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 monster | milo

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Lun 23 Oct - 18:16



try to break free
from the darker part of me

La soirée s’était encore terminée sur les chapeau de roue au Henry Ford Hospital. Joe avait bien cru qu’elle ne sortirait jamais des locaux où elle avait presque passé une heure entière à suivre le protocole de consultation d’un patient alors que la plupart de ceux de sa promotion étaient déjà rentrés chez eux depuis belle lurette. Ah, les désavantages de se montrer un peu trop intéressée … Cela dit, si elle n’avait pas eu la patience de noter tout ce que le chef de service lui avait raconté et décrit avec une précision minutieuse tandis qu’il auscultait l’homme, elle n’aurait jamais eu droit d’assister à sa première intervention réelle le lendemain à la première heure. Les efforts de la blonde avaient donc payé et sa constance dans son travail se retrouvait récompensée. Le sourire aux lèvres, elle avait quitté l’établissement hospitalier la dernière mais parfaitement insouciante, baignant dans son petit bonheur ridicule d’étudiante en médecine qui se rêvait déjà dans les blocs.

Vingt-deux heures trente à sa montre et la nuit noire s’était déjà pleinement étendue sur Détroit. Les taxis défilaient, nombreux à être disponibles en cette soirée calme où les jeunes n’étaient pas encore prêts à sortir. Jolene ignorait royalement tous ces véhicules, elle qui voulait profiter encore un peu de sa fin de journée et qui se sentait pousser des ailes était prête à marcher des kilomètres. Elle huma sur son passage les odeurs appétissantes d’un stand de hot-dog mais poursuivit sa route, les yeux perdus dans l’agitation modérée des derniers travailleurs prêts à retourner à leur domicile qui croisaient la route des premiers fêtards.

L’heure n’était pas si tardive mais peu à peu le flux des passants et des badauds s’était ténu jusqu’à ce que Joe se faufile dans des rues moins fréquentées, passant sur des trottoirs moins exposés. Au brouhaha doux des quelques commerces encore ouverts qui diffusaient leurs lueurs chaleureuses se succédaient le silence soudain des quartiers résidentiels, à peine interrompu par de lointains crissements de pneus. Ce changement d’atmosphère, l’interne ne le remarqua qu’un peu tard mais s’en formaliser n’aurait été que répondre à un sentiment puéril d’angoisse. Le calme n’était pas forcément synonyme d’antécédent à la tempête.

Et puis l’appartement n’était plus si loin maintenant ; et la blonde d’accélérer le pas pour ne pas s’aventurer plus longtemps en terre connue mais néanmoins hostile. L’étudiante songea que les dernières fois qu’elle avait choisi de se perdre seule dans la nuit, elle l’avait amèrement regretté – les échos de la soirée au Crimson en témoignaient. Depuis, bien sûr, elle n’avait eu à souffrir d’aucune représailles mais ses sorties s’étaient bornées à des trajets diurnes dans des lieux remplis. Pourquoi est-ce qu’elle pensait à ça, déjà ? Là, alors qu’elle s’était spontanément engouffrée dans la venelle qui faisait office de raccourci – ce petit bout de rue qu’elle avait si souvent pratiqué et qui maintenant, n’avait plus cette allure familière – elle se sentait bien moins en sécurité. Quelle idiote, c’était juste cette peur universelle de l’obscurité qui la dominait. Il n’y avait rien à craindre, personne dans ce passage étroit – et s’il y avait quelqu’un ? Ses pas gagnèrent encore de la vitesse tandis que sa main resserrait le sac contre elle. Le claquement de ses bottes sur le bitume résonnait à l’unisson de sa respiration, seuls bruits pesants qu’elle pouvait entendre – à moins que ce claquement près d’elle ne fut le fruit de son imagination ? Joe s’arrêta une seconde avant de se remettre en marche, le regard fuyant chaque recoin sombre pour en retomber sur un autre. Elle s’apprêtait à se mettre à courir comme la première des gamines tétanisées par un vieux cauchemar revenu après des années d’absence lorsque le grincement métallique d’une porte qui s’ouvrit brusquement devant elle lui arracha un bond sur place, bond similaire à celui de son cœur qui cogna dans sa cage thoracique.

