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 back to autumn | francesca

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Mar 24 Oct - 7:14


pumpkin spice latte
à la faveur de l'automne
Grimpant trois par trois les marches des escaliers, Milo s’extirpa enfin de la bouche de métro, emmitouflé d’un bon pull en laine. L’automne était désormais bien installé sur la ville et le décoration aux teintes orangées arboraient les vitrines des magasins. Sûrement lassé d’être enfermés chez eux, les gens étaient retournés dehors pour profiter de ces quelques rayons de soleil qui contrastaient avec le froid naissant. Pas le dernier à avoir envie de se vider l’esprit et de souffler un peu, le chasseur marchait en direction du parc où il avait rendez-vous. Loin d’un événement officiel, il accéléra néanmoins le pas en voyant qu’il était déjà légèrement en retard. Francesca n’était pas connue pour sa patience, inutile de l’énerver, surtout après autant de jours sans l’avoir vu. Après avoir passé tout l’été ensemble, les deux se voyaient désormais nettement moins, clairement la faute du jeune homme, qui s’assurait de prendre ses distances avec le monde entier, même ses amis.

Se faufilant à travers la foule, il marqua une escale dans une grande enseigne de café pour commander deux boissons chaudes. Visiblement, il n’était pas le seul à avoir cette idée, si bien que coincé dans la queue, il accentua son retard. Une fois les deux boissons notées de son prénom en main et d'un petit smiley rajouté de la part d'un serveur un peu charmeur, il s'engouffra de nouveau dans la rue, d’un pas pressé pour gagner cet espace naturel en pleine ville. Une fois à l’intérieur, le bruit de voitures semblait disparaître, tandis que sous ses pieds, il pouvait entendre les gravier s’échapper. L’odeur de la nature ne faisait pas de mal, tout comme voir ses quelques badeaux profiter de la vie. Ayant rendez-vous proche du petit étang, il ne prit aucunement le temps d’admirer le paysage. Après quelques minutes de marche, il arriva enfin au lieu annoncé, où se tenait la jolie Francesca. Forcée de l’attendre un minimum, elle avait pris place sur un banc, sûrement en train de ronchonner dans sa tête sur ce retard.  

Doucement, il gagna le banc en bois et se posa juste à côté d’elle avec un léger sourire. « Désolé du retard, y avait un peu de queue. » Comme pour se faire pardonner, il lui tendit son pumpkin spice latte, gardant son café basique pour lui. Bien qu’il était un grand amateur de thé, Milo ne pouvait désormais rien d’autre que cette boisson sombre, pour rester à sa façon un être humain. « Alors les problèmes avec ta voiture c’est bon ? » La dernière fois qu’il lui avait parlé, ce qui commence d’ailleurs à dater, la brune semblait en mal avec son véhicule qui avait la fâcheuse tendance à tomber en panne trop souvent -pour la peine, elle s’était sûrement faite avoir dans son achat, mais qui mieux que Milo pouvait comprendre les histoires de problèmes de voiture. La sienne était une véritable antiquité et si elle ne possédait pas une valeur sentimentale, ça ferait bien longtemps qu’il s’en serait acheté une nouvelle.
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Jeu 26 Oct - 19:02



down by the river
i was drown by your grace

Le vent secoua sa chevelure une énième fois tandis qu’elle patientait, assise les jambes dignement croisées sur un des bancs qui parsemaient le Lafayette Park. Un joli coin d’automne perdu au beau milieu de Détroit qui certes valait le détour, mais dont Fran allait finir par vite se lasser si Milo n’arrivait pas très vite au pas de course.

La patience de Francesca n’était aucunement une vertu reconnue chez les Veloso. Il restait un long travail à parcourir pour la jeune femme et ce n’était pas aujourd’hui qu’elle avait envie de s’exercer à ce propos. Passé les premiers instants à contempler la chute des feuilles ocres et à observer par l’angle de caméra de son téléphone quel point de vue et quel filtre appliquer à la photographie éphémère qu’elle venait de prendre, le vent frais de saison lui aérait l’esprit mais la place vide sur ce banc bien trop spacieux pour une demoiselle solitaire lui rappelait à quel point elle avait horreur d’attendre les retardataires. D’ailleurs c’était à se demander ce que le jeune américain pouvait bien faire pour traîner de la sorte – l’avait-il oubliée ? Non, on n’oubliait pas Francesca Veloso à moins d’avoir des tendances légèrement suicidaires.

Et finalement le voilà qui déboulait dans sa direction, le pas vif et les mains chargées. Un sourire se peignit sur sa bouche sans que la brune ait le moindre mot à prononcer ; Hopkins avait déjà fait tout le reste et lui tendait sa boisson dans une attention aussi aimable que spontanée – elle n’était franchement pas mécontente d’être tombée sur lui ce soir de juillet. « Ok, on va dire que ceci de sa main gauche elle leva le latte tout chaud – rattrape cela. » Son poignet dégainé offrit le visuel d’une montre en guise de symbolique pour les minutes perdues. Fran ne se formaliserait pas sérieusement plus de trente secondes de l’arrivée tardive de Milo. Après tout il ne lui avait pas posé un lapin, ce qui aurait été un incident fâcheux dont il aurait eu du mal à se faire pardonner, et puis la portugaise ne cultivait aucun sens de la rancune. Preuve en était Romeo, son jumeau, qu’elle continuait à couvrir et à chérir comme s’il était l’enfant le plus innocent du monde.

L’odeur épicée de son breuvage lui ouvrit l’appétit et elle engloutit une longue gorgée de celui-ci avant de répondre à la question badine de son comparse, ses yeux roulant vers le ciel dans une moue plutôt claire. « Tu parles. » Son dos s’enfonça plus profondément dans le banc tandis qu’elle scrutait droit devant elle les étendues d’un vert un peu fané du jardin public. « J’ai encore eu un souci cette semaine. Je commence à me demander si je devrais pas abandonner ce taco quelque part, franchement. » Une seconde plus tard elle fronça les sourcils, affreusement concentrée, avant de demander le plus ingénument du monde. « Est-ce que c’est comme ça que vous baptisez les gens ici ? En leur vendant des voitures de merde ? » Une tradition comme une autre qui échappait pour le moment à la jeune étudiante en commerce.

