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 cause toujours tu m’intéresses (roméo)

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Dim 12 Nov - 13:29


Le Page Turner est la seule maison qui en soit vraiment une pour Mew, même son appartement ne lui est pas aussi familier. Il s'est attaché personnellement à l'enceinte, l'odeur des vieux livres et le personnel. Il n'aime que leur café, et celui que sert Patty quand il retrouve Léo. Sa seule infidélité. Il sait que sans les personnes bienveillantes qui en ont fait ce qu'il, il serait encore dans la rue à pleurer sur son sort. Peut-être qu'il serait devenu un osseux et qu'au final, son sort n'aurait plus d'importance ; il serait parti depuis longtemps. Ne laissant qu'une carcasse affamée, animée uniquement de rage. Mais il a échoué entre ses murs. Pas plus mal. La chimère s'y rend de moins en moins, mais met un point d'honneur à le visiter une fois par mois. Histoire de s'assurer que tout va bien, sa manière lui de continuer de remercier le propriétaire même des années après. C'est pour lui, le seul endroit qui lui fait entrevoir un avenir paisible, où il ne passerait pas son temps libre derrière un ordinateur à voler des données et permettre à des gens malintentionnées de commettre des meurtres. Cela fait longtemps qu'il a arrêté de se prendre la tête avec les notions de bien et de mal, il se complaît dans sa cupidité.

Il s'assoit à sa table habituelle, au fond dans un coin près d'un radiateur. La chaleur irradie dans son dos et réchauffe son corps gelé ; il porte comme à son habitude un simple t-shirt à rayure d'un goût discutable. Des fringues sont des fringues. Mew préfère dépenser son salaire dans du matériel informatique et les soins pour Karma, que dans des vêtements. Son pc, d'ailleurs, est resté chez lui et il feuillette un bouquin sans vraiment le lire. Myung n'a jamais aimé la littérature, l'a toujours trouvée barbante. Il aime les chiffres, les choses complexes. Les phrases alambiquées et poétiques sont source de migraines. Il sait se concentrer sur des lignes de code, mais son attention n'est pas captivée par l’enchaînement des lettres. Les mots défilent sans former de réelles phrases. Il capte le sens global de sa lecture. Demain, il aura déjà oublié. C'est sans doute parce qu'il ne lit pas assez qu'il est loin d'être un grand romantique ou qu'il n'aligne qu'une conversation de comptoir. Il ne sait pas vraiment s'en sortir avec les grands discours.

Les gens vont et viennent et une bonne heure passe sans qu'il ne fasse quelque chose de productif. Il commande un café, puis un deuxième, puis perd le compte à trois. Il relève de temps à autre la tête. Quand il aperçoit Roméo il hésite entre l'interpeller ou directement le rejoindre. Il aime lui parler, plus qu'à la majorité des autres habitués qui n'ont pas forcément grand chose à rétorquer. Myung aime énormément raconter sa vie. S'il achète des magazines sur les célébrités, c'est essentiellement pour avoir quelque chose à dire ; c'est aussi la raison pour laquelle il espionne ses voisins avec des jumelles. Toujours à la pointe de l'info, il sait trouver un sujet de discussion et mener sa barque. Et surtout, il sait éviter de parler de lui, plus personnellement. Roméo est la personne qui en sait le plus sur sa personne, pour la simple raison qu'il lui a parlé de Jaco.
Mew ne sait pas pourquoi il aime parler de Jaco,  même simplement penser à lui. Mais ce n'est pas quelque chose de désagréable. C'est un bon ami, capable de plus si affinité et ça lui suffit.
Mew ne sait pas si Roméo est vraiment un ami, en tout cas, il n'a aucune mal à le considérer comme tel. Le coréen se lève pour aller à sa rencontrer. Mew n'est pas très grand et ses épaules voûtées le rendent encore plus insignifiant. N'importe qui peut déceler en un coup d'oeil son manque de confiance de lui. Il s'adresse toujours aux autres les bras croisés. Tout dans son attitude exprime le rejet, quand le ton de sa voix et ses mots appellent à la rencontre. « Eh Roméo, salut. » S'accoudant au comptoir, il commande ce qui devait être, tout compte fait, son sixième café. Il est surexcité et bientôt, il aura surtout besoin d'aller faire un tour au toilette. « Ça boume ? » Il accompagne ses dires d'un sourire commercial. Cela ne fait qu'environ 6 mois qu'il le connaît. Un mystère complet. « Je vois que t'as vraiment adopté l'endroit; » Mew s'en fiche un peu de savoir ce que l'autre pense de la déco, ou simplement du café. Il lui est surtout utile pour vider son sac. « Quoi de neuf ? »
Définitivement pas un vrai ami. Mew ne sait qu'utiliser les gens. Mais n'est pas contre s'améliorer. Il lui sert un clin d'oeil peu discret dont il use généralement pour draguer les filles. Pas spécialement pour être cool, il sait qu'il ne l'est pas. Mais il sait aussi que la familiarité fait son effet ; les gens aiment toujours êtres reconnus, les petites attentions, des détails. Simplement qu'on leur fasse remarquer qu'ils sont intéressants, même si ce n'est pas totalement vrai.

