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 home is where the heart is (Jacó)

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Mar 17 Oct - 16:22


Parfois tout lui revient en pleine face sans qu'il puisse faire grand chose pour l'affronter. Il se contente de laisser passer l'orage, en essayant de ne pas trop penser à toutes les mauvaises choses qu'il a pu faire dans sa vie ; et dieu seul sait qu'elles sont nombreuses. Mais tout l'envahit. Il lui semble avoir toujours tout fait de travers et même quand une seconde lui a été donné, il a trouvé le moyen de la gâcher. Mew sait que ressasser sans cesse le passé n'aide pas à aller de l'avant ; le problème c'est qu'il ne voit pas vraiment à quoi pourra ben ressembler son avenir. Il ne sait pas quoi penser, il change d'avis en fonction du vent. Un jour il défend ardemment la cause des goules derrière son écran ; le lendemain il raconte tout ce qu'il sait à un flic. Et maintenant il va trouver le moyen de vendre ses plus vieux amis pour s'assurer qu'il ne lui arrivera rien. Qu'on ne viendra pas le cueillir chez lui. Tout ça parce qu'un enfoiré à décidé de se venger ;  parce qu'il s'est fait coincer. Et Myung, il pensait qu'il était intouchable. Depuis le temps.
Il était persuadé qu'on l'avait oublié, que l'histoire l'avait laissé de coté ; et il s'en réjouissait. Il y a encore quelques chose, sa plus grand préoccupation était de savoir quand Karma allait revenir. Et quelles croquettes étaient les plus adaptées à son alimentation.
Il l'impression que les murs ont des yeux ces derniers temps.

Il reste allongé des heures durant dans son lit quand il est dans cet état, comme maintenant ; karma se roule en boule sur son ventre et il se détend en caressant distraitement sa fourrure noire. Il essaye de faire passer les mauvais moment en songeant aux bonnes choses qu'il a vécu entre ses murs ; pas grand chose en somme. La seule chose qui le retient, c'est qu'il n'a nulle part où aller. Il ne pourra jamais retourner  vivre auprès de sa mère et personne n'acceptera de le garder plus de deux jours. Il  songe à retourner au page turner mais ne s'y sent plus l'âme d'y passer le restant de sa vie ; il n'est pas assez honnête pour eux. Il ne ferait que traîner sa malchance avec lui. Mew n'en dort plus. Mew s'énerve contre lui-même, contre les meubles. Contre tout et pour n'importe quel bon - mauvais - prétexte ; dans l'attente d'une réponse divine qui ne veut pas venir. Mew se sent vulnérable ici, c'est la première fois que ça lui arrive ; plus en sécurité, comme-ci tout allait s'écrouler au moins coup de vent. Que tout ça n'était qu'un château de cartes. Il n'a jamais été solide. N'a jamais vraiment eu les épaules pour tout porter et se supporter. Il consulte encore un peu les news sur son téléphone puis ouvre ses contacts.
C'est le numéro de Jacó qui apparaît en premier. Entre des numéros qu'il n'a jamais enregistré, des gens qui ont essayé de le recontacter avec qui il a passé une bonne soirée : mais qu'il ne veut plus jamais croiser. Il n'ose pas à appeler Léo à cette heure là - presque minuit, il doit dormir - et Clara ne l'aidera pas. Alors il compte sur Jacó, il parie tout ce qu'il a sur lui.

à Jacrotte
00h24
Salut. Tu peux passer ?

00h25
Maintenant.

Peut-être qu'il ne verra pas son message s'il ne regarde pas son téléphone. S'il est avec quelqu'un d'autre. Sans doute qu'il est avec quelqu'un d'autre. Mew est toujours avec quelqu'un d'autre d'habitude, mais ce soir il est seul. Comme tous les autres soirs ; parce que même s'il y avait de la compagnie il serait toujours aussi seul. Seul contre tous. Il ne sait pas quand il a décidé qu'il mènerait cette guerre muette contre l'humanité. Les ados se rebellent, lui le temps des révoltes est passé. Tout s'en est allé. Il essuie du revers de sa main une larme solitaire qui lui échappe contre sa volonté.
Il déteste quand les émotions prennent le contrôle et trahissent ses plus grandes craintes. Il n'a pas la tête à ruminer tout seul ce soir. C'est la fatigue qui l'empêche de lutter.

