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 katchi | marvin

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Lun 23 Oct - 17:29



I said « hey man, where'd you get those eyes ? »
he met a girl that could hypnotize

Francesca faisait face au capot relevé devant elle, un air concentré gravé sur son visage. Garée au beau milieu d’une rue passante de Midtown, la jeune portugaise n’avait que faire des regards qui s’attardaient sur elle, toute absorbée qu’elle était dans son analyse de l’intérieur de la voiture d’occasion qu’elle se traînait depuis plusieurs mois. Jouer les garagistes du dimanche n’était pas vraiment son fort mais c’était pour la bonne cause.

Force était d’admettre en tout cas que le spectacle était plutôt cocasse sinon inhabituel pour les habitants du quartier : une jeune demoiselle apprêtée comme si elle se rendait à un entretien d’embauche prête à plonger ses jolies mains dans le moteur de sa voiture, ça pouvait prêter à confusion. Mais ils n’étaient pas dans un mauvais remake de Transformers et en réalité Fran savait peut-être plus que jamais ce qu’elle faisait tandis qu’elle tapait sur l’écran de son téléphone portable « comment empêcher une voiture de démarrer ». Hormis les premiers résultats qui lui conseillaient des méthodes aussi irréversibles que risquées, la suite des opérations lui arracha un sourire entendu. Dévisser la bougie, bingo.

Aussitôt dit, aussitôt fait. La brune avisa rapidement le fameux élément dont elle desserra lentement mais sûrement la prise. Elle recula d’un pas, admirant consciencieusement le résultat plutôt convaincant. Ah, qu’est-ce qu’il ne fallait pas faire pour essayer de se faire des amis dans cette putain de ville, songea t-elle tandis que le capot se refermait à nouveau et qu’elle essuyait sa main légèrement salie de graisse dans un mouchoir qu’elle jeta à la poubelle avant de laisser en plan momentané sa voiture en panne pour se diriger vers le café près duquel elle était stationnée. De sa seconde main libre, Francesca était d’ores et déjà occupée à pianoter le numéro de téléphone du dépanneur qu’elle allait finir par connaître par cœur à force de le composer – une connaissance pratique.

La voix bougonne d’un homme qui donnait l’impression d‘être réveillé de sa sieste lui répondit après plusieurs tonalités. Fran usa sans remords de sa voix la plus douce et plaintive pour attirer l’attention de son auditeur. « Bonjour, j’ai ma voiture qui m’a lâchée au croisement de Charlotte Street et Cass Avenue. » Le type paraissait pressé d’en découdre et il allait raccrocher, ce qui poussa l’étudiante à se montrer un peu insistante à son tour. « Au fait, j’aimerais bien avoir affaire à Marvin, s’il vous plaît. Grand, avec des tâches de rousseur et un air grognon, vous voyez ? » La description dudit concerné n’était peut-être pas aussi utile qu’elle l’imaginait – il était suffisamment atypique en lui-même pour qu’on le reconnaisse – mais elle n’avait aucune envie de voir débarquer un Marvin différent de celui qu’elle connaissait, si tant était que connaître était un bien grand mot. Sa requête n’avait rien de coutumier et après quelques secondes marquées d’hésitation, l’homme commençait déjà à objectiver que choisir son technicien de dépannage ne faisait pas vraiment partie des prérogatives. Jouer les exigeantes à Détroit n’était donc pas apprécié partout, note à elle-même. « Je sais, je sais, on est pas au marché, mais il connaît bien mon véhicule, il l’a déjà réparé en fait, je me disais que ça nous ferait gagner du temps … » Quelques secondes plus tard et la conversation se coupait, l’annonce qu’on viendrait l’aider d’ici un quart d’heure clôturant l’échange.

Bon. Y avait plus à espérer que ça ait fonctionné. Et puis quinze minutes, c’était bien plus qu’elle n’en avait besoin. Une fois la rue traversée, Fran s’enthousiasma du peu de monde qui faisait la queue dans cette enseigne populaire où les cafés étaient aussi chers que variés. A cette heure ci de la matinée, la plupart des citadins devait déjà être enfermée dans leurs bureaux. Deux cafés – l’un noir et long, l’autre crème et légèrement sucré – plus tard, la machiavélique cadette Veloso revenait à sa voiture, la confiance imprimée dans ses yeux clairs et jusque dans ses fossettes. Il ne manquait plus que le principal intéressé et sa mission apprivoisement pourrait enfin démarrer.