Elle cria, mue par un automatisme de peur mêlée d’auto-défense. « Bordel de merde ! » Devant elle, sorti de nulle part sinon d’une arrière-boutique quelconque, la silhouette de Milo venait de fondre sur elle comme un de ces monstres tapis dans l’obscurité qui surgissait de l’inconnu.

Milo. Ce n’était que Milo Hopkins. Une tête bel et bien connue, et sinon amicale, au moins sans danger. Les battements de son myocarde retentissaient encore fortement, pulsaient dans ses doigts et dans sa tête alors qu’elle reprenait un peu de son calme et surtout de sa contenance. Non seulement elle passait le plus clair de son temps libre à croiser fortuitement le jeune homme mais en plus elle ne loupait jamais une occasion de renforcer un peu plus son image de cinglée – à hurler comme ça à la pleine Lune, il y avait de quoi se poser des questions. « J’ai failli avoir une attaque ! » Ses mots se rapprochaient de la plainte plutôt que du véritable énervement. Après tout le chasseur ne pouvait même pas imaginer dans ses prédictions les plus improbables qu’en sortant dans cette petite rue, il tomberait sur Joe Pearson et lui ficherait la peur de sa vie … Le cas contraire, il aurait été un beau salaud.
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Mer 25 Oct - 18:34


bouh bouh
midnight walk.
Le petit chariot de livre heurta dans un bruit sourd le mur, tandis que Milo vérifia une dernière fois sa montre en soupirant légèrement. Refaire le rayon entier des nouveautés lui avait pris plus de temps que prévu, sans parler que son patron était passé dans la soirée pour prendre un café et faire le bilan du mois. Heureusement pour lui, il partait en congé pour deux jours, ce qui lui laissait le temps d’oublier cette très longue journée. Le libraire ne détestait pas vraiment son supérieur, mais n’appréciait pas vraiment de le voir débarquer à la fermeture sans prévenir et le retenir pendant des heures, tandis qu’il doit impérativement terminer quelque chose pour le lendemain. S’il ne voulait pas faire plaisir à son frère en gardant une situation stable, ça ferait bien longtemps qu’il lui aurait libéré le fond de sa pensée. Pas du genre à se laisser marcher sur les pieds, il se doutait bien qu’il ne fera pas carrière dans ce lieu et surtout que ce n’était qu’une question de temps avant qu’il ne délit sa langue.

Maintenant que tout était prêt pour le lendemain, il pouvait enfin s’occuper de la fermeture complète de la boutique. Une fois toutes les lumières éteintes, ainsi que l’alarme activée, il attrapa sa veste et son paquet de clopes pour gagner la sortie de derrière, reservée au personnel. Tandis qu’il releva le col de son manteau jusqu’à sentir la moumoute de ce  dernier contre le peau de son cou, il poussa la lourde porte qui claqua aussitôt dans son dos. Alors qu’il allait enfin s’allumer sa promise, celle qu’il attendait depuis des heures, un hurlement à quelques centimètre de lui le paralysa. Son coeur battait la chamade, tandis que tous ses muscles venaient de se contracter par la surprise. L’origine de ce cri suraigu n’était autre que Joe et d’une certaine manière, ce n’était pas réellement étonnant de la part d’une hystérique pareille. « Putain, mais t’es complètement folle ou quoi ? » En plus de lui avoir fait peur, elle avait sûrement réveillé les quelques personnes qui pouvaient dormir et qui pourrait imaginer qu’ils se passent quelque chose de grave. Heureusement pour lui, personne ne sembla s’affoler, puisque tous les rideaux aux alentours restèrent immobiles.

Maintenant le silence de retour, il dévisagea la blonde, d’un regard incroyablement transperçant. Si la première fois pouvait relever d’un hasard, il trouvait cela un peu étrange la manière dont ils se croisaient si souvent. Rien ne les reliait et pourtant, peu importe où il allait, elle ne semblait jamais loin, ce qui commençait à être louche. Agacé et fatigué par cette journée, il laissa de côté sa patience habituel pour se montrer plus froid que jamais. « Je peux savoir ce que tu fous là ? » Laissant un instant le bénéfice du doute à la plus jeune, il s’avança un peu vers elle, lui bloquant ainsi parfaitement le passage. « Tu ne serais pas en train de m’espionner ? » S’il y a une bien une chose que Milo déteste, c’est bien les fouineurs et son regard sombre le laissait parfaitement comprendre. L’air mauvais de Pluton se dessina lentement sur son visage, tandis qu’il faisait face à Joe, bien décidé à avoir une explication.

