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 finding (n)emo (milo)

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Dim 22 Oct - 18:26


Les yeux brillent. Posé devant une grande vitre,  Jacó dévisage les poissons qui s'agitent sous ses yeux. Certains s'approchent avec trop de curiosité, d'autres s'affolent et puis lorsqu'il écrase son nez contre l'aquarium pour les dévisager de plus près. Depuis combien de temps est-il là ? Certes, les poissons possèdent des couleurs assez impressionnantes, mais les minutes s'écoulent et filent.  Jacó se pince les lèvres, une seconde, avant de tourner sa tête vers la gauche. Le long couloir de céramique verdâtre est presque vide. Certes, quelques petites familles sont présentes, mais vu l'heure et la journée, les visiteurs sont peu nombreux. À quelques pas, dévisageant un poulpe avec un peu trop d'insistance, Milo a les bras croisés et ne bouge pas. À croire qu'il est également perdu dans ses pensées. Peut-être, qui sait, qu'il profite bien de l'expérience. Un sourire maigrelet plane sur les lèvres de Jacó ; il s'en veut presque de l'avoir forcé à venir avec lui. L'idée est venue sur un coup de tête, simplement. Sauf que Rosie était au boulot, qu'Alex était en cours, qu'Alice faisait le budget du mois et que Felipe, malgré le soleil dans le ciel, faisait le reste de sa nuit.  Jacó aurait pu appeler Myung, mais les choses sont étrange, depuis un temps. Indéfinies, peut-être bien.  Jacó ne sait pas réellement comment les décrire. Reste qu'un sentiment plane entre eux, quelque chose d'inconfortable, et que  Jacó n'est pas particulièrement appréciateur de l'impression qu'il a dans les tripes, lorsqu'il le quitte. Il ne cherche pas à l'identifier, tout autant. Pour les mêmes raisons - bien qu'il ne se l'explique pas - Kate reste hors de l'équation également. À croire que Milo reste le seul choix.
Non pas qu'il est dernier ; dans le coeur de Jacó, chacun possède une place spéciale. Même Milo avec ses airs grognons et le peu qu'il ose bien lui dire. Jacó se doute bien que le gars, il lui cache pas mal de trucs. Il sait bien, le portugais, qu'il ne le connait pas réellement. Milo ne lui montre qu'une partie de sa personnalité, certainement celle en rapport avec ses fonctions de chasseurs ou une connerie du genre, et s'arrête sur ça. Jacó ne s'en sent pas insulté ; un peu déçu, certes, avec les semaines qui se sont écoulées, mais il sait être patient. Si Milo accepte ses sorties bidons et enfantins à tous les coups, ce doit bien être pour des raisons outre que son secret, non ?
Si ?
Dans l'oeil, une seconde, plane une inquiétude. Jacó fronce un peu des sourcils, un sentiment peu agréable dans les tripes, une tristesse brusque. Lorsque Milo tourne les yeux vers lui pourtant, Jacó est de nouveau tout sourire et s'approche de lui. Certains poissons suivent son mouvement, tandis que plusieurs, le long de son trajet, fuient vers le fond des aquariums. Peut-être sentent-ils le prédateur qui se cache derrière le sourire angélique.
- Tu t'es trouvé un pote, Milou ? L'exclamation quitte ses lèvres avec trop de puissance alors qu'il enroule un bras autour de son cou. Un rire traverse déjà sa gorge et les yeux brillant, il dévisage l'inscription sous le poulpe. C'est marrant, il fait la même gueule que toi.
Et la seconde suivante, il mimique la moue exagérée sur les traits du blond, avant de rire un peu trop. L'un de ses doigts s'écrase au coin de la bouche de Milo, tirant un peu sur la peau pour essayer de créer un sourire.
- Allez souris. T'aimes pas notre sortie ?
C'est léger. Mais on sent ; on sent, dans la voix, une pointe d'interrogation trop présente, une inquiétude qui plane. Car après tout,  Jacó n'a rien d'égocentrique. Si Allocentrisme avait une gueule dans le dictionnaire comme photo pour accompagner sa description, c'est celle de la chimère qui s'y trouverait.