Pendant qu’elle patientait, adossée à la vieille Alfa Romeo 147, Francesca repensait au refus accompagné d’un froid polaire qu’elle avait du affronter la dernière fois qu’elle avait proposé au remorqueur rencontré depuis seulement deux mois de boire un verre. Certes, elle avait parfois ses manières et son petit coté direct mais là, c’était comme si elle lui avait fait peur. Il n’en aurait pas fallu beaucoup plus pour la vexer mais Fran ne se décourageait pas si aisément, ce qui expliquait tout son petit manège et sa motivation à pouvoir un peu mieux cerner le curieux personnage qu’était ce Marvin. La demoiselle se sentait comme obligée de persévérer et de s’évertuer à lui décrocher autre chose que des marmonnements. Tant pis si ça devait lui faire perdre du temps et de l’énergie.

D’ailleurs en parlant du loup, voilà qu’il montrait le bout de son museau grognon – le visage de la jeune fille dans un parfait contraste s’était éclairé d’un sourire charmant alors que le véhicule de dépannage reconnaissable entre mille se garait près d’elle. « Oh ! Bonjour ! » Un air proprement surpris se peignit sur sa frimousse tandis qu’elle cachait encore dans son dos les deux gobelets cartonnés fumants. Elle n’avait pas intérêt à se montrer trop joyeuse au risque de passer pour la cliente la plus bizarre et la moins crédible possible. « Je crois que cette voiture était une arnaque, j’aurais jamais du l’acheter. » Un soupir de circonstance avant qu’elle ne se reculât pour laisser l’expert se charger de la suite.
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Dim 29 Oct - 13:02