Si jamais elle s’était mise en tête de le suivre, d’enquêter ou n’importe quelle idée dans le genre, elle allait très rapidement le regretter. Pluton ne sera pas aussi patient que lui, elle ferait mieux de ne pas jouer trop longtemps avec le feu si elle ne veut pas se brûler. Elle ne connaissait rien de lui, mais si elle le sous-estimait, elle se trompait. Il lui avait sauvé la vie, sans rien demandé en retour, elle ferait mieux de s’en contenter. De plus, elle se permettait encore une fois de lui hurler dessus, ce qui lui tapait plus que jamais sur le système. La mâchoire serré, il resta immobile face à elle, veillant à ne pas se faire surprendre pour autant -on était jamais à l’abris d’un piège.
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Ven 27 Oct - 17:42



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Folle ? Possiblement. Surtout saisie, elle en oublia de rétorquer quoi que ce soit d’équitablement désagréable à son interlocuteur.

Les échos cardiaques tambourinaient toujours un peu trop fort dans sa poitrine, la blonde dévisageant Milo comme s’il lui avait fait une très mauvaise farce. En réalité il n’y pouvait pas grand-chose, pas plus qu’elle n’avait pu retenir le hurlement qu’elle avait poussé sous le coup de la frayeur. Le chasseur paraissait étonnamment furieux, lui aussi ayant sûrement été pris de court à la fois par sa présence complètement incongrue et sa réaction. Le destin avait en effet une tendance farceuse à mettre l’un sur la route de l’autre. Et à force de se retrouver bien trop souvent l’un face à l’autre, tôt ou tard, quelqu’un finirait par douter du hasard de ces croisements.

L’agressivité dans la voix de Milo ne lui plaisait guère – pour changer. Elle n’aimait pas cette insinuation pernicieuse, comme si elle n’avait pas sa place dans ce quartier, comme si elle n’avait rien à faire là, bref, comme si elle gênait. Mais qu’est-ce qu’il savait au juste pour se montrer tellement arrogant ? Qu’est-ce qui lui donnait ce droit incroyable de penser qu’il pouvait gérer les allées et venues des autres de la même façon qu’on dirigeait des pions ? Les émotions rendues encore vives par la peur, la jeune fille arqua un sourcil incrédule. « Excuse-moi mais c’est interdit de prendre le trajet qu’on veut pour rentrer chez soi ? Je savais pas que Détroit t’appartenait. » Elle le piquait autant qu’il l’attaquait, pas vraiment de celles qui considéraient que pour apaiser un conflit, tendre la joue gauche après s’être fait gifler la droite était la solution idéale.

A sentir le jeune homme qui lui faisait face à ce point sur la défensive, presque dans une posture d’affrontement, Jolene songea qu’il savait se montrer sous des jours meilleurs, le rappel de leur bref échange après sa mésaventure essuyée au Crimson. Oh et puis merde, elle n’allait pas juste lui accorder un semblant de sympathie parce qu’il s’était montré altruiste une fois dans sa foutue vue. Est-ce que ça compensait toutes les fois où il s’était probablement montré infect, gratuitement moqueur ou juste tête à claques ? On ne faisait pas de bonnes actions pour soigner son karma, on les faisait parce qu’on les pensait justes et sincères. Après tout, ce soir-là, il l’avait très certainement sauvée uniquement par intérêt personnel – celui de pouvoir mettre un autre dealer en garde à vue.

Et puisque son for intérieur avait besoin d’un coup de pouce pour décider quelle attitude adopter, Milo lui en donna un en soulevant un point qui relevait de la paranoïa pure et simple. Un ange passa avant que le timbre de l’étudiante ne rompit la tension électrique qui flottait dans l’air. « … T’espionner ? » Jolene aurait pu franchement éclater de rire, mais le pas soudainement peu avenant que le blondinet effectua dans sa direction lui en coupa l’envie. Elle ne pouvait absolument pas croire une seule seconde qu’il était en train de la soupçonner d’écouter aux portes d’une putain de ruelle où elle n’avait même pas imaginé, même dans un univers parallèle, lui tomber dessus. « Non mais t’es sérieux ? » La confirmation qu’il l’était bel et bien, elle l’avait dans sa posture et dans l’air sombre – sans parler de l’obscurité nocturne – que son visage avait pris. Elle était tout simplement prête à l’ignorer et à passer son chemin mais lui ne partageait décidément pas son avis, faisant bloc de toute sa hauteur alors qu’il la transperçait d’un regard qui n’avait plus rien d’engageant.

