace de para-communication qu’elle pouvait laisser échapper plus ou moins contre son gré. Pour autant, les paroles de ce visiteur impromptu paraissaient vouloir prouver sa bonne foi, ou plutôt l’absence d’intention néfaste. Joe était prête à le croire, mais la méfiance était de rigueur face aux autorités actuelles. Elle n’était pas franchement irréprochable – Kate avait beau la sauver en la récupérant de justesse après chaque manifestation qui tournait mal, la goule ne pouvait pas tout tenter pour protéger Joe de ses accès d’imprudence. Et c’était manifestement normal puisqu’en tant qu’adulte supposée responsable, Jolene avait tout un tas d’autres choses à penser qu’à ruiner son avenir à coups de passages au commissariat.

Il ne s’agissait pas d’une affaire de voisinage, loin de là ; c’était elle seule qui se trouvait concernée. La tension continuait de progresser, fourmillant dans tous ses membres. « Ah ? » qu’elle fit remarquer, pas vraiment convaincue de devoir être rassurée par ce ‘tout-autre-chose’ dont on lui parlait sans rien préciser.

Que Joe se rassurât, Leonard ne faisait pas partie de cette catégorie de personnes qui aimait tourner autour du pot. Le sujet arriva très vite sur la table et il était tout sauf ce à quoi elle aurait pu penser. Son père. On avait sonné chez elle un dimanche matin pour avoir des informations sur son putainde père. Incroyable, surtout vu le nombre d’années depuis lequel personne ne lui en avait reparlé. Elle acquiesça à la première question avec un temps de retard, et pour cause. « … C’est exact, oui. » A travaillé ? Il n’y était donc plus, première nouvelle. Cette conjugaison au passé aurait pu rassurer Jolene mais au contraire, sa moue s’était assombrie. Les réminiscences d’Oliver et de son choix stupide, celui d’abandonner sa famille au nom d’une cause plus grande – trop grande, trop mystérieuse – lui revenaient et des années après, l’interne réalisait qu’elle n’avait toujours pas digéré cette brutale coupure avec lui. Ce qui ne voulait pas dire qu’elle souhaitait le revoir maintenant qu’il avait démissionné, ça non. Il avait voulu partir, elle lui facilitait les choses en disparaissant de son existence. C‘était comme s’il n’y avait jamais eu d’enfant Pearson, après tout.

« Désolée, je ne peux pas vous aider. » Sa voix aurait aimé se faire moins froide et moins distante mais le mal passé était fait, impossible de revenir en arrière pour tout effacer. Ses mots se radoucirent alors que l’étudiante semblait prendre conscience que les conflits intérieurs d’opinion entre elle et son paternel n’étaient pas le genre de choses qu’on exposait à un inspecteur de police. « Je n’ai plus de contact avec mon - avec lui depuis qu’il est parti travailler là-bas en fait. » Elle s’était déjà levée, se dérobant à son regard et à ses attentions prêtes à saisir au vol le premier signe de faiblesse, la plus petite miette d’intimité fragilisée dans ses yeux. Déjà Joe se réfugiait vers la cuisine, plus particulièrement la cafetière qu’elle remplissait à la hâte d’un volume honorable de marc et d’eau pour déclencher le bouton de marche, le grésillement de la machine emplissant la pièce d’un doux fond sonore.

Elle ressortit de la cuisine, un plateau en main chargé de deux tasses dépareillées, une petite bonbonnière remplie de sucre et une verseuse remplie d’un breuvage aussi fumant qu’obscur. Le temps de faire ce café lui avait suffit à repousser la contrariété anxieuse qui avait commencé à redessiner les traits de son visage. « D’ailleurs je ne savais même pas qu’il ne faisait plus partie de la DRA. » Elle se força à adresser un sourire qui marquait la surprise cynique d’apprendre d’un inconnu les dernières nouvelles de son géniteur. Le plateau fut posé sur la table, Joe s’asseyant de nouveau pour faire face à l’inspecteur. « Excusez-moi mais … Vous le connaissez personnellement ? » Pouvait-elle se permettre de poser à son tour une question à celui qui avait pour coutume de sûrement bien mieux mener les interrogatoires et en reprendre aussi sec les rennes lorsqu’on cherchait à les lui ôter ? Risqué. Mais qui ne tentait rien n’avait rien.
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Dim 22 Oct - 13:53