00h30
C'est urgent.

00h33
Je crois que je me sens pas bien.

Il repose son téléphone contre sa poitrine et attend, dans le noir. S'il vient, il ne sait pas exactement ce qu'il trouvera comme excuse. Mew se dit qu'il n'aura qu'a l'embrasser et coucher avec lui pour se justifier. Après tout, c'est pas comme-ci il lui devait quoi que ce soit comme explicitation. Les yeux de karma semblent luire ; elle essaye de lui dire quelque chose, sans doute de se calmer. Ou de se reposer, dure journée. Et entre deux sanglots, Mew essaye vraiment de contenir la fatigue et la rage qui l’assaillent. Il se convainc qu'il a bien fait d'accepter le marché de l'inspecteur du CCG  ce Isaiah. Qu'il va s'en sortir tout seul comme il l'a toujours fait. Même si au fond de lui, il n'a pas vraiment envie. Même si tout ce qu'il veut, c'est juste de devenir une flaque d'eau et s'évaporer de cet endroit.

00h40
S'il te plaît.

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Dim 22 Oct - 16:11


Les yeux sont fermés. Jacó est allongé sur le banc conducteur de sa voiture, le dossier un peu baissé, le corps légèrement sur le côté. Mais il ne dort pas ; la chimère sait parfaitement qu'elle est incapable de le faire, lorsqu'elle n'est pas en compagnie d'une autre personne. Tout au moins, il essaie quand même de se reposer un peu. La journée a été longue, autant à la maison qu'au QG des cavaliers. Il ne sait pas trop quoi en penser ; beaucoup de choses ont été dites et en réalité, il en a déjà oublié la moitié. Peut-être devrait-il être plus sérieux. Sal le lui disait souvent. Il n'écoute pas assez. Ou du moins, il ne retient pas grand chose de ce qu'il entend. La plupart de ses erreurs viennent de là. Jacó a la tête dans les nuages et se met à chialer lorsque ses pieds touchent le sol. Pauvre con, va. Il le sait parfaitement, et pourtant ne cesse pas. Peut-être car il sait ; il est incapable de faire correctement quoique ce soit. On pourrait croire qu'il se plait comme ça mais il voit plutôt la chose comme une fatalité qu'il doit supporter depuis qu'il est né. Jacó est plutôt doué mais ça lui empêche pas de foirer. Et souvent, surtout. Avec le temps, il a mis le truc sur le dos de son cerveau qui déconne un peu trop. le TDAH qui lui bouffe les neurones et les vomit n'importe comment, n'importe où. Avoir une excuse pour tout, ça l'empêche de faire de son mieux et de se foirer à son meilleur.
Les yeux s'ouvrent, brusquement. Sur la banquette passager, une vibration. La chimère se redresse un peu brusquement, le coeur un peu folie, l'oeil alerte - les réflexes ne partent pas, qu'importe les années passées depuis sa sortie du labo - et rouge. Il lui faut quelques secondes avant que son apparence de goule ne s'efface et que ses doigts s'emparent du cellulaire.
Lorsqu'il l'ouvre, deux messages l'attendent. Les deux viennent de la même personne ; un idiot attachant qui a ignoré ses messages des derniers jours et qui ne parle pas de la chose, forcément. Si Jacó ressent une déception certaine - et une colère également - face à l'absence de réponse, il ne s'en formalise pas autant. Le coeur est déjà occupé à s’inquiéter, s'affolant pour deux raisons contraires. Les lèvres pincées, les sourcils froncés, il finit par passer une main contre son visage, las dans sa solitude. La chimère est seule. Seule, elle affiche donc ses faiblesses. Sous ses yeux, les cernes sont un peu trop apparentes, et ses traits sont tirés. Les nuits sont courtes depuis quelques jours, sans qu'il ne sache pourquoi. Une part de lui pense à l'absence de Myung mais le reste nie la chose et se perd dans d'autres bras. Ceux de Kate sont rassurants et lui permettent quelques heures de sommeil, à défaut de rejoindre Morphée complètement.
Un soupir long et creux quitte sa gorge, tandis qu'il laisse ses doigts aller jusqu'à sa crinière décoiffée. La seconde suivante, le portable vibre encore, mais Jacó ne prend pas le temps de lire le message. Déjà, l'objet retrouve sa place sur le banc passager, et la clé tourne, le moteur gronde mollement, endormi, avant qu'il ne s'engage sur la route.
C'est foutrement con, il devrait ignorer ses messages et continuer sa sieste de merde, lui faire le même coup qu'il lui fait depuis des jours mais en vérité, Jacó n'est pas foutu de le faire. Trop bon de coeur, trop con de tête. L'un dans l'autre, forcément, il se dirige chez le coréen pour répondre à son appel.
Lorsqu'il arrête la voiture devant l'appartement. plusieurs messages attendent pour être lus. Jacó agrippe son téléphone et lit chacun d'eux avant de gronder entre ses lèvres. Il n'a pas la tête à ça. Il n'a pas l'esprit à réconforter une autre personne. Et pourtant. Pourtant, se regardant dans son miroir, il se met deux trois claques sur les joues, se force à sourire et sort du véhicule d'un pas décidé. Le cellulaire dans la poche, il l'entend vibrer une dernière fois avant de parvenir à la porte qu'il tente d'ouvrir sans demander permission.
Contrairement aux autres fois, elle cède sous la pression, et s'ouvre dans un grincement. Le coeur rate un battement.
- Mew ? qu'il dit, crie presque, la voix trop haute pour la noirceur de l'endroit, pour l'heure de la nuit. Dans le silence de l'appartement, Jacó n'entend que le battement brusque de son propre coeur. Chaque bond lui traverse les tripes d'une puissance pour remonter dans sa gorge sans redescendre.
Sous ses chassures, un restant de pluie et de boue. Allez sur Zug Island après une averse n'aide en rien ses pompes neuves. Jacó s'en fiche. Jacó ne les retire pas. Il avance dans l'appartement, ses chaussures couinant un peu sur le parquet, le traverse un peu trop rapidement.
Le silence est pesant.
Jacó entend son souffle, son coeur et ses pas. Rien d'autres. Le silence est pesant, trop. Lorsqu'il pénétre dans la chambre, le coeur aborde l'explosion.
- Myung ? qu'il dit, cette fois-ci. La voix résonne comme une plainte, comme un désespoir entier. Lorsqu'il parvient au lit, il aperçoit la masse fragile qui s'y trouve. Aussitôt, son corps le rejoint, ses bras de part en part de sa tête, son regard figé dans le sien. Vai te foder ! És uma besta ! Burro do caralho !
Et lorsqu'il l'insulte, la chimère ne remarque pas, non, l'affolement dans sa voix, ni les larmes dans ses yeux. D'un geste brusque, il glisse ses bras derrière sa tête et, s'écrase lourdement contre lui dans une étreinte étouffante. C'est que la fatigue, elle rend émotive.