Ses doigts s’agitèrent, pianotaient sur le gobelet de carton. La tiédeur qu’il diffusait rendait ce temps bien plus supportable et Fran aurait presque pu mettre de côté les souvenirs heureux de tous ces automnes passés en Europe. Elle vivrait son premier Halloween ici, éloignée d’une partie de sa famille et pourtant avec Romeo – et étrangement près de Jaco, qui ignorait tout. Elle aurait aimé pouvoir organiser un petit quelque chose pour signer leurs retrouvailles, oh trois fois rien, mais elle n’était pas vraiment convaincue par sa liste personnelle d’invités où mis à part le blondinet avec lequel elle était justement en train de discuter, elle n’aurait pas eu grand monde à ajouter et se serait retrouvée réduite à ajouter des gens comme ce remorqueur – ah, le fameux remorqueur qui lui donnait tant de fil à retordre. « D’ailleurs, est-ce que tu trouves que je fais peur ? » Lâchée comme un cheveu dans la soupe, l’interrogation prenait des airs de piège à loup. Fran se tourna de moitié vers son nouvel ami avec un air particulièrement soucieux. « C’est une question sérieuse, ok ? Tu es obligé de répondre sincèrement. »
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Sam 28 Oct - 17:34


pumpkin spice latte
à la faveur de l'automne
L’air frais et le sourire de Francesca lui faisait réellement du bien, après les derniers jours passés à tourner en rond comme un poisson rouge. La routine ne lui convenait pas et pourtant il se retrouvait contraint à s’y faire pour garder une image convenable. Milo pouvait être Pluton, mais pas une chimère, si bien qu’il devait garder une ligne de conduite parfaite pour n pas éveiller plus de soupçons sur lui qu’il n’en avait déjà. L’avantage de cette nouvelle amie, c’était qu’elle ne connaissait pas son passé, ni ses activités secrètes, rendant cette relation incroyablement simple. Discuter tranquillement sur un banc en compagnie d’une personne qui l’appréciait uniquement pour la personne qu’il était s’averait assez agréable et bien qu’il faisait souvent le mort au téléphone, il appréciait chacun de ces instants. De plus, la brune apportait toujours une sorte de fraîcheur, tel un véritable soleil qui réchauffait la vie de quiconque. L’écouter parler de ses petits tracas quotidien le faisait sourire, alors qu’il admirait le paysage automnale qui s’offrait à eux tel un tableau. « Non, c’est ce que font les connards. » Un sourire en repensant à tous les problèmes qu’elle avait déjà rencontré avec sa voiture en si peu de temps, décidément pas chanceuse en affaire. Bien que ce problème pouvait être très chiant, ce n’était pas non plus la fin du monde et ça ne valait pas forcément la peine d’en parler pendant quinze ans -au pire, il lui prêtera la sienne si elle en a vraiment besoin.

Tout en profitant de la chaleur de sa boisson, il se tourna un peu vers elle amusé par sa question étrange. « Clairement, tu me fais penser à Dolores Ombrage. » Son sourire en disait long, avant qu’il ne lâche finalement un rire sincère en regardant la jeune femme. D’accord, elle avait un caractère de chien et beaucoup de répondant, mais ça ne suffisait pas à la diaboliser. Francesca lui paraissait extrêmement sympathique, mais on ne pouvait pas dire qu’il était franchement objectif. Néanmoins, il se demanda rapidement pourquoi cette question semblait préoccuper la plus jeune. Visiblement, quelqu’un lui avait plus ou moins fait comprendre cela et il se demanda bien qui pouvait bien oser lui dire ça.

Au début, il misa sur une idiote jalouse, avant de se dire qu’elle n’en aurait strictement rien à faire d’une telle remarque de la part d’une gamine. Non, si ça la travaillait, cela voulait forcément dire que l’avis de la personne en question comptait à ses yeux, ce qui rendait soudainement le blond curieux. Après quelques secondes de réflexion, il relança directement. « Je rigole, qui t’a dis ça ? Un “crush” ? » Tel un vieux, il accompagna ce mot ridicule d’un mime de guillemet, comme pour faire comprendre qu’il n’utilisait pas ce genre de vocabulaire, ce qui lui donnait un air finalement presque enfantin. Assez possessif dans l’âme, Milo avait fortement envie d’en savoir plus sur cette personne et mieux comprendre le lien qu’il avait avec son amie.
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Lun 6 Nov - 18:32



down by the river
i was drown by your grace

Un sourire amusé franchit ses lèvres. Au moins Milo ne manquait pas d’honnêteté – il n’avait pas l’air du genre à mâcher ses mots, même quand cela concernait sa propre ville. Fran appréciait cela ; l’entièreté représentant pour elle un trait d’authenticité chez autrui. Ca ne faisait pourtant que quelques mois qu’ils se connaissaient et se côtoyaient et on ne pouvait pas dire qu’elle avait l’habitude de démarrer une amitié qu’elle pressentait fiable avec quelqu’un en couchant avec lui en premier lieu – mais en l’occurrence ici, c’était ce qui s’était passé et d’une certaine façon, la brune ne regrettait pas d’être tombée sur lui cette nuit de juin. La sensation d’avoir affaire à une personne qui ne la tromperait pas, ou en tout cas qui ne lui cacherait rien, peu importe que la réalité fut agréable ou non.

Sans lui, à qui d’autre aurait-elle pu geindre sur l’état de son carrosse rutilant ? A qui se serait-elle confiée sur ses premiers étonnements de toute nouvelle habitante de Détroit ? Et surtout qui l’aurait flattée de la sorte ? Peut-être un autre, ou peut-être personne. Seul Dieu savait. « Merci de ta franchise. » souligna sobrement la brune, un pli narquois ornant ses lèvres alors qu’elle se permit d’entrer dans le jeu brièvement lancé par le jeune homme. « Pour ma part je t’aurais bien vu en Pettigrow, tu vois. » Elle se payait clairement sa tête, avec son sourire d'ange. Même si elle savait de quoi elle parlait un minimum, Harry Potter n’était cependant pas une source intarissable de références pour elle, et ce bien que Romeo l’ait suffisamment forcée à regarder en boucle tous les films de la saga.