Le regard de l'homme a beau être clair, il n'y a qu'une noirceur profonde, lorsqu'on ne le connait pas - et lorsqu'on le connait également. Il n'est pas rare, après tout, que les agents du CCG et du DRA face cet effet aux gens. Il suffit de voir Mademoiselle Pearson. L'Inspecteur Rosen ne se sent pas directement froissé par ses paroles froides et ses airs presque colériques, bien que calmes, tandis qu'elle répond à ses quelconques questions. Il sait que les agents ne sont pas souvent appréciés par le peuple, au même titre que les policiers. Qu'importe si Leonard a changé de métier avec les années, la comportement des autres envers sa personne n'a, contrairement au reste, pas réellement changé. C'est seulement lorsqu'il a été détective privé qu'ils osaient plus venir vers lui, et qu'ils le voyaient sous un autre oeil. Mais encore là ; certains se méfiaient encore de lui. Chose que Rosen peut parfaitement comprendre. L'homme doute qu'il se ferait lui-même confiance, être une toute autre personne. La loi est souvent tyrannique, après tout, et les hommes la faisaient respecter perdent souvent après les années leur empathie.
Alors non; l'inspecteur Rosen ne prend pas les gestes ni les airs de Jolene Pearson personnel. Au mieux, il les comprend, et au pire, il les prend en note dans son esprit. Ne s'étonne guère de comprendre à demi mesure que la jeune femme ne porte pas particulièrement son paternel dans son coeur, et que l'affaire, si elle lui semblait simple au premier abord, prend une tournure étrange.
Alors, il reste sans mot. Leonard n'ouvre pas la bouche et reste sans mouvement, lorsqu'elle disparaît un instant pour ensuite revenir avec le café. Si la chose lui apporte une certaine surprise tout comme un bonheur dissimulé, il ne le dévoile guère.
- Merci bien qu'il répond simplement d'un ton monotone, sans prendre ni sucre ni lait, n'aimant que son café noir et amer, un peu comme il est, comme dit Myung à certaines occasions. Et comme l'on dit plusieurs de ses partenaires - autant au travail que dans sa vie - également.
L'inspecteur Rosen souffle doucement sur son café avant de prendre une légère gorgée, puis le dépose sur la table. Quelques secondes se sont écoulés depuis la question de la jeune femme, et il semble réfléchir à comment lui répondre.
Il décide d'opter pour la vérité. Autant limiter ses mensonges.
- Non, qu'il souffle simplement, tout en croisant son regard. J'ai croisé votre père à mes débuts du DRA, la même année où il y est entré. C'est la seule raison pour laquelle je me souviens de lui. Quoique je ne pourrais pas vous dire à quoi il ressemble.
L'instant suivant, sa main s'enfonce dans la poche de son veston. Il en sort un vieux calepins de note ayant certainement vu des meilleurs jours. Quelques tâches de café s'y trouvent, et de nombreuses pages ont été arrachées, avec le temps. Lentement et avec délicatesse, il ouvre le cahier et cherche une page précise ; celle où l'homme a écrit ses notes.
- Votre père n'a travaillé que quelques mois au DRA, avant de quitter son emploi. Son dossier précise qu'il a quitté pour de raisons familiales, précisément en rapport à une certaine Jolene Pearson.
Quittant le papier des yeux, il la fixe, une seconde. Puis, il retourne à son cahier, et continue.
- L'information est fausse, donc. Pourquoi votre père aurait-il menti ? Avez-vous une idée de l'endroit où il a pu se rendre ?
Pour le moment, Leonard tait l'hypothèse en rapport avec le DRA. Bien qu'elle reste la plus évidente.

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Mer 25 Oct - 14:38



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Elle hocha simplement la tête en guise de réponse, les politesses n’étant agréables que lorsqu’elles n’étaient pas excessives. Même si cet inspecteur était encore bien trop mystérieux et sur la réserve pour qu’elle puisse seulement déterminer si sa présence dans son appartement était une bonne ou une mauvaise chose, Joe n’allait pas feindre des courbettes en priant pour que le brosser dans le sens du poil le fasse rapidement repartir.