Au bord de l’incompréhension la plus totale, Joe laissa finalement sa spontanéité parler pour elle – nerveuse, colérique, comme trop souvent bouillonnante. « Je peux savoir pourquoi je ferais un truc pareil en fait ? Qu’est-ce que j’y peux si tu te retrouves toujours là où je vais ? Dans ces cas-là j’ai qu’à dire que c’est toi qui m’espionnes tant qu’on y est ! » Oh, elle ne calmait aucunement les choses à parler aussi vite, si fort, à être si sanguine. Mais c’était son caractère et elle n’était pas tout à fait prête à en changer.
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Dim 29 Oct - 18:56


bouh bouh
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Aussi prévisible qu’un mauvais blockbuster, Joe répliquait telle une enfant qui essayait de jouer aux grandes. Avec elle, tout montait systématiquement dans les tours, prouvant qu’elle était finalement assez limitée dans sa manière de raisonner. Certes, son côté un peu enfantin pouvait avoir un certain charme, mais ne lui donnait certainement pas tous les droits. Si Milo détestait bien une chose, c’était bien les fouineurs et particulièrement ceux qui le faisait aussi mal qu’elle. « Ce n’est pas moi qui traine devant ton lieu de travail. » Se défendre en essayant de retourner la situation ne l’aidera en rien, si ce n’était énerver encore plus le blond qui perdait clairement patience. Pluton avait d’autres chats à fouetter en ce moment et il préférerait clairement que la blondinette retourne à ses occupations d’adolescentes au lieu de trainer dans ses pattes. Estimant s’être montré assez coopératif avec elle, il opta désormais pour une autre approche, bien moins plaisante.

S’il fallait lui faire peur pour l’éloigner, il n’allait certainement pas s’en priver. Habitué à ce qu’on ne l’aime pas, ça ne sera qu’une légère formalité. De plus, s’il s’avérait qu’elle enquêtait réellement sur lui, son secret pourrait bel et bien être en péril, ce qui représentait une menace non négligeable. « Tu ne devrais pas me prendre pour un idiot, j’ai été sympa jusque là, mais je suis pas un bisounours. » Sa voix se voulait la plus explicite possible, tandis qu’il la poussa à reculer contre le mur, ne lui offrant aucune issue possible. Milo venait ni plus, ni moins de prendre le dessus sur leur échange et il espérait bien que son message sera très clair. Ne sachant pas réellement si elle mentait ou pas sur les raisons de sa présence ici, il lui laissa une dernière fois le bénéfice du doute, mais de manière bien moins agréable qu’auparavant.

Tenant son visage très près du sien, il pouvait aisément sentir le parfum de cette dernière, ainsi qu’entendre sa respiration rapide. « Je ne t’ai rien demandé en retour, tu devrais déjà t’estimer heureuse. » Malgré tout ce qu’elle pouvait penser ou dire à son sujet, il ne s’était jamais mal comporté avec elle jusqu’ici. Si elle voulait tant le haïr, il allait désormais lui donner de bonnes raisons. « N’abuse pas de ma sympathie, compris ? » Un sourire mauvais avant de lui relever une mèche de cheveux qui lui coupait le visage en deux. « La prochaine fois, tu le regretteras très sérieusement. » Le vent sifflait dans la ruelle, tandis qu’une tension sans nom s’installait entre eux, comme si le monde s’arrêtait doucement de tourner. « On est bien d’accord ? » Attendant une réponse, il ne la lâcha pas une seconde du regard, la bloquant de son bras qu’il appuyait contre le mur en brique du bâtiment.
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Lun 30 Oct - 19:36



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Quelque chose – une intuition – lui disait que cette fois-là, Joe n’allait pas avoir droit aux mêmes attentions que d’habitude. Oh, elle n’avait jamais rien ni réclamé ni attendu de lui depuis le début et quelque part il devait tout aussi bien en avoir conscience. Ca ne l’empêchait pas de se montrer intimidant, comme si elle avait quelque chose à se reprocher en étant ici face à lui, comme si depuis le début, elle avait cherché ce qui lui – leur ? – était arrivé.