Spoiler:
 

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Mer 25 Oct - 16:44


Mew l'entend arriver bien avant qu'il ne se pointe à sa porte ; il sort de sa transe quand elle s'ouvre enfin et que la voix familière parvient à ses sens. Il connaît par cœur tous les bruits de son immeuble pour avoir eu le temps de temps les apprendre durant de longues nuits d'ennui ; pourtant il reste encore surpris par le tapage que fait Jaco, comme-ci il faisait tâche dans cet univers désincarné. Peut-être parce qu'il n'y appartient pas, même si ça semble une évidence pour la chimère. Il y a d'abord le bruit de l'ascenseur qui reste généralement silencieux jusqu'à deux heures du matin, quand les fêtards rentrent. Il sait que ses voisins de palier, eux, ne sont pas rentrés tant qu'il n'a pas entendu leur trousseau de clef gigantesque remuer entre leurs doigts ; il s'imagine un vieux couple épuisé qui aime se faire remarquer comme pour se rappeler à lui même qu'il est vivant. Il aime ces bruits -ou plutôt les aimait, un temps. Ils sont semblables à la pluie qui tape contre les carreaux ; quelque chose de rassurant rappellent vaguement l'enfance. Mais même ces sonorités n'arrivent plus à le calmer ou à le rassurer. Réduit à deux fentes, ses yeux observent le vide, le ténèbres de la pièce, le silence prétentieux. Il écoute son souffle haché, il écoute l'amant qui s'inquiète et se réjouit honteusement d'être la source de la faiblesse dans sa voix. Il ouvre la bouche pour répondre à l'appelle de Jaco mais aucun son ne sort ; il se trouve incapable de dire quoique ce soit. Alors il reste prostré dans son lit et attend qu'il trouve le chemin tout seul comme un grand. De toute façon, il n'a pas besoin d'aide. Il ne comprend plus aucun mot de ce qu'il lui dit quand il le rejoint ; Myung ne l'écoute pas de toute façon, il est trop concentré sur sa présence. Toute son attention retombe sur l'homme qui pénètre dans la pièce, l'aura rassurante qu'il dégage. Il enfouit son visage sans son cou et l'enlaçe, prend une grande inspiration autant pour réprimer un sanglot que pour se souvenir du parfum chaud de sa peau.