Elle aurait préféré pouvoir encore plaisanter un peu, dériver doucement et changer de sujet pour parler d’autre chose – il y en avait à dire, depuis l’absence curieuse de Milo. Mais non, ce n’était pas maintenant qu’ils en viendraient à ce sujet ; pour l’heure, il s’agissait de discuter de crush. Le mot lui arracha un bruit à mi-chemin entre le rire et le soupir désinvolte. Inutile d’aller jusque là et de s’emballer, ce n’était pas comme si les rapports qu’elle entretenait avec ce fameux rouquin qui l’occupait un chouïa trop avaient l’air de quoi que ce soit de cordial ni même sociabilisant. Plutôt parler de crash, à ce stade. « Pitié. On dirait qu’on a quatorze ans. » A s’entendre parler d’un garçon comme d’une épreuve insurmontable ou d’un mystère indéchiffrable, pourtant, c’était bel et bien l’effet donné par ses paroles. Fran passa outre ce drôle de manège qui ne lui ressemblait pas vraiment et fit mine d’être détachée – non, pas faire mine, elle l’était vraiment. « C’est juste qu’il y a ce type. Sa voix s’éteignit pendant une milliseconde et son regard coula sur Milo, lui indiquant avant même qu’elle n’ait achevé sa phrase qu’aucun commentaire ironique n’était attendu sur les sous-entendus impliqués par ses propos. Je répète, y a rien entre lui et moi, c’est juste que j’ai l’impression qu’ici, dès qu’on est sympa gratuitement avec quelqu’un, on doit avoir l’air d’un terroriste ou je-ne-sais-quoi. » La méfiance devait être une caractéristique instinctive ici. Ca, ou alors il était de nature génétique de croire que la sympathie spontanée n’apportait jamais rien de bon. « Je l’ai déjà croisé plusieurs fois – en fait à son travail. Il a l’air cool mais … » Elle hésita, pesa ses mots avant de finalement poursuivre l’exposition de la situation telle qu’elle était. « C’est complètement impossible de discuter avec lui. Il ne dit rien, vraiment que le strict minimum. Alors boire un verre, n’en parlons pas, c’est le summum. » Parce que oui, en bonne suicidaire sociale qu’elle était, elle le lui avait proposé. En vain.

Maintenant qu’elle avait dit ce qu’elle pensait, Francesca avait le sentiment profond d’être redevenue une lycéenne idiote – et là encore elle se trompait, elle n’avait jamais eu un comportement aussi enfantin à cet âge. Là, c’était presque du caprice – comme si quelqu’un l’avait privé de dessert alors qu’elle en mourrait d’envie ; prête à tout pour avoir cette part de gâteau sur laquelle elle louchait avec avidité. « D’habitude, j’ai pas ce souci avec les gens. » Le vrai problème était là et elle venait enfin d’en accoucher : Francesca ne supportait guère qu’on lui opposât de la résistance ; pas à une Veloso.
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Mer 8 Nov - 17:42


pumpkin spice latte
à la faveur de l'automne
La légèreté de la conversation lui dessinait un petit sourire, ce qui lui illuminait le visage. Malgré ses cernes permanentes qui n’allaient pas en s’arrangeant, Milo était certes un beau garçon, mais encore plus quand il souriait -ce qui n’était pas fréquent de nos jours. Francesca, elle réussissait à jouer les rayons de soleil dans son apocalypse et rien que pour ça il l’adorait et essayait au maximum de garder cette relation simple avec elle. Parce que si elle apprenait ce qui lui était arrivé ou qu’il était un chasseur, rien ne sera aussi simple et naturel qu’aujourd’hui. Bien sûr, il ne la considérait pas juste comme une fille avec qui rigoler un peu, mais aimait être vu pour une fois comme quelqu’un de vivant. « Désolé de te décevoir, mais j’étais Prongs dans ma bande de pote, autrement dit James Potter. » Un rire enfantin en se rappelant de tous ses bons souvenirs avec sa petites troupes de l’époque. Ils étaient peut-être que quatre et hauts comme trois pommes, ça ne les empêchaient pas de faire les quatre cents coups dans la rue. Chaque journée était une aventure à leurs yeux et aujourd’hui encore il utilisait le surnom de Moony pour parler à Rosa.

Avant d’être le jeune homme qu’il était, Milo avait été un parfait sale gosse et toutes les personnes l’ayant connu au lycée le décrirait comme le leader d’un groupe aussi populaire que complètement déjanté. La langue bien pendue, il avait la fâcheuse tendance à être trop cash, sans parler de ses nombreuses histoires de coeurs qui faisaient parler dans les couloirs. Arrivé à l’université, il s’était calmé, se casant au passage avec une fille et devenant peu à peu Pluton. On ne pouvait pas dire que la chance était de son côté et en quelques années sa vie avait basculé du tout au tout, l’obligeant à se blinder pour survivre. Sa froideur et son manque de tact révélaient les éléments qu’il avait traversé et pourtant aujourd’hui sur ce banc, il arrivait à faire preuve de légèreté, comme n’importe quel citoyen pourrait le faire. « Les jeunes parlent comme ça, il parait. » En disant cette phrase de grand-père, il ne put s’empêcher de rire, avant d’écouter la suite de l’histoire.

Le garçon dont elle parlait en tirait une bonne et lui faisait terriblement penser à son meilleur ami ou du moins celui qui l’avait toujours été. « J’avais un pote un peu comme ça, il était brute de décoffrage, mais en vrai c’était un sentimental. » Marvin, malgré ses airs de durs était le plus grand timide qu’il avait connu et sans son aide, il n’aurait sûrement jamais goûté aux plaisirs nocturnes. Bien sûr, c’était sûrement un peu différent, personne n’était aussi bloqué que Marvin à ce niveau, du moins Milo le pensait. « Il est peut-être juste timide, tu sais mon frère il est un peu comme ça et pourtant il est plutôt pas mal. » Comme pour accompagner ses paroles, il attrapa son téléphone pour montrer son fond d’écran, une photo de lui avec Caesar à Edimbourg lors du dernier Noël.

Francesca semblait s’être entiché d’un garçon un peu étrange et bien qu’il ne s’était rien passé, Milo espérait bien qu’elle n’en souffre pas trop. Après tout, ce gars pouvait aussi très bien être juste un parfait connard et elle se donnait du mal pour pas grand chose. « Après, du moment que tu ne le préfères pas à moi, ça va. » Un petit sourire pour ponctuer cette pointe d’humour, qui n’en était peut-être pas tellement une quand on connaissait le potentiel jaloux et possessif de Milo, qui avait toujours peur de se retrouver mis de côté.
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Dim 12 Nov - 17:18



down by the river
i was drown by your grace

Les sourcils de la brune se froncèrent discrètement à  l’entente des termes utilisés par Milo. La jeune femme n’était pas douée d’écoute pour rien et certains choix de conjugaison pouvaient prêter à une confusion, volontaire ou non. « Tu avais ? Vous êtes plus amis ? » La question était davantage tournée sur le ton de l’étonnement intrigué que de la curiosité malsaine. Elle n’était pas amie avec le jeune américain depuis assez longtemps pour tout connaître des travers amicaux qu’il avait probablement essuyé et d’ailleurs, il n’avait peut-être tout bonnement pas envie d’en parler malgré son lapsus. Mais Francesca avait eu envie de le relever, pour montrer aussi que quelque part, elle ne devait pas être la seule à se sentir en confiance pour parler d’elle sans se retenir.