Mais Joe n’était pas d’accord, et surtout elle ne faisait pas partie de ces gens qui acceptaient la conclusion qu’on leur donnait sans se défendre. Qu’il la prenne pour une folle, passe encore, mais pour une espèce de harceleuse, là ça devenait différent. « Mais t’es complètement malade ma parole ! » Dans sa voix vibrait quelque chose, la révolte due à l’injustice de l’accusation ou de l’incompréhension pure et simple ; au choix.

Elle n’avait pourtant pas d’autre choix que de reculer alors qu’il continuait ses phrases doucereuses avec cet air de psychopathe – parce que clairement, lui parler de la sorte à la nuit tombée dans un coin de rue où ils étaient sûrement seuls à deux n’était pas franchement un contexte encourageant à la bonne camaraderie. Son dos finit par buter contre le mur de brique pendant qu’elle répliquait d’un ton vif. « Je viens de te dire que je t’espionnais pas Hopkins, je sais pas ce qui te prend ou ce que tu crois mais t’es sérieusement atteint ! » Peut-être, Jolene, peut-être qu’il fallait cesser d’insulter un homme bien plus grand et plus fort que soi qui vous soupçonnait de mener une mission d’espionnage quelconque sur lui. Sinon, les conséquences pouvaient être pire que prévu. « Je rentrais de l’hôpital, cette rue c’est juste un raccourci jusqu’à chez moi, et comment veux-tu que je sache où tu travailles ? On se connaît même pas ! » Si les arguments tangibles ne fonctionnaient même plus, la blonde pouvait tout aussi bien se mettre à crier jusqu’à ce qu’on l’entende et que les trois chiffres magiques fussent composés par le voisinage – or, à cet instant précis, sa voix s’était légèrement étranglée dans sa gorge, ses cordes vocales s’éteignant de manière aussi fascinante qu’une bougie brusquement soufflée.

C’était fou ce que la statue d’une personne pouvait faire comme effet. De l’importance de l’aura de chaque individu. Tout à coup, Joe s’était retrouvée englobée dans une bulle de tension prête à exploser au moindre mauvais mouvement. Ses yeux dévisageaient dans la pénombre Milo avec intensité – et un brin de peur dans le tréfonds bleuté de ses iris -, lui donnant des airs d’animal sauvage pris au piège. Etait-ce une forme hybride de chantage affectif ou une façon de lui faire comprendre qu’elle lui était suffisamment redevable pour subir ce genre de moments particulièrement gênant, elle n’en avait aucune putain d’idée. En tout cas une chose était certaine, elle n’était absolument pas à l’aise et il se pouvait fort bien qu’elle commençât à regretter de s’être trouvée au mauvais endroit au mauvais moment – regretter un hasard de merde, sérieusement ? Aussitôt qu’il eut saisi une de ses mèches de cheveux, ses muscles se crispèrent, sa colonne vertébrale se tendit et sa mâchoire se serra tandis qu’une chaleur furieuse serrait ses poings. Là, il aurait mérité une gifle – sa main droite s’était d’ailleurs levée mais se suspendit dans l’air avant de retomber lentement. « Est-ce que t’es en train de me menacer ? » Elle le dit presque sur le ton de la conversation, mais en réalité ses yeux ne le quittaient pas alors qu’elle attendait presque sa confirmation du bout des lèvres.

La pression de ses bras lui rappela qu’elle n’était pas en position de négocier, encore moins dans celle de se payer sa tête. Le raisonner n’avait pas marché, elle pouvait donc officiellement faire une croix sur la sanité d’esprit de Milo Hopkins. « On peut pas vraiment dire que tu me laisses le choix. » finit par murmurer la jeune fille. Elle ne s’avouait pas plus vaincue que coupable de ce qu’il racontait, mais tant qu’il ne la lâcherait pas, elle ne se sentirait pas parfaitement tranquille et … hors de danger ? Difficile à croire mais Joe se rappelait seulement maintenant qu’elle avait affaire à un type qui n’utilisait pas des fausses armes.