De toute façon, la tournure de la discussion semblait bien mal dirigée pour que l’entrevue imprévue s’achève rapidement. Rien qu’à sa première réponse, la blonde semblait déjà avoir échappé aux certitudes prévues par son interlocuteur – c’était l’impression qu’elle croyait interpréter avec justesse aux quelques minuscules signaux qu’elle peinait à saisir. Le subconscient de l’étudiante n’était pas vraiment confiant dans ce qu’il avançait mais qu’importait. Apparemment, elle aurait du être la source de toutes les explications que Rosen était venu quérir ici.

Sa main droite vint piocher sa tasse remplie d’un café fumant dont elle engloutit une longue gorgée, sans toutefois lâcher du regard le sexagénaire. Par peur de rater un détail – un battement de paupière qui l’aurait trahi, un pli au coin de ses lèvres. Quoi que ce soit. Ses iris rentrèrent en contact avec les siennes, limpides, et Joe se força à ne pas détourner les yeux alors qu’elle apprenait que l’homme face à elle avait connu Oliver Pearson à son arrivée au DRA, ce foutu DRA qui avait fait exploser la quiétude familiale. « Vous ne travailliez pas ensemble, alors ? » Là-dessus, elle n’espérait pas vraiment obtenir beaucoup d’informations, pas persuadée que tout ceci ait suffisamment de lien avec son père pour être éventé.

Entre ses mains, la chaleur du café lui procurait un simulacre de réconfort mais la blonde faillit renverser la moitié du contenu à terre quand Leonard reprit la parole. Atterrée, ses yeux écarquillés parlaient bien assez pour elle. Oliver aurait pu abandonner son métier pour bien des raisons mais s’il avait été question de remords familiaux, ils n’en seraient évidemment pas là aujourd’hui. « Bien sûr que c’est faux. Si j’avais eu des nouvelles de mon père … » Un silence, puis un soupir profondément ennuyé. « On pensait qu’il ne pouvait rien nous dire une fois qu’il travaillerait là-bas. Et je vous avoue que je n’ai pas cherché à échanger avec lui par la suite. » Autant être honnête sur sa conception de la vie professionnelle dans un tel schéma ; travailler dans la recherche, quelle qu’elle fut, impliquait bien souvent une confidentialité dont les limites étaient parfois plus vastes qu’on ne se l’imaginait.

Quant à savoir ce qui avait poussé son paternel à mentir, Jolene haussa les épaules d’un air désabusé. « J’en sais rien. Il voulait peut-être changer de vie. » Elle sirota un peu de café avant de proposer, aussi dubitative que cynique. « Si ça se trouve il s’est retrouvé une femme et il coule des jours heureux à l’autre bout du continent. » Au fond d’elle, elle avait du mal à croire que son géniteur eut pu aller aussi loin dans la malhonnêteté. Ce n’était pas son style et ce n’était pas comme ça qu’il l’avait élevée. « Les démissions n’existent pas au DRA ? Si ça se trouve, il en a juste eu marre. » Son sourire se fit pour la première fois presque sardonique. Elle restait courtoise mais n’en pensait pas beaucoup moins au sujet de cette organisation que le gouvernement tentait tant de rendre si inoffensive et bénéfique. Pour elle, c’était du pain qu’on donnait à manger à tous ceux et toutes celles qui voulaient benoîtement en goûter.
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Mar 7 Nov - 18:26