Les bras sont croisés ; forcément, ils le sont toujours. L'oeil terne, Marvin dévisage le mécanicien - un idiot ayant abandonné le lycée pour faire quelques merdes et qui s'est autoproclamé mécanicien après avoir changer les pneus de sa voiture quelques fois, ainsi que son huile - faire son travail. Ou plutôt, massacrer une voiture. Les dents ne peuvent s'empêcher de grincer à quelques instants, et lorsque les regards se croisent, le mec se contente de faire comme s'il ne l'avait pas vu. Il a compris, après la dernière fois. Marvin aussi. Un regard de travers donnant pour résultat une pluie d'insultes et des coups, et un propriétaire - et employeur - peut enthousiasme. La menace quant à la perte de leur emploi à faire taire chacun des deux et depuis, ils se contentent de se dévisager et de se juger sans se parler. La meilleure des amitiés, en résumé. L'avertissement n'empêche pas Marvin de lui adresser un rictus violent lorsque les regards se percutent de nouveau, ainsi qu'un doigt d'honneur. L'autre trésaille, mais ne renvoie rien. Il se contente de retourner étudier sous le capot de la bagnole pour l'endommager encore plus et voler un peu plus celui qui la possède.
- Wesley ! gronde la voix du proprio, derrière.
Les bras de nouveau croisés, Marvin tourne la tête vers le vieil homme, sans expression. Il hausse d'un sourcil, pourtant, pour lui démontrer qu'il est attentif.
- Une de tes copine a appelé, elle est en panne, elle veut son chevalier.
- ... Pardon ? La voix gronde, et les oreilles sont rouges, déjà. Les yeux, eux, lancent des éclairs.
- Une voiture a remorqué, pour toi. La demoiselle t'a demandé, disant une connerie comme quoi tu connais bien sa voiture ou j'sais pas quoi.
Brièvement, le roux grimace, avant d'hocher de la tête d'un mouvement sec. La seconde suivante, il ouvre ses bras, s'étire derrière le comptoir pour prendre les clés de la remorque avant de prendre le chemin vers la sortie.
- Wesley ! claque encore la voix du vieux bouc.
Il arrête le pas, sans se retourner, attend la suite des paroles.
- Rappelle toi, gamin ; j'te paie pas pour baiser ta copine ! Remorque moi cette voiture.
Les épaules se tendent et les oreilles rougissent encore plus, avant que, sans mot, Marvin reprenne le pas. Derrière lui, la porte claque et le rire du mécanicien résonne.
Qu'ils aillent tous s'en faire foutre.
La porte de la remorque claque aussi, lorsqu'il embarque dans le véhicule. Ajustant le rétroviseur, il allume le moteur et tourne le volume de la radio, change la chanson qui joue - Marvin déteste la radio, a appris à trainer des disques gravés avec lui - et lorsqu'il trouve la bonne, se met en route. Le roux essaie de son mieux de respecter les limites de vitesse - et dieu qu'il aime la vitesse - et de laisser priorité aux piétions - il déteste les piétons, surtout les filles qui ricanent et qui semblent le regarder et parler entre elles à son propos - et perd environ trois minutes sur la route à attendre qu'une vieille dame traverse la route à l'aide de sa marchette pour finalement arriver sur les lieux.
En chemin, il a prié pour que ce ne soit pas elle. Les Dieux ne l'ont pas écoutés, on dirait mieux. La grimace se trouve déjà sur ses lèvres lorsqu'il barre la remorque. La brune, elle, sourit. Évidemment qu'elle sourit ; elle le fait toujours. Les oreilles sont déjà rouges avant même qu'il ne sorte du véhicule.
Marvin ne peut que lancer un regard noir à la voiture, lorsqu'il arrête près d'elle. C'est elle, après tout, la responsable de toute cette merde. La brute idiote serre un peu des dents, avant de tourner les yeux vers la fille. Pas directement vers elle, en vérité. Il ne cherche pas son regard, fixe plutôt un point de son visage, comme sa joue ou qu'importe.
- Hm, ouais, qu'il gronde, tout en pensant que l'arnaque, c'est sa vie.
Il ne perd pas de temps pour faire la conversation - Marvin ne sait pas la faire, la conversation - avant d'ouvrir la capot de la voiture. Du coin de l'oeil, il voit les cafés fumants dans les mains de la fille, mais ne pose pas de questions. Les mots sont toujours pris dans sa gorge, après tout, lorsque ça concerne les filles.
Il sort des gants de ses poches et dévisage les éléments présents, regarde si la batterie est bien fixée, s'il y a de l'huile, et si aucun fil n'a déconnecté. Au final, son oeil se pose sur les bougies.
- .... hé, qu'il gronde, sans tourner les yeux vers elle. C'quoi ça ?
Il pointe du doigt la bougie à peine vissée. Les autres sont encore bien serrées. Il tourne les yeux vers elle, brièvement, mais le regard n'est pas mauvais, cette fois-ci. Marvin est plus paumé qu'autre chose. Pourquoi elle aurait fait une connerie du genre, après tout ?

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Lun 6 Nov - 18:45



I said « hey man, where'd you get those eyes ? »
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C’est incroyable, nota Francesca alors que le grand roux descendait de sa remorque avec autant d’entrain qu’un condamné face au bûcher. Elle n’avait pas un égo suffisamment surdimensionné pour penser que n’importe quel mâle que cette Terre portait ne pouvait pas lui résister, mais tout de même, un brin de reconnaissance luisant dans l’œil ou une pointe de chaleur dans la voix, ça ne pouvait pas le tuer à ce point ?

Bon. Apparemment, si. Son enthousiasme temporairement douché par les grommellements du type aux tâches de rousseur, l’absence totale d’une ouverture potentielle à un échange question-réponse lui coupa momentanément le sifflet. Oh rien d’inquiétant, juste le temps pour Francesca de repenser sa stratégie alors qu’il avait l’air de se réfugier derrière le capot ouvert de l’Alfa Romeo comme un enfant sous sa couette. Elle avait déjà mal démarré en sous-estimant le pouvoir quasiment frigorifique de ce fameux employé de garage et surtout, elle ne comprenait pas pourquoi elle s’escrimait autant à vouloir lui extirper plus de trois mots de sa bouche. Des amis, la portugaise pouvait s’en faire plein, aurait-elle pu se dire avec orgueil : oui mais voilà, ceux qu’elle voulait, ce n’était pas forcément les plus aisés à obtenir. Et puis, quelque part, une petite voix mesquine lui rappela qu’elle était un peu trop fréquemment abonnée aux gueules d’anges qui avaient le diable au corps ; ça, c’était petit et son inconscient aurait pu s’abstenir d’une pique aussi perturbante.