L’interne aurait pu s’en tenir là. Les choses se seraient probablement tassées, l’atmosphère étouffante serait retombée aussi sèchement qu’elle s’était formée entre eux. C’eut été sans compter sur sa capacité à ne jamais savoir se taire quand il fallait. « Mais tu vas faire quoi s’il y a une prochaine fois au juste ? » Il pouvait le prendre comme un défi, comme une provocation, et confirmer qu’il n’était que ce qu’il paraissait être. Au fond, Joe n’attendait sûrement que ça et malgré tout elle ne pouvait pas jurer qu’elle n’avait pas un peu peur.
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Lun 6 Nov - 19:59


bouh bouh
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La blonde jouait avec ses nerfs depuis bien trop longtemps et il commençait sérieusement à se demander pourquoi il faisait preuve d’autant de patience. Des efforts même pas récompensés, étant donné qu’elle le détestait tout autant, si ce n’est plus que lors de leur première rencontre. La situation devenait de plus en plus épineuse, à se demander s’il n’aurait pas mieux fait de la laisser dans sa merde au Crimson. Seulement, ce n’était pas dans sa nature de laisser des innocents mourir, même s’ils étaient complètement stupides. Si Joe refusait de faire preuve d’un minimum de reconnaissance, tant pis, il s’en passerait volontier. Néanmoins, maintenant qu’il avait largement fait sa part, il ne voyait pas pourquoi il s’encombrerait d’une personne aussi envahissante qu’elle. Peu importe où il allait, elle semblait le suivre, telle une sangsue, ce qui avait le don de l’énerver, encore plus maintenant qu’il avait un secret à garder.

En plus de jouer aux fouines, elle lui répondait comme toujours avec une provocation marquée, comme-ci elle pensait encore avoir le contrôle. « Bien sûr, ce n’est qu’un hasard si on arrête pas de se croiser ? Tu comptes me prendre pour un con combien de temps au juste ? » Le petit lapin blanc continuait de jouer aux effrontés, tandis que le chasseur approchait encore plus son visage, avec un regard terriblement froid qui semblait transpercer l’âme. « Je veux juste une réponse, oui ou non, ce n’est pas compliqué. » Ne laissant plus le choix à la blonde, il resta face à elle, lui empêchant ainsi de prendre la fuite.


Seulement, alors qu’elle était coincée face à lui, elle continuait de se moquer ouvertement de lui. Visiblement, Joe était plus stupide qu’elle en avait l’air, ce qui n’arrangeait pas vraiment Milo qui avait l’impression que le message ne passait pas. « Il y a des choses pires que la mort, crois moi. » Un sourire mauvais accompagné d’un petit rire sarcastique se dessina sur son visage, tandis qu’il faisait face à la provocation certaine de la blonde. Certes, il ne tuait pas les gens, même si ces derniers étaient complètement dépourvu d'intelligence, mais cela ne voulait pas dire qu’il ne ferait rien. Il existait en ce monde des millions de manières de souffrir, il en trouvera bien une s’il le faut vraiment.

Néanmoins, étant une personne plutôt raisonné, Milo espérait ne pas avoir à le faire et que la blonde allait finalement comprendre le message. « Tu ferais mieux d’avoir peur de moi, au lieu de te prendre pour une princesse. Le monde ce n’est pas un compte de fée, alors arrête de déranger les adultes. » Si jamais elle le suivait réellement, elle mettait définitivement sa vie en danger -non seulement à cause des goules, des ravageurs, mais aussi des chasseurs et enfin de lui-même, l’apprentie chimère- et s’il devait lui faire peur pour qu’elle reste à l’écart, il n’hésitera pas à le faire. Une fille comme elle ferait mieux de rester à sa petite vie confortable, au lieu de se prendre inutilement pour une héroïne de jeu vidéo.
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Mar 7 Nov - 17:59



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Soit ils parlaient tous les deux une langue différente que l’anglais, soit Milo Hopkins faisait clairement exprès de ne pas comprendre ce qu’elle lui disait en boucle. Petit à petit, Joe se disait que quoi qu’elle pouvait prononcer, le blond resterait campé sur ses positions – ce qui ne la retint pas d’essayer, une dernière et ultime fois, de crier encore et encore qu’elle était clairement innocente dans ce sombre délire qui virait à l’égotrip pour le chasseur. « Mais qu’est-ce que j’y peux merde ! Je le fais pas exprès je te dis ! »