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Dim 22 Oct - 19:29


20 000 lieux sous les mers
les petits poissons dans l'eau, nagent aussi bien que les gros.
Le vert des carreaux se mariait magnifiquement bien avec le bleu de l’eau dans laquelle nageaient les multiples poissons de l’aquarium. Les couloirs presque vides en semaine laissait suffisamment d’espace au blond pour profiter de l’ambiance si envoûtante des lieux. L’animal aux longues tentacules dansait tranquillement dans son bocal ignorant parfaitement la présence du chasseur. Immobile et le bras croisés, il restait impassible face au spectacle tandis que Jaco s'enthousiasmait depuis bien dix minutes devants de poissons colorés. Pour une raison qui lui échappait, le brun lui avait proposé cette sortie, comme on le ferait à un ami. Pourtant, aux dernières nouvelles, il avait déjà un large panel d’amitié et ils ne partageaient finalement pas grand chose. Seulement, Milo lui était redevable et se voyait mal refuser une demande aussi simple à cet idiot émerveillé, si bien qu’il était venu offrant même la visite -puis au fond, ça aurait pu être pire, genre dans un lieu bruyant avec énormément de monde.

Silencieux, le plus jeune se contentait d’attendre l’autre, laissant son esprit se prendre d’une certaine nostalgie. La première fois qu’il était venu ici, c’était pour son anniversaire et ses parents avaient accepté d’amener avec eux Marvin, son plus ancien ami. Milo ne pourrait même plus dire comment ils se sont rencontrés, mais ce gars est rapidement devenu un frère pour lui. Ils ont tout fait ensemble et aujourd’hui, il aurait bien besoin de cette si précieuse amitié. Seulement, Marvin était derrière les barreaux et leurs seuls échanges depuis l’arrestations s’arrêtaient à quelques lettres, qui devenaient de moins en moins fréquentes et auxquelles il n’avait aujourd’hui plus de réponses. Milo aimerait remonter le temps et retourner à cette journée où il découvrait les merveilles marines et où son ami avait développé une passion pour les poulpes. Peut-être que ce poulpe qui errait entre ses vitres était exactement le même qui avait fasciné le garçon pendant des heures, ce qui dessinait presque un léger sourire sur le visage de froid du libraire.

Alors que les images de son enfances joyeuses avec Marvin et les deux autres joyeux fanfarons défilaient dans son esprit, Jaco l’extirpa de ses pensées avec une blague vaseuse. « Très drôle, Veloso. » Un vague soupire en sentant le doigt de l’autre sur le coin de sa bouche, lui forçant un sourire comme sa grand-mère s’amusait tant à faire. La joie du plus âgé semblait sans limite, tandis qu’il semblait soudainement s’inquiéter de ce que Milo pouvait penser de la situation. Et malgré le manque d’enthousiasme dans sa voix, il adressa un léger sourire. « Ca va, j’aime bien les poissons. » Ce n’était pas faux et en plus pour une fois, ça l’obligeait à faire autre chose que traîner chez lui.

Après avoir lancé un dernier regard nostalgique à l’animal, il reposa ses yeux sur le brun. « On avance un peu ? » Marvin était toujours en prison, inutile de se faire du mal à repenser à cette amitié maintenant. Milo pouvait encore compter sur quelques proches, comme Francesca qui se trouvait être une amie loyale dans ce passage assez difficile de son existence. Si Pluton n’avait pas beaucoup d’amis, ce n’était pas le cas de Jaco, qui semblait connaître tous les habitants de Détroit et malgré ça, il n’avait visiblement trouvé personne d’autre à inviter. « Tes amis voulaient pas venir ici ? » Le silence commençait un peu à lui peser, autant faire un peu la conversation.
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Mar 24 Oct - 20:17