Le temps pour elle de remettre les compteurs à zéro, le premier mot décroché par Marvin – c’était le nom indiqué sur sa veste de travail la première fois qu’elle l’avait rencontré – faillit échapper à ses oreilles. Heureusement, le phénomène demeurait suffisamment exceptionnel pour que Fran le saisisse au vol. Les mains toujours occupées par ses deux cafés qui allaient tôt ou tard tiédir dans son dos, la portugaise redescendit sur terre en piqué. « De quoi, ça ? » Elle ne papillonnait pas des yeux mais elle aurait pu que l’effet eut été similaire. Le ton de sa voix laissait clairement entendre le filet pur de l’innocence alors qu’elle s’avançait, l’air de ne pas y toucher, jusqu’à se retrouver plantée à côté de lui pour observer l’objet de toute son attention – objet dont elle soupçonnait fortement l’identité et qui se révéla avéré alors que l’index du rouquin accusait la bougie fraîchement dévissé par ses propres soins.

Un silence plana, Fran prenant à cœur sa mission de jouer les ingénues sans trop d’exagération. « Mmmmmh … J’en sais rien. » finit par conclure bêtement la jeune demoiselle après trente secondes d’une réflexion quasiment nulle. Ses yeux clairs se reposèrent finalement sur le type au mètre quatre vingt dix et au visage perpétuellement renfrogné en sa présence, un sourire pétillant de malice en guise de bouclier à sa morosité digne de Grumpy Cat. « C’est pas moi l’experte en mécanique ici. » Là, pour sûr, la brune soupçonnait qu’elle en avait déjà trop fait et qu’elle avait sûrement pris un risque qui ferait s’enfuir au triple-galop le grand silencieux auquel elle avait affaire – mais tant pis, c’était comme ça et pas autrement.

Puisqu’il était plus sage de ne pas avoir l’air d’être l’auteur de cette drôle de magouille, l’étudiante joua l’inquiétude, ses sourcils légèrement froncés. « C’est grave à ce point ? » Plus parce qu’elle commençait à sentir des crampes dans ses doigts que parce qu’elle craignait réellement pour la température des deux boissons, la demoiselle sortit enfin son atout-mystère de sa cachette, lui mettant sous le nez les gobelets pleins qui leur serviraient de ravitaillement – et également d’excuse pour, qui sait, enfin réussir à en savoir un peu plus sur Monsieur-Bougon. « Parce que j’ai acheté deux cafés, je voudrais pas qu’on boive ça froid. » Oui oui, on, semblait dire ses yeux perçants fixés sur le jeune homme. Et qu’il cesse avec cette manière de ne jamais la regarder tout à fait vraiment très longtemps, ou elle allait finir par croire qu’elle avait une tâche de cambouis sur le nez.
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Mar 7 Nov - 20:16