Elle était contente, à vrai dire, de pouvoir discuter avec quelqu’un de sa vie. De choses normales. De bêtises comme ce garçon ou cette voiture de merde. Ca lui donnait l’impression de vivre une existence banale, normale, sans soucis. Ca l’empêchait de penser à Romeo qui marchait sur le fil du rasoir et était prêt à sauter à tout moment dans le vide sans parachute pour éviter de s’écraser mortellement – et revenir aussitôt à la vie. Ca enlevait de sa tête les sourires pleins de chaleur de Jaco, qu’elle craignait d’oublier avec le temps autant qu’elle appréhendait de revoir par hasard au détour d’une rue. Son grand frère qu’elle aimait et qu’elle brûlait à la fois de confronter pour la lâcheté dont il avait fait preuve envers sa famille, envers Romeo – envers elle.

Alors quand elle vit sous son nez l’écran tactile du blondinet apparaître et dévoiler la bouille du cadet Hopkins, un drôle de sourire passa sur son visage. Quelques fractions de secondes à peine, trois fois rien, rien d’assez marqué pour que Milo ne s’inquiète ni même ne comprenne. Ses problèmes de famille ne regardaient qu’elle et surtout elle les excluait autant que possible des trop rares relations saines qu’elle pouvait encore posséder ici, à Détroit, où on ne la connaissait pas comme « la jumelle du camé » ou « la petite Veloso ». Les traits doux, presque angéliques du frère de Milo étaient aussi attendrissants que l’aura de complicité entre eux qui traversait les pixels. « Trop mignon. » Ses yeux s’arrachèrent à la contemplation du cliché pour se poser sur Milo. « Ca se voit que vous êtes proches l’un de l’autre. » Dans sa voix, l’ombre d’un réchauffement bienheureux. C’était sûrement ça, le bonheur d’une fratrie sans encombre. Quelque chose qu’elle n’était pas prête de connaître à l’heure actuelle mais pour lequel elle continuerait de se battre tant qu’elle le pouvait.

Ce que Fran n’avait pas prévu, en revanche, c’était de faire face aux petites tendances possessives de son interlocuteur. Elle se fendit d’un rire clair et spontané avant de lui jeter un coup d’œil en coin faussement mystérieux. « Ha ! Prends garde à toi, Milo. » Si elle n’éprouvait aucun sentiment amoureux à l’égard de qui que ce soit à ce jour, elle restait accrochée à l’idée sotte de devenir amie avec Marvin, et ce avec ou sans facilité de sa part. « Je voudrais juste pouvoir le connaître un peu mieux. Quelque chose me dit qu’il est intéressant, c’est tout. » Ses mots, bien que décomplexés, pouvaient clairement donner l’impression d’une fille concrètement intéressée, ce qui n’était même pas le cas. Enfin, pas dans le sens auquel le commun des mortels l’entendait – et même si c’était le cas, après tout, qu’est-ce que ça pouvait faire ? Mais ça ne l’était pas, non, enfin, pas à sa connaissance ; c’était juste une intuition. « Et puis si je me plante, eh bien tant mieux pour toi, tu resteras le seul et l’unique ! »
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Lun 13 Nov - 8:00


pumpkin spice latte
à la faveur de l'automne
Le soleil se frayait doucement un chemin à travers les nuages, réchauffant son visage pâle dont le bout du nez légèrement rouge s’accordait parfaitement avec ses cernes légendaires. Depuis bien longtemps le jeune Hopkins peinait à trouver sommeil la nuit, mais depuis sa transformation il ne comptait plus les nuits à regarder le plafond les larmes aux yeux. Le bonheur avait quitté sa vie il y a bien longtemps et les petits moments qu’ils passaient en compagnie de la portugaise remettaient un peu de légèreté dans sa vie. Une bouffée d’air frais, avant de retourner à sa vie décadente qui semblait en direction express pour l’enfer -ironique pour celui qui se faisait surnommer Pluton. Quand Francesca, avec toute l’innocence du monde demanda ce qui était advenu de Marvin, il marqua un silence assez long. Ses yeux fixaient ses chaussures, tandis qu’il serrait un peu plus fort sa boisson. En parler, même deux ans après était compliqué et ravivant une blessure toujours ouverte. « Il s’est fait arrêté par la police y déjà un petit moment maintenant, du coup je ne sais plus trop comment le considérer depuis. » Un jour, son ami sortira de prison et un jour il devra de nouveau lui faire face et choisir comment l’accepter. Etait-il réellement capable de vivre sans ce presque frère ? Pouvait-il accepter ses actions ? Seul le temps apportera des réponses à ses questions, Milo le savait mieux que personne, lui qui attendait en vain de lettre de la part de Mars.

Il ne parlait jamais de Marvin, sûrement parce qu’il préférait ne pas trop y penser en attendant son retour. Parfois, avec Moony, le sujet revenait sur la table, mais jamais rien de plus que quelques souvenir heureux. D’ailleurs, hormis son frère, Milo ne parlait jamais de ses amis et cela même à Francesca. Depuis sa transformation, ses relations avec la majorité de ses proches devenaient compliquées et la plupart lui reprochaient son absence. Imposer une distance lui semblait être la seule solution pour protéger son secret, bien qu’au fond cela relevait une certaine lâcheté. Milo avait peur de ce que pouvait penser les autres et surtout peur de voir la déception dans leurs yeux. Fuir restait une option, bien que son petit frère commençait sérieusement à s’approcher de cette nouvelle réalité -une idée qui lui faisait peur, lui qui avait toujours eut l’admiration de son cadet. « On était proche, en ce moment c’est un peu plus tendu. Parfois je pense à déménager, mais… Enfin bref, les histoires de familles. » S’il déménageait, Milo se retrouverait parfaitement seul, ce qui ne ferait qu’empirer son sentiment de solitude latente. Ses parents lui reprocheront encore une fois de foutre sa vie en l’air, lui que ne fait que décevoir. S’il coupe les pont avec son frère, il n’aura plus aucun réel lien avec sa famille proche et cela il se le refusait.

Après un profond soupire, il rangea son téléphone dans sa poche, avant de regarder Francesca. « Et toi, ta famille ? » Connaissant suffisamment Jaco pour savoir qu’il ne formait pas une grande et heureuse famille, Milo était parfois un peu curieux de savoir ce qui se tramait chez eux. Si la plus jeune voulait parler, il était parfaitement disponible, même si ce n’était pas forcément sa spécialité de réconforter les gens. Cependant, il savait mieux que personne ce qu’était le rôle du pilier dans un groupe et ce que ça faisait de le voir imploser de l'intérieur. Cela dit, si elle ne voulait pas en parler, il ne la forcera pas, se doutant que ça ne devait pas être simple de mettre des mots sur ce genre de situation.