Dans une autre situation, Myung l'aurait probablement boudé  pour l'avoir insulté ; il croit être en mesure de deviner le sens de « foder ». tout compte fait. Il aurait fait la moue désagréable du gamin capricieux qui n'a pas eu le dernière part du gâteau. Le gamin qui ne prend jamais la main tendue, mais tout le bras. S'attardant sur le détail pour détourner l'attention, fuyant ainsi avec aisance toutes les discussions trop sérieuses. Dans la volonté de détendre l'ambiance, souvent, Myung ne fait que l’alourdir et se rendre encore plus discussions. Cette fois il a l'intelligence de se taire et de ne pas lui faire regretter d'être venu. Il pèse les mots qui veulent traverser ses lèvres et n'en laisse sortir aucun. A contre-coeur il force sur ses maigres bras pour l'éloigner un peu, même s'il aurait pu se contenter de l'avoir à ses cotés en silence ; il aurait trouvé le sommeil ainsi. Le temps de fixer vaguement ses traits dans l'obscurité et il lui vole un baiser d'excuse, aussi léger que sincère. « Merci, moi aussi je t'aime. »   Il déteste l'effet que ça lui fait, de l'avoir si près de lui. Il lui donne envie de lui demander de ne plus repartir ; il se garde bien de dire que ce n'est pas la première fois qu'il le pense. C'est juste qu'aujourd'hui pour une raison ou une autre c'est important. Il a besoin d'avoir son corps contre le sien, de ne pas être seul. Il a besoin de le toucher pour se rassurer que tout est réel et qu'il n'est pas retourné des années en arrière, dans un sous sol pourri. Qu'il ne s'est pas réveillé une seconde fois en étant devenu un monstre. Mais aussi, il est content de constater qu'il est bien vivant.
Il n'aurait jamais rencontré Jaco sinon. « J'ai fait un cauchemar » Il explique difficilement, la bouche encore pâteuse et conscient que son excuse est maigre. Il n'a jamais su. L'air encore hagard,  il ne ressent le soulagement d'avoir extériorisé ses émotions que maintenant. Mew ne sait si c'est parce qu'il n'est plus seul mais il se sent presque planer, plus rassuré. C'est peut-être la chimère qui a chassé ses démons, en irradiant de lumière naturelle. Jaco est le genre de personne à inspirer la confiance. Qui pourrait le convaincre qu'il pourrait traverser ses flammes sans se brûler. Mew ne s'en est pas rendu compte jusqu'à aujourd'hui, mais il croit en Jaco. Il croit assez en lui pour lâcher un peu de leste et se laisser aller à être pleinement lui. Un peu plus Myung et moins Mew. Karma s'est enfui pour le laisser tranquille. Ou peut-être qu'elle sait juste qu'elle a fait ce qu'elle avait à faire et qu'elle ne peut plus rien pour son maître.  Le regard du geek retombe sur son compagnon d'infortune. « Y a un flic du CCG qu'est venu me voir au boulot. » Il se mord la lèvre inférieure.  « Je crois que j'ai peur. »
Il est mort de trouille. Assez pour lui dire ouvertement sans filtre pour essayer de se donner l'air plus fort qu'il ne le prétend.