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Dim 12 Nov - 19:30


tchikita
on m'appelle l'ovni
Tranquillement installé au comptoir pendant que Jehan s’occupait des clients un peu plus nombreux en cette journée pluvieuse, il lisait une pièce de théâtre qu’il avait déjà vu sur scène avec l’école au portugal. Romeo adorait la dramaturgie et s’il avait un jour l’occasion d’en faire, il n’hésitera pas une seule seconde -bien qu’en anglais cela lui semblait bien compliqué. Lire cette langue lui permettait de progresser rapidement, bien que son accent laissait encore à désirer, ce qui lui rajoutait un certain charme. Heureusement pour lui, Jehan adorait le reprendre sur ses fautes, ce qui le faisait considérablement progresser, bien que cela soit encore maladroit. Néanmoins, il arrivait aujourd’hui à se faire comprendre pas la majorité des gens, enfin du moins, ce qui s’interessaient à un sans-abris comme lui.

Quand on vit en marge de la société, il est parfois très compliqué de se faire des amis ou simplement des connaissances. Pourtant, ici au Page Turner, Romeo s’était trouvé une sorte de petite place en sympathisant avec les clients réguliers. En ces murs, on pouvait trouver un bon panel de personnalité et de style, si bien qu’il s’y sentait à la place, comme une sorte de véritable maison, le seul endroit où il finissait toujours par revenir. Certaines têtes commençaient à devenir familière, comme celle de l’asiatique qui s’avançait vers lui. Myung en plus d’avoir l’air aussi seul que lui, semblait être quelqu’un de très proche de son frère, ce qui l’intriguait étrangement. Bien qu’il se soit passé de lui dire qu’il était le frère de Jaco et qu’il refusait toujours de le voir, Romeo se montrait curieux de cette relation et se plaisait de prendre des nouvelles de manière indirect sur ce frère absent.

Cela dit, en plus d’être un proche de son frère, il était une personne qui semblait le considérer comme quelqu’un de normal et rien que pour ça, le junkie aimait lui faire la conversation. Ce n’était peut-être pas à proprement parler un ami, mais dans cette ville d’inconnu il en prenait vaguement des airs. « Oui, de temps en temps j’ai le droit à un chocolat gratuit ou à un lait fraise. » Un sourire sincère, tandis qu’il referma doucement son livre pour se concentrer sur l’autre. Sa présence lui faisait sincèrement plaisir et un brin de conversation ne pouvait pas faire de mal en cette saison, surtout si c’était pour parler avec la dernière personne sur terre à utiliser, ça boume, en phrase d’accroche.

« J’ai changé les cordes de ma guitare, du coup elle est réparée. Et toi ? Vas y installe toi, j’en ai marre de lire. » Myung venait aux nouvelles et même s’il ne l’avait pas vu depuis un bon moment, il ne trouva rien de mieux à lui dire. Sa guitare était sûrement une des choses les plus importantes de sa vie et depuis qu’il l’avait réparé, il ne la quittait plus. D’ailleurs, cette dernière se reposait contre le siège voisin, si bien qu’il la décala pour inviter l’autre à s’installer à ses côtés. « Comment ça va avec ton ami de la dernière fois ? » La curiosité était peut-être un vilain défaut, mais c’était plus fort que lui, il avait envie d’en savoir plus sur son grand frère qui au fond lui manquait peut-être un peu.