Une seconde, puis deux. Et voilà ; le sourire de Jacó reprend ses droits, et dans ses yeux, la lueur n'est plus là. Car Jacó ne s'accorde jamais réellement le temps d'être inquiet, ou de s'en faire à propos de quelque chose réellement. Pas lorsqu'une personne est avec lui, dans tous les cas. Il se contente d'être, simplement. Un sourire sur les lippes, de la joie dans la voix, et des conneries sur la langue. Ça lui fait du bien, d'être léger comme ça. De ne pas trop penser, mais aussi beaucoup trop en même temps, et d'être sans réellement être. Il sait bien, quelque part ; c'est un cycle sans fin dans lequel il s'enfonce de plus en plus profondément, sans réellement pouvoir se stopper, au point où, sans le vouloir, il peine à supporter et dealer avec ses véritables émotion. Et la chose est pire, depuis un moment.
La chose est pire, depuis la mort de Sal.
Jacó pince ses lèvres une seconde, sourcils froncés, avant de revenir brusquement à la réalité. Ou plutôt, s'en détourner. Il ne sait réellement. Les choses sont étranges, dans sa tête, et les questions, si présentes, ne trouvent jamais réellement de réponses. Jacó préfère attendre qu'une autre personne les trouve pour lui ; et encore, il lui est bien rare qu'il accepte les vérités sans grincer des dents, lorsqu'elles sont trop intimes. À croire que Veloso possède quelques défauts, sous ses airs de prince charmant.
Il lui faut un moment pour oublier l'élan d'émotions qui l'envahie, trop inconfortable, tandis que Milo lui proposer d'avance. Le portugais hoche de la tête faiblement, le bras toujours autour de ses épaules avant de continuer sa route. Forcément, Milo est obligé de suivre. Le regard reste accroché aux divers aquariums, le pas s'arrêtant après quelques pas devant les bassins des raies, des étoiles de mer et des coraux.
La question, soudaine, le tend en entier. Jacó en profite pour retirer son bras pour aller toucher les bêtes, non sans lâcher un rire. L'automatisme ne disparaît pas, jamais. Du coin de l'oeil, d'un tour de tête léger en sa direction, le portugais dévisage Milo.
- Si, Milo, qu'il dit, comme une évidence. Il le dévisage brièvement, comme s'il était stupide, avant de sourire un peu plus, mais dans la douceur, cette fois-ci. Le sourire le plus vrai de la journée, peut-être bien. T'es là, non ?
La tête se penche légèrement sur le côté, le regard reste accroché au sien, avant qu'il ne se détourne simplement. L'oeil se pose sur les étoiles de mer qu'il effleure du bout des doigts sans réellement y porter attention.
Jacó se perd dans ses pensées une nouvelle fois, sans suivre leur court.
Puis, encore une fois, il revient.
- Et toi, Milo ? Il souffle bas, cette fois-ci. Pas de sa voix enjouée, ni trop vive. Une voix calme et posée que Milo connait bien, pour l'avoir entendu une nuit quelconque, lorsqu'il mourrait de faim. Tes amis, ils sont là pour toi ?

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Sam 28 Oct - 14:22


20 000 lieux sous les mers
les petits poissons dans l'eau, nagent aussi bien que les gros.
L’arrière de ses chaussures claquait sur les carreaux du sol, rythmant leur marche en direction de nouveaux bassins. Cette partie de l’aquarium offrait la possibilité aux visiteurs de caresser les raies, les étoiles de mer ou simplement toucher les coraux aux milles couleurs. L’attraction allait sûrement plaire à Jaco, qui ne perdit pas une seconde pour s’avancer au dessus, tout en répondant à sa question. Le silence de la salle semblait plus que propice à la conversation et pour une raison qu’il ne saurait expliquer, Milo sentait qu’un lien invisible se construisait entre eux, plus en profondeur qu’ils ne le laissaient paraître. Pourtant, l’aveu du brun, bien que balancé avec un ton léger touchait d’une certaine manière le plus jeune, qui se contentait de soupirer un peu par les narines amusés. Le côté naturel et bienveillant de Jaco était très certainement ce qui le rendait le plus attachant, comme un soleil qu’on ne pouvait pas obscurcir, à l’instar de Milo qui semblait vivre dans une obscurité permanente.

Fut un temps, lui aussi arpentait ce sourire de conquérant, pensant que rien ne pouvait le briser. Seulement, dans la vie, il ne faut jamais vivre sur ses acquis et savoir que le pire peut arriver à chaque instant, un détail qu’il avait appris à ses dépends. Que ce soit la mort de Romy et sa famille, l’arrestation de son meilleur ami, sa rupture avec son seul véritable amour ou bien finalement sa transformation en cette chose horrible, tout tendait à penser que rien dans ce monde n’est éphémère. Pourtant, une part de lui espérait toujours que les choses s’améliorent et peut-être trouver un jour cet équilibre perdu -à condition qu’il l’ait déjà connu.

