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 blackout | ezechiel

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Dim 12 Nov - 18:12


full circle
métro, boulot,
dodo.
Comme toujours, la nuit était tombée sur Détroit, comme une sorte de fin inévitable à chaque journée qui ressemblait chaque jour un peu plus à la précédente. Dans sa routine parfaitement déconstruite, on pouvait sentir le besoin de faire passer le temps, comme si cette vie n’était finalement qu’une pause entre deux autres. Pas à sa place dans ce monde, il fuyait les responsabilité comme la peste, de peur de décevoir encore plus les autres. Romeo ne voulait pas spécialement mourir, pour dire vrai il aimait même vivre, mais à sa manière seulement. La société telle qu’elle fonctionnait ne lui plaisait pas et il refusait de rentrer dans les rangs, qu’il ne comprenait pas. La vie n’était à ses yeux pas faite pour s’user à la tâche simplement pour payer des factures et finalement il préférait sa vie à celle de tous ses hommes en costards. Seulement parfois, cette vie se montrait plus compliqué à supporter, principalement à cause de cette solitude latente.

Assis sur le perron d’une porte, Romeo regardait les quelques étoiles dans le ciel en fumant son énième joint de la journée. Une sorte d’ennui s’était installé sur son visage, tandis qu’il resserrait son gros manteau sur lui pour se protéger du froid qui régnait sur les rues. L’hiver arrivait et il savait très bien que cela n’aura rien à voir avec celui de sa ville portugaise et surtout que comme toujours, la baisse de moral pointera le bout de son nez. Détestant l’hiver, il cherchait déjà où il allait pouvoir trouver refuge, en espérant ne pas avoir à imposer trop souvent sa présence à sa soeur jumelle adorée. Seulement, dans cette ville, le jeune homme manquait cruellement d’amis, sauf quelques personnes qu’il ne savait pas encore comment les considérer. Les gens ici étaient beaucoup plus compliqués que dans son pays natal et la barrière de la langue était parfois compliqué pour lui et ce malgré ses progrès impressionnant -après tout, un étranger reste un étranger, surtout dans un pays qui vote Trump.

De plus, on ne pouvait pas dire que la journée fut très agréable, étant donné que les policiers avaient repéré son dernier squatte et qu’il avait été forcé de bouger. C’était donc en compagnie de sa guitare et de se son sac contenant son peu d’affaires, qu’il attendait le lever du jour. Demain, il se rendra très certainement au Page Turner pour dormir un peu, histoire d’avoir un peu plus d'énergie pour voir sa soeur, même si Jehan allait hurler en le voyant dans cet état. Parce qu’il fallait le dire, le jeune homme donnait peine à voir ce soir, tellement que le seul passant à la ronde lui avait donné quelques dollar. Si Francesca le voyait, elle le forcerait sûrement à la suivre, mais (mal)heureusement, elle n’était pas là.

Une sorte de tristesse certaine le saisissait soudainement, tandis qu’il poussa un vague soupire en sortant son cellulaire de sa poche. Sa faisait quelques temps que sa soeur lui payait un abonnement pour être sûre de pouvoir le joindre si besoin et bien qu’il décrochait rarement, il trouvait ça sympa de sa part, parce qu’une certaine manière il se sentait un peu moins seul. Les doigts un peu gelés, il tapota sur le clavier un “salut, tu dors ?” qu’il envoya à sa soeur, espérant avoir une réponse. Romeo n’envoyait jamais de message, mais ce soir, il avait besoin d’un peu de compagnie. Tellement happé par son téléphone en attendant d’avoir une réponse, il ne vit pas venir au loin l’individu dont la silhouette se dessinait dans la pénombre.
electric bird.
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Mer 22 Nov - 20:49