Leur relation n’était pas prête de s’améliorer et plus le temps passait, plus Romeo lui en voulait d’être parti sans donner de nouvelles et surtout sans tenir sa promesse. Sa vie aurait pu être radicalement différente si seulement son frère n’avait pas fait le fantôme pour une raison inconnue. Il lui en voulait sincèrement et pourtant quelque part, il l’aimait encore beaucoup trop pour vouloir le voir disparaître à jamais. D’ailleurs, parfois, il se demandait si venir à Détroit n’était pas intimement lié à l’envie de renouer contact avec lui et au passage lui livrer ses quatres vérités.
electric bird.


Dernière édition par Romeo Veloso le Jeu 16 Nov - 11:14, édité 1 fois
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Mar 14 Nov - 15:05


Le sourire de Mew se tord en un rictus triste. Condamné au café, il ne peut pas autant se réjouir que son compagnon. On lui a bien offert de nombreuses fois une énième tasse, mais ça n'a pas la même valeur.  Alors, il se focalise sur sa guitare et garde l’information dans un coin de sa tête . Mew aime la musique, quand on dit qu’elle apaise les mœurs, c’est vrai pour lui. Il ne se passe pas une journée sans qu’il laisse quelques notes égayer son quotidien ; il se déhanche seul sur des airs de jazz devant Karma qui le regarde d’un air inquiet. C’est tout naturellement qu’il nourrit un intérêt silencieux pour la guitare de Romeo. Bien qu’il n’ait jamais osé lui demander de jouer un morceau et se soit toujours contenté d’ignorer son talent, faisant mine de ne pas s’y intéresser. Car Mew est maître dans l’art d’apprendre beaucoup de choses sans jamais poser de vraies questions ; les gens parlent d’eux mêmes.  Elle est belle, il aimerait la prendre entre ses mains et y tester quelques accords. Myung aurait aimé joué d’un instrument, mais l’occasion ne s’est jamais présentée. Il ne sait réaliser que quelques airs malhabiles, qu’une histoire d’un soir lui a enseignés. Il se souvient plus du cours improvisé que du visage de l’autre personne, comme pour beaucoup de choses, sa mémoire à fait le tri et chassé ce moment. Ce n’est plus maintenant qu’un souvenir hors du temps qu’il craint parfois d’avoir simplement rêvé. Aujourd’hui, il n’imagine pas retenter sa chance, il se contente de taper du pied, chantonner faux quelques airs qui passent sur les ondes. Souvent aussi mauvais que leur interprête de fortune. Parfois, cependant,  il trouve sa propre voix agréable. Il le fait rarement en public, juste en fin de service au Neon Light. On lui a suggéré de tester un concours de chant, mais Mew refuse d’aller sous les projecteurs.
Le geek et les autres, c’est une histoire d’amour et de haine, toujours ambigü sur ses propres attentes, ses propres limites. Il arrive à se sociabiliser mieux qu’on pourrait l’espérer, mais perd vite tout intérêt. Ce qui l’a  attiré chez Roméo, c’est la facilité avec laquelle il déroge à ses propres règles et se met à confier des choses qu’il considère purement personnelle. L’intêret que l’autre garçon porte à Jaco l’a toujours étonné. Peut-être qu’ils se connaissent.
Jaco à l’air de connaître toute la ville.