Quand la conversation se recentra sur le mystérieux garagiste, Milo reprit son ton plus léger. « Je suis déjà unique non ? » Un petit rire clair, avant de boire une nouvelle gorgée de son café. Ce n’était pas forcément de la jalousie, mais sûrement plutôt le besoin d’être conforté dans son égo. On ne pouvait dire que les reproches de ses parents ou celles de Diane le mettait en confiance, si bien que l’habituel si sûr de lui Pluton, commençait à douter de lui-même -ce qui le rendait définitivement instable. Néanmoins, il espérait sincèrement que son amie puisse continuer à la considérer comme quelqu’un de normal, parce que c’était réellement ce dont il avait besoin en ce moment. « Propose lui d’aller à l’aquarium, en semaine, c’est plus propice à la conversation. Puis s’il aime pas les humains, il aimera peut-être les poissons. » Un petit sourire en repensant à la sortie en compagnie de Jaco, qui s’était montrée propice à la conversation. L’aquarium était un lieu qu’il affectionnait beaucoup à Détroit et qui lui rappelait aussi son ami timide qu’il considérait quelque part, toujours comme un frère.
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Dim 19 Nov - 17:47



down by the river
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Son regard capta les changements discrets et pourtant présents qui s’étaient opérés au moment précis où elle avait évoqué cet ami. Le sujet était sensible, Francesca n’avait pas besoin de davantage d’indices pour le sentir, et elle se demandait si c’était une bonne idée de continuer à en parler. Milo avait sûrement envie de parler d’autre chose, le problème étant que s’ils ne discutaient pas de leurs vies personnelles, ils finiraient tôt ou tard par tomber dans des banalités qui n’intéressaient personne. La portugaise ne tenait pas à connaître tous les détails sordides de cette histoire, néanmoins elle pouvait éprouver une compassion presque compréhensive – après tout elle se rappelait très bien de sa propre réaction en découvrant qu’un de ces anonymes qui suivaient ses vidéos sur Internet et avait lesquels elle discutait avait lui-même avoué un jour être coincé entre quatre murs. Et elle ne savait pas toujours ce qu’ils avaient pu commettre, mais d’une certaine façon, cette ignorance-là lui convenait mieux. « Je comprends. » répondit-elle sobrement. « Tu as essayé de le recontacter depuis ou tu préfères éviter ? » Il se pouvait que cet ami avait plus besoin de Milo qu’il ne l’imaginait. L’univers carcéral avait ce pouvoir incroyable de pouvoir isoler un peu plus certaines personnes qui auraient pu être sauvées de leurs travers.

L’ambiance ne s’était pas alourdie et pourtant ils abordaient des choses plus privées que ce qu’ils avaient jamais fait jusqu’à présent. Francesca aurait pu continuer un moment, la sensation de ne pas être en territoire ennemi mais plutôt sur un terrain d’écoute et d’égalité lui étant agréable – sauf qu’à force d’évoquer la famille, forcément, il en venait à parler de la sienne. Un nœud dans son estomac s’était formé tandis que la brune engloutissait une longue gorgée de thé pour faire passer la pilule et se donner le temps de formuler quelque chose de concret. « Comme tu dis, les histoires de famille … » Elle fixa un point imaginaire devant elle durant quelques secondes avant de finalement se remettre à parler. La première fois pour elle qu’elle présentait l’étonnant portait des Veloso, peut-être la dernière si elle ne parvenait pas à s’ouvrir un minimum au chasseur. « J’ai deux frères qui vivent ici aussi. Un jumeau et un autre plus âgé. » L’idée qu’elle puisse avoir un autre « elle », un semblable, amusait souvent beaucoup la galerie – et pourtant, tout aussi fréquemment, lorsque son entourage rencontrait Romeo, les différences surgissaient à la même vitesse que les similitudes. « C’est un peu particulier, j’ai l’impression qu’on a tous vécu dans des mondes complètement différents ces derniers temps. » Jaco à des lieues d’eux, restait le plus gros point d’interrogation de la famille : absent, autrefois si présent pour eux, il demeurait un brouillard. Romeo, lui, avait pris des airs de tornade imprévisible, menaçant de tout faire sauter sur son passage s’il lui en prenait l’envie. Et elle … Elle, elle faisait comme elle pouvait. Elle aurait voulu tout concilier, revenir en arrière peut-être pour éviter certaines choses et en provoquer d’autres – mais il ne fallait pas rêver, aucune machine à remonter le temps ne leur permettrait de réparer les fractures qui subsistaient entre eux.

C’était plus simple de ne pas y penser, de rester concentrée sur l’idée que Jaco ne méritait pas son pardon tant qu’il ne se déplacerait pas en personne jusqu’à elle – chose qu’il ne ferait pas, ce qu’elle savait et ce qui l’arrangeait pertinemment. De penser que Romeo resterait Romeo et qu’elle continuerait malgré tout à le protéger quoi qu’il arrivait. De parler d’autre chose, de s’attarder sur cette tendance possessive du blondinet qui lui arracha un sourire canaille tandis qu’elle se tournait de moitié vers lui, un air faussement attendri sur le visage. « Désolée Milo … Tout le monde est unique, en fait. » Même des jumeaux l’étaient, c’était dire.

Sa main agita distraitement le thé pour y faire remonter les épices à la surface. Milo avait sûrement eu la suggestion la plus judicieux en si peu de temps, comparé à elle qui avait eu l’impression d’avoir passé des heures à se décarcasser pour rien. Voilà qui sentait un peu trop le vécu, songea la jeune étudiante tout en acquiesçant vivement. « L’aquarium, hm ? » Emmener Marvin voir les poissons et la faune maritime pouvait être la sortie la plus facile pour eux. Pas besoin de parler au vu de l’ambiance sûrement calme et reposante des lieux, mais pour autant il finirait avec un peu de chances par se laisser apprivoiser au contact des couleurs chatoyantes des espèces exotiques. « On verra si ça marche. Sinon tu me devras un resto ! » Elle ne manquait pas une occasion de s’incruster gentiment dans la vie de Milo et elle le savait – c’était comme ça qu’elle avait sympathisé avec lui, il n’y avait pas de raison que ça change entre eux.
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Mar 21 Nov - 14:41


pumpkin spice latte
à la faveur de l'automne
Le temps bien que porteur de changement, ne pouvait effacer tous les maux du monde. Certaines plaies ne se referment pas, tailladant l’âme en silence et devenant même parfois plus grande de jour en jour. L’arrestation de Marvin restait un des moments les plus douloureux de sa vie et aujourd’hui, les regrets représentaient tout ce qu’il possédait. Des choses qu’il aurait aimé dire ou faire, et d’autres qu’il aimerait effacer, en espérant réécrir la fin de ce drame olympien. Seulement, Milo ne pouvait plus rien faire, hormis attendre comme il le faisait depuis déjà bien trop d’années. Un jour, les anciens amis se retrouveront l’un en face de l’autre, et même s’il n’avait pas la moindre idée de ce qu’il pourrait lui dire, il se doutait déjà qu’une grande conversation aura lieu. « Oui, j’écris des lettres de temps en temps, même si ça fait un moment que je n’ai plus de réponses de sa part. Peut-être qu’il m’a oublié, je ne sais pas. » Des questions et des doutes, il en avait à la pelle, mais aucune ne posséderait de réponses avant la sortie de prison de son ami, il fallait prendre son mal en patience.