Et bien si. Pour lui, son sort était bel et bien scellé et elle aurait beau se débattre comme un beau diable, rien n’y changerait. Maintenant qu’il l’avait coincée, de toute manière, elle ne pouvait pas vraiment s’en sortir autrement qu’en reconnaissant des torts imaginaires. Rien que d’y penser, elle enrageait. Cependant, quelque part, la musique triste de la victoire amère retentissait. Finalement, elle avait raison : il avait suffit d’une goutte de hasard en trop pour révéler le visage agressif de Milo – celui qu’elle lui avait toujours attribué d’office. Elle aurait du le savoir qu’il finirait tôt ou tard par abandonner à terre son masque de politesse et de moquerie courtoise. Son intuition primaire à son sujet n’avait jamais été positive à son égard et l’étudiante n’avait jamais porté le jeune homme dans son cœur ; pourtant, l’once d’un ressentiment que Joe ne savait justifier, comme un arrière-goût de déception, avait envahi sa bouche quelques secondes.

D’une voix blanche, elle répéta ses mots. Il n’avait rien compris. Il était con, un vrai con, un véritable abruti. « Une princesse ? » A quoi bon tenter de démontrer le contraire ? Lui aussi, il l’avait cataloguée. Jolene découvrait en même temps qu’elle clôturait définitivement le chapitre de cette drôle d’histoire qu’elle avait peut-être accordé plus de crédit et d’écoute à un garçon qui n’en avait jamais valu la peine.

Les deux yeux bleus qui la fixaient l’oppressaient. A bout de forces et à court d’arguments, la jeune femme baissa les bras au sens propre comme au figuré, crachant presque sa défaite d’un air écoeuré. « Très bien, ok. » Elle chercha à le repousser, lui attendant encore sûrement un peu plus que deux mots simplets en guise d’accord tacite. « C’est bon ! J’ai compris ! T’as plus de soucis à te faire, tu vas plus me voir. » Sa voix s’était élevée, bien moins cependant que toutes ces fois qu’elle ne comptait plus où elle s’était époumonée devant lui.

Une fatigue brusque étreignit sa poitrine. Les retombées de la peur, elle aurait voulu les ignorer ou les réprimer, mais elle n’en avait apparemment pas la capacité – et Joe n’avait aucunement envie de perdre les restes de son énergie à s’énerver contre elle-même. « Lâche-moi s’il te plaît ; au cas où tu l’aurais pas deviné, tu me fais mal. » Dure et froide, Joe ne parvint pas à maintenir le contact avec les iris du chasseur, les siennes se détournant finalement pour chercher un point de fuite, un échappatoire à cette sensation d’étouffement qu’il avait brillamment réussi à créer de ses propres mains.
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Mer 8 Nov - 18:14


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Sa manière d’aboyer à chaque fois lui donnait des airs de caniche royal et on ne pouvait dire que ça amusait beaucoup Milo. Idéalement, il aurait préféré qu’elle baisse les yeux en promettant de rester loin de lui, comprenant le danger que tout cela pouvait représenter. Que pour une fois, elle fasse preuve d’un poil de maturité au lieu de jouer les Archie Andrews en herbe -d’ailleurs, avoir cette référence lui rappela qu’il passait trop de temps sur netflix en ce moment. « Une princesse qui a encore beaucoup à faire pour devenir une adulte. » Joe ferait mieux de laisser les adultes faire et retourner à la vie qu’une adolescente devrait avoir, après tout elle a le temps avant de devenir une adulte. Parce que oui, pour une raison inexplicable, à ses yeux la blonde avait quinze ans et était membre d’une bande scouts. Puis plus elle essayait de jouer les femmes fortes, plus il la voyait comme une enfant gâtée. Si elle continuait comme ça à chercher les embrouilles partout, elle n’allait pas finir l’année, à croire que son instinct de survie déraillait complètement.

Malgré ses menaces et son air monstrueux, elle continuait à lui faire face avec panache, comme si elle refusait de le prendre au sérieux. Pluton restait l’un des chasseurs les plus réputé de Détroit et se faire aussi peu respecter par une gamine l’agaçait profondément. Pourtant il resta calme, comme si rien ne pouvait l’atteindre, bien décidé à ne pas baisser les bras. Joe ne partira pas tant qu’elle n’aura pas accepté le deal, même si cela sous-entendait rester jusqu’à l’aube. De toute manière, hors ses insomnies, rien ne l’attendait dans son lit. Puis à l’instar de la plus jeune, sa voiture l'amènera rapidement au chaud, loin de ce ciel menaçant à tout instant de leur tomber sur la tête.