Il  rougit, comme une adolescente, songeant au beau Veloso. Mew n’a jamais expérimenté l’amour, en tout cas, pas un qui soit sain. Il s’est nourrit de celui des séries et des films, loin de la réalité. Mais il a sauté une étape et n’en a jamais eu besoin dans sa vie. Quand il a rencontré Jake il a d’abord cru qu’il était l’élu, le gosse de l’époque n’ayant jamais ressenti de plus forte attirance que celle des corps. Avec le recul, c’est bien quelque chose qu’il regrette. Si une personne mérite qu’il daigne lui accorder plus d’importance, c’est Jaco. Parfois, il se dit que ce n’est pas plus mal qu’il n’y ait rien de plus entre eux, cela évite des souffrances. « D’une certaine manière je vais peut-être être amené à le voir plus souvent. Et partager son quotidien. » Une jolie manière de parler de sa proposition. Rejoindre la meute est loin de faire plaisir à Myung. Mais sa paranoïa le rattrape, il ne peut plus rester seul chez lui à la  merci d’un flic. Cela fait sans doute longtemps qu’il ne veut plus rester chez-lui, seulement maintenant il devient exigeant. S’habitue à une routine qui lui était encore étrangère il y a quelques temps.. Alors, il s’est fait violence et a fini par accepter la proposition de Jaco. Découvrir son intimité un peu plus le déroute ; lui qui cherche à s’éloigner des gens n’a pas vraiment fait le choix le plus judicieux. Mew a écouté son cœur plutôt que sa raison et comme le proverbe le dit, il a ses raisons que sa raison ignore. Des raisons assez bonnes pour qu’elle se taise. « Je ne sais pas comment le prendre, bien j’imagine. » N’importe qui lui dirait que c’est une bonne chose, penser le contraire serait un peu pessimiste. Sauf si la personne connaît Mew. Jaco mérite mieux que le coréen, Jaco mérite quelqu’un qui sera autant là pour lui qu’il l’est pour les autres. Et Mew sait qu’il fuira dès les premières larmes. Dès qu’il s’agira autre chose que d’une relation physique. Parce que cette autre chose là, Myung s’en passe chaque jour que Dieu fait. « De toute façon il n’y a rien de plus entre nous. C’est un bon pote et plus si affinité. » Ca ne l’empêche pas de piquer un fard quand on lui évoque son amant. Ni de rentrer sa tête dans ses épaules et fixer la tasse de café nouvelle commandée.
« Ma vie privée est si passionnante ? » Un peu de mauvaise fois, la chimère échange les rôles. C’est bien lui pourtant qui s’est aventuré sur ce terrain, à force. « Et toi de ton coté, il se passe de belles choses ? » Mew est sincère. Romeo devrait recevoir la médaille du mérite pour le supporter, alors il a bien le droit d’avoir un quotidien heureux et banal. Il a besoin d’entendre ça, d’être rassuré. Voir pire ailleurs ne soulage qu’à peine ses souffrances, Myung s’est vite lassé de la lamentation. Ce qu’il recherche, c’est un peu d’espoir au milieu du couloir de la mort qu’est sa vie. C’est du moins comme ça qu’il se la représente. Sans pour autant craquer tous les jours. Mew est heureux, ça ne l’empêche pas d’être réaliste et trouver que le monde c’est de la merde.  La goule ne connaît par les raisons exactes pour lesquelles l’autre est ici. Le Page Turner n’est pas un endroit totalement banal.  Ses goûts lui confirment qu’il n’est pas un bouffeur de chaire. Le reste n’est que suspicion, il n’a pas encore résolu son secret. Tout comme lui, est resté discret sur sa condition. Si Romeo a pu deviner qu’il était une goule, personne n’a besoin de savoir qu’il ne l’est qu’a moitié. Ni qu’il oeuvre pour la cause dans l’ombre. De la manière la moins diplomate.
Un jour il a été humain comme les autres, plus maintenant. Mais, il est toujours un oiseau de nuit.
Son ventre grogne lui rappelant à l'occasion qu'il a faim. Trop réfléchir l'épuise. Il ne dirait pas non à une viennoiserie.

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Jeu 16 Nov - 13:09


tchikita
on m'appelle l'ovni
A chaque fois que la conversation déviait sur le sujet Jaco Veloso, les joues de l’asiatique prenaient rapidement des couleurs. Leur relation semblait certes assez complexe, mais le plus jeune se doutait bien qu’une histoire de sentiment se tramait par là. Il n’aurait jamais imaginé son frère avec un gars comme lui, mais après tout, connaissait-il vraiment son grand-frère ? Depuis leur dernière conversation de l’eau avait coulé sous les ponts et l’un comme l’autre avait changé en mieux ou pas, ça seul l’avenir saura le dire. Les jumeaux Veloso avaient décidé de plus ou moins couper les ponts avec leur aîné, bien qu’une partie d’eux ne cessera de l’aimer. Le sang restait le sang, malgré les erreurs, les disputes et les années qui passent. Puis Romeo n’était pas stupide, il se doutait bien que la présence de son frère dans cette ville l’avait certainement poussé dans le choix de s’y rendre. Un jour, ils se retrouveront en face à face, les yeux dans les yeux, vidant leur sac une bonne fois pour toute, mais avant tout cela, Romeo se contentait de tendre l’oreille, dans cette ville où tout le monde semble connaître l’indomptable Jaco.