La question de Jaco, pourtant simple en apparences, le déstabilisa, tandis que son regard se posait sur le couloir qu’ils venaient de prendre quelques minutes auparavant. Fut un temps, il aurait pu répondre directement que Marvin serait là, que Rosa le ferait rire quand il n’aura pas le moral, que Diane saurait comment le réconforter et qu’il n’avait besoin de rien d’autre s’ils les avaient eux. Seulement, ce n’était plus le cas et même si certains n’étaient pas loin, il en restait éloigné, de peur de les décevoir. Pourtant, Milo osait espérer que Rosa ne le rejetterait pas, même Diane se montrera compréhensive, mais il ne voulait pas leur imposer ça, tout comme il ne voulait pas de leur pitié. Alors, il s’éloignait, chaque jour un peu plus, ne répondant presque plus au téléphone tel un presque fantôme, comme si le véritable Milo était vraiment mort.

Perdu dans ses pensées, il ne réalisa même le temps qui venait de s’écouler, alors qu’il haussait les épaules avant de lâcher enfin quelques mots. « C’est compliqué. » Compliqué, un mot qui n’avait aucun sens, si ce n’est essayer de faire son intéressant sur Facebook -comme il l’avait lui aussi fait un peu plus jeune, avant de supprimer son compte. Sentant le regard de Jaco, il inspira profondément avant de forcer comme un sourire sur son visage pâle. « Mais oui, j’ai des amis. » Pour dire vrai, ce n’était même pas un mensonge, après tout il avait encore cette fille qu’il ne connaissait pas depuis longtemps, mais avec qui il se sentait bien. Cette fille qui était très certainement la soeur de Jaco d’ailleurs, mais à qui il cachait sa relation avec le brun -sachant qu’elle semblerait étrange.

Et si Milo n’avait jamais parlé de Francesca à l’homme qui se tenait devant lui, c’était sûrement pour la même raison qu’il n’avait jamais parlé de personne devant lui, si ce n’est son frère sur lequel il n’avait même pas mis de prénom. Milo se méfiait des gens et préféré garder sa vie privé pour lui, sûrement par peur qu’on s’en serve contre lui. Pourtant, Jaco, lui parlait s’en cesse des amis, de ses amours et de toutes ces choses qu’ils aimaient sans limites. D’ailleurs, le plus âgé semblait n’être qu’amour, comme si rien ne pouvait ternir son monde et pourtant, Milo savait que ce n’était qu’une façade. Tout le monde avait des problèmes, des démons à cacher et des secrets, mais pourquoi mentir à ce point ? « Pourquoi tu souris tout le temps ? Je veux dire, ça se voit que ce n’est qu’un masque, personne n’est que bonheur. » A force de le voir, Pluton commençait de plus en plus à le cerner, allant au delà du paraître pour capter l’essentiel, ce qui existe en profondeur, le véritable lui.
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Lun 6 Nov - 18:18