Kiss my gun
Ezechiel & Myung

Lyall est sorti. Il sort souvent ces derniers temps. Il part, tard le soir et va je-ne-sais-où avec Dieu-sait-qui. Sûrement ses amis qu’il sait d’avance peu fréquentable. Des Ravageurs, à n’en pas douter. Une belle brochette de meurtriers dénués d’empathie. Ezechiel ne peut l’imaginer, ne peut le supporter. Ça l’enrage que Lyall soit comme ça. Plus encore maintenant qu’il s’est habitué à crécher chez lui, à dormir dans son lit. Un peu plus et on pourrait les prendre pour un couple bien installé. Ce qu’ils ne sont assurément pas. Loin de là.
« Fait chier… » grommelle-t-il en rabattant sa capuche et les manches de son pull.
Il replie ses genoux contre son torse et les entoure de ses bras, cherchant un peu de chaleur. Il fait froid et, pourtant, il n’a pas envie de rentrer. A dire vrai, il veut juste le faire chier. Lui faire comprendre que lui aussi il peut partir sans prévenir et le laisser seul dans ce logement trop vide sans son visage impassible.
Ce n’est pas de la jalousie, pas plus que du manque, non. Juste… de l’ennui. Ouais, ça doit être ça. Ezechiel n’aime pas être seul dans cet appart le soir. Ça pue Lyall alors que celui-ci n’est pas là. Evidemment qu’il préfère la compagnie de ces tarés d’amis. Le choix n’est pas difficile entre une chimère peu amène et un bon verre avec des « collègues ».
Ce soir, c’est la goutte de trop et Ezechiel a décidé de lui montrer qu’il n’est pas le seul capable de sortir s’amuser. Pourtant, il ne peut pas se décider à pousser la porte d’un café. Il est trop effrayé pour ça. Trop… seul. Il y a une semaine, il a avalé un petit morceau de chair que Lyall lui a presque fourré au fond du gosier. Ça suffit tout juste à le contenter et son estomac ne cesse de gronder, affamé. Il aurait dû en avaler plus mais c’est encore trop dur d’ingérer ce genre de trucs. Des cadavres que son colocataire a ramené de la chasse avant de les foutre dans le frigidaire.

Il finit par déplier ses longues jambes et se redresser. Son corps tout entier est ankylosé et son estomac pousse des grondements à l’image d’un fauve irrité. Il passe sa paume dessus et le frotte en s’efforçant de ne pas penser à l’appétissante odeur du sang qui règne dans la cuisine de leur appartement. Il a faim et s’il en montre les signes, Lyall finira par le forcer à avaler quelque chose.
Il marche alors au hasard, la tête baissée, le visage camouflé, se fondant comme il peut dans le décor. Ce n’est qu’au bout de quelques mètres qu’il la repère. Cette délicieuse odeur qui fait frémir ses narines d’envie tandis que, au loin, se découpe une silhouette bien humaine. Il serre un instant les dents avant de se décider à passer son chemin. Il continue donc d’avancer et ce n’est qu’après avoir marché pendant de longues minutes qu’il se rend compte que, finalement, il ne s’est jamais éloigné.
En réalité, il a même suivi cette forme indéniablement masculine, poussé par un instinct de prédateur qu’il n’arrive jamais à refouler. Presque effrayé il se hâte de sortir le petit portable que Lyall lui a passé et il approche son écran de son visage. Là, dans le reflet sombre de l’écran, il les voit. Ses deux yeux transformés par la faim et les organes qui lui ont été greffés. Deux billes d’un noir impénétrable qui jure avec ses pupilles rougies par l’envie.
Sa mâchoire craque et les plaintes de son estomac s’intensifient alors qu’il amorce un mouvement de recul. Il est près, trop près. Ses doigts se mettent à trembler et le petit portable vient heurter le sol dans un bruit sourd. Il résonne contre les murs et c’est tout ce qui suffit à le faire disjoncter. Comme toujours.
Le son perce à peine l’air chargé d’électricité que, déjà, il s’est élancé. D’un bond souple, il se propulse vers sa prochaine victime et en quelques enjambées le voilà qui atterrit sur son dos. Il gronde, grogne, mord la peau des épaules en cherchant à atteindre celle de la gorge. Les conseils de Lyall résonnent à ses oreilles tandis qu’il fouille la chair, névrosé peu doué. Ezechiel est déjà loin, perdu dans les brumes de son esprit. Surpassé par ce monstre qui dort toujours en lui.
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Dim 26 Nov - 16:52