Myung était de ces gens. Ceux qui occupaient la nouvelle vie de son frère et qui pourtant en ignoraient sûrement une grande partie. L’un appartenait au présent et l’autre au passé, et dans l’ombre un futur se préparait où chacun jouera un rôle crucial. Pour le moment, seul le plus âgé restait aux côté de Jaco et sans le savoir en informait son petit frère qui jouait parfaitement les innocents. Parlant rarement de lui, ou du moins jamais de ce qui est sérieux, Romeo se plaisait à rester aux yeux du tous, un simple junkie émerveillé qui s’était très certainement retrouvé ici par un heureux hasard. N’être personne lui convenait parfaitement et étrangement, cela poussait souvent les autres à se confier. Les quelques informations données par Myung piquèrent d’ailleurs rapidement la curiosité de Romeo, qui avec un air faussement détaché, s’hasarda sur une question. « Rien, oui. Du coup, c’est pour le travail ou un truc dans le genre ? » Aux dernières nouvelles, Jaco livrait des pizzas, mais Romeo avait peine à croire que son grand frère, amoureux d’humanitaire puisse rester dans cette ville pourrie, simplement pour rouler sur un scooter toute la journée. Jaco cachait forcément quelque chose et ils finiront bien par le découvrir avec sa soeur.

Si Myung se montrait étonné de l'intérêt qu’il pouvait porter à son histoire avec cet homme, Romeo lui se sentit légèrement en danger. Le plus jeune ne voulait absolument pas avoir l’air suspicieux et encore moins lui faire croire qu’il ne lui parlait que par intérêt. Parce que oui, au delà de sa relation avec son frère, il restait quelqu’un d’agréable avec qui parler et surtout une des rares personnes qui lui portait de l'intérêt. Cherchant sûrement à brouiller les pistes et surtout à dévier la conversation, Romeo s’arma de son sourire le plus charmeur, le tout accompagné d’un clin d’oeil incroyablement joueur. « Tu es passionnant. » Composer avec leur charme naturel était une tradition dans la famille portugaise et même le vilain petit canard de dérogeait pas à la règle.

La question suivante dessina sur son visage une légère surprise et pour le coup, il ne savait pas réellement quoi répondre. La plupart des gens évitaient soigneusement de s’aventurer sur le sujet de sa vie personnelle, jugeant certainement que cela devait-être douloureux pour lui. Bien que Romeo cachait beaucoup de tristesse et de mal être derrière ce sourire innocent, il ne se montrait pas si défaitiste que tous ces gens. « Moi ? Eh bien, je suis en vie, c’est déjà une bonne chose. » Bien que cette phrase soit diaboliquement ironique pour un homme qui venait de découvrir son immortalité, elle représentait plutôt bien la manière de fonctionner de Romeo. S'émerveiller de petites choses simples et fuir le reste en se persuadant que l’essentiel ne s’y trouvait pas.

Pour lui, ce qui rendait la vie supportable, c’était les petits moments anodins et non pas une carrière, une relation amoureuse ou autres responsabilités effrayantes qui semblent nous enfermer un peu plus. Faire de la musique, lire un livre, faire sourire les autres, serrer sa soeur dans ses bras, sentir la peau de quelqu’un contre la sienne, regarder les nuages, sentir le soleil réchauffer sa peau et tous ses petits bonheurs quotidiens nourrissaient l’espoir qu’il avait pour ce monde et le gardaient en vie. « Et je peux boire un verre en compagnie de quelqu’un de sympa. » Un sourire sincère alors qu’il balayait la salle du regard, comme pour espérer que l’autre n’insistera pas pour en savoir plus. Parce que si Romeo adorait papoter de tout et de rien, il n’aimait pas vraiment avoir à parler des ses addictions ou de sa vie de sans-abris. Exposer son malheur n’était pas dans ses habitudes et encore moins mentir en disant que dormir dehors c’est cool, un mensonge, surtout par ce froid naissant.
electric bird.
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Dim 3 Déc - 14:33