Brièvement, le temps d'une seconde, un silence se pose et fait sa place. Jacó sait parfaitement qu'il est plus qu'éphémère et qu'il s'effacera rapidement, tout comme il sait par habitude que les secondes sont des éternités, dans sa tête. Elle reste souvent vide, mais la chose vient d'un effet constant. D'un combat contre les pensées qui ne cessent de fuser, qui ne cessent de se poser les unes contre les autres, violemment, pour lui torturer la tête et le coeur, l'âme et tout le reste, aussi. Aux portes de son esprit est placé un frêle guerrier qui bataille jour et nuit - moins souvent la nuit - pour que son esprit ne plonge pas dans les abysses des philosophies passagères. Elles parviennent tout de même à se faire une place. À se frayer un chemin et se creuser une tanière au coin de sa mémoire de son esprit, dans un noir certain, là où la poussière prend place depuis un moment, déjà, et se dévoile lorsqu'il ne s'y attend pas. Certaines fois, c'est la nuit. D'autres fois, le jour. En rapport à un simple geste ou un mot, en rapport à un événement ou une personne. Les noires pensées se percutent et le blessent, et des souvenirs oubliés - qu'il essaie d'oublier, surtout - le frappent en plein coeur. Et même si parfois, le frêle guerrier est au sol, Jacó reste fort. Il sourit lorsque les autres pleurent et ne montre pas qu'il tremble, de l'intérieur.
Il suffit d'un simple regard, pourtant.
Il suffit de se détourner de son sourire trop grand pour voir les doigts qui tremblent légèrement, un peu trop souvent.
Lorsqu'il fixe Milo pendant quelques secondes, Jacó sent le petit guerrier faiblir. Il ressent la faiblesse de ses genoux usés, et le tremblement de ses mains. Alors, il détourne le regard. Les iris s'évadent et se posent contre une étoile de mer qu'il dévisage avec trop d'intensité peut-être, tandis que le silence, court mais présent, se fait une place. Il caresse la créature du bout des doigts sans réellement la voir, et revient la crispation qui veut prendre place, sur ses traits. Quelque chose plane. Jacó ne sait pas quoi ; il le ressent, simplement. Il ressent le creux qui se pointe, le vide de souffle dans ses poumons, alors qu'ils sont pourtant trop plein.
S'il ne parvient pas réellement à faire disparaître cette impression, les maigres mots de Milo captent son attention. La chimère tourne les yeux vers lui, curieux mais silencieux, et attend la suite. Qui sait ; peut-être ne viendra-t-il pas. Peut-être n'existe-t-elle même pas. Milo garde les choses pour lui, après tout. Beaucoup de choses. Le chasseur reste encore étranger, malgré les semaines qui se sont écoulées, depuis cette fameuse nuit.
Jacó aime croire qu'ils sont amis, mais doute parfois.
Jacó doute de tout, tout le temps.
De lui, surtout.
Sur les lippes du souriant, l'éternelle grimace joyeuse se dessine. Derrière, un semblant de faux, un semblant de vrai; le coeur se pince égoïstement lorsque Milo ne dicte pas son nom. À ne pas être désigné comme un ami à vive-voix, Jacó se juge oublié, insignifiant. Si la chose n'est certainement pas voulue, il le prend pourtant personnel, sans réellement pouvoir se contrôler.
- Tant mieux, Milou. La vie est triste, sans amis, qu'il lui lance d'un ton si heureux, en contraste au creux du coeur.
Les paupières papillonnent vivement, tandis qu'il détourne la tête simplement. Une brume plane légèrement dans les iris et il la chasse, Jacó, sans continuer la conversation. Il se redresse plutôt et s'éloigne de quelques pas pour aller vers le bassin des raies qu'il dévisage simplement, la main dans l'eau, sans les toucher totalement. S'il trouve la force de chasser ses sombres pensées après quelques longues secondes et trouve la force de souffler le ton d'une chanson, qu'il approche ses doigts d'un animal, le geste se suspend pourtant.
Les paroles du chasseur le stoppent. Le fredonnement s'arrête un quart de secondes, puis reprend d'un ton plus bas, forcé, las. Jacó prend quelques secondes pour se distancer des mots. Pour calmer son coeur. Pour reprendre son souffle. Pour chasser le noeud, dans sa gorge, surtout.
- Dis moi, Milo, qu'il souffle, assez fort pour qu'il entende, mais la voix serrée. Tu préfères quoi ; quelqu'un qui sourit, ou qui pleure ?
Il tourne son regard dans sa direction, mais brièvement. Dans l'iris, un fond de tristesse. Sur les lippes, un sourire triste. Puis, il se détourne de nouveau et dévisage les poissons, dans l'eau.
- Si un sourire peut rendre une autre personne heureuse, alors tant mieux. J'veux dire ; pleurer va rien changer. Faire la gueule non plus. Sourire, ça rend les gens heureux. Pas forcément moi. Ça marche pas à tous les cas, tout ça. Y'a pas de recette miracle aux merdes de la vie. Mais si j'souris et que ça met d'la joie dans la vie d'quelqu'un d'autre. Si mes merdes rendent la journée d'un autre un peu plus belle, alors tant mieux.
Faible rire, avant une légère pause.
- Tant mieux, si j'peux servir moindrement à quelque chose pour une autre personne, même si c'est un truc aussi minime que ça. Non ?
Et il tourne le regard vers lui, encore, cherchant presque une confirmation dans ses yeux. Et au bord de ses lèvres, encore ; le sourire.