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Sam 4 Nov - 16:09


Le corps tremble et le coeur aussi, peut-être. Jacó ne sait pas réellement, et ne pense pas. Il se contente de se serrer dans ses bras et de le détester un peu plus pour l'effet que ça lui fait, en dedans. Il aimerait le frapper, pas réellement fort, mais juste pour la signification du geste, et pour que Myung comprenne l'inquiétude qui lui anime les veines. Au moins, l'un d'eux comprendrait. Car Jacó ne comprend pas réellement pourquoi l'élan de panique l'a envahi aussi fortement que cela. Il se doute des causes, un peu. Il sait que la mort de Sal l'a rendu un peu tendue, et qu'il tremble pour un rien, parfois, et que son souffle revient - sans qu'il ne se rende compte de l'avoir perdu - lorsqu'Alex rentre de cours, Rosie du boulot et Alice de ses rendez-vous secrets. Lorsque Felipe fait enfin un bruit dans sa chambre et que Jacó a enfin la confirmation qu'il est bien vivant, aujourd'hui. C'est minime et surtout con, mais encore présent, et même si la chimère ferme les yeux et essaie d'éviter la chose - éviter ses problèmes jusqu'à ce qu'ils n'existent plus, ainsi va sa vie - elle reste quand même présente en permanence.
Myung n'a jamais fait parti de l'équation, par contre. Du moins, pas à ses souvenirs. Pas à ses pensées. Ou alors, il a évité, justement, d'y penser. Les faits restent là, dans tous les cas. La panique plane dans ses veines et lorsque le coréen essaie de relâcher un peu leur étreinte, Jacó prend quelques secondes à le laisser faire, non sans un souffle qui se coupe. Il garde le regard bas, qu'importe le noir, un peu honteux de sa réaction.
Il suffit de quelques mots pour qu'il lève les yeux, surpris, presque maladroit.
- Q - quoi ? qu'il s'exclame beaucoup trop fort dans le silence et le noir, ses lèvres encore collées contre les siennes. Le coeur garde encore ses battements furieux, et le portugais ne peut dire d'où en vient l'origine, cette fois.
Si les pensées tentent de se bousculer, la chaleur de Myung et la suite de ses mots les retiennent. Jacó le toise dans le noir, collé contre lui, et reste silencieux. Il ne juge pas ; les cauchemars sont trop vivants pour n'être que des monstres dans le noir. Il le sait mieux que personne. Dans la demeure de la meute, les mauvais rêves sont plus nombreux que les bons. Ils prennent trop de place, et les torturés se serrent les uns contre les autres dans l'espoir de limiter les dégâts. La chose ne fonctionne pas à tous les coups.
- Tu veux en parler ? qu'il susurre, bas cette fois-ci.
Alice déteste parler de ses rêves, n'en parle jamais, même lorsqu'elle se réveille en larmes. Rosie rage et gronde contre le monde entier, raconte la chose avec toutes les accusations du monde, avant de passer à autre chose. Felipe garde les lèvres scellées et porte des cernes qui dévoilent les non dits. Alex, quant à elle, pleure lorsqu'il le faut et sourit lorsqu'elle le peut.
Et Myung, lui ?
Myung lui répond indirectement, en continuant de parler.
- Quoi ? Il gronde, cette fois-ci. Les sourcils sont froncés, la voix encore basse et douce, mais Jacó gronde. Non pas contre Myung, mais contre la personne qui a osé s'approcher de lui. Il a fait quelque chose ? Il s'est passé quoi ?
Les questions sont plus nombreuses dans sa tête que sur le bout de sa langue mais qu'importe. Jacó le serre dans ses bras, lorsqu'il avoue avoir peur. Myung n'a jamais peur ; Myung se fiche du monde. C'est ce que l'on voit, du moins. Mais Myung, il est comme Jacó, de ce côté là. L'emprise se resserre contre lui et son nez s'enfouit dans ses cheveux.
- Viens dormir chez moi, ce soir. La voix est presque étouffée, presque murmure. Et demain. Et les autres soirs. Il éloigne son visage, pour regarder ses traits. Pour étudier son visage. J'te laisse pas ici.