Le travail. Myung a prit le temps qu'il a lui a fallu pour le réaliser, mais il est très différent de la majorité. En quelque sorte, Romeo a tapé dans le mille. Plus ou moins. C'est pour le travail qu'il préfère bouger, autant que pour sa propre sécurité et celle de sa paranoïa. Il y a des gens qui travaillent pour vivre et d'autres par plaisir. Lui, le fait uniquement pour l'argent et pour s'éviter l'ennui morte. Mew n'a pas forcément besoin de travail, l'argent il peut le voler, à des inconnus, à ses parents, à son héritage endormi. Il a déjà tout ce dont il a besoin et il peut avoir tout ce qu'il désire en quelques clics. Au départ, il y a des années, il se sentait tout puissant de son pouvoir. Au dessus des lois et des autres. Il aurait pu faire de bonnes choses, aider des clochards, mais il a décidé d'aider son ego. A fur et à mesure que le temps passait il s'est rendu compte qu'il n'avait pas besoin d'aider les autres pour s'aider lui même ; qu'il n'a jamais aimé les autres. Le Neon Light lui sert d'avantage de couverture, parfois, il ne va même pas travailler. Le reste du temps, il tue ses yeux sous la lumière bleue pour servir des causes auxquelles il n'adhère pas. C'est ça, son travail.
Se rapprocher du Veloso, ne l'aide qu'à moitié. Au moins, sur ce point, ils sont dans la même galère.

Son travail à Myung, c'est celui d'un fossoyeur. Enterrer des cadavres. En déterrer d'autres. Plus ou moins vivants.  Fouiller dans la vie des gens, même quand ils n'ont pas envie qu'on sache qui ils sont. C'est toujours plus amusant de le faire en vrai que derrière un clavier.
Les portes de la vie privée cède avec plus de difficulté et Myung ne vit que pour le défi.  Tout peut-être hacké au final, même les gens.
On peut corrompre des âmes aussi facilement qu'un fichier quand on a les bons moyens de pression. Comme le flic qui lui demande de vendre des amis pour le blanchir. Et peut importe le prix à payer Mew est prêt à accepter.  Quand il pleurait, qu'il était  genoux et implorait pour de l'aide, la seule main qui s'est tendue vers lui est celle de l'avidité  et de la revanche. Le coréen ne ressent pas de haine, ni de colère, il ne ressent rien. Il ne prie aucun dieu, il ne sert que sa cause. Et chacun ferait bien de faire pareil, les êtres humains sont doués pour ne dépendre que de leur personne. « Tu n'as pas trop envie de savoir. » Il répond simplement, l'air toujours trop sérieux. Parce que c'est la vérité. Et mieux vaut un horrible vérité qu'un doux mensonge.

« C'est fou parce que justement je ne sais pas grand chose de ta vie. » Il pose délicatement ses pattes sur le terrain dangereux, sans tâter plus le terrain. « Les gens qui échouent ici ont souvent une bonne raison. » Le Page Turner n'est pas un lieu anodin. Il a remarqué avec l'expérience, qu'au bar, les autres aimaient être flattés. Qu'on s'intéresse à leur misérable existence. Myung se fiche royalement de la vie des gens, qu'il crèvent tout, il ne remarquera même pas leur absence pour certains. Peut-être même que quelques personnes en moins, ne fera pas trop de mal à la terre. De sa propre vie, il n'a pas grand chose à dire. Lui aussi est vivant et s'en trouve bien heureux, aussi bien embêté. Il n'avait pas prévu de vivre autant, s'était imaginé mourir et jeune et avait presque réussi. Mais il y a toujours quelqu'un pour contrarier vos plans. Quand quelque chose paraît trop beau, c'est qu'on ne peut pas y accéder. Alors le geek n'en a pas fait tout une histoire et s'est laissé guider. Maintenant, il est content d'exister. Ce qui le nourrit, c'est les secrets, tout ce qu'il peut retourner contre quelqu'un. L'amour et toutes ces conneries ne l'atteignent pas.
Et Jaco. Jaco est juste l'erreur qui existe dans tout code, qu'il n'a pas le courage de réparer. Parce que peut-être, Myung, commence à vraiment l'apprécier.
Est-ce que c'est vraiment vivre que d'être déjà devenu aussi aigri ?