Depuis maintenant presque six mois, il n’avait envoyé aucune lettre, préoccupé par un bon nombre de nouveaux problèmes. Bien que son statut de prisonnier l’empêchait de sortir dehors, Milo le détestait réellement de ne pas être là aujourd’hui, alors qu’il avait plus jamais besoin de son frère d’arme pour continuer. Seulement, à cause de ses erreurs, il se retrouvait dans une sorte de solitude latente et inquiétante. « Ca fait un moment que je n’ai rien envoyé, mais je crois que Moony continue… En fait, je ne sais pas, on en parle pas trop... » Avec le temps, le sujet était devenu un véritable tabou, montrant la rancoeur et les non-dits qui subsistaient encore. Cela faisait bien longtemps que le blond n’avait pas abordé ce sujet avec quelqu’un, encore moins avec autant de sincérité. Pourtant, avec Francesca, parler semblait facile, du moins plus qu’avec quelqu’un d’autre, parce qu’elle ne connaissait pas suffisamment sa noirceur pour le juger.

La conversation s’écarta finalement de son ami d’enfance pour se concentrer sur la famille Veloso, qui même en fréquentant de deux la fratrie, restait une grande énigme. Pour la première fois, la brune s’exprima au sujet de ses frères, ceux qu’elle jusqu’ici passé à trappe. Milo écouta sans rien dire, essayant de lire entre les lignes pour comprendre ce qui rendait cette famille si compliqué. Depuis qu’il connaissait Jaco, il avait bien compris que cette dernière en plus d’être hétérogène, semblait en pleine division et s’il n’en avait jamais touché mot à l’un ou l’autre, il se sentait un peu gêné de garder une telle information pour lui -si bien qu’il décida de faire preuve de sincérité, face à celle qui lui donnait sa confiance. « Tu sais, je t’aime bien… Mais j’ai peut-être oublié de te dire un truc, sur moi... » En révélant cette information, il mettait son secret en danger à moins bien sûr que Francesca ignore la véritable nature de son frère. Un détail qui expliquerait bien des choses. « Je connais ton frère, enfin le grand, Jaco. Il ne sait pas qu’on est ami, parce que j’avais compris que c’était compliqué, mais je pense que c’est plus correct que tu le saches. » Maintenant qu’elle savait cette information, elle était libre de dire ce qu’elle voulait, mais au moins il n’avait pas l’impression de tromper une amie.

Si Milo connaissait désormais le plus âgé, ce n’était absolument pas le cas de ce jumeaux, avec qui le lien semblait tout aussi compliqué. Pourtant, dans l’imaginaire collectif, on aimait penser les jumeaux identiques et liés par un lien indestructible. « Ton jumeau, tu lui parles encore ? Enfin, ne te sens pas obligée de répondre. » Jamais il ne la forcera à parler, se doutant que cela ne devait pas être simple à gérer du haut des ses vingt-quatre ans, mais au moins, elle savait que si l’envie lui prenait, elle pouvait se livrer. Parfois, parler avait du bon, parce que pour une fois la seule réponse n’était pas nous-même.

Sa jalousie assez présente fut accueillit avec sourire par la brune, qui ne manqua de faire une petit remarque bien pensante. « Oui, tout le monde est unique, mais qui le reste réellement ? Peu de monde. Les gens préfèrent être comme tout le monde, une pâle copie d’un idéal inatteignable. Et ce n’est pas du cynisme, juste une vérité. » Son bout du doigt tapota rapidement le nez de son amie, comme on le ferait pour une petite soeur, tandis qu’il terminait déjà son café. Milo critiquait souvent les gens qui marchaient simplement dans les rails, comme des robots, pourtant aujourd’hui, en se tenant sur son banc avec une amie comme n’importe quel homme de son âge, il finissait pas comprendre. Comprendre que la normalité, gage de calme soit une voie plus raisonnable. Seulement Milo n’était en rien raisonnable et il savait qu’au fond d’elle, Francesca ne l’était pas plus. « Très bien. Et si ça marche, tu m’en devras un, miss j’ai flashé sur un mécano viril. » Un rire moqueur avant de croiser les jambes tout en s’allumant une cigarette.
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Mer 29 Nov - 17:41



down by the river
i was drown by your grace

Ils ne se fréquentaient que depuis plusieurs mois mais c’était la première fois que Francesca sentait Milo aussi concerné alors qu’il parlait de quelqu’un d’autre. Elle ne tenterait pas vraiment de lui dicter sa conduite ou de défendre l’un ou l’autre, ce n’était pas vraiment son rôle dans cette discussion. Ses paupières s’abaissèrent brièvement comme pour signer sa compréhension muette du ressenti du jeune homme, et la brune de compléter les hypothèses qui fleurissaient dans la tête du blondinet au sujet des silences de son ami emprisonné. « Ou peut-être qu’il a pas trouvé le courage de te répondre pour le moment. » Le temps, c’était le seul allié qui lui restait dans cette histoire-là.

Francesca aurait cru qu’après avoir parlé de sa famille de façon aussi brève et écourtée, les choses se tasseraient d’elles-mêmes ; grave erreur puisque Milo la surprit bien plus qu’elle ne l’aurait pensé en lâchant un nom qui fit se tendre tout son corps dans une attitude, à la fois braquée et intriguée. « Donc tu connais Jaco. » L’affirmation était teintée de doute et la portugaise se mordit les joues, silencieuse pendant plusieurs longues secondes. Le regard perdu dans le vide, elle semblait jauger l’importance de l’information – et de ce qu’elle induisait en réalité. Si Milo connaissait son aîné, alors qui ne lui garantissait pas qu’ils avaient déjà parlé d’elle par le passé et qu’il n’était pas précisément là pour fournir des nouvelles régulières de la cadette Veloso ? Fran savait qu’elle était capable d’aller inutilement loin dans la suspicion et la méfiance, mais sans en vouloir ou en tenir rigueur au blondinet de connaître Jaco, le savoir la plongeait dans un état de perplexité. « Ca devrait pas me surprendre, finit par conclure l’humaine. Là où on vivait avant, rares étaient ceux qui n’en avaient pas déjà entendu parler. » Dans leur ville natale, il était connu comme le loup blanc – cette pensée lui arracha un sourire fugace avant qu’elle ne fasse volte-face et fronce les sourcils. « Tu lui as déjà parlé de moi ? » Ca, elle aurait aimé qu’il ne l’ait pas évoquée. Que son grand frère fut au courant de sa présence à Détroit et n’ait pas cherché à la voir aurait pu la toucher ; elle n’avait pas besoin d’éprouver de tels états d’âme.