Les mains se réchauffent contre la tasse du café. Le regard, quant à lui, ne quitte pas celui de la jeune femme. Si elle le dévisage sans aucune subtilité, Leonard soutient son regard par respect et pour lui montrer qu'il n'est pas là pour mentir. Ou alors, pas totalement. Certaines choses restent muettes, après tout. Il se tait simplement, et ne dit pas tout. Les secrets des agences ne sont pas, après tout, dévoilés à n'importe qui. Et si l'homme commence à légèrement froncer des sourcils face à certaines choses, il ne compte pas en parler à tout va. Leonard ne s'affole pas pour peu. Il garde son calme ; c'est la chose à faire, dans la plupart des cas. Et si le problème - si problème il y a - devient réellement majeur, alors il avisera. Mais pour le moment, l'inspecteur se contente de s'informer. Il comble sa curiosité ou du moins, essaie avec les maigres informations qu'il possède. Et si les choses se règlent d'eux-même, tant mieux.
Dans un cas contraire, il verra sur le moment.
Pour l'instant, il boit son café et observe la jeune femme, et écoute ses paroles avec attention. Les informations vont se classer dans son esprit et il garde le plus important en mémoire, tout en hochant de la tête.
Silencieux et à l'écoute, il la laisse parler et poser ses questions, comme répondre aux siennes, avant de laisser planer un certain silence.
Puis, simplement, il pose sa tasse de café noir sur la table, un certain soupir quittant ses lèvres. Ses pensées se secouent et il essaie d'y mettre un peu d'ordre, de comprendre la situation, bien qu'il n'y arrive pas réellement. Le mystère semble plus grand qu'il ne l'était au départ et il n'est pas certain d'apprécié la chose. Mais encore là ; l'homme n'apprécie pas grand chose.
- Vous pensez réellement que cette possibilité soit envisageable ? qu'il demande, en rapport à la nouvelle vie qu'il pourrait maintenant avoir. Leonard en doute fort bien, mais il ne faut pas ignorer le cas malgré cela.
Puis, il prend une nouvelle gorgée de son café. Pour réfléchir, d'abord, et voir s'il peut lui répondre. Les informations sur le DRA sont, après tout, peu nombreuses. Du moins, pour le grand public.
- Les gens y étant engagés s'engagent généralement à rester jusqu'à leur retraite, qu'il finit par dire, sans jouer avec les mots, ou du moins. un peu. Il ne dit pas que quitter l'organisme est presque impossible. Il sait, après tout, que certains l'ont déjà fait. Mais encore là ; est-ce réellement possible. Peut-être que Monsieur Pearson n'est pas le seul à avoir étrangement disparu. L'inspecteur Rosen n'est, après tout, pas au courant de tout ce qui se déroule dans l'immeuble. Et encore ;  qui l'est ?
Personne.
Un froncement de sourcil sur la gueule, Leonard dévisage le fond de sa tasse quelques secondes, avant de croiser le regard de la jeune femme. Il attend un instant, avant de continuer.
- Désirez-vous que j'ouvre une enquête ? qu'il demande, sans détour. Je le ferais à titre personnel, en dehors des organismes, évidemment. Je ne crois pas que la disparition de votre père soit un problème pour le DRA, au contraire.
La tasse retourne sur la table, presque vide, maintenant. Puis, il se penche vers elle, à peine.
- La décision vous revient ; il reste votre père, après tout. Je m'y plierais.

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Dim 12 Nov - 14:08



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La démission était à exclure, tandis que l’inspecteur considérait les autres informations au sujet d’Oliver avec plus de sérieux qu’elle ne l’aurait pensé. Etait-ce là le signe qu’il fallait réellement s’inquiéter ? Joe préférait ne pas sauter directement aux conclusions et s’en tenir aux faits. Il n’était là que pour poser des questions, relever des faits, énoncer des incohérences. Et elle, elle apportait tout ce qui pourrait lui servir pour avancer, et ce bien qu’à cet instant, la blonde avait plutôt le sentiment de ne fournir que des probabilités vagues et des hypothèses sans arguments.

Est-ce qu’Oliver Pearson aurait vraiment pu tout quitter pour une vie à des dizaines de kilomètres de tout ? Jolene essaya d’inventer, les yeux fixés sur la tasse de Rosen sans la voir, cette existence où il aurait tout laissé derrière lui sans aucun remords ni regrets pour  quelqu’un d’autre. Ca lui semblait irréel et faux, mais les souvenirs du caractère paternel n’étaient pas gravés dans le marbre de sa mémoire. Les gens changeaient, après tout. « Je sais pas. » Encore une réponse qui ne rimait pas à grand-chose. Elle semblait presque déçue de ne pas être capable de dire sciemment ce que son père pouvait ou ne pouvait pas faire – preuve s’il en était qu’elle n’était pas vraiment l’enfant modèle dont rêvait un parent lambda.