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Mer 8 Nov - 17:14


20 000 lieux sous les mers
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La pièce complètement vide prenait des airs de confessionnal, tandis que la conversation devenait soudainement profondément existentielle. Depuis la fameuse nuit dans la ruelle, c’était très certainement la première fois que les deux hommes se retrouver à parler sérieusement et à coeur ouvert. La sincérité se lisait entre les lignes et un lien indescriptible se formait dans les silences. Jaco, malgré son sourire toujours présent semblait avoir réagi en profondeur à la remarque de Milo et il n’avait pas la moindre difficulté à sentir les effluves de son esprit s’activer dans l’ombre. Loin d’être dupe le chasseur avait bien compris que derrière ce sourire se trouvait une complexité certaine, mais malgré ses efforts il était incapable de la déchiffrer. Jaco n’était pas aussi simple qu’il ne le laissait penser ce qui le rendait un peu plus curieux chaque jours. Son discour bien que lourd de sens lui ressemblait trop et dans le fond de ses yeux Milo cherchait la faille. « Je préfère les gens vrais. » Il marqua un silence, s’approchant un peu de l’autre pour créer une sorte d’intimité favorable à la conversation. Depuis toujours, le jeune homme aimait les gens différents, ceux qui se démarquent autant par leurs qualités que leurs défauts. Personne n’est parfait et heureusement à ses yeux.

Voyant que sa phrase pouvait porter à confusion, il soupira un peu avant de reprendre plus calmement. « Je ne dis pas que tu ne l’es pas, mais comment peut-on se sentir proche de quelqu’un qu’on ne pas cerner ? » Du moins, Milo en était incapable. Bien que peu sociable, il restait un très bon observateur et adorait comprendre le fonctionnement des gens. Une fois qu’il connait leurs travers il peut enfin essayer de les apprivoiser et s’habituer à leur présence. Sa méfiance le rendait naturellement prudent, l’empêchant de s’attacher trop rapidement, sachant très bien qu’une fois qu’il se liait c’était pour la vie -ce qui lui jouait des tours comme avec son ancien et seul véritable amour. Avant de se perdre dans ses pensées au sujet de Diane, il posa son regard sur les raies, admirant leurs déplacements suaves avant de reprendre.

« Quand on a un ami, c’est aussi avec ses défauts et ses problèmes. Parce qu’un ami c’est aussi et surtout là quand ça ne va pas. » A ses yeux, c’était même la base d’une amitié stable. En disant ces quelques mots, il ne pouvait s’empêcher de penser à Marvin, qui malgré ses erreurs restait encore aujourd’hui son meilleur ami. Même quand ça n’allait pas, il lui était resté loyal, prouvant sa valeur en tant qu’ami. Parce qu’être un ami, ce n’est pas seulement redonner le sourire, mais aussi dire ce qui ne va pas et essayer de tirer vers le haut. Bien sûr, balancer la vérité au visage d’un proche ce n’est jamais agréable, mais si on ne le fait pas, peut-on réellement se considérer comme un ami ? Finalement, ce qu’il pensait de l’amitié, il ne l’appliquait pas réellement dans son sens étant donné que depuis maintenant plusieurs semaines, il se tenait éloigné de tous ses proches, de peur de les décevoir. Au fond, c’était clairement l'hôpital qui se fout de la charité, et son comportement paradoxal le dégoutait, mais il n’y arrivait tout simplement pas.  

Lentement, il plongea ses yeux clairs dans ceux du brun, incroyablement plus doux et sincère qu’en temps normal. « Du moins, ça devrait être le cas. » Si Marvin était encore là, lui aurait-il dit ? Il aimerait garantir que oui, mais on peut jamais vraiment savoir ce qu’on ferait avant de l’avoir fait. Le chasseur soupira un peu, baissant les yeux pour se retrouver face à ses chaussures, sentant une sorte de boule se former dans sa gorge. Penser à ses amis le rendait triste et le mettait face à un constat certain : il était terriblement seul.
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