Il dévie son regard, une seconde. Assez pour capter l'innocence de son regard. Le bleu de ses yeux. La moue de ses lèvres. La courbe de ses cheveux. La forme de son visage. Assez pour sentir, brièvement, au travers de l'odeur dégueulasse du café qu'elle tient encore, celle de son parfum ou de son déodorant. Marvin pince ses lèvres, fortement, et se détourne brièvement. La tension des épaules est là, palpable, et le rouge plane contre ses oreilles et certainement sur les dites épaules également. Heureusement, il porte une veste. Heureusement, il lui tourne le dos. Mais la voix de la belle - mais surtout insistante - lui parvient tout de même aux oreilles. Marvin pince ses lèvres, plus fort, et ignore les conneries qu'elle lui sort. Il ferme les yeux une seconde et ignore la colère qui monte dans ses veines. Il inspire doucement, et cherche ses mots, ouvre la bouche plus d'une fois pour lui répondre quelque chose, mais la referme aussitôt. Il perd ses moyens. Forcément. Il perd toujours ses moyens devant les filles, et Francesca ne fait pas exception à la règle.
Elle n'est pas unique.
Ce n'est certainement pas à cause de ses yeux, son sourire, sa voix ou alors, son visage.
Ce n'est certainement pas à cause des centaines de messages échangées depuis des mois sur youtube.
Ce n'est certainement pas à cause du vlog #26 au portugal, à la plage, où elle porte un bikini.
La tension s'accentue dans les épaules et Marvin ferme le capot, lorsqu'elle lui parle de nouveau.
- Oui qu'il répond à sa question, menteur comme un arracheur de dents, sans la regarder. Les cafés, par contre, il les voit.
Surtout car elle lui balance sous le nez, sans lui donner la chance de filer. Marvin fronce du nez, donc, l'odeur lui prenant sauvagement les narines, et éloigne son visage d'un mouvement brusque. Puis, il lève la main et les éloigne d'un geste beaucoup trop délicat - mais vif - pour la brute qu'il semble être. Cette fois-ci, il la regarde réellement dans les yeux. Se tait, certes, mais la regarde. Le rouge est sur les joues forcément. Les secondes sont brèves et au final, il se gratte la joue et détourne les yeux, désigne la voiture d'un mouvement de menton.
- Au garage. Faut la remorquer au garage ; le roux grommelle dans sa barbe tout en retirant ses gants. Menteur encore une fois, mais le patron lui a bien dit qu'il devait ramener un véhicule, cette fois-ci. Et avec son dossier criminel, il tient à garder son emploi. Ils sont peu nombreux, ceux désirant engager des anciens prisonniers. Il se compte déjà chanceux d'avoir obtenu un pareil emploi et l'éventuel possibilité d'être mécanicien au garage. Marvin aime l'idée, ne se doute pas de la fausse promesse faite il y a déjà plusieurs mois. Pauvre naif.
Retirant ses gants de travail, il les glisse dans la poche arrière de son jeans, avant de dévisager les breuvages de nouveau. Il ne lui a toujours pas répondu, à ce sujet là. Les lèvres se pincent encore et les sourcils se froncent. Dans la tête, un millier de choses se bouscule. Marvin les fusille presque du regard. Il se sent con de lui refuser la chose, maintenant qu'elle a les cafés. Il ne peut pas simplement les ignorer, non plus. Ils sont là, sous son nez. Un peu plus, et elle le fera boire sans attendre son avis.
- Je - qu'il commence, donc, et s'arrête brièvement. Les sourcils se froncent encore plus et il gronde de frustration, face à l'incapacité de dire quoique ce soit. De dire une phrase complète sans merder dans ses mots et avoir l'air d'un con devant une fille, comme toujours. Il imagine Milo, forcément, se moquer de sa gueule. Assez pour le détendre un peu et lui donner la force de dire plus de trois mots sans s'arrêter en cours de route. Le café, j'déteste ça.
Brièvement, il capte son regard, avant de détourner les yeux. Déjà, il détourne le pas également. Il s'engage vers la remorque à pied. Il fuit le reste de la conversation, forcément. La déception dans son regard aussi. Décevoir les filles, c'est pas un truc qui l'enchante totalement. Décevoir qui que ce soit, en fait. Il s'en veut pour un rien, et rage contre lui-même, ensuite.
Il rage déjà par en dedans, forcément.

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Dim 12 Nov - 18:24



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Quelque chose coinçait forcément avec elle. C’était dur de comprendre quoi exactement, car dès lors qu’elle observait Marvin pour tenter d’analyser son attitude, celui-ci fuyait ostensiblement son attention en jouant un rôle renfrogné et distant. C’était illogique, sauf si Francesca admettait l’hypothèse selon laquelle elle ne l’intéressait aucunement et l’énervait au plus profond de lui-même – mais dans ce cas, la portugaise aurait eu tôt fait de déjanter. Elle qui s’était montrée gentille et joyeuse avec lui dès le début n’avait aucune raison de subir un tel déferlement.