Il ne sait même pas s'il doit prendre les compliments de Romeo pour ce qu'ils sont, des compliments, ou y voir de la moquerie. Voir rien du tout, car il se monte bien des plans seul. C'est peut-être le pire dans tout ça, tellement habitué aux faux-semblants qu'il n'est plus capable de discerner la sincérité. A force de mentir, aux autres,
à la même. Comme un arracheur de dents, bientôt il se retrouvera édenté, d'avoir prétendu toute son existence. Il n'emportera en enfer que sa belle âme. « Toi, tu es énigmatique. » Sans les dents.
« Et j'aime résoudre les énigmes. » Creuse ses méninges.
Creuser l'histoire, creuser tout ce qu'il peut, jusqu'à déterrer tout ce qu'il reste. Charognard. « La guitare, c'est parce que tu es musicien ou juste une passion ? »  Les passions sont rarement anodines.
On s'évade dans ce qu'on peut. Parce que la musique adoucit les mœurs, elle fait un bon échappatoire. Myung, n'a pas grand choses comme passions, sauf peut-être le Veloso au final. De profil, les genoux croisés, il observe maintenant son compagnon comme on inspecte une oeuvre d'art pour s'assurer qu'elle soit d'origine.

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Lun 4 Déc - 17:16


tchikita
on m'appelle l'ovni
Alors que la conversation battait son plein au comptoir, le reste semblait peu à peu disparaître dans un flou lointain, comme s’ils se trouvaient dans une bulle à l’écart de l’espace-temps. La conversation prenait discrètement une ambiance plus intime, alors qu’ils se tenaient côte à côte, cherchant une faille dans le mur pour entrer plus en profondeur. Ils s’observent et s’écoutent, sans jamais réussir à trouver l’essence propre de celui qui leur fait face. Romeo, empathique de naissance aimait comprendre les autres tout en restant simple observateur, mais la curiosité qu’il éprouvait pour l’asiatique et plus particulièrement sur sa relation avec son grand frère le poussait à jouer les détectives dans l’ombre. Cela dit, comme Myung semblait faire de même à son égard, il se sentait automatiquement moins coupable. Si lui ses raisons étaient évidente à ses yeux, il ne comprenait cependant pas vraiment pourquoi l’autre tenait tant à en savoir plus à son sujet. Certes, il se montrait assez mystérieux et ne parlait jamais réellement de lui, mais ne pouvait tromper son image de vagabond -ce que la plupart des gens préféraient ignorer.

L’asiatique semblait avoir une image plutôt mystique de lui et même si cela l’amusait un peu, il savait qu’il jouait avec le feu en attirant l’attention sur lui. Après tout, avec ce qu’on entendait sur les ajins, il faudrait mieux pas que cela se sache, tout comme il n’avait pas la moindre envie que Myung découvre qu’il est finalement le faire de l’homme qui l’intrigue tant. « Tu seras déçu je pense, je ne suis pas très intéressant. » La déception, il connaissait, pour se faire il n’avait qu’à regarder les membres de sa famille dans les yeux. Romeo errait dans ce monde sans but et lui donner l’immortalité était sûrement le plus gros gachi qu’on pouvait faire. Il n’en fera sûrement rien et n’importe qui d’autre aurait pu faire mieux que lui -en tout cas, c’était ce que lui pensait.

Néanmoins, alors que le regard de l’asiatique continuait de le fixer, il s’étonna de sa soudaine question. Question amusante dans le choix de mots, et encore plus par la définition que l’on pouvait s’en faire. « C’est une passion, ma guitare est comme un membre de ma famille. Je pense que je me qualifierais de musicien, mais si la question est de savoir si je suis payé pour ça, la réponse est non. » A ses yeux, un musicien était quelqu’un qui jouait d’un instrument et forcément par passion, cela dit, il comprenait très bien ou l’asiatique voulait en venir et s’étonna même que ce dernier le pense encore dans la vie active avec tout le temps qu’il peut passer entre ces murs. Comme quoi, mettre de jolies chemises le rendait socialement plus attirant qu’il ne l’était réellement.

Après quelques gorgées de sa boisson, un sourire joueur se dessina sur son visage, annonçant une idée soudaine. « J’ai un jeu. Dis moi ce que tu penses que je suis et je te dis si c’est vrai ou pas. Et si tu te trompes, tu réponds à une question. Partant ? » Romeo adorait jouer et espérait que son compagnon de bar le soit tout autant. En jouant de cette manière, il pourrait sûrement en apprendre le plus, sur un ton diaboliquement léger. Dans le cas contraire, cela prouvera que l’asiatique cache bel et bien des chose.  
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