Comme pour rendre la scène plus solennel, le réverbère scintilla un peu, tandis que la blonde céda enfin. On sentait aisément que cela lui coûtait un rein et c’était d’ailleurs cette raison qui lui afficha un sourire mesquin sur le visage. Une victoire de plus pour lui, qui se satisfaisait de dompter un peu le chaton. « Tu vois, tu peux être une gentille fille-fille quand tu veux. » Accompagnant ses paroles d’une petite tape presque paternelle sur la joue pâle de la blonde, il la lâcha pour se reculer et lui faire face à un bon mètre d’écart. Joe était libre et du moment qu’elle respectait sa part du marché, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Se rallumant la clope qu’il comptait à l’origine fumer tranquillement, il adressa un regard à la blonde qui le fusillait du regard. « La prochaine fois, trouve un autre raccourcis. » Parfaitement conscient d’être un parfait connard, il s’en fichait parfaitement, jugeant préférable qu’elle le déteste et l’évite plutôt que l’inverse.
electric bird.

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Dim 12 Nov - 17:36



try to break free
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Plus il parlait et la méprisait, plus elle se sentait comme un taureau à qui on braquait un étendard rouge écarlate en permanence. Son sang bouillonnait dans ses veines et malgré tout impossible de faire quoi que ce soit. Joe n’était pas violente de nature, pas plus qu’elle n’était réellement agressive physiquement – tout restait toujours brûlant dans les mots, dans les insultes, dans le regard. Frapper ne résolvait rien, blesser quelqu’un pour le seul plaisir d’apaiser sa colère n’était pas dans ses cordes ou dans ses habitudes. Mais là, face à Milo, elle aurait aimé céder. Elle aurait aimé le gifler, lui remonter son genou dans le ventre, le pousser, lui faire mal, tout faire pour physiquement le repousser loin d’elle, l’écarter lui et son souffle chaud et sardonique, lui et ses paroles dégueulasses et vicieuses qui se foutaient d’elle ouvertement et essayaient – non, réussissaient – à lui faire peur.

Il osa poser sa main sur elle, à nouveau. Gentille fifille. Pas de douleur, pas de coup, mais c’était pire que tout et Joe se dégagea brusquement, comme si son toucher était violemment acide. « Ne me touche pas. » cracha t-elle automatiquement, les dents serrées. Il ne l’écoutera pas, parce qu’il n’en faisait qu’à sa tête et parce qu’il avait déjà gagné. Mais Joe ne ferait pas semblant de subir ses excès de confiance sans rien dire. Ce n’était pas uniquement parce qu’il la menaçait qu’elle se tiendrait tranquille ; surtout parce qu’avec le visage qu’il avait montré ce soir, l’étudiante n’avait plus la moindre envie de savoir si elle s’était trompée sur son compte en apprenant à le connaître. Qu’il restait comme il était, elle ne creuserait pas plus loin.

Ses joues chauffaient, ses yeux brillaient entre peur et rage. Même le bout de ses doigts tremblotait un peu – mais rien ne sortait. Rien, strictement rien. Elle ignora du mieux qu’elle put l’odeur froide de la cigarette, se recula du mur et de lui de plusieurs pas, la respiration un peu trop forte.

Partir, partir vite et loin. Sa présence était toxique et elle aurait du le savoir. « Je t’ai dit : y aura pas de prochaine fois. » Là-dessus, il pouvait la croire, elle lui en aurait fait la promesse si elle avait seulement eu assez d’estime pour lui pour lui offrir sa parole. « Et si c’est le cas, ça sera uniquement ta faute. » Ca, elle n’avait aucun remords à le dire en le regardant droit dans les yeux. Sa main droite se resserra sur son sac, la blonde reculant d’un énième pas avant de lui tourner le dos pour s’enfoncer dans les tréfonds de l’obscure ruelle qu’elle avait espéré traverser sans encombre. Elle se promettait de ne plus jamais lui accorder la moindre miette d’attention. C’était probablement la dernière fois qu’elle adressait la parole à Milo Hopkins et, au moins, leur rencontre se terminait comme elle avait commencé – dans le dédain de l’autre le plus total.
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