full circle
métro, boulot,
dodo.
Habitué à l’ignorance des gens, le portugais restait les yeux rivés sur l’écran de son téléphone portable, lâchant même un sourire sincère en voyant la rapidité avec laquelle sa soeur venait de lui répondre. Francesca était définitivement la personne la plus fiable de la terre, à se demander s’ils étaient réellement jumeaux pour le coup. Car si la brune se montrait sérieuse et constante, lui excellait dans l’art opposé, plus doué pour se mettre dans de mauvaises postures qu’autre chose. Et cette nuit sombre et froide allait d’ailleurs en être la preuve. Parce que s’il avait parfaitement fait abstraction de la présence d’un autre homme dans la rue, la réciproque n’était pas de rigueur et quand il sentit le danger arriver, il était déjà trop tard pour lui.

Son téléphone vola sous une voiture stationnées sur le bas côté, tandis que se tête heurta le mur qui se tenait juste à côté de lui. Coincé comme un faisant, il ne pouvait plus échapper au prédateur qui dévorait déjà sa chaire. La douleur se fit rapidement sentir, tandis que son coeur s'emballait sous la panique. Des goules, il en connaissait une poignée, mais jamais il en avait vu une action et à vrai dire, il avait toujours espéré que cela ne tombe pas sur lui. Ses quelques cris s’envolait dans la nuit, sans ramener quiconque à la rescousse. Romeo se tenait seul, sous le poids de la bête dont les crocs charcutaient son corps frêle.

Le sang dégoulina rapidement sur le trottoir encore humide, tandis que le paysage commençait à se troubler. Trop amoché par la créature, il fut rapidement dans l’incapacité de bouger et il perdrait sûrement conscience dans les secondes à venir. Puis la masse noir se dessina dans les airs, volumineuse et inquiétante, comme si elle semblait sortir des enfer. Romeo l’avait déjà vu et après quelques recherches, il avait enfin déterminé ce qu’elle était. Néanmoins, il ne la connaissait pas, ne la contrôlait pas et la dernière fois qu’elle s’était échappé du néant, elle avait arraché la tête d’un homme.

La bête vola aussitôt contre le mur, avec une violence inhumaine, tandis que Romeo encore allongé sur le sol, contemplait le spectacle. Ses plaies se refermaient doucement, mais sa peur de s’évapora pas le moins du monde, alors que ses yeux paniqués fixèrent son agresseur. Un homme d’une trentaine d’année, qui cédait à la folie sanguinaire de sa nature, mais qui ne méritait sûrement pas de se faire décapiter par le monstre aux pattes d’ours.

Le souffle coupé, le junkie aimerait pouvoir rappeler son IBM, mais il en était parfaitement incapable. La chose agissait parfaitement au-delà de son consentement, si bien qu’il préféra simplement fermer les yeux. Des grognements se faisaient entendre, tandis qu’il entendait encore quelques coups cogner dans l’air, avant que le silence ne la nuit ne regagne la rue. L’ombre n’était plus là, laissant la créature ou plutôt l’homme plus que mal au point. Romeo le regarda quelques secondes, avec peur et hésitation, avant de finalement se relever à l’aide du mur. Ses plaies s’étaient refermées, mais la douleur encore un peu présente dans son fort intérieur. « Est-ce que ça va ? » Visiblement, l’homme était vivant, ce qui était une bonne nouvelle en soi. Le portugais n’avait pas spécialement envie de vivre avec une mort supplémentaire sur le dos, même si cet homme l’avait attaqué. De plus, pouvait-il réellement lui en vouloir d’avoir suivi un instinct naturel ? Tuer un sans-abris était une bonne idée pour se nourrir sans trop en avoir sur la conscience.

electric bird.
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