C’était sur ce sentiment de ne pas être à la hauteur que son esprit se concentra. Et finalement, elle se détendit. Après plusieurs longues minutes à être sur la retenue, presque la défensive, elle cédait un peu de terrain. Aucun lien de confiance implicite ne s’était créé entre eux, pas plus qu’une entente tacite entre deux personnes avec un point commun aussi fort qu’une tierce personne. Seulement, Joe commençait peu à peu à croire que ce Leonard Rosen n’était pas une menace pour elle, mais plutôt un grain de sable venu interrompre pour une raison précise le cours des choses. C’était sûrement pour cela qu’elle poursuivit, cette fois-ci de son propre chef, son propos. « Pour être honnête avec vous, je n’aurais jamais imaginé qu’un jour mon père rejoigne le DRA d’une manière ou d’une autre. Alors vous certifier qu’il est incapable de changer de vie du jour au lendemain … » Il lui était compliqué de dire si l’homme qui l’avait élevé était honnête sur toute la ligne. Les Pearson avaient toujours porté la franchise au rang de valeur centrale, mais si Oliver et sa mère avaient divorcé aujourd’hui, c’était peut-être à cause du mensonge. « Désolée de pas pouvoir vous aider. » Elle ne le disait pas pour rien, mais parce que la sensation de n’être d’aucune utilité était difficile à ignorer tellement elle était présente.

L’atmosphère dans son petit salon lui paraissait maintenant étrange, comme si elle n’était même pas chez elle. Ca ne s’arrangea pas lorsque d’un ton qui lui paraissait bien trop solennel, l’homme lui demanda clairement d’envisager une enquête. Une enquête sur la disparition – le mot n’avait encore été prononcé par aucun des deux partis mais il se dessinait pourtant clairement dans l’imaginaire de la jeune fille – de celui qui l’avait élevée. Quelque chose rendait tout ça parfaitement anxiogène, peut-être le simple fait qu’un homme qu’elle n’avait jamais vu de sa vie connaissait plus son père qu’elle et avait plus de raisons et de volonté de le rechercher qu’elle. « Vraiment ? » L’incrédulité perça sous la couche de stupeur. C’était son métier, certes, mais il n’avait rien à gagner dans tout ça. « Vous feriez ça simplement parce que je vous le demande ? » Simplement ; ou plutôt uniquement. Car retrouver la trace de quelqu’un qui avait réussi à s’effacer de la vie des autres ne pouvait pas être simple – ses pensées s’égarèrent temporairement vers Tybalt avant de revenir à Leonard.

Maintenant que l’opportunité d’aller jusqu’au bout des choses lui était faite, Jolene se retrouvait perdue entre deux extrémités. Sa soif de savoir la poussait à accepter sans hésiter ; sa peur de découvrir quelque chose de bien trop douloureux – de trop décevant pour elle – l’en empêchait. Plus d’un enfant aurait sauté sur l’occasion de pouvoir retrouver son paternel, et elle se sentait comme l’enfant honteuse de ne pas éprouver le manque d’avoir son géniteur dans sa vie. Et si ça n’était que ça … Si ça ne concernait qu’elle.

Mais ce n’était pas le cas. « Est-ce que je peux vous donner la réponse plus tard ? » Il y avait sa mère, il y avait ses frères. Bon, uniquement son premier frère, l’autre n’avait jamais entendu parler de leur père à eux et il devait bien légitimement s’en ficher. Mais le reste de sa famille avait tout à fait le droit d’être consultés, sinon informés de cette disparition. « J’ai besoin d’en parler avec ma mère. Peut-être qu’elle en sait plus que moi à ce sujet ; ça pourrait vous aider. » Après tout, elles parlaient si peu de lui qu’il était logique de penser que Michaela était une source bien plus fiable. Les réflexions de l’interne s’interrompirent alors qu’elle songeait à un détail sinon futile, soudain. « Est-ce que j’ai seulement le droit de lui en parler ? Je ne veux pas qu’elle ait d’ennuis. » Michaela menait une vie plus que tranquille, préservée des aléas qu’une existence au beau milieu des goules, ravageurs et membres de la CCG imposait naturellement à chacun. Ca ne devait pas changer du jour au lendemain.

Le silence fut court avant que Joe n’aborde un autre problème, cette fois-ci de nature totalement différente. « Combien est-ce que ça va coûter ? Je veux dire, vous ne faites pas ça gratuitement je présume. » Le jugement était absent de cette question particulièrement gênante mais néanmoins nécessaire, la demoiselle concevant mal qu’un type puisse gagner sa vie à être détective s’il ne faisait pas payer ses services.
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GHOST OF THE PAST (JOE)

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