Pour se changer les idées, ses pensées se concentrèrent sur Romeo et elle répondit du tac au tac, comme une évidence qui tombait sous le sens. « Oui, on se parle. » Fait pour le moins ironique, Romeo avait sûrement commis plus d’impairs que Jaco et malgré tout, elle continuait à pardonner le premier. « C’est mon jumeau, tu sais, ces histoires de lien fusionnel ne sont pas totalement fausses. » Sans vouloir verser dans le sentimentalisme à outrance, Francesca devait bien reconnaître que son attachement à Romeo Veloso était d’un tout autre genre que celui qu’elle avait avec le restant de sa famille – et ça peu importait à quel point elle les chérissait tous du plus profond de son cœur.

« Philosophe, le Milo. » conclut la brune suite à sa longue tirade alors qu’il lui effleurait le bout du nez comme un frère face à sa sœur. « Deal. On ira manger du poisson pour la peine. » L’idée était cocasse et aurait pu s’arrêter là mais le regard translucide de la brune ralentit durant un instant sur le visage de Milo, l’ombre d’un air énigmatique plaqué sur son visage. « Sauf si ton régime alimentaire t’en empêche ? » La plaisanterie était bien plus lourde de sens qu’elle ne se le figurait, mais ça Fran n’avait aucun moyen de le savoir.
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Jeu 30 Nov - 12:08


pumpkin spice latte
à la faveur de l'automne
Un jour, il reverra sûrement son frère de coeur et ce jour là, ils pourront peut-être se parler à coeur ouvert et essayer de se comprendre mutuellement, mais pour le moment il ne pouvait qu’attendre en espérant que l’espoir existait encore entre eux. Parce que même s’il lui en voulait énormément, il s’était toujours accordé à dire, encore aujourd’hui que Marvin était son meilleur ami, jusqu’à nouvel ordre. Une manière pour lui de relativiser, même dans l’absence de réponse, qu’il avait parfois pris trop personnellement avant de finalement la comprendre un minimum. « Peut-être. » Les spéculations ne rentraient pas dans les habitudes du chasseur, si bien qu’il préféra simplement changer de sujet rapidement, histoire de ne pas avoir à supporter trop longtemps l’ambiance un peu pesante qui pesait sur ses épaules. Parler de sa vie privée n’avait jamais été facile pour lui et encore moins gérer ses émotions avec des mots et des gestes. Malgré son air patibulaire, se cachait surtout quelqu’un de très maladroit dans ses relations humaines et il fallait parfois chercher plus en profondeur pour réussir à cerner le personnage.

Néanmoins, ce tableau énigmatique ne semblait pas refroidir la brune, qui s’était rapidement imposée comme une amie dans ce paysage urbain et qui pourtant semblait l’apprécier pour ce qu’il était réellement. Francesca et lui s’entendaient bien et cette entente s’expliquait sûrement par une certaine ressemblance. L’un comme l’autre préférait éviter d’avoir à parler d’eux et visiblement c’était sa famille qui representait sa corde sensible. Milo s’en doutait depuis un certain moment, mais il n’avait jamais réellement pu comprendre ce qui se passait dans la famille Veloso. « Oui, je connais Jaco. » Non seulement il le connaissait, mais surtout ils allaient sûrement se rencontrer de plus en plus à l’avenir. Les deux ne se ressemblaient certes absolument, mais il ressentait le même trouble s’échapper d’eux quand ils venaient à parler de leur famille. En écoutant et en observant, il finira certainement par comprendre ce mystère planant, mais jamais il ne forcera son amie à parler. La curiosité était une qualité, à condition d’avoir des limites et le blond les connaissaient parfaitement. « Non jamais, je ne suis pas du genre à rentrer dans les histoires de famille. » Les histoires de famille avaient un goût de poison, autant en rester le plus éloigné possible.

S’il connaissait le grand, il en était autre chose de l’autre dont il ignorait absolument tout. Etonnant de la part de la brune d’avoir mis sous silence un détail aussi important de sa vie, comme quoi ils étaient encore loin de se connaître. « Oh je vois, ça doit être sympa d’avoir un jumeau je suppose. Puis il doit être mignon vu sa soeur. » Une boutade pour redonner un peu de légèreté à cette sortie amicale, tout en soulignant son orientation sexuelle qui n’était plus réellement certain d’avoir déjà divulgué à la portugaise. Milo ne s’en cachait pas réellement, mais des gens fermés d’esprit il y en avait partout, en espérant que ce ne soit pas le cas de son amie, auquel cas, cela sera plutôt décevant.

Alors qu’il s’allumait une cigarette, son coeur manqua un battement face à la remarque de Francesca. La blague était de bien mauvais goût quand on connaissait le secret du blond, si bien qu’il se demanda soudainement ce qu’elle savait réellement. Le hasard était trop gros, mais il était tout aussi impossible qu’elle puisse savoir, à moins qu’il se soit déjà trahi. Après une seconde de réflexion, il décida de garder le contrôle et de faire l’innocent. « Mon régime ? J’ai une tête à être vegan ? » Un sourire avant de prendre une grande bouffée, analysant chaque souvenir en compagnie de la brune pour essayer de voir à quel moment il aurait pu faire un faux pas. Un certain doute naissait en lui et un air un peu sombre habillait soudainement son visage.
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Jeu 7 Déc - 17:54



down by the river
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Il clôturait le sujet sur des points de suspension et elle n’en demanda pas davantage. Le reste des opérations n’appartenait plus qu’à Milo et à sa conscience, qui ferait le choix en temps et en heure de redonner ou non une chance à cet ami perdu.

Le regard de Francesca abandonna le visage du blondinet pour s’égarer au loin, flotter sur les passants et pendant quelques secondes, se laisser distraire par la coupe mulet improbable d’un type qui roulait des mécaniques non loin d’eux. Le comique de situation n’était cependant pas suffisant pour lui faire oublier Jaco, Jaco et sa désertion – Jaco et son amour fraternel qui, au fond, lui manquait. « Je te remercierai de continuer dans ce sens, alors. » Elle n’avait aucunement l’intention de céder à ce duel qu’elle s’infligeait seule. Ce n’était pas elle qui ferait le premier pas, ce n’était pas elle qui irait le voir pour le pardonner, le comprendre ou même l’écouter. Fran avait déjà fort à faire avec Romeo et une intuition lui murmurait de ne pas prendre le risque de s’exposer en cherchant à recontacter l’aîné Veloso. Pas à une période aussi fragile et instable, pas après tout ce qui s’était passé à son jumeau.