Le capot retomba dans un claquement sec, aussi sec que le verdict du remorqueur. La chose était plutôt étrange pour Fran qui, en toute connaissance de cause, savait que seule la bougie devait être revissée pour que la voiture redémarre. Marvin avait déjà prouvé par le passé qu’il était plutôt au moins assez malin pour ne pas tomber dans ce genre de panneaux, mais là, il avait décidé que la situation était grave. La brune ne laissa filtrer aucun tic qui trahirait son petit mensonge arrangé, mais ne put cacher la légère pointe d’amertume qui passa dans son regard alors que le grand dadais repoussait les cafés d’une main certes douce mais assurée – il n’aimait pas ça, confia t-il avec autant de difficulté que s’il avait du effectuer son coming-out devant une foule d’homophobes en délire.

« Oh. » répondit-elle tout bêtement. « Je vois. » Elle qui s’était montée une demi-douzaine de scénarii pour expliquer rationnellement pourquoi ce garçon refusait de boire un verre avec elle tombait un peu des nues. Qui refusait un café sous le prétexte de ne pas aimer ça ? Des boissons, il en existait des tas – il pouvait parfaitement choisir autre chose. Ca paraissait trop stupide pour être réel. Pas vexée, mais plutôt frustrée, l’étudiante resta plongée dans le silence un moment avant de réagir.

Le visage constellé de tâches de rousseurs avait disparu de sa vue, se tournant vers la remorque où il allait se réfugier direction le garage. Fran soupçonnait qu’elle pouvait le suivre et c’est ce qu’elle fit sans l’ombre d’un doute - plantant au passage ses deux cafés sur le rebord du parcmètre qui s'offrait en seul support potable -, persuadée qu’au moins coincé au volant de sa camionnette, il ne pourrait pas s’échapper à une quelconque conversation. « Alors tu préfères quoi ? Le thé, le chocolat chaud ? » demanda t-elle sur ses talons, passant de l’autre côté de l’automobile jusqu’à rejoindre le siège du passager. Elle grimpa la marche haute du véhicule pour se hisser avec souplesse sur le siège, son visage toujours aussi déterminé apparaissant de nouveau aux côtés du rouquin. « Je trouvais qu’il était un peu tôt pour une bière à vrai dire. » Trait d’humour mis de côté, la brune n’en était pas encore réduite à verser dans l’alcoolisme pour se lier d’amitié avec quelqu’un.

Le moteur démarra et déjà ils s’apprêtaient à prendre la route, l’Alfa Romeo tractée à l’arrière achevant leur cortège inattendu. Francesca n’avait pas envie qu’il croit qu’elle essayait de l’atteindre en jouant la pauvre petite étrangère qui ne connaissait personne dans une ville trop grande pour elle. Les gens ne l’avaient jamais effrayée et elle était capable de discuter avec le premier venu de la pluie du beau temps. Mais en l’occurrence, la franchise pouvait être une façon d’obtenir une réaction honnête de lui, peut-être même un peu de sympathie de sa part – elle y croyait dur comme fer. « Je sais que c’est pas quelque chose de très courant de sympathiser avec le garagiste du coin mais ... » Elle observa le trottoir distraitement, silencieuse pendant quelques secondes inexplicables où seul elle et son inconscient savaient ce qui s’était dit sous cette masse de longs cheveux bruns soigneusement ondulés. « Ca m’aurait juste fait plaisir qu’on se voit autrement que quand ma voiture est cassée. Même si ça arrive assez souvent je dois dire. » Elle ne souriait pas, ne riait pas, ne se moquait pas, donnait seulement la vérité toute nue. Elle avait hésité, pendant un court temps, à dire qu’elle avait fait tout ceci dans le seul but de le recroiser – mais le risque qu’il la prenne pour une cinglée était trop gros pour qu’elle aille jusque là. Plus tard, peut-être, avouerait-elle sa magouille.
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