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Ven 10 Nov - 19:23


Mew parle beaucoup, souvent pour dire des choses qui ne sont pas forcément importantes, ou fausses. Peu importe, sur le moment il est persuadé de leur urgence, de leur véracité. Il est comme un enfant, un grand enfant qui aime jouer avec les secrets. Pendant ce temps là, personne ne lui demande de se confier, ni d'où viennent les rides qui creusent son regards, la pâleur de ses joues. Il joue au même jeu que Jacó et ses faux sourires, sauf qu il a d'autres règles ; Mew parle de tout sauf de ce qu'il ressent vraiment. Il s'attarde sur autre chose, il fait comme-ci tout allait bien. Il joue très bien la comédie. Il ne sait pas quand il a prit cette habitude, sans doute qu elle a toujours été là quelque part. Il ne se souvient pas avoir un jour parlé à coeur ouvert à quelqu'un - pas même sa mère - peut-être juste Léo. Il a toujours été très pudique sur ses propres soucis ; quitte à pleurer, il le fait seul, quand personne ne peut regarder. Mew n'a pas envie d'être prit en pitié, il n'a pas besoin de ça. Une part de lui considère qu'il n'en a pas le droit, qu”ennuyer les gens avec ses problèmes ne leur apporterait aucune solution. Il préfère d'avantage leur coller aux basques et parler de la pluie et du beau temps, plutôt que des choses qui le touchent particulièrement. Il préfère souffrir en silence, le silence ne le jugera jamais. Il se contentera de l'écouter sans jamais lui répondre, il fera comme-ci Mew n'avait jamais existé. Myung trouve un certain réconfort dans la douleur constante. Elle le fait sentir plus en vie, plus réel. S'il ne souffrait pas, il n'aurait aucune raison de se lever le matin pour se prouver le contraîre.
La vie est une longue errance dont on connaît le début, pas la fin. La seule consolation réside dans le fait qu'elle est éphémère, elle aussi. La peine comme le bonheur connaissent tous les deux une fin à un moment donné. Rien n'est éternel.
A cause de Léo cependant, il reconsidère  un peu la chose. Parfois, il se surprend à se trouver beaucoup trop maussade et se force à paraître joyeux. Il s'imagine la voix du vieux le gronder, lui faire une remarque sur son sourire à l'envers . Il s'énerve contre lui même, il n'a aucune bonne raison d'être triste. Il se croise dans les miroirs et intercepte un regard pétillant, grimace devant les vitrines. Il lui arrive de rire, plus naturellement, plus ponctuellement. Parler le délivre ; encore faut-il qu'il trouve le courage d'ouvrir la bouche ailleurs que dans le restaurant de Patty.
Le gamin se dit que Jacó est comme un autre de ces murs de son appartement, gardien de ses secrets inavouables et soutien imperturbable. Il ne le jugera jamais. Il se contentera de le garder dans ses bras jusqu'à ce qu'il s'endorme. Sauf que cette fois, Mew ne veut pas se réveiller seul le matin. Plus jamais, plus depuis qu'Isaiah sait qu'il vit là. Au prix d'une inspiration douloureuse et en dépit de la pointe dans sa poitrine, Mew se décide finalement, gardant son regard plongé dans les prunelles de Jacó.
Il mérite après tout, de savoir vraiment ce qui le tracasse.
« Ce flic et moi c'est... personnel  »
Il balance les infos, froid, mécanique. Pendant un moment, il redevient le hacker dépourvu d"émotion qui ne fait que relater les faits. Il ne s'émeut pas de la cause de l'inspecteur, pas plus qu'il se ressent de remords. Il a fait ce qui'il a fait. Il était jeune et probablement très con ; même en revenant dans le passé il ne changerait pas l”histoire. Un flic qui probablement par sa faute et celle des autres est devenu celui qu'il est.
« Son frère est mort plus ou moins par ma faute.»