Ses joues se creusèrent d’un sourire qu’elle n’eut même pas à forcer pour apaiser le blondinet qui devait se sentir gêné d’aborder des terrains sensibles pour elle. Cela se percevait rien qu’à la stature plus fermée de la jeune fille, à ses yeux voilés et à son air plus pensif, trop silencieux. « Ouais, il est bien trop mignon, c’est peut-être ça le problème. » Romeo Veloso avait ce côté solaire et joyeux que tous ceux et toutes celles qui partageaient leur sang portaient en étendard. Lui avait le chic pour y ajouter une touche de candeur et d’innocence, lui qui savait pourtant bien jouer de ses atouts et de ses moues enfantines pour mieux attendrir les autres et les rallier à sa cause. A le dépeindre mentalement, Fran se sentit bien injuste de le faire passer pour un garçon manipulateur qu’il n’était pas – de fait, qu’il n’était pas volontairement. « Les gens n’arrivent pas à lui dire non. Et maintenant il est ... » Perdu dans l’enfer artificiel de la drogue ? Devenu immortel, propriétaire d’une vie qui s’étirerait à l’infini quand elle crèverait dans une cinquantaine d’années ? Rien de tout ça ne s’extirpa de ses lèvres obstinément scellées. « A Détroit. A ne rien faire de ses journées et de ses nuits. » Au moins, il y avait une part d’honnêteté dans ce mensonge par omission. « Si ça se trouve tu le rencontreras un de ces quatre. Des images valent mieux qu’un long discours. » Oh, elle n’imaginait pas ce qu’une rencontre entre Milo Hopkins et Romeo Veloso donnerait – elle les trouvait bien trop opposés pour que tout ceci ait une chance d’aboutir à un dialogue positif. « J’espère juste que tu maîtrises un minimum le portugais. » L’accent attendrissant et les maladresses de langage de son frère lui donnaient un charme que les américains étaient loin de déprécier.

Au même titre que les moues de Milo lui donnaient un petit côté nonchalant qui devait en faire craquer plus d’une, d’ailleurs. Elle ne put se retenir d’éclater de rire devant son air pincé à l’idée de suivre un régime quelconque. « Ha ! Possible. » Elle termina son spice latte d’une traite avant de jouer avec son gobelet d’une main. « Non, je suis sûre que tu es un grand consommateur de viande fraîche … » Ses yeux se promenèrent quelque part derrière le paysage qui encadrait Milo, un rictus à demi-plaqué sur la bouche. « En fait je sais pas, ça sera l’occasion de connaître un peu tes goûts. On a jamais partagé de repas, mon cher Hopkins. » Les souvenirs défilaient et quasiment aucun de ceux qu’elle ne possédait avec lui n’incluaient un quelconque grignotage, ce qui devait n’être que le fruit du hasard si on y réfléchissait bien.
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Dernière édition par Francesca Veloso le Lun 11 Déc - 16:43, édité 1 fois
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Lun 11 Déc - 16:04


pumpkin spice latte
à la faveur de l'automne
Les histoires de famille n'appartiennent à personne d’autre, et ce n’était pas Milo qui allait s'immiscer dans un conflit fraternel. Des problèmes, il en avait déjà à la pelle, inutile dans rajouter dans la marmite surtout qu’il tenait trop à Francesca pour se la mettre à dos. Elle lui demandait le silence, alors elle l’aura et pourra éternellement compter sur lui. « Promis. » Même si demain ils se disputent, il n’en touchera pas mots au plus âgé, parce que les mots avaient une valeur pour lui. Enfin, si on retire tous les mensonges qu’il est obligé de sortir chaque jour pour cacher sa nouvelle identité au monde, tout en sachant qu’un jour il se trahira lui-même. Milo repoussait simplement le jour fatidique, sûrement plus par peur qu’autre chose. Il refusait s’entendre dire que ce n’était qu’un retour de karma, qu’il le méritait ou quoi que ce soit. Il souffrait déjà bien assez seul, inutile de rajouter les autres. Ces dernières heures d’humain s’écoulaient, il le savait parfaitement, mais se refusait de l’accepter pour le moment, profitant au maximum de moments comme celui-ci. Quand la portugaise apprendra la vérité, rien ne sera comme aujourd’hui -du moins c’était la conclusion qu’il en avait tiré.

Si Jaco semblait être déjà un sacré numéro, il fallait croire au regard de la plus jeune que la famille en tenait un autre. Néanmoins, à l’instar du plus âgé, celui-ci semblait encore occuper une grande place dans la vie du Francesca. « Trop mignon ? Ca m’interesserait presque. » Un sourire charmeur en fumant tranquillement, comme une sorte de retour à l’époque où il était un tombeur qui enchainait les histoires de cul et de coeur. Néanmoins, malgré sa petite boutade, il sentait que le sujet était assez sérieux et regagna rapidement sa moue de libraire intello. « Il fait rien de ses journées ? » Visiblement ce fameux jumeaux semblait plus tenir de son frère que de sa soeur, ce qui peignait légèrement le portrait de la famille. De ce qu’il pouvait en voir, Francesca essayait de composer avec des gens complètement différents d’elle et de toute évidence bien plus déviants aussi.

Un jour, il aura peut-être l’honneur de rencontrer ce personnage sans aucun doute haut en couleur, mais pour le moment deux Veloso lui suffisait amplement. « Peut-être, un Veloso de plus. » Un sourire sympathique en terminant sa cigarette, un détail qui lui rappelait sa vie d’avant. Francesca possédait peut-être une famille loufoque, ça n’en restait pas moins une amie, si bien qu’il n’insista pas plus longtemps sur la corde sensible, à l’instar d’elle qui sans le savoir retournait le couteau dans la plaie. D’ailleurs, plus elle parlait, plus il avait le sentiment qu’elle savait quelque chose, mais dans le doute il préférait jouer les ingénus. « D’accord, d’accord. On se fera ça alors, tu apprendras à me connaître, bien que je ne suis pas certains que ce soit le plus important. » Aucune chance qu’il ne se rende à un repas avec elle, et une fois de plus il s’engageait dans un couloir trop étroit. « Enfin je veux dire, je me résume pas à un repas. » Un sourire faux, avant de détourner le regard vers un canard qui s’aventurait autour d’eux, sûrement lassé de naviguer dans un lac.
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