Il se souvient très bien de ce qui s'est passé, il revoit encore le regard du jeune homme. Mew est resté immobile, croyant au jeu jusqu'au dernier moment, jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu”un corps sans vie et le reste du gang bien emmerdé. Les mots de Jack avaient été « contretemps ». Il avait parlé de secret à garder, il lui avait prit la main pour détourner son attention. Il savait faire. Il savait où appuyer pour que ça fasse mal. Le début de la fin. C'est peut-être à ce moment que Myung  a franchit la frontière invisible qui le séparait du bon et du mauvais coté de la vie. Ils n'ont recommencé qu'une fois suite à l'accident, une seule et dernière fois un innocent y est passé. La mauvaise personne, encore. Cette fois-là, Mew a faillit y passer lui aussi. Une part de lui y est éternellement resté.
Le sang qu'il a sur les mains, il ne le lavera jamais. Toutes les personnes qu'il pourra vendre à Léo ne rachèteront pas ses crimes. C'est pour cela qu'il n'a jamais été effrayé par les méthodes des Cavaliers. Comme au bon vieux temps. Il ne tient pas le flingue, mais c'est tout comme. Il appuie autant sur la gâchette que les vrais tueurs.
Il doit aimer ça.
« Il ne m'a rien fait - pas encore. Il veut que je l”aide à retrouver d”anciens “potes”. » Et Mew n'a aucune envie de reprendre contact avec les gens du Lion de Némée, le ton de sa voix traîne sur le dernier mot. Potes, c'est un grand mot. Ils s'entre tueraient tous s'ils se revoyaient. Il repense à tous les bons moments passés à leurs cotés. Une part de lui désire toujours retrouver Jack ; l'autre sait qu'il est bien où il est maintenant. Il sait qu'il n'y a jamais rien eu entre eux, juste de l'intérêt.  Myung vaut mieux que ça.
Mew pourrait quitter la ville maintenant. Ne pas se retourner, tout abandonner. Laisser derrière définitivement son passé et essayer de s'inventer une nouvelle vie. Se procurer des faux papiers ne sera pas très compliqué, de l”argent non plus - tous les moyens sont bons. Dans les films, c'est de genre de décisions à prendre. La proposition de Jacó l'énerve.
« Et après ? Je vais pas rester toute ma vie avec toi. Soit réaliste. » La violence de ses propres mot le choque. Sans doute parce qu'au fond, l'idée ne lui déplaît pas tant que ça ; autant qu'elle lui est trop étrangère. Même si parfois il a envie de le frapper, il apprécie la compagnie de Jacó. C'est différent de Léo, de Karma, de tous les gens qu'il connaît. Mew se mord la lèvre inférieure, le visage enfoui contre la chimère.
Comment il peut refuser d”avoir ça, tous les jours.
« J'ai passé toute ma vie à fuir, je n'ai pas envie d'être rattrapé. Je suis pas prêt à assumer mes conneries. Pas maintenant. » Jamais.
Sur le moment, le soulagement qu'il éprouve en l'affirmant à voix haute surpasse de loin l'angoisse de la confidence. Mew veut rester libre le plus longtemps possible, c'est la plus précieuse chose qu'il ait. Avec son chat et ses proches. Il soupire contre les lèvres de son amant.
« Même si te connaissant, tu vas m'emmener de force. » Il force son sourire qui reste triste, douloureux. L'ironie dans sa voix n'en est que plus amère. Mew a toujours été trop sincère, il ne sait pas comment rendre la chose plus simple. Lui, n'a jamais eu cette chance, les choses n'ont jamais été adoucies pour la beauté de ses yeux. Au contraire, il a mordu la poussière, rampé à terre. Il ne veut plus jamais se retrouver à genoux.  « Emmène moi le plus loin possible alors. De tout. » Et de toi. Surtout de toi. Mew laisse retomber sa tête contre son oreiller dans un rire étouffé, ses yeux papillonnent et se ferment de temps à autre pendant de trop longues secondes. La fatigue reprend le dessus, il flotte dans un brouillard irréel. Jacó ne lui a jamais paru aussi distant et proche à la fois. Il est venu. Il peut le toucher. Il pourrait là, maintenant, pleurer sur son épaule. Il pourrait lui faire l'amour. Oublier toutes les mauvaises choses. Avec Jacó dans les parages, il n'arrive pas à se concentrer sur ses regrets. Il entrevoit trop l'avenir.
Il sait surtout que ça ne va pas durer. Comme toutes les bonnes choses.

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